‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 136 sur 201 · MÉMOIRE CONTENANT LES ARTICLES PROPOSÉS AU COMTE DE HUNTLEY · texte numérisé non relu

MÉMOIRE CONTENANT LES ARTICLES PROPOSÉS AU COMTE DE HUNTLEY

Né • UoM ^i^ce jointe au n<» 285, — « Le protecteur d'Angleterre a baillé au conte areo de Hontelay prisonnier audict pays certains articles le voullant charger

aè*iS^y. ûvant recepvoyr ses ostaiges et le laisser sortir de captivité de s'obliger qu'il fera tant estant en liberté en son pays d'Escosse que le contenu en iceulx sera entièrement accomply au roy d'Angleterre ou bien que à faulte de pouvoyr ce faire que luy et tous ceulx qui seront soubz sa puissance se déclaireront ouvertement pour le roy d'Angleterre et s'empîoyeront en son service contre tous comme ses vrays et loyaulx subjectz desquelz articles la teneur ou substance s'ensuyt telle ou semblable qu elle a esté récitée à l'ambassadeur du roy par maistre Jehan Hay, escossoys. « Premièrement que dans deux moys prochainement venantz s'assembleront les princes seigneurs et estatz de tout le pays d'Escosse et en ladicle assemblée en la meilleure forme que faire se pourra concluront et accorderont le mariage de leur royne et princesse avec le roy d'Angleterre.

[janvier 1548] M. DE SELVE 269

« Que suyvant ladicte conclusion et accord desdicts estatz de l'ordonnance d'icelluy dans ung moys prochain après seront envoyés vers le roy d'Angleterre ambassadeurs, commissayres et depputés qui auront charge puissance et commission expresse de luy délivrer soubz les grandz seaulx d'Ëscosse et en bonne forme la conclusion et résolution susdicte faicte par lesdictz estatz et oultre noméement et par exprès de contracter cl traieter ledict mariage et en faire lez fyançailles.

(( Que dans Iroys ans prochains après ledict traicté et fyançailles ladicte dame royne d'Escosse sera honorablement menée etconduicte vers ledict roy d'Angleterre jusques en la ville de Barrvich auquel lieu ellersera délivrée et sera par luy receue comme sa femme et que durant le temps • desdicts troys ans le roy d'Angleterre pourra envoyer et faire tenir au tour de la personne de ladicte dame telz seigneurs et dames de son royaulme que bon luy semblera pour prendre garder et avoyr l'œil à la nourriture et institution d'icelle.

« Que durant le temps desdicts troys ans le roy d'Angleterre demeurera paisible possesseur et jouisseur de tout ce qu'il a naguères conquys et tient maintenant audict royaulme d'Escosse sans y estre troublé ne inquiété. « Que semblablement tous lez escossoys qui se sont renduz audict seigneur et luy ont faict serment de fidélité ne pourront estre aulcunement inquiétez ou molestez audict pays d'Ëscosse en leurs biens ne en leurs personnes durant le mesme temps.

« Que aussy pendant ledict temps tous escossoys quy ont renuncé ou vouldront renuncer à l'obéissance du pape et soy départir d'icelle n'en seront aulcunement empcschés et le pourront faire librement et franchement sans qu'à raison de ce leur puisse estre faict trouble ne dommaige quelconques en corps ne en biens.

« Que durant ledict temps ne sera permictz ne loysible à aulcun escossoys servyr quelconque prince eslranger sans permission dudict roy d'Angleterre lequel tous escossoys seront tenuz de servir à rencontre de tous aultres princes quelconques en leur payant semblable soulde et salayre qu'il paye aux angloys sez subjetz quand il sert d'eulx.

« Que en l'assemblée susdicte des estatz d'Ëscosse sera consenty et accordé que, en faisant ledict mariage dans lesdicts troys ans et lors que ladicte royne d'Ëscosse sera menée et conduicte en Angleterre, sera faict suppression et extinction tant du nom d'Ëscosse et d'escossoys que du nom d'Angleterre et d'angloys, et seront les deux peuples et les deux royaulmes unys et réduictz en ung empire quy sera dict et nommé tousjours l'empire de la Grande Bretaigne et le prince dominateur d'icelluy empereur de la Grande Bretaigne ^ <( Finablement que pour seureté de faire et accomplyr tout ce que dessus

1. Le projet d'attribution de ce titre, au milieu du xvio siècle, à un souveraia d'Angleterre, est intéressant à relever. C'est la première mention, croyons-nous, que rhistoire en fasse.

270 iNÉGOCIATIONS DE [JANVIER 1348]

dans le temps dessusdict seront présentement déliyréez ez mains du roy d'Angleterre les places de Dombarre et de Lisiebourg et oslaiges de deux contes et de deux barons et seigneurs d'Escosse telz que ledict roy d'Angleterre les vouldra nommer et eslire. »

Vol. 7, fo 133 v% copie du xvi« siècle, 2 p. 1/-2 in-P.

SBLVE AU CONNÉTABLE.

saifties 286. — Londres, 14 janvier. — Selve a fait ce qu'il a pu pour savoir <ie narires. ^j j^^ anglais négociaient quelque chose avec Tambassadeur de l'empereur, dont le secrétaire seul a été à la cour et que Paget est venu voir plusieurs fois à Londres, notamment encore la veille au matin. A la requête de» l'ambassadeur de Tempereur, un pirate de la Rye nommé Franche Jehan a été emprisonné pour le pillage d'un navire espagnol qu'il avait pris il y a deux mois environ : Selve autrefois n'avait jamais pu obtenir justice de ce brigand ni de ses dépradations.

