Voir la dépêche suivaDte
316 NÉGOCIATIONS DE [mars 1548]
d^ugne maladie qu elle a ea; que les deux escossoys qui sont venuz par dec^à en poste avec milord Grey sont Broniston et un nommé Hormistoo' lesquelz ayantz esté commietz par les angloyz à la guarde des plaees naguères prinses par ledict Grey près Adingthon lesquelles places le gouverneur a depuis reprinses n*avoint sceu mieulx faire que de se ven>T retirer par deçà audictGrey luy persuadant d'aller brusler Lislebourget Kstreling et faire tout plain d*aultrcs entreprinsez pour lesquelles ledict Grey estoyt icy venu en diligence vers le protecteur affin d'en sçavoyr sa voulenté et luy avoyt quand et quand mené lesdits deux personnaiges et que certainement ilz ne venoint pour aultre chose et que ledict Grev mesmes passant par Neufchastel luy avoyt demandé s'il vouloyt paz aller à cez entreprinses pour y faire service au roy d'Angleterre et qu'il avoyt respondu qu'il estoyt bien prest de faire tout le service qu'il pourroyt mais qu'en telles choses il ne s'y employroit poinct. Qui sont, Sire, toutes lez nouvelles qu'il m'a mandcez sinon que le conte d'Arguil avoit très mal fait son debvoyr à Portincraig et que s'il eust voulu il Teustpeu aisément prendre et qu'il avoyt receu argent dez angloys. »
« De Londres, ce xxm** martz i 547, »
Vol. 7, f° 195 v°, copie du xvi" siècle, 2 p. in-f»'.
SELVË AU CONNÉTABLE.
Kvttsion du 335. — Londrcs^ 2S mars, — Selve a écrit au comte de Huntley par HimUev*^ le mcssagcr de celui-ci et lui a fait savoir qu'on lui enverrait le vaisseau OÙ il désire. Le Breton Quiriace, présent porteur, est prêt à risquer l'entreprise, et l'homme du comte de Huntley lui a dé[à fait accepter de l'argent. Ce retour de fîdélité du comte de Huntley est évidemment causé par l'insuccès des anglais en Ecosse, comme l'aveu en est échappé à l'envoyé du comte lui-même. Le bruit court que lord Grey s'en retourne dans quatre ou cinq jours.
« De Londres, ce xxiii"' martz i 547, »
Vol. 7, fo 196 v®, copie du xvi'^ siècle, 1 p. in-f°.
SELVE A M. DE LA ROCHBPOT
336. — Londres, 23 mars, — Selve a donné charge au présent porteur de répéter à M. de la Hochepot certains propos entendus par lui et dont il est bon d'être informé. l\ avise M. de la Hochepot de la résolution du protecteur sur le cas des soldats français déserteurs.
« De Londres, ce mardy xxiii^' martz iô47, » Vol. 7, f*» 197, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-fo.
1. Alexander Crichtoo, laird de Brunstone, elJames, laird d'Ormistouo, avec lequel lord William Grey négociait depuis le mois de novembre. (Calendar of St, P-^ Scotland, l. I, p. 67 et ss.)
[mars 1848] M. OE SELVE 317
SELVË AU ROI.
