‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 134 sur 201 · Dunbar, Edimbourg et Stirllng · texte numérisé non relu

Dunbar, Edimbourg et Stirllng

[décembre 1547] M. DE SELYE 257

SELVE AU CONNÉTABLE

271. — Londres, 19 décembre. — Selon Tordre du connétable, Selve a fait au protecteur des remontrances sur la lenteur de la justice rendue en Angleterre aux marchands français. Ses réponses sont résumées dans un mémoire spécial qui est adressé au connétable. « Sy est-il bien fasché et estonné à mon advis », dit Selve, « de ce quy a esté faict delà la mer, plus ce me semble qu'il ne l'ose montrer ne confesser. Et ay notté ugne paroUe qu'il m'a dicte deux ou troys foys entre ses dentz et en soy mesmes, disant : je me donne au diable, j*ay esté bien sot, je le confesse. Au surplus. Monseigneur, j'ay entendu que le privéséel et le grand maistre furent hyer assemblez tout le jour avec le mayre, cheruvez et aldremenlz ^ de ceste ville, je ne sçay sy c'est pour quelque imposition de deniers sur le peuple ou bien pour levée et appareil de gentz ou pour quelle aultre cause ce peust estre. Le comte de Hontelay à quy j'ay envoyé le pacquet quy 8*addresse à luy m'a renvoyé pour responce celluy que je vous envoyé présentement. Il m'a cez jours passés mandé qu*il avoyt entendu que les angloys voulliont aller avec grande puissance en Escosse incontinent après ces festes, mais je treuve cela peu croyable qu'ilz se veuUent mectre en campaigne par ledict pays en ceste saizon. Maistre Jehan Hay qui avoyt esté remprisonné a esté délivré pour la tierce foys a ma requeste et responce. »

« De Londres, ce x/ac"« décembre v« xlvii, » Vol. 7, f* 113, copie du xvi« siècle, 1 p. in-f°.

SBLVE A M. DE LA BOCHEPOT.

272. — Londres, i 9 décembre. — Selve a reçu les dépêches que M. de la Rochepot lui a adressées par le chevaucheur qu*il lui renvoie avec un duplicata du passage de sa dépèche au roi contenant le récit de son entretien avec le protecteur.

« De Londres, ce jc/x- décembre v xlyii. »

Vol. 7, f* 114, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f-.

SELVE AU BOI

273. — Londres, 23 décembre. — « Sire, je viens tout présentement j,^^^^ de recepvoyr le pacquet que je vous envoyé de la royne d'Escosse qui areo me mande le faire tenir au sieur d'Oysel vostre ambassadeur lequel J*Hanu* iadicte dame m'escript estre passé vers vous. Et a ledict pacquet esté

i. Lord-maire, sberifTs et aldermea de Londres.

A.^GLETEmiE. — 1546-1549. 17

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1, JiktnHn HtUiua, neveu «Je David Beloua, abbé d*Aberbrothwîck et archeTéqoe de Hair» l'André, Ir^nirfu de l'abbaye en 15^6, après la mort de son ooele.

2, Mm HacDilton pluf tard, abbé d'Aberbrolhwick. Z, Bernardîao Ochino, né à Sienne en 1487, ancien Tîcaire, général de Fordre

tU'.n Cjàpunin*, mort en Moravie en 1554, appelé en Angleterre par Cranmer pour y prA/th«r la réforme.

4. Fi^.tro Vermigli, dil Pierre >Iartyr, ancien chanoine régulier de Saint-Augoslifl h Fic<Nile, enseigna quelque temps la théologie à Oxford.

[décembre 1547] M. DE SELVE 289

Escosse avec voz lettres est party il y a troys jours et s'asseure de passer seurement. Par le premier que je pourray trouver je ne fauldray d'envoyer encores le duplicata de vosdictes lettres que j'ay retenu affîn de satisfaire à la royne d'Escosse que j'apperçoy estre en merveilleuse poyne pour n'avoyr de voz nouvelles.

« Sire, etc. »

« De Londres^ ce xxrit»* décembre v* xlvii. » Vol. 7, fo 114, copie du xvi« siècle, 2 p. 1/4 in-f».

