LES PROCHAINES ÉLECTIONS
vantaii dont on évoque centre nous le souvenir et qui na devrait jHpfaire peur, même aux enfants. Elle €st fondée si elle sait rassurer, comme autrefois elle a su effi*ayer, laisser leur expansion à toutes fies libertés, offrir une sanction à toutes les garanties ; si elle sait être plus juste, plus généreuse^^pJujK largement compréhensible et libérale queje^*^^ gimes bâtards qui lui sont opposés. AppreD0^3^^iitS|E^^ à juger notre routine politique, à mettre à proTH* l'exemple des nations qp|i ont 8U créer là où nous n'avons réussi qu'à formtevÇl^wnparfaites ébauches. La France a perdu le droit de dédaigner l'expérience des autres peuples. Souvenons-nous que c'est pour la troisième fois qu'elle essaye d'établir le régime républicain !
Nous avons sous les yeux, au delà des mers et plus près de nous, des nations qui l'ont réalisé dès leur premier essai. Inspirons-nous de ces modèles sans nous astreindre à les copier servilement. Là tous les droits sont respectés, toutes les opinions écoutées; là les libertés sont choses vivantes, en état de se défendre elles-mêmes. Empruntons4eur le sérieux de leurs mœurs, leur forte vie municipale et provinciale, leurs innombrables écoles si libres dans leur enseignement, leur pratique assidue du droit d'association sous toutes ses. formes, religieuses, civiles, politiques, économiques, et nous nous approprierons, non pas un vain reflet, mais l'âme même de leurs institutions.
Par quelle fatalité tous ces biens nous ont-ils
échappé ? Il faut bien le dire, la nation française a vécu jusqu'ici les yeux fixés sur JHj^ropre histoire; elle s'est obstinée à recommence sans cesse un passé fini î Toujours poussée, d'un extrême à l'autre, a tantôt par la peur, tantôt par la témérité, elle en est n encore à chercher son centre de gravité. Un terrain .- jpiï«(iOiivant n'a jamais pu ofi'rir un point d'appui so- ^ -lide aux hommes qui ont cherché à créer chez nous ■ des institutions durables. Nous affirmons cependant que la masse de la nation est saine et honnête, qu'elle possède dans son sein plus d'hommes de caractère et de talent qu'il ne ne lui en faut pour reprendre sa place parmi les peuples. Sous le coup de la terrible sommation que les événements lui adressent, la France ira d'instinct à ces hommes ; elle leur dira : marchez, je suis avec vous. Ce jour-là bien des difficultés qui semblent insurmontables se trouveront résolues.
Déjà nous voyons se produire autour de nous des sentiments de paix et de conciliation qui sont d'un bon augure pour le résultat des prochaines élections. Chacun sent la nécessité de faire trêve aux querelles de parti pour ne plus songer qu'à la patrie en péril. On comprend que la France ne peut être sauvée que par le concours de toutes les volontés, de tous les dévouements, et l'on fait volontiers abnégation de ses préférences personnelles sinon de ses principes. C'est là une vrai ttrve de Dieu, s'il en fût jamais, et nous souhaitons, pour l'honneur et le salut de la nation, que toutes les provinces françaises montrent
un patriotisme auss i intelligent que celui dont fait preuve en ce ma^jf^i notre vieille Savoie.
• P. Lanfrey.
•vT "* ' Extrait deii% Gazette duMeimi^.âa 7 décembre 1870.
D'ici à peu de jours, les premiers corps àèiifitiie immense levée de quinze à seize cent mille hommes, qu'un récent décret vient d*ajouter aa!t cinq à six cent mille combattants ^ que nous possédons déjà, s'achemineront vers les camps qui leur sont de»-: tinés. Si les mobilisés répondent parXout à l'appel avec la fermeté calme et résolue qu'ils ont montrée chez nous, nous croyons que la France n'aura pas à rougir de ses enfants. Est-ce à dire qu'ils s'éloignent sans anxiété? Non, sans dout&; mais nous osons afGrmer qu'en attribuant leurs inquiétudes à des motifs personnels, on ferait à ces braves cœurs une injure imméritée. Ils ne sont préoccupés ni des dangers qu'ils auront à courir, ni des souffrances qu'il
1. Ces lignes étaient écrites lorsque nous avons appris rajournement de la levée des hommes mariés. CTest une fausse mesure à ajouter à toutes celles dont nous sommes accablés.
au DOCUMENTS POLITIQUES.
leur faudra endurer ; mais ils soncent à la situation si grave dans laquelle ils vont laii|m' leurpajrs.
Cette anxiété, qui ne la partage aujoard^hui ? Voilà deux millions d'hommes armés dont l'entretien peut s'évaluer à quatre millions par jour. A qui ^Mpartient la disposition de ces forces mililalres „ -^^précédents, dont Napoléon liô-même n'a jamais ' i^'vô d'égaler l'immensité? Elle appartient à une délégation composée de deux vieillards très respectables, mais hors d'état de porter un pareil fardeau, et d'un jeune orateur connu par de làïfkaits succès de tribune, mais dont la capacité d'homme d'État ne s'est guère révélée que par un feu roulant de proclamations plus véhémentes que véridiques.
