‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 9 sur 199 · AU GK.\'IÎRAL BERTHIRR, MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

AU GK.\'IÎRAL BERTHIRR, MINISTRE DE LA GUERRE

Paris, 30 frimaire an XII (ii décembre 1803).

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me proposer un projet d'arrêté rédigé d'après ces bases :

11803] DE XAPOLÉOX 1". 49

Il y aura dans chaque bataillon des régiments d'infanterie légère une compagnie appelée compagnie à cheval j ou compagnie d'expédition, ou compagnie de partisans, ou lout autre nom analogue.

Cette compagnie sera toujours la troisième du l;ataillon , en comptant la compagnie de grenadiers pour la première.

Elle sera composée d'hommes bien constitués, vigoureux, maisdela plus petite taille. Aucun sousoftîcier ni soldat ne pourra avoir plus de i pieds 11 pouces; les officiers ne pourront pas avoir au delà de 5 pieds.

Elle sera armée de fusils plus légers que ceux des dragons, et sera exercée au tir. Les officiers et sousofficiers seront armés de carabines rayées.

Les hommes do ces compagnies seront exercés à suivre la cavalerie au trot, en se tenant tantôt à la botte du cavalier et tantôt à la queue du cheval, à monter lestement et d'un saut en croupe du cavalier, de manière à pouvoir être ainsi rapidement transportés par la cavalerie.

Ces compagnies seront toujours complétées et entretenues sur le pied de guerre. Le nombre d'hommes d'ailleurs entrera dans le complet du régiment.

Ces principes une fois adoptés, il restera à former CCS compagnies. Tous les sous-officiers et soldais d'infanterie légère qui auraient moins de 4 pieds

5Q CORRF.SPOIVDAXCE MlLITAlIîE |1S()3

11 pouces y seraient admis, et il sera fait un appel de 6,000 hommes dans la consorij)lion des années IX, X, XI et XII. Ces hommes seraient pris parmi ceux ayant clé exemptés de la conscription par défaut de taille.

Faites-moi un projet sur ces hases.

Bo^' APARTE.

Arcllives de l'Empire.

.W4. — DEFENSE DE FAIRE PASSER D'UNE ARME DAXS L'XE AUTRE LES OFFICIERS DE CAVALERIE.

AU GÉXÉRAL BERTHIER.

Paris. 30 frimaire an XII (22 décembre 1803).

Je désire. Citoyen Ministre, que vous considériez les cuirassiers , les dragons et les hussards comme formant trois armes différentes, et que vous ne me proposiez jamais des officiers de ces corps pour passer d'une arme dans une autre.

UO.VAi'AUTE.

Dépôt de la guorre

[18041 DE \APOLÉO\" I" 51

495. — DKCISIO\ DÉFEXDAXT DE DÉPLACER SAXS ORDRE FORMEL LES MAGASLVS DES RÉGIMEXTS QUI SOXT EX MARCHE.

Paris, -20 nivôse an XII (II jaurier 1804).

Le ministre directeur de Le ministre donnera

radministratio.1 de la yuerre j,^^^^^ ,^^^ régiment

fait connaiire les causes du ^ "

dénùmcnt où le général Dara- qui ferait un grand voyagB

guey d'Hilliers a trouvé le ne déplace désormais ses

6* de dra<Tous. Ce corps, sous . t i

, . ^ ,.'. , mafrasins que sur 1 ordre

peu de jours, sera enlicrcment " '

habillé à neuf. du Gouvernement. Lors-

que l'ordre de marche sera donné , les corps donneront l'état de ce qui est dans leurs magasins.

BOXAPAIITE.

Arcliives de l'Eiiinire.

496. — REFUS DE RECOMPEXSER PAR DE L'ARGEXT DES ACTi'S DE DÉVOUEMEXT ACCO.MPLIS PAR DES SOLDATS.

Paris, 16 pluviôse an XII (6 février 1804)

Le ministre de la <[ucrre U ne faut pas aCCOUlu-

propose d'accorder une «irati- i ,

t- .. y 1 ,1 mer les troupes a rece-

ucation cl un mois de • oide aux '

sous-officiers et soldats qui ont Voir de l'argent pour des

52 COIiliKSl'OXDAXCE MILITAIRE [1804j

montré ic plus de dévouement aclioilS de COlirage ; il

lors du naufra'ie de nuelqucs rn. i i,,, ■ •„ „ ]„„ , , . , , "„ ,, ' ^ , sutlit de leur ccrire des

balmieiits de la llotlille sur les

côtes de la Vendée. IcUrcs de satisfaction.

