Lettre du 13 janvier
42 • w INTRODUCTION.
« gouvernement républicain est organisé, etc.. « Louis-Philippe a glissé dans le sang et dans la « boue, etc. » Tout le monde crie : « Vive la répu- « blique ! » Le soir on casse quelques vitres, ou chante la Marseillaise. Les cafés sont envahis par \" des gens ivres. On s'observe; on se regarde dans le blanc des yeux. Le lendemain, une commission de quatre républicains s'organise, ordonne la convocation de la garde nationale, à qui on distribue des armes. Le préfet et le maire donnent leur démission. On parle de jeter deux bataillons de garde nationale dans le fort de Grenoble pour la sécurité publique. Tout cela est fait avant que les journaux arrivés de Paris aient parlé d'un commencement d'émeute. On fait courir des bruits absurdes et ridicules pendant la nuit. A trois heures du matin, des gamins viennent me casser mes vitres. Je saute de mon balcon et je fais une charge à fond de train sur eux avec ma canne l ... » Quand surviennent les journées de Juin, il s'en faut de beaucoup qu'il montre aucune sympathie pour les insurgés. « Vous savez, écrit-il à sa mère, que tout est terminé à Paris. J'espère que la vue et le souvenir de tant de flots de sang répandus conjureront pour longtemps ces rages meurtrières et ces terribles inimitiés qui s'étaient emparées des