337. — Londres^ 27 mars, — Lord Grey est parti la veille de Londres Guerre pour l'Ecosse avec la charge de quelque grande entreprise ignorée jus- •^'*^*>'""*qu'ici *. Berteviile, qui ne sait rien de précis à cet égard, dit avoir entendu que les anglais veulent soulever les religionnaires en Ecosse contre les catholiques, « qu*ilz appellent icy papistes ». Ils ne sont pas satisfaits du eomte d'Angus, sans que Ton sache les motifs de cette défîance. Berlevillc s'offre toujours à renseigner les gens du roi sur les affaires d'Ecosse et demande à cet effet une recommandation auprès des chefs des troupes du roi. « De l'armée de mer, » dit Selve, « m'a mandé qu'elle est preste à Porcemuth et que milord Glinthon en est le chef, mais qu'il n'y a cneores que V ou VI navyres que Ton ave mictz dehors. Toutesfoys aulcuns m'ont dict que lesdicts navires sortent de jour en jour lez ungs après les aultres prenanlz leur chemin le long de ceste cosle pour venir en la bouche de ceste rivière prendre leurs munitions, dont l'on sçaura bien to>t nouvelles certaines s'il est ainsy lequel caz advenant sembleroyt que ladicte armée de mer fust pour prendre son chemin vers la part du Norlh comme l'esté passé, car sy elle avoyt à retourner soubdain du coslé du Ouest il seroyt plus tost faict d'y envoyer les munitions attendu qu'elle est desjà là toute portée que de la faire icy venyr pour après retourner. Et de moy, Sire, je ne croyray poinct facillement que Ton approche du costé de deçà lez navires angloys que Ton ne voye que deviendront ceulx que vous avez en Bretaigne losquelz ceulx cy ne feroint paz grande conscience à mon advis d'aller assaillir s'ilz lez tronvoint en mer foybles et qu'ilz en pensassent avoyr bon marché car s'ilz les voyent fortz je croy sans poinct de faulle qu'ilz ne se y frotteront paz tant de peur de y perdre leur temps et estre battuz que de crainte qu'ilz avoint de bazarder en ung coup la principalle force qui peust conserver leur royaulme quy est la force de la mer... Toutesfoys, Sire, plusieurs estiment que ladicte armée angloise dessaigne d'aller rencontrer et combattre celle que vous envoyerez en Escosse et est bien ledict Berteviile de cest advis.... Il m'a aussy mandé. Sire, qu'il y a icy ung viel homme allemant bourgeoys de la ville de Hambourg envoyé ambassadeur vers le roy pour le renouvellement de quelque ligue et amytié entre ledict sieur et cenlx de ladicte ville à quoy lez angloys se sont condescenduz comme il dict seullemcnt pour espérance d'avoyr par le moyen de ceste amytié dez allemantz en leur service s'ils en ont besoing et que l'empereur en a esté adverty par son ambassadeur qui est icy
i. Cette entreprise était sans doute le retour de lord Grey à Haddington et so!i inslallaliou dans cette place, d'où il devait maîtriser la contrée environnante. A partir du 28 avril jusqu'au 11 juin, toute sa correspondance c^t datée de Haddingion. \Calcndard St. P., Scotlandy t. I, pp. 85 et ss.)
duquel le secrétaire mesmes a dict ce que dessus audict Berteville se trouvant ces jours icy en ceste court avecques luy à deviser pendant que ledict allemanl parloyt au protecteur et à Paget qui servoyt de truchement entre euix deux. Dadventaige, Sire, m*a mandé ledict Berteville ung aultre advertissement auquel je treuvc bien peu de fundement et d'apparence sy Ton n'y voyt plus clayr, c'est qu'il y a ung gentilhomme en vostre court qui s'est aultresfoys meslé de servir lez angloys d'advcrtissementz dez adaires de vostre royaulme durant lez guerres faisant tenyr ses nouvelles deçà par voye de Flandres, lequel estant maintenant sollicité par eulx de faire le semblable sy la guerre survenoyt s'en excaze fort et n'y veult entendre ayant icy envoyé homme exprez pour ceste fin prenant excuse qu'il ne se venU poinct mectre en hazard d'aller en Flandres ny allieurs durant lez guerres et se plaignant oultre le messager par luy envoyé de n'avoyr paz esté bien récompensé du service qu'il a faict par le passé ayant souvent servy de messaiger et entremecleur