SELVE AU CONNÉTABLE

274. — Londres^ 24 décembre. — « Monseigneur... il arrive icy à Gamboa tous les jours quelques soldatz espaignolz quy viennent de Flandres dont ilz se desrobbent à cachettes et desguisés, et s*estime que tout ce qu'il en pourra amasser au plus sera cinq ou six centz combien qu'il ayst aussy mandé en Ëspaigne comme j'entendz pour en lyrer par subtilz moyens le plus qu'il pourra, mais je pense qu'il luy sera très malaisé d'en avoyr de là. Il est aussy arrivé icy depuis quatre ou cinq jours comme j^ay esté adverty deux cappitaines hungres dont l'ung a servy le feu roy d'Angleterre en cez dernières guerres passéez, lesquelz ont prins comme j'entendz leur chemin par Yenize et par Allemaigne à venir icy où je ne puys penser qu'ilz soint revenuz sans cause et sans avoyr faict quelque numbre de leurz gentz de cheval pour le service de ce roy quy en desiroyt recouvrer il y a longtemps par le moyen de l'ung desdicts cappitaines quy esloit icy, lequel a esté long temps a envoyé pour ceste fin en son pays dont il est maintenant revenu... Monseigneur... »

« De Londres^ ce xxi/i"* décembre V' xlvii, »

Vol. 7, fo 115, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-P.

SELVE AU ROI

275. — Londres. 30 décembre. — Selve a reçu la dépêche du roi en , date du 22 et a été la veille trouver le protecteur à Hamptoncourt, où le dana le roi d'Angleterre est depuis trois jours. Se conformant à la teneur de la dépêche du roi, il a ouvert l'entretien en disant qu'il avait mandé au roi les propos du protecteur relatifs à l'agression reprochée aux gens du roi, ce dont il n'avait encore pu avoir de réponse, mais que d^autre part M. de la Rochepot lui avait écrit que dans l'agression en question aucun anglais n'avait été mis à mort et que c'étaient seulement des français transfuges qui avaient été punis comme ils le méritaient. Le protecteur a répondu que cette agression avait été en tout cas bien mal justifiée, car les gens du roi d'Angleterre n'avaient mis dans chacune des

BoolooDaifl.

petites places dont il s'agit qu'une garnison de 40 à SO hommes, et que ces places étaient notoirement en dedans des limites du pays qui devait demeurer au roi d'Angleterre : <( Et quant à ce que Ton n*avoyt faict mourir que quelques Françoys voz subjectz qu'il avoyt esté très bien informé du contraire et que pour certain en la dicte place où je disoys avoyr esté faict résistence à voz gentz il y avoyt quarente ou cinquante hommes pour le roy d'Angleterre dont il ne s'en estoyt saulvé que cinq ou six nudz en chemises,... et non seuUement chassés, mais encores taez et les aulcuns d'iceulx après s'estre renduz estantz mesmes à genoulx et faisantz requeste tant seullement pour leur vie et d'autres s'enfuyantz et retirans sans avoyr faict aulcune résistance, de sorte qu'en la plus aspre guerre du monde l'on ne sçauroyt avoyr usé de plus grande cruaulté. » Selve a insisté, dans sa réplique, sur ce fait que MM. de Ghastillon et de la Rochepot avaient seulement pris leur revanche des entreprises tentées par les anglais, qui étaient venus manifestement occuper des lieux où ils n'avaient aucun droit de se loger; il a rappelé, et le silence de Godolphin qui n'avait tenu aucun compte des lettres réitérées de M. de la Rochepot, et le caractère de transfuges qu'avaient les sujets français mis à mort. A Ja fin de l'entretien, le protecteur a déclaré « qu'à présent il n'y avoyt plus de lieu de parler de commissayres lesquelz ne sçauroint faire que ce quy estoit faict ne fust faict ». Puis il a informé Selve « que maistre Walop * luy avoyt mandé que voz ministres delà la mer l'avoint adverty que s'il voulloit l'on feroyt rayer le chasteau de Fiennes à la charge qu'il demeurast sans fortiffication d'ugnepart et d'aultre, à quoy il avoyt respondu audict Walop que par là ne seroyt pas réparée l'injure quy avoit esté faicte au roy d'Angleterre, toutesfoys qu'il luy sembloyt que quand voz gentz desmoliroint les fortiffications qu'ilz y ont faictes et laisseroint la place en Testât qu'elle estoyt devant qu'ilz s'y myssent qu'ilz ne feroint que leur debvoyr. » A quoi Selve a répliqué qu'il ne pouvait loi répondre, n'en ayant pas entendu parler.

