AU MARECHAL AUGEREAU
Strasbourg, 8 vendémiaire an XIV (30 septembre 1805).
Mon Cousin, je reçois votre rapport du 3 vendémiaire. Tous les 3" et 4" bataillons des régiments qui composent votre corps d'armée ont ordre de se
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rendre à leurs corps. Les délachements enil)ai(|ués sur les bâtiments de la flottille à Granvilic ont ordre de débarquer et de rejoindre leurs corps. Indépendamment des 12,000 paires de souliers que j'ai chargé le ministre Dejean de vous procurer à Langres , je lui ai ordonné de vous faire donner les deux paires de souliers que j'ai accordées en gratification à l'armée, c'est-à-dire que le ministre en fera verser la valeur dans la caisse des corps, et qu'ils les feront confectionner; mais veillez à ce que les corps ne les fassent pas faire trop loin , et qu'il ne faille pas deux mois pour leur transport. Je ne vois pas d'inconvénient à accorder une gratification aux officiers d'état-major. Envoyez-moi un état de la distribution à en faire, et je l'autoriserai.
Je ne veux pas finir cette lettre sans vous dire un mot de ma position ici. Mon cher et ];on frère l'empereur d'Autriche est venu à Memmingcn. Son armée est sur les débouchés de la forêt Xoire ; en y comprenant les troupes qui sont du côté de Constance, elle est d'une centaine de mille hommes; mais les nouvelles que j'ai reçues hier m'apprennent qu'après avoir tenu un grand conseil l'Empereur est retourné à Vienne. Dieu veuille que son armée continue à rester dans la même position encore une huitaine de jours, ou, ce qui serait encore mieux, qu'elle s'avance sur le Kliin ! Vous sentirez combien je dois le désirer, quand vous saurez que
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le général Hlarniont, le maréchal BernadoHe et les troupes de l'électeur de Bavière sont en jjiande marche sur Ingolstadt ; que le corps du maréchal Davout, qui a passé le Rhin à Manheim, est en pleine marche sur Donauwœrth et déjtà à quatre marches du Rhin; que le corps du maréchal Soult, qui a passé à Spire, est déjà arrivé à Heilbronn, et se dirige également sur le Danube, entre llm et Donauwœrth; que les maréchaux Lannes et IVey, les corps de dragons et ma Garde sont arrivés à Stuttgart. Je vais partir moi-même, cette nuit, pour me mettre à la tète de ce corps, pour m'appuyer au maréchal Soult et tourner Llm. Malheur aux Autrichiens s'ils me laissent gagner quelques marches ! j'espère les avoir tournés et me trouver avec toute mon armée entre le Lech et l'Isar; mais je suppose que le départ de l'Empereur est déjà un éveil, et que les Autrichiens vont s'empresser d'évacuer la Bavière. La tète des Russes commence à s'approcher, mais la Prusse fait des armements et paraît j;eu d'accord avec les Russes.
Je n'ai eu dans cette marche ties côtes sur le Rhin ni déserteurs ni malades.
Xapoléow
Comm. par M""' la comlesse de Sainfe-Aldogonde. (En miuule aai Arch. de l'Knip.)