de cest honneste mistère, pour lequel remectre suz ledict Berteville dict que le protecteur l'employé affin de persuader le gentilhomme de n*en faire difficulté et luy alléguer lez moyens seurs par lesquelz il pourra conduire ce faict sans danger. Or pour vous descouvrir ceste menée. Sire, il dict que le moyen de seureté qu'il donnera sera de bailler ung françoys qui parle angloys en la compaignie de ce messaiger quy est icy venu quand il retournera vers son maistre auquel par ce françoys sera envoyé trop ou quatre centz escuz et mande de luy faire serment de fidélité pour le service de ce roy et cela faicè le gentilhomme n'aura plus que faire de partir de chez soy ne d envoyer par deçà mais seullement de donner lez advertissementz qu'il aura audict françoys quand il luy sera envoyé et ayant i'eslection de choisir ledict françoys comme il dict qu*il aura il le pourra prendre tel et sy fidèle que vous le luy vouidrez envoyer icy et quand il sera de retour par delà il ne fauldra que le faire suyvre de ioing et prendre garde où et vers qui ledict messaiger l'aura conduici et soubdain qu'ilz se seront descouverts les ungs aulx aultres les faire prendre tous troys et faindre de donner la torture audict françoys pour luy faire confesser vérité laquelle aprez avoyr sceu de luy sur sa confession se fera le procez dez aultres sans que l'on se puisse par deçà doubter qu'il ayt nommé ne enseigné ledict gentilhomme, ce qu'il n'ose faire comme il dict pource qu'il n'y a que luy qui le sçaiche icy et à qui l'on s'en print s'il estoyt descouvert, qui est ugne excuse, Sire, que je trouve bien maigre à ung homme ayant envye de vous faire le service qu'il proumect car nonobstant sa nomination vous ne laisseriez paz de tenir lez chosez secreltes jusques à ce qu^elles fussent descouvertes et pour lez descouvrir user du moyen qu'il mect en avant ou d'ung meilleur. En summe, Sire, je luy ay fort veu user de telz traictz depuis que je suyà icy et proumectre de descouvrir merveilles et puis ne dire chose où il y niât apparence ne coulleur de raison ne de vérité et encores naguèrez
[mars 1548] M. DB SELYB 319
m'a il proumîclz de me desconvrtr ong marehani de vastre royaulme et me bailler lettres de sa main comme je vous ay mandé du IIIP de ce moys de quoy je ne voy encores sortir nul effect combien qu'il a'ayc tenu à le sollicitter. Il dict que le gentilhomme dont il parle maintenant est parent d'ung de voz maistres des requestez et n'y a ordre d'en scavoyr auUre chose. »
« De LondreSy ce xxvii^ martz v« xlyii, »
Vol. 7, r> 197 V», copie du xvi« siècle, 4 p. 3/4 in-f*.
SELVE AU BOl.
838. — Londres^ 28 mars. — Selve a reçu la dépèche du roi en Port de date du 23, tandis qu'il écrivait sa dépèche précédente, et selon les ins- ^^°^^^^iraetions du roi a parlé cette après-dinée au protecteur de l'empêchement mis par le gouverneur de Boulogne au passage des vaisseaux qui vont mener des vivres au foK français. Dans une longue discussion sur les servitudes du port de Boulogne, le protecteur soutient que les navires entrants doivent aborder d'abord aux endroits désignés pour la perception des droits; Selve, au contraire, que ce droit, n'étant pas reconnu au roi d'Angleterre par les termes mêmes du traité de cession temporaire, ne peut lui être acquis par extension. Finalement le protecteur décide de demander de plus amples renseignements au gouverneur de Boulogne. Il a en outre déclaré qu'il consentirait volontiers à faire dans on des forts français l'échange des soldats français déserteurs contre les anglais qui avaient été se rendre au roi de France. Selve lui a également reparlé des affaires des marchands, dont, dit-il, ce je luy romps la teste toutes les foys que je vays vers luy et sy ay ung homme qui est presque tous les jours à sez oreilles pour ceste seulle cause ». Mais jusqu'ici le protecteur allègue pour excuse à ses défaites une maladie du docteur Petre, secrétaire chargé de l'examen des pièces, disant qu'il sera donné suite aux réclamations après Pâques.