Selve a fait également des remontrances sur la lenteur de la justice anglaise envers les marchands français. En prenant congé, le protecteur l'a retenu pour se plaindre de ce que le lieutenant criminel de Paris ait fait emprisonner un de ses serviteurs du nom de James Welch, envoyé en France il y a plus de quatre mois pour affaires particulières, et retenu il ne sait pour quelles causes, comme espion ou pour foi religieuse, ce qui est également inadmissible. Selve, en toutes choses, le voit dans un très grand mécontentement.

« Sire, j'ay faict entendre à Richard Martin ce que il vous a pieu me commander. Ce que j'ay apprins de nouveau de luy est en ung memoyre en chiffre icy encloz qui est transcript de celluy qu'il m'a baillé, et dicl

1. Sir John Wallop, capitaine de Guines, demeuré en fonctions depuis l'aTëoement d'Edouard VI.

[décembre 1847] M. DE SELVE 261

qu*il tient le contenu en icelluy du secrétaire de Paget. L'article des Glevoys que cez cy liévent m*a esté confermé d'allieurs, et m*a Ton nommé celluy qu'ilz ont envoyé en Flandres pour cest effect et pour le payment quy y est nécessayre, qui s'appelle Dymoch *, mais je n'ay sceu le numbre. Et suys en oultre adverty qu'ilz ont envoyé en poste ung nommé Grenade en Itallye, je ne sçay pourquoi '. De ce cappitaine hungre naguères arrivé dont j'ay dernièrement donné advertissement j'ay mictz gentz après pour s'en enquérir, desquelz je n'ay encores eu nouvelles fors de Yilleneufve qui m'a dict que ledict cappitaine avoyt proumictz au protecteur dix mil hommes tant de pied que de cheval, ce qui ne me semble croyable ne vray semblable. Il escript à Monsieur le mareschal de la Marche. Je pense, Sire, qu'il luy mande cela et d'aultres nouvelles qu'il m'a comptées d'ung envoyé en Islande pour leuer aultres dix mil hommes, que je croy aussy peu car ce sont trop de gentz. Ugne chose y a, Sire, quy m'a esté dicte pour certaine de plusieurs endroictz, c'est que Ton forge par deçà quelque quantité de bonne monnoye de bon argent comme elle soulloyt estre, pour ce que les estrangers ne vcuUent point de celle quy y court maintenant, quy est ung argument qu'ilz veullent meclre estrangers en besoigne car pour ceulx de deçà n'en fauldroict poinct faire de nouvelle, joinct que ladicte monnoye se réserve toute comme l'on dict et ne se mect poinct dehors. »

Jean Hay a été voir le comte de Bothwell dont il n'a pu rien décou- Négociations vrir. Celui-ci est venu ici sans sauf-conduit, en pleine guerre, et à pré- ie*omte sent il envoie demander conseil au comte de Huntley afin de savoir de HunUey. s^il doit demander au protecteur un sauf-conduit pour retourner en Ecosse ou pour passer en France. C'est le comte de Huntley qui a averti Salve de cette singulière demande, à laquelle l'ambassadeur a fait assez sévèrement répondre. Jean Hay lui a encore répété ces jours-ci un propos tenu par le protecteur à l'un des gens du comte de Huntley « qu'il s'esbahissoyt que tout le conseil deppendoyt d'ung roy de France quy ne se soucyoit paz tant des Escossoys comme ilz cuydoint et que s'il voulloyt il auroyt vostre consentement pour le mariage de la royne d'Escosse avec le roy d'Angleterre et que cela estoyt chose certaine. » Le comte de Huntley l'a en outre averti que les habitants de Dundee Prise avaient offert au protecteur de se rendre aux anglais et de leur laisser ^"* **' fortifier le clocher et l'hôtel de ville, et que le protecteur envoyait en toute hâte à André Dudley, capitaine de Broughty-Craig, 500 hommes d'armes à cet effet '. Selve envoie au roi une lettre ci-jointe du comte

1. John Dymock, agent anglais en Flandres, plusieurs fois mentionné comme chargé de missions en 1546. (State Papers, t. X et XI.)

2. Gilles Granado, dont Selve a déjà mentionné une mission en Allemagne, en janvier précédent. (Selve et de la Garde au roi, tO janvier 1347.)

