Joseph Chevalier, Lorrain d'origine. (Ibid,, id
4. Jean Bodon, marchand de Reims, fixé à Anvers. [Ibid., id.)
132 NÉGOCIATIONS DE [avril 1547J
Bien m'a dict, Sire, qu'il avoyt mictz sus de grandes practicques avec des personnaiges de deçà qui estoint eacores icy et qui n*avoint poinct esté descouvertz, et que s'il n eust esté prins le feu roy se feust appercea qu'il luy eust faict service... Il parle bien quatre ou cinq langues et monstre d*estre homme ruzé et asseure qu'il sçauroyt bien faire service s'il vouUoyt. » Selve lui a dit d'écrire au roi et qu'il transmettrait la lettre : les dépens à couvrir pour son élargissement seraient de iâOécus.
« De Londres^ le xxr^ d'apvril v* A'/.r//. »
Vol. 6, fo 156 v®, copie du xvi« siècle, 3 p. In-f»».
SELVE AU CONNÉTABLE
164. — Londres j 2i avril. — Depuis le départ de M. de la Garde, a le bruict a esté -et est merveilleusement grand que le roy est résolu de faire la guerre aulx angloys, et n'y a ordre d'ester ceste fantaizie au peuple ny à la plus part des grandz de ceste court, quelque couleur que l'on puisse donner au partement dudict sieur de la Garde ». Pour savoir quelle opinion on en avait, Selve a envoyé un de ses gens vers le protecteur et le grand chambellan sous prétexte de demander quelques passeports pour des Français retournant en France. Tous deux lui laissèrent voir qu'ils pensaient que M. de la Garde avait été révoqué et que le roi ne voulait pas conserver l'alliance du roi d'Angleterre. A quoi l'envoyé de Selve a répondu dans les termes de la dernière dépêche du roi.
« Au surplus, Monseigneur, il n'y a icy auitres nouvelles sinon que l'on faict aprestz et provision de force chairs et biscuitz pour Bouloigne et auitres lieux delà la mer. Et m'a dict quelcun cejourd'hui que secrettement ceulx cy faisoint par moyens advertir les marchantz qui sont en France de se retirer avec leurs marchandises par deçà le plus tost qu'ilz pourront. Le secrétaire Paget qui estoyt en ugne maison aulx champs qu*il a à cent cinquante mille d'icy est de retour depuis troys jours en ceste court. Semblablement depuis troys ou quatre jours l'ambassadeur de l'empereur est revenu des champs où il estoyt allé au commencement de ceste prime vère et disoyt Ton qu'il n'en bougeroyt comme il n'a guères accoustumé de faire en ce temps cy. Le secrétaire de Venise qui est icy résident m'a dict que le conte d'Arondel *, le seigneur de Chesnay *, et quelques auitres qui avoint esté mictz hors du conseil du roy d'Angleterre au commencement de ce règne estoint rappeliez et remictz en leurs estatz. J'ay aussy entendu qu'il avoyt esté descouvert que quelques personnaiges d'estoffe de. ce pays jusques au numbre de XVII ou XVIII avoint entreprins de s'aller rendre avec ce pirate de Calais qui s'est
1. Henry Pitzalan, lord Maltravers, comte d'Arundel. (1543-1379.)