« De Londres, ce xxviif" martz i 547. » Vol. 7, P i206, copie du xvi^ siècle, 2 p. in-P.
SELVE AU CONNÉTABLE
339. — Londres, 28 mars. — Selon la teneur de la lettre du connétable en date du 23, Selve a remis au protecteur la requête des marchands français en l'appuyant par ce que le connétable l'avait clijirgé de dire. Sur quoi le protecteur lui a coupé la parole « par ce que le roy d'Angleterre s'en alloyt monter en barcque pour aller coucher ce soyr à Grenvich où il passera ceste feste ».
320 NÉGOCIATIONS DE [MARS loWJ
Guerre « Monseigncur, ce que j'ay de nouveau à vous mander oullre le contenu aulx lettres que j'escriptz au roy est que ce matin a esté crvé à son de trompe devant le logeis de ce roy que tous ceulx qui ont esté par cy devant enroollez et ordonnez pour aller en Escosse se trouvent sur la frontière dudict pays dans le XV™" du moys prochain soubz plusieurs grandez poynes et ceulx q.ui ont esté enroollez pour aller à Bouloigne se yrendent dans le X™° dudict moys et ceulx qui sont pour aller en Hyrlande dans le XX°° du mesme moys et ceulx qui sont pour aller aulx navires y soint aussy au X™", qui est vray signe que lesdicts navires ne sont bougez encores de Porcemuth ce qui m'a cejourd'huy esté asseuré et croy qu'il n'y a pour cesl heure nulles geniz de guerre dessuz combien qu'ilz peuvent bien cslre garniz de mariniers et de leur aultre esquippaige. Le courrier qui m'a porté vostre dernière despesche m'a dict, Monseigneur, qu*il est passé de Bouloigne icy quand et lu}' IIII»» ou cent soldatz dez plus bravez et aguerris quy y fussent quy s'en vont en Escosse. Et de faict j'entendz qu'ainsy par trouppez à diversez foys ceulx cy ont tiré la plus part de leurs vieulx soldatz qu'ilz avoint par delà et y en envoyent de nouveaulx. Il est aussy quelques nouvelles qu'il se relève mutinerie en Hirlande el me faict penser la proclamation faicte ce matin qu'il y aye quelque vérité en cela. Sy ainsy esloyt je pense qu'il ne seroyt paz malaisé aulx escossoys avec bien peu de faveur ou seullement par practiques d'allumer ung feu de ce costé là qui fascheroyt assez par deçà avec le besoing que Ton a d'entendre allieurs. Au surplus, Monseigneur, je n'ay aullres nouvelles sinon que l'homme du conte de Hontelay s'en retourna hyer matin vers son maistre et l'après disnée m 'arrivèrent lez lettres que maistre Jehan Hay luy escript qu'il n'y a ordre pour sa seureté de luy faire tenir là où il est sy ce n'est par ung de sez gentz s'il en vient quelcun icy. »
« De Lojidres, ce a'.yv///»» martz v*A7,v//. »
< Monseigneur, j'ay entendu que le vice admirai qui est maintenant à Porcemuth pour pourvoyr au faict des navires est ung nommé maistre . Hondoux. »
Vol. 7, fo 201, copie du xvi« siècle, i p. 1/2 in-f°.
SELVIS A M. DE LA ROCHEPOT
340. — Londres, 28 mars. — Sclve a reçu les dépêches de M. de la Rochcpot en date du 16 et du 23 et a remis au protecteur la requête des marchands de la ville d'Eu, qui leur était jointe. Il envoie à M. de la RochepÔt le double de la dépêche qu'il écrit présentement au roi.
