‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 133 sur 201 · Gawin Hamilton, de la famille du comte d'Arran · texte numérisé non relu

Gawin Hamilton, de la famille du comte d'Arran

25* NEGOCIATIONS DE [l>ÉCBMB&E 1547]

troys OQ quatre petites pièces de pea dlmporlance et environ cinquante oa 5^*ixaDte eseo>soy$ tués avec qnelqae perte aossy des angloys qui sont sortis, ce nonobstant que depuis le gooTemeur a sy bien enfermé lesdicts angloys qa*ilz n*en peuvent plus sortyr ne par terre ne par mer, car il a faict les trenchées ainsy qu'il dict tout aotoor de ladicte place en sorte que les deux bontz dlcelles vont jusques en la mer et se respondent viz à viz et de si prez qu'il n'y a narire qui paisse arriver entre deax et qu'il y en estoyt venu troys anglo\~s avec deux cents honunes dedans et quelques munitions qui n*en pouvoint approcher dans lesquelz y avoft eu tout plain de gentz tués. Et y a comme il m*a mandé prez de quinze jours que ladicte place est en ceste sorte environnée desdictes tranchées qui en sont fort prez, dans lesquelles est nuict et jour rabt>é de Dribonrg ^ avec bon nombre de gentz à quy le gouverneur a donné ceste charge pour l'envA'e que ledict abbé a de se venger de maistre André de Delay quy est celluy de quy il feust prins prisonnier Testé passé ainsy qu*il alloyl en France dans le navire du Lyon cTEscosse. Et pense ledict conte, Sire, à ce qu'il dict, que dès ceste heure le gouverneur est dedans ledict Portincraig attendu la force qu*il avoyt devant qui n*est paz moins que de sii mil hommes. 11 m*a aussi faict demander, Sire, sy j'avoys poinct nouvelles que le roy de Danemarch envoyast quelques navires en EIscosse et que le bruict estoyt icy tel, à quoy je luy ay respondu que je n'en avoys poinct de nouvelles, mais que cela estoyt fort croyable et aysé et que je pensoys qu'il pouvoy t bien estre ainsy. Au surplus, maistre Jehan Hay est encores en la Tour, et ne puys entendre pourquoy, sy ce n'est que Ton ayst sceu qu*il soyt allé et venu céans et chez le conte de Hontelay et que Ton en soyt entré en souspesson.

« Sire, etc. »

« Londres, ce xiiii^ décembre p xlvii, » Vol. 7, V 109, copie du xvi* siècle, 2 p. l/i in-P.

SCLVE AU C055ÉTABLE.

NégoeiaiioDs 269. — Londt^eSj i 4 déce^nbre, — Selve continue à exprimer sa défiance le eomte envers le comte de Huntley, qu'il soupçonne de répéter une leçon dictée

de HanUey. par les anglais pour décourager le roi de rien entreprendre en Ecosse. «( Sy est-ce, Monseigneur, qu'il semble à la poyne que ceulx cy mecteot d*en venir au-dessuz qu*ii sera malaisé d y remedyer sy le roy n'y faid ugne grande despence et diligence de laquelle encores le fruict n'est pax fort certain sy ledict seigneur ne trouve moyen d'avoyr la petite royne en sez mains ^ laquelle les angloys travaillent et travailleront d*avoyr le

1. James Slewarl, abbé de Dryburgh, fait prisonnier en même temps que John Hay, et dont Selve a raconté la capture dans ses dépêches des 18 et 20 mars 1511.

2. C'est la première allusion faite par l'ambassadeur au projet d'enlèvement de Marie Stuarl, que les galères de Villegagnon devaient exécuter l'été suivant

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plus tost qu*ilz pourront ou par force ou par trahison.  quoy le roy à grande poyne pourra remédier s'il ne la tyre hors des dangers où elle est desdictes deux choses, quy est le plus grand desplaisir que ceulx de deçÀ sçauroint recepvoyr, car par là toutes leurs intelligences et practiques faictes pour parvenir au mariage de ladicte dame avec le roy d*Angleterre comme ilz Tespoyrent et désirent infiniment seroint renduz illusoyres et inu tilles et fauldroit nécessayrement qu'ils usassent dez moyens du roy et passassent par sez mains pour parvenir à leurs fins... Quy sont ehoses, Monseigneur, sur lesquelles je ne me veulx entremectre de vous discourir sçaichant que vous les congnoissés et entendez mieulx par manière de dire en dormant que je ne sçauroys faire de ma vie en veillant. )>

Il y a environ trois mois était venu le trouver « ung petit homme viel italien quy se faict nommer le cappitaine Cole », se prétendant chargé par le roi de poursuivre et faire saisir un Italien qui avait tué à Rouen le lieutenant Mogis. Ce personnage est revenu le voir le jour précédent et a déclaré avoir été pendant ces trois mois emprisonné comme espion. Selve avise le connétable dé la qualité d'envoyé du roi qu'il a prise.

