‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 131 sur 201 · Sir Edward Bellingham, déjà menlionné par de Scive · texte numérisé non relu

Sir Edward Bellingham, déjà menlionné par de Scive

[décembre 1547] M. DE SELVE 249

de Guyenne sous prétexte de les porter en Flandre, en Espagne ou ailleurs.

La veille, le protecteur lui a fait réponse sur ce que le roi sait : il Affaires écrit au connétable le résultat de Tentretien. Selve lui a fait les représen- et de talions prescrites par le connétable dans sa dernière dépêche au sujel Hardinghem. des fortifications d*Hardinghem et de l'église de Piennes. Le roi d'Anglel terre consent h n'y élever aucune défense, répond le protecteur, et s'il s'en trouve en cours de construction, elles seront abattues, mais à condition que le roi de France en fasse autant de son côté : or il savait que les gens du roi fortifiaient le château de Fiennes et y mettaient de Tar- Itiierie, bien que Fiennes fait partie du Boulonnais, a-t-il encore répété. Selve ayant répliqué en défendant vivement les droits du roi, le protecieor proposa que le roi nommât des commissaires spéciaux chargés de juger le litige, se déclarant lui-même prêt à en choisir pour le roi d'Angleterre : il doit d'ailleurs en faire parler au roi par l'ambassadeur d'Angleterre.

« Sire, après ce propoz m'a demandé ledict protecteur sy le seigneur NouTeiies de la Chapelle arriveroyt bientôt en Escosse ^ et qu'il avoyt entendu d'Ieone. qa*il estoyt party de Brest avec cinq navires et cinquante ou soixante capitaines et gentilhommes en sa compagnie et quelque bonne somme de deniers et quantité de pouldres et artillerie, et qu'il s'esbahissoyt que vous voulsissiés envoyer secours pour mener la guerre contre voz amys et que cela n'estoyt paz conforme à bonne paix et amytié. A quoy, Sire, je luy ay respondu que je ne scavoys rien du partement dudict la Ghappelle.... A quoy. Sire, il m'a répHcqué que vous en fériés comme bon vous sembleroyt, mais que vous trouveriés en fin que l'Escosse ne vous serviroyt que d'ugne esponge pour tirer vostre argent sans nul proufict et qu'il vauldroict beaulcoup mieulx que vous le minssiés en aultre lieu dont vous pourries avoyr grand honneur et grand proffict. Quant aulx nouvelles dudict pays d'Escosse, Sire, Ton n'en dict poinct et n'ay peu entendre à la vérité sy ledict sieur de la Chapelle est passé ou non. Bien est vray, Sire, que le comte de Hontelay, ainsy que m'a dict maître Jehan Hay, a entendu par aulcuns des seigneurs de ceste court que l'on avoyt icy nouvelles de l'arrivée en Escosse de l'évesque de Cathnes son frère * avec quelque nombre des deniers qui me faict penser sy cela est véritable que le sieur de la Chapelle pourroyt estre quand et quand arrivé. Sy est-ce. Sire, que je suy adverly que depuis deux jours l'on a faict icy de grandes dcpesches pour envoyer quelques navires en mer.

1. M. de la Chapelle, chargé du commandement des secours envoyés par Henri II aux Écossais, avant Texpédition maritime des galères, qui n'eut lieu qae l'été suivant.

2. Alexandre Gordon, évéque désigné de Caithness, frère de George Gordon, comte de Uunlley, auquel Selve faisait parvenir la correspondance du comte. (Dépêche du 2 octobre.)

Je ne sçay sy ce seroyt pour empescher Tallée dudict sieur de la Chappelle ou pour attendre le retour des navires quy l'ont conduict. D'envoyer dlcy en Escosse, Sire, je n'en ay encores sceu trouver aulcnn moyen sy ce n'est quelques foys d'escripre quelque mot par des genU du comte de Hontelay quy y sont allez. L'homme de vostre ambassadear. Sire, est encores icy que je n'ay poinct vouUu essayer de renvoyer jusques a ce que j'aye responce de vous du pacquet qu'il vous a porté. Dudict comte de Hontelay, Sire, n'est aultre nouvelle sinon qu*il attend ung de sez gentz qu'il avoyt envoyé en Escosse pour faire venir scx ostaiges, lequel arrivé il s'acheminera incontinent vers Barrvich aoqoel bien se fera la permutation de sez ostaiges et de luy qui s'en ira droicleo son pays avec la voulenté que vous. Sire, pouvés juger par ce que je vous ay escript de luy proceddant de sa bouche mesmes comme maitre Jehan Hay me Ta de la part dudict conte tousjours faict entendre. •