« De Londres, ce xxviii'^' martz î 547. »
Vol. 7, f° 201 yo, copie du xvi'^ siècle, i/2 p. in-fo.
[mars 1548]
SELYE AU CONNÉTABLE.
341. — Londres, 29 mars. — Selve a ce jour même envoyé demander saisies a© au protecteur quand il lui plairait d'expédier à Boulogne les soldats '**^'**français déserteurs, afin que le roi de France put en être averti et préparer l'échange proposé par le roi d'Angleterre lui-même. Le protecteur a répondu qu'il attendrait la réponse du roi de France à la proposition > d'échange. Quant aux afTaires de marchands au sujet desquelles le pro- ' facteur lui avait la veille coupé la parole, le protecteur a répondu à ^ rhomme que Selve entretient auprès de lui à cet efTet qu'il n*y avait pas de ' pirates anglais sur mer, a se donnant au diable qu'il n'y en a ung tout t seul et que luy qui luy en parloy t précipitoyt plus telz aiïaires que homme I qu'il eust jamais veu ». — « Je pense », conclut Selve, « que le protecteur 1 qui faisoyt aujourd'huy assez maulvaise mine et respondoyt d'autre stille c qu*il n'a accoustumé debvoyt avoyr quelque marteau en teste et nouh Telles qui guères ne lui plussent. Je ne sçay sy ce seroyt poinct que \i quelques naufz arragonsoyses ou vénitiennes qui sont arrivéez à Antonne ^ disent d'avoyr trouvé deux navires de l'armée du roy qui leur ont prins n einq vaisseaulx de malvaizies et XXY de leurs mariniers pour lez gal- [i layres dont il est cejourd'huy grand bruict entre les italiens qui Tasr aeurent pour vray et que lesdictz navires du roy se nomment la Grande il; Maistresse ^ et la Cardinale * et que le reste de l'armée dudict seigneur ^ avec sez gallaires n'estoint paz loing de là qui estoyt en mer du costé >{ du Ouest. »
V « De Londres j ce xy/a:— martz i 547. »
Les soldats arrêtés sont au nombre de six dont quatre a d'une mesme Irouppe » qui se sont vantés du meurtre de leur capitaine, et deux autres ne valant guère mieux. Selve les a toujours réclamés tous les six.
Vol. 7, f» 202, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-P.
SELVE AU ROI
342. — Londres, 4 avril. — Selve a reçu l'avant-veille la dépêche du roi en date du 28 mars et a été dès la veille présenter au roi d'Angleterre et au protecteur des lettres que le roi de France leur envoie touchant la remise des soldats français déserteurs. Il s'adressa en premier lieu au protecteur, lui faisant observer que le roi avait si bonne envie de con-
Inoanion
dans le
Boolonoais.
i. La Grand Mistress^ de 450 tonneaux et 250 hommes d'équipage» Gguré dans Tétat de la flotte anglaise d*août 1545, en qualité de vaisseau amiral d'une aile de la flotte. [State Papers, t. I, p. 812.)
