‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 111 sur 201 · MM. DE SELYE ET DE YIEILLEYILLE AU CONNÉTABLE · texte numérisé non relu

MM. DE SELYE ET DE YIEILLEYILLE AU CONNÉTABLE

171. — LondreSy 29 mai, — Ils ont reçu le 24 la dépêche du connétable en date du 18 et en ont exécuté le contenu.

« De Londres^ ce xxix^* may vxlvii. »

Vol. 6, f<> 182, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-f«>.

SELYE AU KOI.

172. — Londres j i ""^ juin, — M. de Vieilleville, présent porteur, rendra compte au roi de sa mission, dont il s'est acquitté avec prudence et diligence.

« De Londres^ [ce i*^ juing i* xlviî\, » Vof. 0, fo 182, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-f®.

SELVE AU CONNÉTABLE

173. — Londres, i^*juin. — M. de Vieilleville, présent porteur, renseignera le connétable de vive voix.

« De Londres, [ce i^^ juing \^XLvn\ »

Vol. C, fo 182 v®, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f<».

SELVE AU ROI

174. — Londres, iô juin. — Selve a reçu l'avant- veille la dépêche NégodaUon» dn roi datée du 9. Il n*a pu avoir audience du protecteur que pour cette ^^ ^^* après-dînée, l'ambassadeur de l'empereur étant la veille en conférence le dipart avec les gens du conseil pour affaires de pillage commis en mer sur des vleiuêVuie. marchands sujets de l'empereur.

Selon l'ordre du roi, Selve a fait de vives instances pour la compréhension des Écossais et la délivrance des prisonniers de cette nation, en se fondant sur les réclamations de l'ambassadeur d'Ecosse auprès du roi de France au sujet de la compréhension. Le protecteur a renouvelé les défaites déjà alléguées « quy sont que en ceste compréhension il y a ugne restriction par laquelle il ne doibt poinct estre préjudicié aulx traictés que les deux princes contrahentz ont, ce qui s'entend tant des traictés faictz avec l'empereur que des traictés faictz avec les escossoys, or dict-il que les escossoys sont en guerre avec l'empereur et prennent journellement ce qu'ilz peuvent sur ses subjectz, et que par les traictés

150 NÉGOCIATIONS DE [jUIN 1547]

que les angloys ont avec le dict sieur empereur ilz ne peuvent faire paix avec les escossoys sans luy, oultre que par la dicte compréhension est dict (jue les angloys ne feront guerre aulx escossoys sy ce n'est en cas de nouvelle occasion donnée, lequel cas dict ledict protecteur estre advenu et la dicte occasion avoyr esté donnée plus que suffisante comme il seroyt prest de vériffier toutes les foys qu'il se trou veroyt juges neustres devant lesquclz cela peust estre terminé ». Selve a répliqué « que la dicte restriction ne s'entendoyt poinct des traictés faictz avec l'empereur, et quand ainsy seroyt que l'empereur avoyt tousjours eu paix avec les escossoys et n'avoyt eu guerre à eulx que dans pour l'adhérence qu'il avoyt eue avec le roy d'Angleterre, duquel ayant entendu la paix avec le feu roy et que les escossoys y estoint comprins il n'avoyt pensé dès l'heure plus avoyr de guerre à eulx », ainsi que le roi en a été averti par son ambassadeur auprès de la reine de Hongrie. Quant aux nouveaux griefs des anglais contre les écossais, Selve a répondu que le roi ne les jugeait que d'après les effets, et non d'après les paroles, et a longuement développé ce thème. Le protecteur alors a déclaré que le roi d'Angleterre, bien que n'y étant pas obligé par le traité de paix, nommerait des députés chargés de s'entendre avec ceux des écossais au sujet des réparations à intervenir depuis la compréhension, mais que le roi d'Angleterre devrait auparavant demander à l'empereur son consentement. Selve a répliqué que ce consentement n'avait pas été jugé nécessaire pour la compréhension elle-même, à quoi le protecteur objecta que le traité de compréhension même contenait une classe restrictive subordonnée à l'acceptation de l'empereur. Quant aux prisonniers écossais, ils seront conduits de Londres à la frontière, où ils donneront caution, Tabbé de Dryurgh pour 2000 écus et John Hay * pour 1000, à déduire des réparations que les commissaires pourront mettre à la charge de l'Ecosse. Négociations. Au moment où Selve prenait congé du protecteur, celui-ci l'a retenu pour lui dire qu'il s'étonnait que l'on eût dit à l'ambassadeur d'Angleterre, dans le conseil du roi de France, que les travaux du port de Boulogne fussent des fortifications nouvelles entreprises depuis le traité. Il a encore offert de nommer des commissaires pour régler les différends relatifs aux limites du Boulonnais et au reliquat des 500 000 écus, si le roi de France en prenait l'initiative. Selve l'a invité à négocier cette question avec l'ambassadeur d'Angleterre à la cour de France, disant qu'il n'avait lui-môme aucun pouvoir pour la résoudre '. « De Londres^ ce xv^^Juing ^'^ xlvii. » Vol. 6, fo 182 v% copie du xvi« siècle, 5 p. i/2 in-P.