BOi\ APARTE.

Dépôt de la guerre.

497. — EXVOI D'L'X OFFICIER DAXS LES ETATS AL'TRIGHIEXS POUR Y OBSERVER LES AIUUVEME.\TS DES TROIPES.

Paris, 16 veutôse an XII (" mars 1804).

Le ministre de la «jucrre Envcyor Slir-lc-cliamp

soumet au Premier Consul d.s ^^,^ a^j^Jant crénéral DOUf

renseignements transmis par le •" " '

général Levai , commandant la se rendre à Frlhourg ,

S" division militaire, et un rap- à Schaff!lOU-e , et dans

nortdu commandant d'armes . , i

V „ . toutes les possessions

de Huningue sur un mouve- '

ment des Autrichiens dans le autrichiennes en Souabe ; canton de SchalTiiouse. Je là, parconrir le Tyrol,

aller jusqu'à Saizburg et Passau. Si! voyait des mouvements extraordinaires de troupes, il en préviendrait par un courrier, et continuerait sa route.

B0\APARTE.

Archives d > l'EmpirR.

[1804] Di. NAPOLEOX I" 53

498. — IXSTRUGTIOXS DÉTAILLÉES POL'R LE GÉXÉRAL NEY, COMMAXDAXT LE CAVIP DE MOXTREUIL.

Paris, 19 ventôse an XII (10 mars 1804).

Citoyen Général Ney, je reçois votre lettre du 18 ventôse.

J'ai appris avec plaisir votre arrivée, et j'ai lu avec intérêt votre ordre du jour.

Convenez avec le général Soult du point de séparation de la côte, entre Etaples et Boulogne, qui sera du ressort de chaque armée, afin que, s'il arrive des accidents et des bateaux échoués qui ne seraient point protégés par des batteries mobiles, on sache l'officier qui en est responsable. Etablissez le service comme vous l'entendrez pour que, depuis Saint-\alery-sur-Somnie, la côte soit surveillée par des piquets de cavalerie et d'artillerie légère.

Exigez que les généraux de brigade ou les officiers que vous chargez de cette inspection soient continuellement à cheval, et que tout bâtiment qui échouerait sur la côte soit, à l'heure même, protégé et soustrait aux croisières ennemies.

Faites-moi faire un profil du fond d'Etaples, de la baie, depuis le pont vis-à-vis la ferme Guilbert jusqu'à l'extrémité du banc aux Chiens, et faites-y

coteries vives, moyennes et mortes eaux, à toutes les cent toises.

Faites exercer à la nage, sur des péniches et même sur des bateaux canonniers, votre division. Votre division de trente-six bateaux canonniers sera bientôt conij)lèle. Vous avez dans la baie un bel espace. Faites-moi connaître combien un bateau canonnier et une péniche peuvent parcourir d'espace dans une demi-heure, à la rame, sans voile et au moment du flot.

Je n'ai pas besoin de vous dire de faire manteuvrer beaucoup vos troupes. La dernière fois que je les ai vues, il m'a paru qu'elles en avaient besoin. J'avais fait des instructions pour former des carrés dans toute espèce de direction.

J'avais ordonné une route d'Etaples à Boulogne par Xeufchàtel ; faites-moi connaître si elle est finie, afin que l'armée puisse, par cette route, se porter rapidement sur Boulogne.

Par le plan que vous m'avez envoyé, je vois que les sondes sont marquées dans le mouillage d'appareillage, pour le banc aux Chiens, à 3 et 4. Je ne puis croire que ce soient des pieds; ce serait trop peu de chose ; si c'étaient des mètres, ce serait plus que je ne croyais. L'officier du génie a oublié de marquer si ces cotes sont en pieds ou en mètres.

Il est difficile, jusqu'à ce que les ports d'Amble-

teiise, Wimereux et Boulogne soient entièrement achevés, de déterminer la partie de votie corps d'armée qui s'embarquera à Etaples et celle (|»i s'embarquera à Boulogne.

Je crois donc, dans cette incertitude, qu'il ne faudrait faire aucun changement de campement, parce que cela vous coûterait du bois et des transports; et, lorsque les bateaux seront arrivés et que l'expédition approchera, nous pourrons, avec des tentes, les faire placer où nous voudrons.