8. The Cardinal ne figure pas dans Tétat de la flotte anglaise d'août 1545. (Ibid., id.)
Angleteaae. — 1546-1549. 21
322 NÉGOCIATIONS DE [avril 1548]
server la paix, que récemment M. de la Roehepot avait fait délivrer au lord député de Calais, sur la simple requête de celui-ci, un sujet français coupable de quelques larcins commis sur les anglais. Quant au capitaine anglais transfuge nommé Lutrell dont le protecteur réclame la remise, le roi déclare n'en pas connaître Texistence. Conduit ensuite devant le roi qui charge le protecteur du soin de sa réponse, Tambassadeur est prié de se retirer pendant la délibération des membres du conseil. Le protecteur lui transmet ensuite la réponse du roi, qui continue à ne consentir à la remise des soldats français déserteurs que contre celle des transfuges anglais, et qui objecte que M. de la Roehepot connaît très bien la présence de Lutrell dans un des forts français, tandis qu'en réalité on n'a reçu aucune nouvelle de ses prétendus bons offices envers le lord député de Calais. Après une longue réplique de Selve, le protecteur propose de faire interroger les soldats français déserteurs avant de rendre réponse définitive, et finalement demande à Selve de retarder sa dépêche de deux ou trois jours, ce que celui-ci n*a garde de faire. Au cours de cet entretien, il n*a parlé que le langage indiqué par le roi, répétant, dit-il au roi, la « bonne voulenté en laquelle Ton vous trouvera à toute heure prest aulx choses bonnes et honnestes mais que de laisser un seul poulce de terre du vostre c'est la dernière chose que vous ferez jamais ». — « Aussy le roy son maistre », a répondu le protecteur, « n'est paz délibéré de diminuer ung poulce de ce qu*il a par le traicté, lequel il gardera et entretiendra de sa part comme vous ferez de la vostre, me disant qu'il congnoissoyt bien d'avoyr faict ugne grande foUye de m'avoyr déclairé sy avant son affection, mais que je prinse le caz que ce fust ung songe venu de luy seul qu'il m'avoyt bien voulu compter et que je pouvoys estre seur qu'il m'en avoyt dict et devisé tout ce qu'il en parleroyt et deviseroyt de sa vie... »
« De Londres^ ce iiii'" apvnl i 548, »
Vol. 7, f» 202 v», copie du xvi« siècle, 5 p. 1/4 in-f°.
SELVE AU CONNÉTABLE
343. — Londres, 4 avril, — Selve a su les noms de quatre des six soldats français déserteurs arrêtés, qui sont Gaillard de Toulouse, Jean d'Embrun, René d'Avignon, Armand Dariot; le plus coupable est le premier. Le protecteur a encore remis à deux ou trois jours de distance sa réponse sur la question des marchands, se plaignant comme toujours de la lenteur de la justice française envers les anglais et du maintien de la saisie d'une pinasse anglaise en Bretagne. Guerre ^* Monscigneur, je disnay hyer à Grenvich en la table du grand maistre d'Ecosse. d'Angleterre où n'y avoyt que ledict grand maistre et milord Guillaume frère du duc de Norfolch et le conte Baudouel et moy et n'ay poinct sou-
[aVEIL 1S48] M. DE SELYE 323
ifenance d*avoyr jaaiais veu ceste table sy seulle estant la compaignie de
seigneurs et gentishommes sy grande qu'elle estoyt hyer là ne d*avoyr
Tea ledict milord Guillaume depuis la prinse de son frère si caressé et
bonoré que je le veiz, et me feust donné advertissement de quelque en-
Aroict qu'il estoyt propoz de l'envoyer ambassadeur en France au lieu
db celluy quy y est dont je verray de sçavoyr la vérité s'il m'est possible.
Car, Monseigneur, sur la Un de ce disner durant lequel tous ces trois
Écvoint quasy tousjours parlé ensemble angloys devisant comme je corn-
|irenoys de la royne d'Escosse, du chasteau de Dombertrand et celluy de
lislebourg, et après de feu monseigneur d'Orléans S de toutes lesquelles
T'dioses j'entendis bien nommer les noms n'entendant rien à tout le
iflemeurant de leur gergon. En la fin se mirent à parler en françoys les-
4iels grand maistre et milord Guillaume et demandoint au conte Bau-
^kmel que c'estoyt que entre eulx escossoys cuyddoint faire icy au Paz-de-
Galaiz avec deux ou troys navires de pescheurs contre les navires du
èoy d'Angleterre et que c'estoyt à luy qu'il se falloyt prendre des maulx
qa^ilz faisoint, car [s'] il estoyt admirai d'Escosse, bien est vray que
pour ceste heure il estoyt admirai sans navires. A quoy ledict Baudouel
respoodebt fort froydement qu'il confessoyt que les escossoys avoiut
perdu leurs navires que l'on ^voyt pillé et bruslé leur pays et tué leurs
hommes, mais qu'encores leur estoyt ce honneur d'avoyr tousjours le
eœur bon et entier combien que la puissance défaillist. Après s'addres-
flèrent à moy me disant sy nous françoys voulions endurer que ces deux
ou troys meschantz petitz navires pillassent tous les jours noz marchantz.