4. John Hay, fait prisonnier en môme temps que l'abbé de Dryburgh. (Voir la dépêche du 21 mars.)

2. II s'agit ici d'une négociation engagée sur de tontes nouvelles bases, entre Henri II et le gouvernement d'Edouard VI. L'interruption de la correspondance de Wotton ne permettra de les suivre que dans les dépêches de Selve, jusqu'au milieu de 1548 : cet avis est donné ici une fois pour toutes.

[juin 1547] 31. DE SELVB 151

8ELVE AU CONNÉTABLE.

175. — Londres, i 6 juin. — Selve a reçu le 13 la dépêche du connétable en date du 1).

Le matin du 13, avant Tarrivée de la dépêche du roi, était arrivée une dépêche de Tambassadeur d'Angleterre à la cour de France par laquelle celui-ci donnait avis de ce qui lui avait été dit au conseil du roi, à la réception de laquelle l'envoi d'un courrier vers Tempereur a été décidé de suite. « Car dès le mesme jour et à l'heure que je ne faisoys que recepvoir ledict pàcquet du roy », dit Selve, « vint vers moy ung Italien nomraé Johan Bernardin, que le feu roi d'Angleterre voulloyt quasy tousjours tenir en compaignie de son ambassadeur estant près l'empereur et a esté aultresfoys assés longuement en France suyvant la court du feu roy pour les affaires du conte Pétillan, lequel, Monseigneur, soubz une coulleur fort loing cherchée de la congnoissance qu'il dict avoyr eue avec le feu évesque de Lavaur mon frère et du désir qu'il avoyt de la continuer avec moy me vint demander si je voulloys mander quelque chose en la court de l'empereur à l'ambassadeur du roy ou aultre qu'il feroyt seurement le messaige et qu'il partoyt le lendemain, estant dépesché par monsieur le protecteur vers ledict seigneur empereur, et qu'il eust bien plus voulentiers receu ugne commission d'aller vers le roy sy l'occasion s'en feust offerte, mais qu'il les failloyt prendre telles que les maistres les bailloint ». Selve s'étend longuement sur les présomptions qu'il y a à ce que les anglais excitent l'empereur à continuer la guerre contre l'Ecosse, et revient sur Tattitude de l'ambassadeur de Tempereur envers les écossais dans la séance du conseil du roi d'Angleterre du 27 novembre dernier.

« Monseigneur, milord Grey debytis de Boulloigne * est encores îcy Préparaiiis où il arriva le XIII' de ce moys et dès l'heure de son arryvée luy et ung ^^ Koeno. ingénieur et entrepreneur qui a la superintendence des fortifdcations qui se font delà la mer estantz encores tous bottez furent longuement retirés et enserrés avec le protecteur où depuis ilz se sont retrouvés par plusieurs foys comme j'ai entendu.

« Icy se dépeschent tous les jours quelques massons et pionniers que l'on envoyé delà la mer. Aussi envoyé l'on gentz et navyres en Hyrlande comme je croy. Monseigneur, que vous avés sceu par monsieur de Vieilleville, et est le chef de ceste entreprinse comme j'enlendz le seigneur de Belingembe gentilhomme de la chambre du roy d'Angleterre, et dict Ton que le numbre des gentz que Ton y envoyé est d'envyron deux ou troys mil hommes et qu'ung grand seigneur dudict pays d'Yrlande nommé Garret quy est frère de la femme du grand escuyer d'Angleterre