Le grand embarras est rembarquement des chevaux, puisqu'il nous en faut près de 8,000. L'artillerie a fait des chariots extrêmement légers, qui équivalent aux chevaux que vous voulez attacher à vos bataillons; cependant il est vrai de dire que des mulots portant quelques caisses de cartouches ont souvent de grands avantages. Vous avez parfaitement senti cela en voulant employer des hussards et des chasseurs; et, dans ce cas, je préférerais des paniers, de simples sacs goudronnés, dans lesquels on jetterait des cartouches

Vous devez avoir de mauvais fusils. On a toujours tardé dans l'idée que la mauvaise saison et le temps ne peuvent que les dégrader; mais, quinze jours avant l'embarquement, nous ferons distribuer des fusils à tout le monde.

J'ai ordonné la rentrée du 27" de ligne à votre camp. Du moment que les travaux de Boulogne

seront plus avancés, et qu'une seconde division de bateaux sera arrivée à Etaples, je ferai rentrer vos détcicliements

La police a saisi hier Georges. Ce brigand était dans un cabriolet. Il a tué un inspecteur de police et a grièvement blessé l'autre. Le peuple s'est porté en foule et l'a arrêté lorsqu'il s'éciuippjiit.

Dans tout ce que vous avez à faire relativement à la flottille, ménagez l'amour-propre de la marine; vous voyez dans ce moment combien nous avons besoin d'eux.

Bonaparte.

Archives de l'Empire.

499. — IXSTRUGTIONS .^U GENERAL MARMOXT, COMMAMDAMr LE CAMP DL'TREGHT.

La Malmaison, 21 ventôse an XII (12 mars 1804).

Citoyen Général Marmont, j'ai reçu avec plaisir votre lettre du 16, par laquelle vous m'annoncez que, dans le courant de germinal, vous pourrez être prêt. Envoyez-moi l'état de situation de votre armée et celui au juste de cbaque corps; envoyez-le-moi sous le format d'un petit livret in-12. Faites-moi connaître le nombre de conscrits que vous avez déjà reçus et la situation de vos bôpitaux.

Trois chaloupes canonnières de Liège doivent

avoir descendu la Meuse; faites reconnaître où elles sont.

Ayez ro'il sur tout ce qui se fait en Hollande. Si vous trouvez des espions, faites-les traduire devant une commission militaire, et faites-les fusiller; vous devez en avoir, ces misérables Anglais nous en inondent.

Familiarisez-vous avec les détails des grandes manœuvres d'infanterie. La saison va bientôt commencer de faire exercer vos troupes ; et vous en sentez toute l'importance, surtout dans la guerre, où les premiers moments seront les plus chauds et décisifs. Il faut donner le ton aux officiers pour que tous s'en occupent.

Nous avons arrêté quelques brigands subalternes depuis l'arrestation de Georges. IVous avons encore trois chefs, Villeneuve, Saint-Vincent, Burban dit Barco. Paris est toujours cerné jusqu'à ce que ces misérables soient arrêtés. Je vous prie de recueillir et d'aller aux enquêtes, dans le pays où vous êtes, pour savoir ce qu'on dit de Dumouriez; on dit qu'il est sur le continent.

Voyez beaucoup le soldat, et voyez-le en détail. La première fois que vous arriverez au camp, bordez la baie par bataillon, et voyez huit heures de suite les \ Idat*^ un à un ; recevez leurs plaintes, inspectez leurs armes, et assurez-vous qu'il ne leur manque rien. Il y a beaucoup d'avantages à faire

ces revues de scjit à liuit heures; cela i;ccoutume le soldat à rester sous les aruies, lui preuve (jue le chef ue se livre point à la dissipation et s'orcupe entièrement de lui ; ce qui est pour le soldat un grand motif de confiance. Laissez-les donc dans la croyance qu'avant rcniharquenienl je me rendrai au camp, et que je viendrai les voir manœuvrer et leur donner des drapeaux.

Box APARTE.

Comni. par M. Cliaravay.

tEn minote aux Arch. de l'Emp.)

500.— ARHETE POUR LA CREATION D'UXE COMPAGME DE VOLTIGEURS DAXS CHAQUE BATAILLO.Y DTXFAN- TERIE.

Paris, 22 veulôse an XII (13 mars 1804).

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