Je leur respondeiz que noz marchantz ne se plaignoint de pillerie que
des angloys et que tous vrays et loyaulx escossoys ne feroint jamais
desplaisir aulx françoys car c'esloint les deux nations du monde qui
avoint de tout temps meilleure amytié ensemble. Et aprez que nous
feusmes levez de table estantz à part milord Guillaume et moy je fai-
gnys d'ignorer qui estoyt ledict Bauduel et luy demanday qui il estoyt
et s'il estoyt prisonnier en ce royaulme. Il me dict que c'estoyt le conte
de Bauduel et qu'il estoyt venu de son bon gré et pure voulenté en
cedict royaulme disant que l'on Tavoyt fort mal traicté en son pays.
Je lui réplicquay que sy monstroyt il bien de n'avoyr paz perdu la
bonne et naturelle inclination et affection de vray et naturel escossoys.
Sur quoy il me deict qu'il estoyt aussy bien ou meilleur angloys que luy
et que je m'en pouvoys tenyr asseuré que je luy eusse veu faire et
quelque chose qu'il eust dicte, ce que je n'ay voulu prelermectre de
TOUS mander. Depuis quatre ou cinq jours sont partys d'icy de troys à
quatre centz harquebuziers qui vont en Escosse et tous les jours s'y en
anvoye ainsy à la fisle peu à peu de divers endroictz de ce royaulme
1. Charles, duc d'Orléans, troisième fils de François !•' et frère puîné de Henri 11, mort en 1545.
324 NÉGOCIATIONS DE [avril 1548]
comme j*entendz. L'on m'a aussy dicl que Tarmée de mer angloyse est hastée le plus qu'il est possible. Sy veis je hyer à Grenvich mîiord Clinthon que Ton dict en debvoyr estre le chef et plusieurs aultres cappitaines de navires. Je ne sçay s'ilz estoint là mandez pour leurs dépeschez. Cejourd'huy j'ay esté adveriy que le conte de Warvich a donné cent escuz à ung françoys nommé Bertrand Morgant, orfèvre, qui est uaguères icy venu par voye de Dieppe pour s'en retourner par delà visilter toute la coste de Normandie et de Bretaigne et puys venir icy faire son rapport de ce qu'il y aura trouvé, et à ce que j'entendz ledict orfèvre est prest à parlyr. Je ne sçay s'il yra descendre audict Dieppe ou à Bouloigne. On me l'a descript ung jeune homme sans barbe assez hault et blond et que c'est Berteville qui l'a faict mectre en besoigne et qui faict ceste menée que je trouve estrange s'il est tel qu'il se dict attendu qu'il ne m'en a faict donner aulcun advys. »
[« De Londres]j du iiw* apvrll i 548 après Pasques. »
Les deux autres soldats dont il ne sait les noms sont originaires de Bayonne et étaient à Ardres. Un des hommes du comte de Bothwell qui vont et viennent en France a dict avoir vu à Rouen des navires du roi en armement pour l'Ecosse.
Vol. 7, f» 205 v», copie du xvi» siècle, 3 p. in-f<».
SELVE A M. DE LA ROCHEPOT
344. — Londres, 4 avril, — Selve envoie à M. de la Rochepot un double de sa présente dépèche au roi et l'avise de l'état de l'affaire des soldats français déserteurs et de celle des marchands (^c la ville d'Eu, dont il n'a cessé de poursuivre l'expédition.
