‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 108 sur 201 · Voir ci-dessus, 21 avril · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, 21 avril

2. Voir ci-dessus, 18 mars. C'est le lraité.de navigation dont le titre a été cité et qui nous a été conservé.

Angleterbb. — i546-iM9. 10

n'entend paz trop bien la langue françoyse et ne m'a esté possible d'en recouvrer d'aultre lidelle icy ne de garder Toriginal dudict livre en escossoys lequel je vous eusse envoyé quand et quand, mais ledict painctre l'a retiré et porté en France, comme je croy. »

Vol. 6, f° 175 v°, copie du xvi« siècle, 5 p. 1/4 in-P.

SELVE AU CONNÉTABLE

Noareiiat 169. — Londres^ 23 mai. — « Monseigneur,... j'ay ouy dyre pour d'Irlande. ^^^^, ^^^ Tesmotion en Irlande est grande contre les angloys et est l'on après pour y envoyer, et entendz qu'il a esté arresté et ordonné icy que tous ceulx qui tiennent terres noblement en ce pays seront d'hors en avant tenuz de faire ung homme d'armes durant les guerres pour chasque cent livres sterlin de rente qu'ils tiendront. Et oultre m'a l'on dict que cez seigneurs de deçà tollèrent et supportent secrettement ce pirate de Calaiz, lequel, Monseigneur, je vous ay par cy devant mandé s'estre rebellé, ce qu'ilz font, comme l'on pense, ou en intention de prendre tousjours quelque chose par les mains de cestuy là sur leurs voysins sans que l'on leur puisse imputer ou bien pour oppinion qu'ilz ont de se prévaloyr et servir de luy en la marine s'il leur survient guerre. Quelque chose qu'il y aist il est certain que l'admirai d'Angleterre est revenu de ceste entreprinse sans faire aulcun dommaige audict pirate. Et est la plaincte grande par deçà des marchants françoys pillés par les anglo\^ dont l'on faict icy très maulvaise justice quelque remonstrance que j'en sçaiche faire, et n'y a ordre que lesdictz pauvres marchantz ayant raison, car ou ilz sont pillés par pirattes quy sont incontinent désadvouez publicquement combien qu'en secret ilz soint supportés et favorisés de sorle que ilz ne sçavent à qui se prendre de leurs pertes, ou bien l'on leur faict acroyre que leur màrchandize appartient à escossoys et qu'ilz ne font que prester le nom au moyen ^e quoy l'on la maintient eslre de bonne prinse. Et sy ay ouy dire ausdictz marchantz qu'ilz ne sont guères mieulx traictés par les escossoys quand ilz sont trouvez d'eux en la mer, pour ce que lesdictz escossoys les pillent tout de mesmes comme prestantz le nom aulx angloys et aulx flamentz, quelque chose qu'ilz sçaichent alléguer au contrayre. Bien est vray, Monseigneur, qu'à ce que j 'entendz les subjeclz de l'empereur ne reçoipvent paz meilleur traictement ne meilleure justice ny de ceulx cy ny des escossoys, lesquelz ont perdu naguères ung beau navire de guerre nommé VEspaignolle quy a esté prins par les angloys, et dict l'on y avoyr esté trouvé dedans dez prinses jusques à la valleur de quarente ou cinquante mil escus. Vray est que lesditz escossoys ont eu comme l'on m'a dict leur revenche sur deux aultres beaulx et riches navyr^s espaignolz ou portugoys qu'ilz ont prins.

[mai 1547] M. DE SELVE 147

c< Monseigneur, j'avoys entendu que le chancellyer d'Angleterre quy Affaires soulloyt eslre avoyt depuis troys ou quatre jours par arrest du conseil inténeore». esté du tout privé du seau et de l'entrée dudict conseil. Toutesfoys je ne sçay que croyre, sçaichant certainement qu'encores hyer il feust veu parlant en secret au protecteur en son jardin avec très bonne et joyeuse contenance et faveur aussy grande et privée que Ton luy feist oncques, et n*a aulcunes gardes au tour de luy ce qu'il soulloyt avoyr au paravant comme l'on m*a dict. Et sy me semble que je voy de jour en jour diminuer Tauthorité de Paget qui est celluy que j'ay trouvé le plus affectionné à la part du roy par deçà. L*on faict icy ung bruict que monsieur de Burez ou quelque aultre grand seigneur de Flandres vient, dont toutesfoys, Monseigneur, je n'ay rien de bien certain. »

Jean Bodon vient de revenir le trouver, au retour d'une entrevue qu'il avait eue avec le protecteur. « Et m'a dict qu'il l'avoyt trouvé merveilleusement triste et qu'il pensoyt que c'estoyt pour cez nouvelles d'Yrlande desquelles il avoyt ouy parler à aulcuns serviteurs dudict protecteur en langaige angloys qu'il entend fort bien, disant entre eulz qu'il se failloyt préparer à délibérer d'aller faire la guerre ausdictz irlandoys. Et oultre m'a dict que quelques flamentz luy avoint compté que l'empereur avoyt sceu que ceulx cy avoint secouru lez protestantz de grandes sommez de deniers dont il avoyt monstre d'estre très mal content, toutesfoys que les seigneurs de deçà avoinctmictz poyne d'appaisercemescontentementen alléguant l'innocence de ce jeune roy et de son conseil quant à ce faict et remectant la faulte sy aulcune en y a sur le feu roy d'Angleterre seul. » Il a promis de s'enquérir de la venue de monsieur de Bures et de plusieurs autres choses.

« De Londres^ le xxii^^ may v* xlyh. »

Vol. 6, P 178 v», copie du xvi« siècle, 2 p. 3/4 in-P.

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