« De Londres y ce x^ décembre v> XLVii. »

Vol. 7, fo 102 vo, copie du xvi« siècle, i p. 1/4 in-P.

SELVE AU ROI

264. — Londres, 1 0 décembre. — Selve a reçu le 7 la dépêche du connétable en date du 2 faisant mention des travaux entrepris par les anglais à Hardinghem et à l'église de Fiennes. 11 écrit au roi directement son entretien avec le protecteur relativement à ces questions. RatUtaUon Le protecteur l'a gardé toute l'après-dlnée jusqu'au soir pour lui ré- ^ pondre sur les propos que Selve lui avait tenus pendant la dernière audience. Après avoir protesté de son désir de conserver la paix, il a dit que, si le roi voulait recouvrer Boulogne, il fallait tenir plus de compte des moyens qu'il avait mis en avant et qui se trouvaient bien plus avantageux pour le roi que pour le roi d'Angleterre, lequel ne gagnait au marché qu'une lisière de terrain sans valeur dont il donnait en échange bien plus que son prix ^ : quant à TolTre du roi de France, elle était inacceptable, et il aimerait mieux être mort que d'y avoir prêté l'oreille. A ce propos, le protecteur lui ayant demandé ce que le roi entendait faire des pensions qu'il voulait supprimer au roi d'Angleterre, Selve a répondu que le roi voulait les éteindre entièrement, bien que le roi n'en fit pas mention dans sa dépêche, afîn de « lui faire la marchandize chère ». Quant au royaume d'Ecosse, a continué le protecteur, le roi d'Angleterre ne dépensera jamais deux cent mille écus à sa conquête, « me disant que les choses y estoint en aultre disposition que je ne cuydoys et que de lui il vouidroict qu'il luy cust cousté dix mil escuz et que le roy et vous sceussiez aussy bien comme elles y vont que luy et que peut estre ledict

1. Voir sur ce point les détails topographiques contenus dans la dépêche du 16 novembre.

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seigneur changeroyt d'oppinion. » En somme il déclare qu'il n'y a aucune égalité dans les propositions du roi, et au contraire une parfaite équivalence dans les siennes, ajoutant que si on laissait passer cette occasion de recouvrer Boulogne, « dès ceste heure il y avoyt peust estre ung grand prince par le monde qui conseilloyt bien que Ton ne rendist pas iadicte ville devant le temps du traité ». Selve lui a répondu qu'il ne savait quel était le prince qui donnait ce conseil, mais que d'ailleurs « s'il pouvoyt bien advenir aussy que ledict temps venu ou passé les afTayres seroient en tel estât que le roy seroyt conseillé de ne donner paz tant d'argent pour ravoyr BouUoigne et qu'il l'auroyt bien à meilleur marché et peust

estre encores quelque chose d'avantage luy remonstrant l'importance

du mariage de la royne d'Escosse avec ce roy, et la difficulté d'y parvenir, quelque despense qu'il fasse à ceste fin quy a déjà en deux moys seulz excédé la somme de deux centz mil escuz par luy dictz et neanlmoins ledict seigneur son maistre est peust estre plus loing de son compte qu'il

