‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 105 sur 201 · Sir Thomas Cheyne · texte numérisé non relu

Sir Thomas Cheyne

[avril 1547] M. DE SELVE 133

rebellé et a occuppé ugne isle auprès de Gournoaaille dont je vous ay donné advertissement par monsieur de la Garde. »

Le capitaine Julian, cet Espagnol qui soutint en France le combat dont il a élé parlé, est venu secrètement le voir pour lui annoncer son intention de quitter le service du roi d'Angleterre à cause des difficultés survenues avec Pedro de Gamboa, colonel des Espagnols, qui a Tétat de mestre de camp. Selve, sur sa prière, lui a promis d*en écrire au roi, tout en le dissuadant de cette entreprise. Il prie le connétable de faire parvenir à leur adresse les lettres que ce personnage écrit au vidame de Chartres et envoie en même temps au connétable les nouvelles lettres que l'Espagnol dom Michel de Perpignan écrit au roi.

« De Londres^ du a:.y/— apvril y^XLvn. »

Vol. 6, f° 158, copie du xvi» siècle, 4 p. in-f*.

SELVK AU ROI.

155. — Londres^ 24 avril. — Selve a écrit au roi le 21. Le présent porteur est ce gentilhomme écossais qui est au vidame de Chartres et qui n'a pas encore pu repasser en France, comme Selve croyait qu'il avait fait : il renseignera le roi sur les affaires d'Angleterre.

« De Londres, le xx/iif^ d' apvril [\'^ xlviï]. »

Vol. 6, fo ICO, copie du xvi» siècle, 1/2 p. In-f°.

SELVE AU CONNÉTABLE

156. — Londres^ 24 avril. — Selve rappelle au Connétable qu'il lui a écrit le 21 et lui reparle de l'affaire de l'Espagnol dom Michel de Perpignan qui demande une réponse.

Les envois secrets de gens de guerre à Boulogne et dans d'autres places continuent sans interruption. Tous les navires pouvant servir en guerre sont frétés dans tous les havres, dans la crainte d'une déclaration de guerre venant du roi.

« Monseigneur, cejourd'huy les ambassadeurs des protestantz qui sont pardeçà ont envoyé quérir ung de mes gentz que j'avoys par cy devant esleu par le commandement du feu roy pour aller et venir vers eulx quand il en seroyt besoing durant la négotiation qui se menoyt pour lors par deçà. Et m'a semblé, Monseigneur, qu il n'esloyt que bon qu'il allas! vers eulx, faignant toutesfoys d'y estre allé sans mon sceu et sans m'en avoyr dict aulcune chose, ce qu'il a faict. Et estant là, luy a demandé le chancellyer du duc de Saxe sy je n'avoys poinct eu de nouvelles de France depuis que monsieur de la Garde y estoyt. A quoy luy a esté respondu que non et que j'en attendoys d'heure à auUre. Sur quoy a réplicqué ledict chancellyer que sy luy et ses compaignons n'avoint nou-

134 NÉGOCIATIONS DE [atru 1547]

velles du roy sur TafTairc pour lequel ilz sont venus par deçà, dans aujourd'huy ou demain ilz esloint résolus de s*en partir d'icy le jour ensuyvant. Nivelle» ,( Monseigneur, j'ay entendu par ce gentilhomme présent porteur que venant des portz de ce pays où il a esté pour le recouvrement des besoignes qui luy ont este prinses, il a trouvé quelques ungs du chasteau de Sainct-André en Escosse qui revenoint icy en poste ayantz esté naguères envoyés par ces seigneurs de deçà vers ceulx qui sont dans ledict chasteau desquelz il est vraysemblable qu'ils apportent quelque bonne nouvelle pour ceulx cy puisqu'ilz sont revenus vers eulx en sy grande diligence. Et pourroyt cslre, Monseigneur, que ceulx dudiot chasteau ont refusé de le rendre et n'ont voulu recepvoyr l'absolution du pape que le sieur de Combatz comme je croy que vous avés sceu leur estoyt allé porter dès le vivant du feu roy dont ceulx cy se sont hastés de porter les nouvelles par deçà. Toulesfoys, sy ainsy estoyt et qu'il n'y eust plus d'espérance à la restitution dudict chasteau, je m'esbahiroys fort que ledict sieur de Combatz ne feust déjà icy aussy tost que les dessusdictz pour en aller rendre la response au roy pour le service duquel ce seroyt ung très grand dommaige que ladicte place de Sainct-André vint entre les mains des angloys ausquelz il seroyt très malaisé de lever ce pied de TEscosse s'ilz luy avoint ugne foiz mictz, car vous sçavés, Monseigneur, comme ilz tiennent et fortiffient ce que ilz peuvent prendre, et à ce que j'entendz dès ceste heure ladicte place n'est pas foyble et sy a la commodité d'estre rendue merveilleusement forte avec peu de temps et de despence. »