« De Londres^ ce xiv^ décembre v* XLvn. d Vol. 7, f» 110, copie du xvi» siècle, 2 p. 1/4 in-f«.

SELVE AU ROI

270. — Londres, 19 décembre. — Selve a reçu la dépèche du roi en ua^i^ date du 17 et a été, la veille 18, porter au protecteur les plaintes du roi du sur les empiétements nouveaux des anglais dans le Boulonnais. Le protecteur a repris ses objections accoutumées, disant que le roi voulait à la fois être juge et partie, et que les positions contre lesquelles il avait envoyé M. de Ghastillon avec de Tarlillerie étaient concédées par le traité aux anglais pendant le délai stipulé. « Et davantaige, qui piz est, que dans Tung desdicts lieux avoint esté trouvez quarente ou cinquante angloys que Ton avoyt tous faict mourir au reste de six ou sept que Ton avoyt encores renvoyés en chemize. » Selve a répondu que le roi avait toujours déclaré ne vouloir en rien empiéter sur le roi d'Angleterre et que c'étaient au contraire les anglais qui s'étaient saisis sans droit de six ou sept places du comté de Guines, et que, quant à la possession alléguée par le roi d'Angleterre, le faict d'avoir baillé les terres de ces lieux à des sujets anglais à charge de reconnaissance n'avait aucune importance non plus que le fait d'avoir fait traverser ces territoires contestés par des armées anglaises en temps de guerre. La faute de ce malentendu retombe d'ailleurs tout entière sur Godolphin qui n'a pas daigné répondre aux lettres de M. de la Rochepot et l'a obligé par là à aller se faire rendre justice lui-même. Le protecteur a paru assez peu content de cette

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réplique, « portant le visaige ou d'homine qui se trouve fort estonné et en po\iie de ce quy est advenu pour n*y sçavoyr reaiedyer ou bien de personne qui veult en prendre la revenche. » Selve néanmoins ne croit pas qu'on prenne à cœur cette aCTaire *. ^^onnUm „ Bien est vray, Sire, » dit-il cependant, « que j'ay entendu de qudd^iS!^ qocs ungs que Ton faict venir icy au Paz de Calaix neuf ou dix Danrts armées pour se y tenir et que Ton envoyé delà la mer renfort de XII oo XY^ hommes. Que je n*ay paz pour chose certaine, car d*aaitres m'ont dict que Ton y renvoyoit seuliement quelques gentishommes quy en estoint venuz naguères pour aller à ceste dernière guerre d*£scosse, qni sont en peu de numbre, car la plus part comme j'entendz sont dJtt milord Grey à Barrvich où Ton m'a dict que l'on envoyé incontinent aprez les festes Gamboa et tous les cappitaines et soldatz espaignolz je ne sçay bonnement pourquoy ne à quelle fin. Sire, j'ay trouvé les choses , sy mal à propoz pour demander au protecteur passeport pour rhonune de vostre ambassadeur quy est en Escosse que le meilleur et plus senr | m^a semblé de ne luy en parler poinct. Et voyant, Sire, que ledkt homme à la langue angloise congnoist très bien les chemins et ptssaiges, est fidèle et a cueur et voulenté d'entreprendre de porter vostie pacquet, je luy ay baillé et ay néanlmoins, Sire, retenu ung duplicaU pour la luy renvoyer encores par ugne aultre voye s*il m'est possible... »

« De Londres^ ce Jl/.t- décembre p.y^v//. >

c< Sire, depuis ceste lettre escripte et tout présentement le comte de Hontelay me vient de mander qu'il estoyt adverty pour certain que lei angloys secrettement s'estoint résoluz aller en Escosse en la plus grande puissance et diligence qu'il leur estoyt possible et que Ton en avoyt desjà faict acheminer plusieurs vers la frontière et que Ton armoyt et esquippoit à toute diligence XXIIII na^yres pour y envoyer aussy par mer, et d'aultre part vient d*estre adverty, Sire, que le protecteur a travaillé pour recouvrer les plates-formes et descriptions de situations des places de Dombar, Lislebourg et Sterling * qu'il a euez de quelques escossoys pour adviser comme Ton dict sy elles se pourroint avoyr par ruynes on par aultre voye, dont j'advertys vostre ambassadeur par sondict homme. »

Vol. 7, fo m, copie du xvi« siècle, 4 p. 1/2 in-f*.

1. La lacune d'une année qui existe dans les Calais Papers publiés à la suite da Calendar of St. P., Foreif/n Séries, pour le règne d'Edouard VI, de mai 1547 à nwi 1548, ne permet pas d'éclaircir les détails de cette agression nouvelle qui devait se rapporter au litige de Fiennes et de Hardinghem, dont il a été déjà si souvent parlé.

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