Et cette délégation, que nous déclarons hardiment inférieure à une telle tâche, ne communique qu'à de rares intervalles avec ceux dont elle tient ses pouvoirs. Elle agit sans les consulter, elle ne rend de comptes à personne. Elle prétend garder indéfiniment celle dictature qui n'a pas même l'excuse du succès. Eh bien, en présence d'un fait aussi extraordinaire, en présence des fautes qui s'accumulent, des désastres qui se multiplient, nous dison§ que les inquiétudes sont légitimes tant que la nation, personnifiée dans ses mandataires, n'aura pas pris ellemême la direction d'un pareil mouvement. Oui, la nation seule a le droit de contrôler cette effroyable consommation d'hommes et d'argent ! Elle seule a le droit de désigner les hommes les plus capables et
les plus dignes de la conduire au milieu d'une pareille crise. jÊjk
Les raisonnements qu'on nous oppose, pour se t dispenser de la consulter, sous prétexte qu'une partie B'du territoire est occupée par l'ennemi, ne soutienf nent pas l'examen. Le sol n'est pas, n'a jamais été, ,i.^ la patrie. Là où se trouve le dernier foyer de Ja^ce^il^ ,. sistance, là est la patrie tout entière. On nous (âSV .. *' jecte que nous aurions una représentation incoin-* * plète. Est - ce donc une- raison pour n'en avoir aucune? Appartient-ii à uo pouvoir sans mandat de nous dire que nos élus n'auraient qu'un mandat incomplet? Il est sans exemple dans les temps modernes qu'au milieu de pareilles circonstances, un peuple n'ait pas été admis au contrôle et au partage du pouvoir en la personne de ses représentants. Lorsque la France fit ses élections en 1792, un tiers • du territoire était occupé par la révolte ou par l'invasion; personne ne songea même à faire une objection ! Elle avait ses représentants en 1793, elle les avait même sous Napoléon, en 1815. L'Espagne insurgée eut ses Cortès élus pendant toute la durée de la domination française. La Pologne, en 1832, et la Hongrie, en 1848, furent représentées par leurs dé[)utés tant que dura leur lutte contre la Russie et l'Autriche. Enfin, lorsque les États-Unis élurent leur congrès à l'époque de la guerre de sécession, la moitié du territoire de l'Union était aux mains des rebelles.
11 serait facile de multiplier ccij exemples. Et pour
et de Tar- 4 îrer la sa- . ^
:jlil DO^JL'MENTS POLITIQUES.
liiiir ii.-ir \r \A\i-i frappant, Paris lui-même ne lient-Jl p;i-. (li- f'.'iirr ••c-, c'U'ction.? .sous ^ feu des canons piii'-iiii- .' iVf^i que, *lan:i tous le 3 temps et dans toii-t Ir^ priy<i ou a rubfiirté une ombre deiibertéyle firoil. (|«! l«:vi;r Ui double ittkp^A du sang gent, diii -jurveiller l'emploi, d'en conférer ."^pMmc adniini-<tration. appanient exclusivement à \mdx qui U: payent, et on ne pént le leur ravir sans Usarpatiori. Plu« les circonstances sont critiques, plim on est tenu de conânilter la nation. Les dictatiirr'.s elles-mêmes ne peuvent échappar^ cette loi; eli'.'.i ne sont rien sans la consécratioà pôptilaire. Et ee principe est si vrai que s'il ne restait plus qu'un -<nl département inoccupé par Tenneroi, ce serait encoi»; un d«-'Voir sacré de l'appeler à prononcer sur son propre sort.
Voilà la vérité politique aussi bien que la vérité morale: nous défions les partisans de la dictature d'ébranler la solidité de cette simple démonstration. Si nous ne revendiquons pas plus énergîqucment un droit dont personne n'a pu nous dépouiller, cette résignation ne tient pas, comme on le dit à l'étranger, à l'inertie d'une génération hébétée par dix-huit ans d'empire, elle tient uniquement aux nobles scrupules de ceux qui craignent de diviser la France devant l'ennemi. Mais il serait sage de prévoir que cette résignation aura une fin. Elle aura une fin le jour où Ton s'apercevra que loin de servir la défense nationale et la cause républicaine, elle les compromet Tune et l'autre. Il est certain en effet,
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que si, au lieu de>|i|te délégation incapable que personne ne conlràle, qui entasse décrets sur décrets et contre-ordres sur c outre- ordre s , le pays voyait, à Tours, un go itvernemflBtï' placé sous son influence directe et permanente, un pouvoir émané de la'W '.^A lonté nationale, lierait à la fois plus d'élan, d'éwf gie et de confiance' en lui-même. Tous les dissenfflV 5 ments tomberaient devai^me. telle autorité. Ceiii qui partent iraient au <m0|^avec plus d'espérance, une^^^^ien assur^^^J^BJCurs labeurs ne doivent profitl^*ni i. des ambitions personnelles, ni même à des ambitions de parti, France 1 i t'appartiennent et nous sommes prêts à te d notre sang, mais toi seule as le droit de marquer la mesure de nos sacrifices f Toi seule as lé droit d'en diriger l'emploi comme d'en recueillir le fruit I Ce n'est pas nous qui nous ferons un argument de tes disgrâces pour nous dispenser de te reconnaître dans tes débris mutilés I Pour nous, tu sera,s encore tout entière dans le dernier coin de terre qu'ombrageront les plis de ton drapeau. Parle donc, il en est temps, et honte éternelle sur ceux qui ne verraient dans tes malheurs qu'une occasion d'usurper un pouvoir qui n'appartient qu'à toi 1
P. Lahfrbt Engmji! volontaire dans la brigaèU de Savoiti
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