1. William Grey, lord Grey de Wilton, capitaine de Boulogne en 1543, puis lord député de Boulogne depuis d546.

452 NÉGOCIATIONS DE [JUiN 1547]

est ung des princîpaulx autheurs de la rébellyon que ont faicte les hyrooTtiiat landoys. Il semble, Monseigneur, que Ton se refroydisse et repsenle icy des innovations qui se commençoint à faire aulx choses de la religion ayant esté faict quelque commandement de ne parler ny prescher d'icelles aultrement que Ton faisoyt du vivant du feu roi d'Angleterre et ayant esté révocqués et reprins comme j*enlends quelques sermons naguères faicts ausquels avoyt esté mal parlé des sacrementz et des ovrtnm saincts et du charesme. Il y a icy nouvelles que le seigneur de Baudouel admirai d*£scosse a esté prins prisonnier par le gouverneur dudict pays luy mectant sus qu'il a eu quelque secrette intelligence avec ceulx de deçà '. Le secrellayre de Venise quy est icy résident lequel me vient veoyr quelques foys me dist avant hyer. Monseigneur, que depuis pea de jours il avoyt sceu qu'esloyt icy venu faire le gentilhomme du dac de Ferrare quy en est parly naguères, lequel se nomme El Sala et estoyt sa commission comme il dict de parler du mariage d^ung Gis dudict duc son maistre de Taage envyron de treize ans avec Madame Elizabet secunde fille du roy d'Angleterre quy est envyron de mesme aage, dont ne se sçait quelle responce il a eue ne quelles conditions ont esté mises en avant d'ugne part et d'aullre. Quy esl, Monseigneur, tout ce que je sçay de nouveau sinon que avant hyer me feust signlflié par ung hérauld de me trouver dimanche prochain à troys heures après mydy en la grande esglise de ceste ville pour assister aulx services que l'on commencera de faire pour les honneurs funèbres du feu roy que Dieu absoille, et en cest endroict, Monseigneur, me semble n*estre pas hors de propoz de vous demander jusques à quand j'attendray à laisser le deuil, ayant ce me semble à me conduyre en cela selon le commandement qu'il playra au roy et à vous, Monseigneur, de me faire. »

Jean Roze est parli il y a deux jours avec une lettre de Selve pour le connétable, qui trouvera en lui un homme de savoir et d'expérience. Jean Bodon, de Reims, lui écrit de sa prison par l'intermédiaire des écossais qui ont liberté d'aller et de venir, pour demander au roi le payement de ses dettes, qui montent à 100 ou 120 écus.

« De Londres, ce xv/'^ juing ^^xLVl/, »

Vol. C, P 185 V, copie du xvi« siècle, 5 p. 1/2 in-P.

rémonies ^'''®- — Londres^ 22 juin. — « Sire, dimanche dernier XIX* de ce

inèbrea. moys, Taprès disnée, en la grande esglise de Sainct-Pol de ceste ville

furent dictes et célébrées pour le feu roy que Dieu absoille vespres des

mortz et vigilles avec solemnité aussy grande ou plus quy ayst esté

1. Patrick Hepburn, troisième comte deBothwell, amiral d'Ecosse, père du célèbre James, comte de Bolhwell, qui fut le troisième époux de Marie Stuart.

[juin 1547] M. DE SELVE 183

veue en ce pays en semblable cazy et le lendemain, Sire, feust dicte la grande messe et faict le service en la manière acconstumée par Farcevesque de Canterbéry * et y assistèrent Tarcevesque d'Yorch ', et sept ou huict evesques. Geulx quy faisoint le grand deuil estoint le marquys de Nordanton frère de la royne d'Angleterre ', le conte de Vuarvich grand chambellan *, le conte d'Arondel *, le conte d*Arby ®, tous quatre chevalyers de cest ordre, et oultre le conte de Ghirosbery ^ et le conte de Rentlan * qui faisoint en tout le nombre de six. Et sy se trouvèrent les ambassadeurs de Tempereur et de Venise revestus en deuil, »

Pendant que se disaient vigiles, le protecteur fit mander à Selve par un héraut que Tambassadeur d*Ëcosse, invité à la cérémonie comme les autres, s^était excusé en disant que son compagnon, actuellement ambassadeur d'Ecosse en France, n'avait pas été convié aux honneurs funèbres qui ont eu lieu en France pour le feu roi. Selve l'a envoyé visiter dans la journée, en lui faisant savoir le rapport du héraut, dont il nia de point en point la vérité, en donnant seulement sa santé pour excuse. « Toutesfoys, Sire», ajoute-t-il, « Fhomme que j'envoyay vers luy ne peust comprendre en sa fasson ny en son vîsaige aultre maladie que ung esbahissement et estonnement plus grand que ne debvoyt avoyr ung homme qui se sentiroyt net et exempt de coulpe... Et depuis peu ra'a esté confermé la souspesson que j'en avoys par aulcuns quy m'ont asseuré avoyr esté par luy révélez au protecteur aulcuns adverlissementz concernantz les afTayres d'Escosse que je luy avoys secrettement descouvertz pour mander à la royne et au gouverneur... Et sy ainsy estoyt que son compaignon quy est par delà luy aye faict plaincte par lettre de n'avoyr poinct esté appelle à Tenlerrement du feu roy il y a quelque aparence qu'il n'est guères plus discret ny mieulx affectionné à vostre service que cestuy-cy.

« Sire, quelque responce que m'aye dernièrement faicte le protecteur NoaTeUet sur ce que par vostre commandement je luy ay remonstré de la com- d'Écosae. préhension des escossoys l'on me dict de plusieurs lieux que dans ce moys d'aoust au plus tard il est résolu de leur faire la guerre, et par mer du costé de Sainct-André, et par terre. Et ay sceu, Sire, que ledict protecteur il y a envyron sept ou huict jours, parlant à ung genlilhomme escossoys nommé monsieur de Maxouel • quy est icy prisonnier en hous-

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