‹ CorrespondanceChapitre 3 sur 26 · Études politiques · texte numérisé non relu

Études politiques

considérations suivantes que je trouve dans l'un de ses premiers ouvrages ne semble nt-elles pas adressées à ceux qui ont pris aujourd'hui la charge des destinées de la troisième république? « Si pures que soient les intentions, si grande et si légitime que soit la cause que l'on veut faire trio-mjâ|ter, on paye toujours bien cher l'alliance des ^jpnHitudes, lorsque, faute de prévoyance, on les déchaîne sans être sûr d'avoir la force de les dompter; car le remède est alors pire que le mal. Parce qu'elles suivent docilement, on se flatte de les mener: — erreur. Encore un pas, et ce sont elles qui vous traînent à leur suite. Elles ne font que suivre leurs propres chimères. En acceptant ce rôle enivrant et fatal de rois de la multitude, vous vous donnez à elle sans retour. Il faut marcher, \ !<■jtooes garées d'une pourpre dérisoire, dans toutes 'Ifewîés où vous pousseront ses passions aveugles et perverses. A quoi bon regarder en arrière? Ne sentez-vous pas le poids des mille regards qui vous épient ? Si vous hésitez, on vous dénonce ; si vous K.yous arrêtez, vos sujets passeront sur vos cadavres "mutilés. Mais vous voici parvenus au terme. Vous allez sans doute recueillir le fruit de votre orgueilleuse servilité; non. Vous avez vaincu avec l'aide de la multitude, il faut maintenant subir son joug déshonorant 1 . »

Page 1