3. Préliminaires de la prise de Dundee. (Voir ci-dessus, dépêche au roi du 16 janvier.)

36â KÉGOCIATIOKS DE [dêccmbee 1547]

de Huntley à i*éTèque de Ross * et ne manquera pas d*exéeater la teneur de la dépèche du roi en date du 25, qu'il reçoit à Tinstant.

« De Londres^ ce pénultième décembre r* xlvil »

Vol. 7, r* 116, copie du xvi« siècle, iO p. in-f«.

SSLVE AU C0!I5ÉTABLE.

276. — Londres, 3 1 décembre, — Selve a reçu il y a quatre jours U dépêche du connétable en date du 22, et, selon ce qui lui était prescrit, a déclaré au protecteur navoir re<2u aucune réponse du connétable sur rinvasion reprochée à M. de la Rochepot. La dépêche du 25 lui est arrivée la veille : la reine d'Ecosse recevra par voie sûre ce que le connétable loi envoie.

« Monseigneur, il me semble ne vous debvoyr celer quelques propoz dont l'admirai d'Angleterre m'assaillist hyer à Hamptoncourt chez le roy d'Angleterre en disnant à la table du grand maistre où n'y avoyt que lesdicts grand maistre et admirai, le conte d*Arby et moy. Desquélz propoz, le premier fust que noz allemantz et gentz de pied franço\'5 avoint le temps fort à propoz là où ilz estoint logés. Or fault entendre. Monseigneur, qu'il faisoyt très grand froyd. Puys me dict en continuant qu'ilz estoint fort bien logés et plaisamment et en pays de belle chasse. Je luy respondiclz que c'estoint gentz de guerre et que je penso}'s qu ilz n'aymassent guères ce passe temps et ne s'en donnassent pas grand poyne et que communément telles gentz aymoint mieulx les prinses que les chasses. A quoy il me replicqua suyvant son propoz qu'il n'y avoyt rien qui luy feist mieulx congnoistre que le roy d'Angleterre se debvoyt asseurer que le roy ne luy feroyt poinct de desplaisir l'esté quy vient, car communément ceulx à qui Ton voulloyt faire grand mal l'on se gardoyt de leur faire peur et de les menasser. Je luy respondictz à cela qu'il avoyt, ce me sembloyt, beaulcoup d'argumentz plus clairs et evidentz que ceulx là pour estimer que le roy ne voulloyt poinct faire de desplaisir au roy d'Angleterre... Et là-dessus il m'a dict que je disop vray et que sans poinct de faulte nous avions très bien montre que noz gentz de guerre n'estoint poinct envoyés là pour faire desplaisir audict roy son maistre. Et tout cela, Monseigneur, me fust dict froydement avec visaige de risée et de mocquerie, moy payant tousjours de mesme monnoyé autant qu'il me fust possible. Et croy que ce dialogue donnoyt plaisir à l'assistance, quy s'approchoyt fort pour l'entendre quy fust cause

1. On voil que le comte de Hunlley négociait à la fois avec le gouvernement anglais, avec le représentant de la France à Londres, et avec le gouvernement écossais et son représentant à la cour de France. L'évéque de Ross était, comme on sait, David Paniter, ambassadeur d'Ecosse à Londres avec Adam Otterbum, et passé de Londres en France à la mort de Henry VIII. (Selve et de la Garde au roi^ 4 mars 1547.)