Il y a deux jours, le protecteur a envoyé auprès de Selve pour se plaindre de la saisie d'un navire anglais auprès du Havre. Selve envoie au connétable le mémoire qui lui a été remis à ce sujet : il s'est contenté de répondre que la cour d'amirauté de France ferait justice.

« De Londres, ce xiirr** Janvyer v^xlvii. »

Deux marchands anglais viennent de venir le trouver, l'un pour se plaindre de ce que le capitaine français de Brest ait saisi son navire, ce dont Selve a refusé de faire plainte directe au roi, en lui disant de s'adresser à l'ambassadeur d'Angleterre en France, l'autre pour lui demander en grand secret s'il croyait h une guerre prochaine entre les deux rois, à quoi Selve a répondu que le roi ne voulait que la paix, réponse que Paget venait d'ailleurs de faire à ce marchand, a reconnu celui-ci. Un marchand de Rouen a fait écrire de Flandre à son fils qu'il revînt au plus vite par les Flandres, l'avertissant que trois navires français partis de Rouen avaient reçu ordre de rentrer au port.

Vol. 7, f° 132, copie du xvi« siècle, 2 p. 1/i in-fo.

SELVE AU ROI

287. — Londres, i 6 janvier, — Selve a reçu très tard la veille au soir la dépèche du roi en date du 10. Il dira ce dont le roi lui donne charge au protecteur qui est actuellement à Shyness, tandis que le roi d'Angleterre réside à Hamptoncourt. Il a fait remettre le paquet de l'évoque de Ross au comte de Huntley, toujours par l'intermédiaire de Jean Hay qui est venu ce soir lui répéter le contenu de cette missive « qui est en substance. Sire, ce qu'il vous a plu me mander de la despesche de vostrc ambassadeur et du légat du pape ». Voyant qu'il en

de Dundee.

[JAMIER 1S48] M DE SELVE 271

était déjà averti, Selve lui en a donné avis comme par exprès commandement du roi, mais n'a pu encore découvrir si les lettres dont le roi lui a envoyé un double étaient bien, ou non, du comte de Hunlley. Lord Maxwell est très étroitement tenu dans la Tour et toute communication avec lui est impossible; le comte de Bothwell a dit encore aujourd'hui à Jean Hay qu'il attendait impatiemment la réponse du roi sur la question de sa pension.

« Au surplus, Sire, ledict maislre Jehan Hay m'a dict avoyr entendu ^ ^hm du conte de Hontelay que le protecteur envoyoit V hommes en la ville de Dondy en Escosse * dans laquelle y en avoyt desjà deux C pour ce roy ausquelz ladicte ville a esté délivrée par le moyen d'ung seigneur d'Es- . cosse nommé milord Grey * qui est celluy auquel appartenoyt Portincraig et de qui les angloys l'ont eu, lequel oultre il dict avoyr proumictz audict protecteur de faire tuer le gouverneur d'Escosse et que pour ce faire luy a esté envoyé d'icy par un sien frère ' présent de mil livres sterling qui voilent quatre mil escuz, de quoy ledict Hay m'a dict que monsieur de Hontelay cstoyt après à advertyr ledict gouverneur s'il luy estoyt possible d'avoir congé pour faire passer ung homme faignant que c'est pour sez afTayres. D'aullres nouvelles. Sire, je n'en sçay pour le présent sinon que celles de l'arrivée de vos gentz en Escosse continuent pour certaines. Richard Martin m'est venu veoyr qui m'a dict avoyr entendu du secrétaire de Paget que le conte de Lenox s'en alioyt avec quatre mille hommes invader lez terres du conte d'Anguis sans me pouvoyr dire le temps ne sy c'est par mer ou par terre *. De moy je ne voy pas que quatre mil hommes de guerre soint icy fort prestz et beaulcoup moins quatre mil allemantz que l'on m'a dict qui viennent à ceulx cy quy à poyne ont peu avoyr de Flandres cent ou VI" espaignolz ou biscayns lesquelz encores sont venuz à la desrobbée et fort mal empoinct. Ledict Martin m'a aussy compté luy avoyr esté dict de mesme lieu cez propres termes que l'on verroyt quelque chose de l'empereur et que l'on avoyt envoyé vers luy aux plainctes. »

« De Londres y ce xvi** janvyer V' xiv/i. » Vol. 7, P 43i v», copie du xvi<^ siècle, 3 p. in-P.

1. Il est assez singulier de voir Tambassadeur annoncer seulement par une allusion aussi lointaine un événement de l'importance de la prise de Duudee, remontant déjà au 20 décembre. (Dépêche d'André Dudiey à lord William Grey, de Broughty-Craig, 20 décembre. Caùndar of St. P., Scotland, t. I, p. 72.) Dundee devait être presque immédiatement repris par les Écossais. (Ci-dessous, dépêche du 26 janvier.)

2. Patrick Gray, seigneur de Bullargask, cinquième lord Gray, qu'il ne faut pas confondre avec lord William Grey.

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