n'estoyt au commencement. » « Après toutes ces disputes, je luy ay

prié, Monseigneur, de me vouloir résouldre de ce que j'avoys à vous mander de par luy. A quoi il m'a respondu qu'il ne sçavoyt que me dire aultre chose sur le party que vous aviez proposé, mais que si vous trouvyés bon ceiluy qu'il vous a premièrement mictz en avant qu'il estoyt prest d'y entendre. Et a envoyé là dessus quérir ugne carte et description de Bouloigne et du pays de Boulenoys me monstrant sur icelle que ce qu'il demandoyt par son dict party contenoyt peu de pays et n'estoyt paz de grande importance pour le roy quy pourroyt encores retenir Ardres sy bon luy sembloyt, et qu'il feist difficulté de quicter Iadicte ville quy loutesfoys n'estoyt guères de chose. Bien est vray qu'au caz qu'il retint Iadicte ville l'on ne luy diminueroyt et ne rabattroyt paz tant d'argent que s'il la vouUoyt laisser, et qu'encores présenteroyt-il ung aultre party affîn que vous cougnussiés qu'il ne tient point à luy qu'il ne se face quelque chose de bon. Quy est que sy le roy veult payer promptement l'argent proumictz pour la restitution de BouUoigne et de Boulenoys l'on luy rendra dès ceste heure le tout pourveu qu'en considération de l'accélération du temps de Iadicte restitution le roy face le mariage du roy d'Angleterre avec la royne d'Escosse... ce que je luy ay dict, Monseigneur, que je vous manderoys de par luy au long et à la vérité comme il est en la présente. >i

« De Londres^ ce x^ décembre v xlvii, »

Vol. 7, r» 104 v», copie du xvi« siècle, 6 p. in-f».

SELVE AU ROI

265. — Londresy 12 décembre. — Selve envoie au roi deux lettres, Tune, du comte de Huntley à l'évéque de Ross que Jean Hay lui a fait

252 NÉGOCIATIONS DB [déckmbrb 1547]

parvenir ne pouvant la lui porter lui-même à cause de sa réincarcération à la Tour, l'autre , d'un nommé Richard Martin qull a fait mettre en chiffre selon la prescription du connétable. NoaTtUM a Au surplus, Sire, il y a iey depuis byer quelque chose de nouveau ^JtùSÊbT d'Escosse, mais Ton ne peut encores bien entendre que c*est, sinon que les angloys se vantent que maistre André du Delay frère du comte de Warvicb qui est dans Portincraig a faict une saillye sur les esco6soys où il a prins celluy quy avoyt la conduicte de rartilierie que aulcuns disent estre le comte d'Angousse ^ ou son frère ' et luy a fakt trencher la teste ' ayant enceste saillye encloué la plus part de Tartillerie escossoyze, quy est chose malaisée attendu le peu de nombre d'angloys qu*il a avec luy, et y en a icy, Sire, quy estiment tout le contraire et que ladicte place est plus pressée des escossoys que jamais et que ceulx-cj n*en veuUent faire la feste, et que voz gentz qu'ils disent estre arrivez en Ëscosse y sont devant. Quelque chose qu'il y aist j'entendz que ce conseil fust tout hyer fort empesché sur expéditions en divers lieux. Aulcuns m*ont dict, Sire, qu'il y a neuf ou dix jours que six ou sept navires que le protecteur envoyoit au secours de ladicte place avec vivres et pouldres se trouvantz desjà prèz Sainct-André furent repuisés par vent contrayre en divers lieux et contrainctz de jecter en mer la plus part de ce qu'ilz portoint pour se saulver et qu'encores ne sçayt Ton qu'ils se sont saulvez car il n'est nouvelles que d'ung ou deux d'iceulz qui sont arrivés en quelque port de ce royaulme. L'on me vieat aussy, Sire, présentement d'advertyr que le protecteur a faict faire commandement à quelques grandez naufz vénitiennes quy se chargeoient pour s'en retourner de ne partir d'icy qu'ilz ne sçaichent sy le roy d'Angleterre s'en vouldra servir ou non ».

« De Londres, ce xii'^ décembre v* xlvii. »

Vol. 7, P 107 vo, copie du xvi« siècle, 4 p. V'^in-P.

266. — Londres, i2 décembre, — L'homme désigné dans la dépèche du connétable en date du 27 novembre est arrivé et a remis à Selve des lettres adressées au maréchal de la Marche ou en son absence au bailli du Palais, que Selve a fait mettre en chiffre selon Tordre du connétable.

« De Londres, ce xii^* décembre F xlvii. »

Vol. 7, P 108 v», copie du xvj« siècle, 1/2 p. in-P.

i. Archibald Douglas, sixième comte d'Angus.

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