[décembre 1547] M. DE SELVE 263

que je luy laissé la parolle et le payay de silence luy monstrant de ne priser paz fort sa mercerye. » L'amiral, dépité, fît alors dévier la conversation sur la révolte qui venait d'éclater en Bretagne à cause des nouvelles impositions sur le sel, et l'amena ensuite sur l'interruption du commerce des vins de France, et un échange de répliques s'en est suivi, sur le même ton. « Bien est vray », conclut Selve, « que, quant à ceste émotion de Bretaigne, sy elle estoyt vraye, ceulx cy ne fauldroint paz de l'entretenir s'ilz pouvoint tant sont gentz de bien, et encores qu'ilz ne peussent guères nuyre en cest endroict à mon advis, sy pourroint ilz qui n'y prendroit garde soubz ugne telle occasion attirer quelques mariniers, quy ne leur seroyt paz petite commodité, attendu la faulte qu'ilz en ont. A quoy, Monseigneur, vous scaurés très bien obvyer et pourvoyr, seroblablement aulx Bretons quy viennent icy pour servir d'espions s'ilz peuvent estre descouverlz, dont certainement il y a quelques ungs car j'en ay advertissement de trop d'endroictz mais il ne m'a esté possible jusques icy d'en tirer ne nom ne marque d'ung seul. Et sy a grande apparence qu'il y en a quy portent icy soubz le nom de toilles de Bretaigne des aullonnes à vendre de quoy l'on faict les voyles de navires, quy est marchandise prohibée, et l'argument que j'en ay est que je suis adverty qu'il y en a icy bonne quantité et qu'elles y sont à aussy bon marché qu'en France combien qu'elles ne viennent que de là, et ceulx quy seroint trouvez faisant ceste marchandise pourroint bien estre lez porteurs de nouvelles en ce pays pour auquel mener leur Iraffîcque ilz ont les isles de Gersay et Grenezay le plus à propoz du monde. » Selve envoie au connétable un mémoire qui lui a été remis par des marchands anglais demandant restitution de leurs biens saisis en France, au cas où une restitution réciproque et générale aurait lieu.

« De Londres y ce dernier décembre v xlvil » Vol. 7, f* 121, copie du xvi« siècle, 5 p. in-f».

SELVE A M. DE LA ROCHEPOT

277. — Londres^ 3 J décembre. — Selve a reçu avec le paquet du roi incarrions la dépèche de M. de la Rochepot en date du 27. Il lui relate le récit de dans le son entrevue de l'avant-veille avec le protecteur relativement aux prisonniers mis à mort. Le protecteur lui a dit en outre avoir été averti par Wallop que M. de Chastillon avait fait prendre quelques juments à un pauvre homme en représailles de la capture d'un certain nombre de chevaux qui, assure Wallop, ont déjà été restitués. Selve a assuré tout le contraire en insistant sur la conduite toujours prudente de M. de Chastillon.

« De Londres, ce demiei' décembre p XLVih »

Vol. 7, fo 123 V, copie du xvi« siècle, 1 p. 3/4 In-P.

264 5ÉG0CUT10NS DE [jAKTiEa 1548]

SCLTB AU 101.

278. — Londres^ 5janrier 154S. — Sir John Masone *, secrétaire du roi d'ÀDgleteire, vient de Tenir trouver Selve, de la part du protecteur et du conseil, pour Tavertir d*une incursion de gens de guerre français auprès de Guines. Le protecteur en avait reçu avis la veille et avait répondu par le plus exprès commandement de ne rien tenter en représailles contre les terres du roi de France. Selve, en afGnnant que les intentions du roi étaient réciproques, lui a montré des lettres de M. de la Hochepot datées du 27 décembre et prouvant que tout était en repos sur la firontière. Il a promis néanmoins de tenir M. de la Hochepot au courant et d'envoyer au roi un extrait de dépèche anglaise que le protecteur fait traduire et contenant le récit de cette incursion.

« De Londres^ ce iif^ janvyer v* XLvn. »

Vol. 7, f» 124 v<», copie du xvi« siècle, ! p. 1/2 in-f*.

SELVE AU CONNÉTABLE

279. — Londres^ 3 janvier 1548. — Selon Tordre du connétable, Selve a envoyé en Ecosse un courrier pour tenter le passage ; c'est un Français qui parle bien anglais. Si le comte de Huntley ou quelque autre envoient de leur côté un exprès, Selve lui donnera un double de la dépèche conBée déjà à son courrier, qu*il aura soin de chiffrer. Quelques marchands de Londres ont reçu la nouvelle qu'on avait publié à Bordeaux une défense à tous sujets français de charger des vins pour l'Angleterre, et que les anglais de passage à Bordeaux avaient été tous saisis, sauf quelques-uns qui s'étaient enfuis en Espagne.

« De Londres, ce ni** jmvyer p XLVir. » Vol. 7, r> 125, copie du x^'l• siècle, ! p. in-f*.

SELVE A M. DE LA HOCHEPOT

280. — LondreSj 3 janvier i 548. — Selve envoie à M. de la Rochepot, avec le paquet destiné au roi, le double de sa présente dépèche à Sa Majesté.