Les capitaines espagnols dont il a déjà parlé à l'amiral dans sa dépèche du 12 décembre sont revenus faire leurs olTres à l'ambassadeur d'Ecosse.

« Monseigneur... l'on me vient d'ad viser que cejourd'huy publicquement en la grande esglise de Sainct-Pol qui est Tesglise cathédralle de ceste ville, ung preschcur qui avoyt presché ce caresme dernier contre ceulx qui mangeoint chayr et qui n'observoint ledict caresme selon le commandement de l'esglise s'est desdict et a presché tout le contraire au peuple remcctant ledict caresme et aultres jours à la discrétion et conscience d'ung chascun par commandement comme il disoyt du roy d'Angleterre et de son conseil... »

(( De Londres^ ce xxiiU'^* npvril v-^ xlvil »

Vol. 0, fo 160, copie du xvi« siècle, i p. in-r.

SELVE AU ROI

157. — Londres, .2J) avril. — Le Protecteur vient de faire avertir Selve que sir Francis Bryan *, gentilhomme de la chambre privée du roi

\. Sir Francis Bryan, gc util ho m me de la chambre privée du roi d* Angleterre, déjà ambassadeur d'Angleterre en France au commenccmeot de 4538. (Correspondanct politique de MM, de CasiUlon et de Marillac, pp. 11-84.)

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(l'Angleterre, parlait dans un jour ou deux pour se rendre vers le roi. Selve en avertit par ce courrier exprès le roi et le maréchal du Biezpour qu'il puisse trouver des chevaux aux postes.

Un gentilhomme envoyé par le duc de Ferrare * est arrivé à Londres. Le bruit court qu'il est venu apporter au jeune roi les condoléances du duc de Ferrare « et soubz ceste coulleur pour avoyr permission de tirer de ce pays quelque numbre de bestes d'amblez ». « De Londres^ le a'at«' apvHl [v xjaij], »

Vol. 6, fo 10:2, copie du xvi« siècle, 1 p. in-fo.

SBLVE AU CONNÉTABLE.

158. — Londres, 25 avril. — Selve a écrit la veille au connétable, mais outre l'occasion dont il parle au roi, il y a une autre cause à la présente dépêche qu'il fait porter par le chevaucheur qu'il envoie.

Le protecteur lui a fait dire qu'il s'étonnait que le roi n'ait encore envoyé à son ambassadeur aucune « lettres de créance ne de commission d'ambassadeur ordinaire » adressées au nouveau roi d'Angleterre, et que ces lettres étaient nécessaires à de Selve si le roi ne voulait pas le remplacer. Selve a répondu qu'il avait une charge suffisante d'après les lettres du roi qui l'accréditaient comme ambassadeur auprès du roi d'Angleterre. Il avertit le connétable de cet incident.

« Monseigneur, j'ay entendu que d'hyer et avant hyer ce feust quel- préparatifs ques monstres de gentz de guerre hors les faulxbourgs de ceste ville et ne ^^ goerre. puis sçavoyr certainement le numbre sinon que ce n'est pas grand chose. J'ay aussy ouy dire que le conte d'Arondel a en charge de faire quelque levée de genlz en ses terres, mais l'on dict que c'est pour envoyer contre ce corsayre qui s'est rebellé et a occupé l'isle de Surlingues que je vous iiy mandé par monsieur de la Garde en laquelle il se tient fort et délibéré se delTendre comme l'on dict. Il m'a aussy esté dict. Monseigneur, que ces seigneurs ont renvoyé au gouvernement de l'isle d'Ouych ' ung cappitaine florentin qui y estoyt durant les dernières guerres... » « De Londres^ le xx\^* apvril [v^ xlvjï], »

Vol. 6, f" 102 vo, copie du xvi" siècle, i p. 1/2 in-P.

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