AU PRIXGE JOSEPH
Quartier impérial, Eltlingen, 10 vendémiaire an XIV (2 octobre 1805).
Mon Frère, l'armée est en grande marche. I^e 1" et le 2° corps sont réunis aux Bavarois et sont partis (le Wûrzburg; les 3% 4* et 6* sont au delà du Neckar.
L'ennemi fait des marches et contre-marciies et paraît fort embarrassé.
Avant peu de jours nous en serons aux mains. L'armée n'a perdu personne, ni par la désertion, ni par les maladies.
Je serai ce soir à Stuttgart.
Les armées de IJade et de Wurtemberg se joignent à la mienne.
Comme les mouvements vont être très-rapides, ne soyez pas élonné si vous êtes quelques jours sans recevoir de mes nouvelles. Il suffît que vous fassiez mettre dans le Moniteur que l'Empereur est à Stuttgart; que l'armée a passé le Neckar et a déjà remporté deux grandes victoires : la première, parce qu'elle n'a ni malades, ni déserteurs; qu'au contraire beaucoup de conscrits l'ont rejointe; la seconde victoire, c'est que les armées bavaroise, badoise et uurtembergeoise se sont réunies à l'armée
française, et que tout le peuple d'Allemagne est bien disposé pour nous '.
Napoléon.
Dépôt de la jucrrc
CO). — AU MARKGHAL BERMADOTTE.
Eldingen, 10 vendémiaire an XIV (2 octobre 1805),
Mon Cousin , je reçois votre lettre du 6 vendémiaire. J'ai vu avec plaisir votre arrivée à W'ûrzburg, et votre jonction avec le général Mormon t. Le croquis du mouvement de l'armée que vous envoie le major général vous fera connaître mes projets. L'ennemi a une armée assez considérable dans le Tyrol ; il en fortifie tous les débouchés. Une autre armée se fortifie sur l'Iller. Mon projet, s'il hésite et s'il s'amuse, est d'arriver derrière le Lech avant lui, de lui couper la retraite et de le pousser sur le Rhin ou dans le Tyrol. Nous allons voir quel parti va prendre l'ennemi. Expédiez-moi tous les jours quelqu'un. Je suis la route de Stuttgart, Schorndorf, Gniûnd, Aalen, afin de diriger moi-même les mouvements de la droite, si l'ennemi passe le Danube et nous attend à Heidenheim. Les 3,000 hommes du contingent de Bade marchent aujourd'hui ; les
* Même lettre an prince Ku^ène.
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7,000 hommes de Wurtemberg marchent également. Donnez ces nouvelles à l'Electeur, elles lui feront plaisir.
Je ne suis point étonné que vous ayez trouvé beaucoup d'agitation : l'Electrice a été de tout temps notre ennemie, et l'Electeur lui-même se trouve dans une position si extraordinaire qu'il n'est pas étonnant qu'il s'en trouve ébranlé. Rassurez-le; causez avec lui, en général, des mouvements de l'armée, et faites-lui naître l'espoir d'être rétabli promptement dans sa position naturelle. Hlais je ne pense pas que, quand vous lirez cette lettre, vous serez déjà à deux marches de U ûrzburg. Maintenez toujours intacte la communication du général Marmont avec le maréchal Davout; vous verrez parle croquis que ce général sera le 15 sur la Wœrnitz; si l'ennemi débouchait de Donauwœrtli pour l'attaquer, faites marcher le général Marmont à son secours.
Moquez-vous de tout ce que peuvent faire les ennemis, soit à Hanovre, soit ailleurs. Ils ne sont pas encore en mesure. Quand nous nous serons défaits de ces 100,000 Autrichiens que nous avons devant nous, nous pourrons nous porter ailleurs. Il y a en France un bon mouvement; la réserve arrive sur le Rhin. J'ai grande envie de vous voir, et je le ferai du moment que je me serai assuré de ce que l'ennemi peut faire. Mes dernières nouvelles sont
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qu'il était encore sur TlUer, où il fortifiait Memniingen.
Quant à rélecteur de Hesse , il fera toujours, et dans tous les cas, ce que je voudrai. Vous l'avez un peu gâté, s'il est vrai , comme on me l'assure, que vous avez payé argent comptant. Si je l'avais prévu, je vous aurais fait dire de le payer avec des bons : je m'en expliquerai là-dessus avec lui. Il sait trèsbien que sans la France il ne serait qu'un sujet de la Prusse ; il sait aussi que seul j'ai pu le faire Electeur, et que je puis seul lui faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal.
Il n^y a plus à parlementer avec les Autrichiens qu'à coups de canon.
Napoléon.
Comm. par S. M. le roi de Suède.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)