‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 32 sur 36 · LES PROCHAINES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

LES PROCHAINES ÉLECTIONS

Extrait du PaMote savoisien du 21 septembre 1870.

La date des élections pour TAssemblée constituante est avancée au 2 octobre prochain, selon le vœu que nous avons été des premiers à exprimer. Ndus eussions préféré, pour plus d'un motif, qu'elles se fissent dès le lendemain de la chute de l'empire. La présence d'une Assemblée élue par la nation eût été d'une importance incalculable au milieu des événements qui viennent de s'accomplir. Nous pensons toutefois qu'on doit féliciter le gouvernement de sa détermination, car les prétextes ne lui manquaient pas pour ajourner cette mesure. Il y a toujours un grand désintéressement à abdiquer même un pouvoir de circonstance au profit d'un successeur dont on peut seulement conjecturer les dispositions. Maintenant que le pays est mis en demeure de se

.ilO DOCUMENTS POLITIQUES.

sauver lui-même, dans quel sens doivent se faire ces élections qui sont sa dernière reaflpbe?

Nous ne parlons pas de leur opportunité. Pour trouver dans notre histoire une situ'^ion aussi dé- à scspén'e, il faudrait remonter à Tépoque du royaume . 1 de^ourgos. Examinons seulement leur portée.

.vtjPotfr tous les hommes qui réÛéchissent, la réporise ne saurait être douteuse : les élections doivent être faites dans un esprit sincèrement républicain. Qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en afflige, la tâche de comhattre et de gouverner est échue à la République, et personne n'est en état de la lui disputer. La force des choses la lui a imposée, sans même qu'il lui ait été possible de décliner ce redoutable honneur. La République n'a eu ni usurpation, ni violence à commettre : elle n'a' fait que relever l'épée de la France que Tempire avait jetée devant l'ennemi. Enfin, elle a sur toutes les compétitions possibles cet avantage, inestimable dans les circonstances si critiques où nous nous trouvons, c'est qu'elle seule représente un principe ! Faire surgir les hommes les plus capables de lui faciliter l'accomplissement de sa mission : voilà l'objet le plus pressant des élections prochaines.

Nous savons quels préjugés ce mot de république soulève, mais nous savons aussi quelle force il porte en lui-môme. Osons-le dire, même en face des périls qui l'assiègent, le sort de la République est aujourd'hui dans nos mains. Elle est dès aujourd'hui fondée si elle sait renoncer résolument à être cet épou-

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