‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 67 sur 199 · AU PRIXCE MURAT · texte numérisé non relu

AU PRIXCE MURAT

Saint-Cloud, 4» jour complémentaire an XIII (21 septembre 1805).

Vous devez avoir reçu les ordres du ministre de la guerre. La division du général Baragueyd'Hilliers, je le prévois, ne pourra pas, le 3, être arrivée à

[1805] DE \APOLKO\' I". 247

Slrasbourg, mais peut facilement y être arrivée le i au soir. Vous enverrez vos dragons sur les Irois routes de Fribourg , de la Kinzig, c'est-à-dire du côté d'Offenburg , et du Kniebis, c'est-à-dire d'Oberkirch , et vous pousserez des reconnaissances aussi loin qu'il vous sera possible. S'il arrivait que les ponts à jeter par l'artillerie ne puissent être prêts, le 4 , à Durlacb et Spire , vous écrirez aux maréchaux Ney et Soult , et leur mouvement sera alors retardé d'un jour.

Dès que d'Hilliers sera arrivé, vous reconstituerez les dragons. Si le mouvement se trouvait retardé, le général Lannes passerait une journée à Rastadt.

Le ministre de la guerre n'a donné l'ordre qu'à deux régiments de chasseurs de partir; je n'en vois pas la raison; il faut que le maréchal Lannes fasse partir toute sa cavalerie légère. Mais j'espère que le général Songis sera prêt et que, du 3 à midi au 4 à minuit, il aura jeté ses ponts.

Le 2 , faites connaître à M. Thiard , à Bade , que l'armée marche, et instruisez-le qu'il est nécessaire que les Badois suivent le mouvement du maréchal Ney à Durlacb et se rangent sous ses ordres.

Si l'ennemi s'était emparé de Freudenstadt, position principale de la route du Kniebis, alors la division Lannes resterait en position du côté d'Oberkirch , en attendant que les autres divisions soient arrivées ; mais je ne pense pas que l'ennemi ait été si impru-

dent. Si rennemi était au Kniehis en |)etite force , je laisse à vous concerter avec Lannes poiu l'enlever. Cependant je ne désire point engager une affaire un peu sérieuse de ce côté.

Vous écrirez à Didelot', quand vous aurez passé le Rhin, pour lui faire connaître vos mouvements. Vous aurez soin aussi qu'il vous .fasse connaître le jour où les troupes du Wurtemberg seront réunies, mon intention étant que ces troupes soient immédiatement sous vos ordres. S'il arrivait que les Autrichiens fissent un mouvement sur Stuttgart, et que le Wurtemberg voulût continuer à rester avec nous, je désire qu'une forte colonne avance par le Kniebis et occupe Freudenstadt.

Le général Lannes vivra des réquisitions qu'il fera sur la droite du grand chemin de Durlach à Stuttgart; les pays de la gauche nourriront le maréchal IVey sur la route jusqu'où passe le maréchal Soult; Soult, les pays situés sur la gauche de sa route jusqu'à la route de Davout; et Davout, les pays qui sont sur sa gauche. Les Etats de Bade doivent être ménagés , puisque nous sommes amis.

Au moment de passer le Rhin, vous écrirez à l'électeur de Bade que mes troupes sont passées pour défendre l'indépendance du Corps germanique,

* Ministre plénipotentiaire de France à Stuttgart.

f]805] DE NAPOLÉON I". 249

et prolé<Ter les Elals de Bade contre les violations do rAutricbe; que le corps qu'il a doit passer à Diirlach et se mettre sous les ordres du rnaréchul

-\ey.

Kapoléom.

Arcliiires de l'Empire.

Page 1