« De Londres, ce i/p^ janvyer >* xlvii. »

1. Sir John Masone, secrétaire du roi d'Angleterre, ambassadeur d'Angleterre auprès du comte Palatin en 1546.

[janvier 1548] M. DE SELVE 265

SELVE AU ROI

281. — Londres^ 7 janvier. — Le comte de Bolhwell a envoyé à Selve Négociation» Jean Hay pour lui exposer les véritables motifs de sa venue en Angle- *7^ terre. C'était, a-t-il dit, pour satisfaire à une promesse qu*il avait dCl

faire au protecteur lorsqu'il avait été fait prisonnier à Leith par Tarmée anglaise, aGn de sauver son bien et sa place forte de THermitage ^ Il assure toutefois n'avoir jamais cessé d'être bon et loyal Écossais, et temporisera encore dix à douze jours avant de composer avec le protecteur, pour savoir si le roi de France est décidé à lui faire la pension de deux mille écus qu'il dit lui avoir été promise au nom du roi par la reine d'Ecosse, en présence de l'ambassadeur de France en Ecosse.

« De Londres j ce vii^ janvyer vxlvii. » Vol. 7, f* 126, copie du xvi* siècle, 2 p. in-P.

SBLVE AU CONNÉTABLE.

282. — Londres, 7 janvier. — Selve exprime au connétable son avis Négociation» personnel sur le comte de Bothwell. « Vray est qu'estant la maison dudict ^^ conte nommée lUermitage, place forte comme j'entendz et de quelque importance au pays d'Escosse, je ne sçay s'il y auroyt poinct apparence, attendu le voyage qu'il est icy venu faire sy franchement et sans saufconduit, de souspessonner que le langaige qu'il parle vient de la crainte

qu'il a que l'on mecte en son absence quelque aullre que luy à la garde de sadicte place, au moyen de quoy il n'en puisse après Gnir comme il vouldra luy faire en cest endroict le service à ceulx cy que par adventure ilz luy requièrent '... »

« De Londres j ce vit^* janvyer v^azv//. » Vol. 7, f« 127, copie du xvi* siècle, 1 p. in-P.

SELVE AU ROI

283. — Londres^ iO janvier. — Le comte de Huntley, qui est à d^^^^,^ Hamptoncourt où le roi d'Angleterre se trouve depuis Noël, vient d'en- de u voyer demander par Jean Hay si Selve n'avait rien à lui faire remettre ^ éoS». de la part de l'évéque de Ross. Le protecteur, parait-il, veut lui faire signer avant le lendemain un certain nombre d'articles sans l'adoption •

1. L'Hermitage, sur la Liddel, sur la frontière occidentale de l'Ecosse et de l'Angleterre.

2. Une lettre de James, laîrd de Langtown, au protecteur, du 18 août précédent, signale déjà le projet formé par Bothwell de livrer l'Hermitage. {Caiendar of St, P., Scotland, t. I, p. 64.}

desquels aucun sauf-conduit ne lui sera accordé. Le comte de Hunlley, disait Jean Hay, avait entendu le protecteur affirmer Tarrivée en Ecosse de Tévêque de Gaithness et de M. de la Chapelle accompagnés de 40 ou 50 gentilshommes et soldats ^ Selve a répondu qu'il n*avait aucunes lettres de Tévèque de Ross à l'adresse du comte de Hunlley, mab qa il serait bon que celui-ci fit connaître le contenu des articles qu'on loi demande de signer. Jean Hay espère se les procurer dans la soirée par le comte de Bothwell qui revient précisément de la cour.

« Sire, ung marchant portugoys, qui est icy poursuyvant la restitution de quelques biens de grande valleur pillés par les angloys apparlenantz à ung aultre marchant aussy portugoys habitant de vostre ville de Marseille duquel il est facteur, m'est venu advertir que devisant de la prinse desdicts biens avecques ung marchant genevoys demeurant en ceste ville nommé Benedicto Spinola, ne le congnoissant ne reputant pour aultre que espaignol, que il Tasseuroyt que son affaire auroyt maintenant bien prompte expédition et qu'il n'avoyt paz faîct icy sy bon pour luy comme il faisoyt à présent. De quoy luy estant demandé la raison par icelluy portugoys, avoyt respondu ledict Spinola que cez seigneurs traictoint avec l'ambassadeur de l'empereur la confirmation des dernières lignes faictes entre son maistre et le roy d'Angleterre pour le temps de la minorité de ce roy et que les choses estoint desjà sy advencées qu'il ne restoyt qu'à y mectre la main et les seigner car elles estoint conclues et accordées... La certitude qu'il en a est de TavojT ouy affermer à ung fort homme de bien qui le peust bien sçavoyr. Lequel propoz, Sire, je ne vous ay paz voullu celler combien que je n'aye encores eu advertissement quy y soyt conforme... attendu mesmes qu'il n'est poinct de nouvelles que l'ambassadeur de Tempereur aye esté à llemptoncourt depuis Noël... »

« De Londres^ le x^* janvyer p XLVfi, » Vol. 7, fo 127 \'^, copie du xyi« siècle, 4 p. 4/4 in-f^.

SELVE AU CONNÉTABLE

Desoenta 284. — Londres, i 0 janvier. — « Monseigneur,... Villeneufve vient

châpSie ^® '* court d'icy quy m'a compté des beaulx mistères et farses qui s'y

en éooMe. sont jouécz ccz fcstcs dcs Roys dont je pense qu'il escript à monsieur le

mareschal de la Marche et de toutes aultres choses qu'il a peu aprendre.

. Sy ne veulx je oublier à vous dire, Monseigneur, qu'il m'a confirmé les

nouvelles de l'arrivée du sieur de la Ghappelle en Escosse, m'asseurant

1. Une dépôche de sir Ralph Bulmer, capitaine de Roxburgh, au protecteur, da 30 décembre, annonce le débarquement de cinquante gentilshommes de France à Dumbarlon, sur deux navires, confirmée par une autre de lord William Grey, do 5 janvier, (ibid,, p. 74.)

[janvier 1548] M. DE SELVE • 267

avoyr esté hyer présent et oyant que ung gentilhomme angloys quy venoyt de Portincraig les comptoyt à maistre Paget luy disant qu'il estoyt arrivé en Escosse six gentilshommes françoys quy avoint mené quant et éulxchascun troys cappitaio s et gentz de guerre sans nommer les noms de paz ung... Ledict Yilleneufve qui faict icy ce me semble le mieulx qu'il peust dict qu'il a grande nécessité d*argent... « Monseigneur, etc.. »

« De Londres^ ce à'** janvier v« XL\ri. » Vol. 7, f*» 129 v<», copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f^.

285. — Londres^ 14 janvier. — Selve envoie au roi les articles proposés au comte de Huntley, dont Jean Hay est venu lui réciter le contenu le plus exactement qu'il a pu, et que le comte n'a pas encore signés. Selve n*a pas manqué de faire vivement ressortir à Jean Hay Tinfamie et le déshonneur d'une pareille capitulation. Le comte de Bothweli est toujours plein de bonne volonté si le roi veut lui assurer les 2000 écus de pension dont il a été déjà parlé.

« Sire, il commence icy quelque bruict que ceulx cy se préparent fort NoaveUes par mer et par terre pour aller bien tost à l'entreprinse d'Escosse, com- ^Vécotm'* bien que plusieurs estiment que pour le plus tost l'on n'ira poinct devant le moys de martz, et aultres pensent que l'on yra devant et mesmement par mer du costé du North pour essayer de prendre la ville de Aberdin * et quelques aultres portz dudict costé tout ainsy comme cest esté passé ilz ont faict le Petit Leich et Portincraig de ce mesme costé, et que par terre leur dessaing est d'aller assiéger tout à la foys lez chasteaus de Dombarre et de Lislebourg tout ainsy que le feu roi d'Angleterre feist BouUoigne et Monlreuil esperantz par ce moyen trouver ou Tung ou Taultre ou tous les deux mal pourvus et secouruz... Et se persuadent certainement que tout ce que les escossoys pourront faire pour y obvier ce sera de assembler leurs forces bien avant dans leur pays comme ilz feirent dernièrement quy est ce que ceulx cy demandent, estimantz que de là adviendra la ruyne de leur pays et de leurs vivres... Pour à quoy obvier sy les escossoys commençoint la feste et se trouvantz de bonne heure prestz entroint les premiers dans ce royaume et pouvoint prendre ung Barwich * quy n'est guères fort comme j'entendz et ne seroyt trop malaisé à prendre pourveu que la force de terre fust secondée et aydée de quelque force par mer, je croy que les discours et dessaings de deçà

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