« De Londres^ \le iiii^* apvril i 548 après Pasques,]
Vol. 7, fo 207, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-r>.
SELVE AU ROI
incurtioa ^^^- — Londres, 6 avril. — Sir John Masone, secrétaire du roi d'Andansio gletcrrc, est venu ce jour même le trouver de la part du protecteur et lui annoncer que quatre des soldats déserteurs français, malgré leurs protestations d'innocence, seront décidément envoyés à Boulogne pour y être remis au roi quand il lui plaira de livrer en échange les transfuges anglais réclamés. Selve a répondu qu'il avait mission de requérir l'arrestation de tous les coupables qui étaient au nombre de six et non de quatre, tous détenus, comme il le savait, dans une prison de Londres dite le comptoir de la Poulleteric : quant à l'anglais Lutrell réclamé ea
[AyiuL 1548] M. DE SELVE 325
échange des déserteurs français, il a répété que le roi n'en avait jamais entendu parler.
Masone a également assuré Selve que tout serait remboursé à Samson de Campmajour, ce marchand venu à Londres en qualité de porteur des lettres du roi pour Tambassadeur. Selve envoie au roi les mémoires des autres marchands français avec les réponses du conseil du roi d'Angleterre au bas de chacun d'eux.
« De Londres y ce y/»- apvril i 548. »
Vol. 7, r» 207, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-f^.
SELVË AU CONNÉTABLE.
346. — Londres, 6 avril. — « Monseigneur,... pour ceste heure je ne Q^^m sçaiche aultres nouvelles sinon qu*aulcuns disent que lez navires qui d^Écoâse. estoient à Porcemut sont armez et csquippez et en mer, mais milord Guillaume qui est cejourd'huy venu disner avecques moy m'a fort affermé et asseuré sur son honneur qu'il n'est paz vray et que quand Ton feroyt bien bonne diligence à les armer et esquipper ce qu*il dict que Ton ne fait paz ilz ne sçauroint estre prestz gucres plus tost que la Pentecouste et qu'il n'y en a aultres en mer que troys ou quatre que monsieur le prolecteur y a faict mectre contre lez pirates escossoys et qu'il ne se parle poinct d'envoyer de eest esté d'armée en Escosse ne par mer ne par terre sy les affaires et délibérations ne changent bien fort, me disant que tous les geniz de pied dont je luy parloys qui sont partis d'icy à diverses foys en numbre de III et IIII® à la foys ne sont que pour rafraischissement et renfort de garnisons des places fortes que ceulx ci tiennent en Escosse qu'ilz veullent seulement garder et deffendre pour cest an et non aultre chose et que sy l'on y envoyoit armée il en scauroyt bien dez nouvelles car monsieur le protecteur luy avoyt asseuré qu'il seroyt dez premiers à qui il donneroyt quelque charge sy l'occasion «urvenoyt, mais qu'il m'asseuroyt bien que l'on ne dormoyt paz icy en practiques et en menéez et que l'on faisoyt bien compte d'avoyr gaigné le gouverneur d'Escosse avant qu'il feust jamays deux moys et par adventure ung,... et que c'estoyt ung pays où telles choses se peuvent aisément conduyre car il n'y a nulle union ne amytié entre les seigneurs de tout temps comme il sçayt par y avoyr esté par troys foys ambassadeur du feu roy son maistre et plusieurs foys à la guerre et que pour cest esté le protecteur aymeroyt mieulx que le roy envoyast grand numbre de gentz de guerre audict pays d'Escosse que peu car il faisoyt compte que ilz affameroint le pays et animeroint d'aultant plus le peuple d'icelluy contre eulx et sy ne serviroint de rien demeurantz dans îedict pays comme il fauldroyt qu'ilz feissent estant le roy délibéré de conserver la paix et amytié avec le roy d'Angleterre... 11 m'a dict que
sy disoyt Ton icy pour certain qu'il y esloyt naguères passé XVII navires françoys d'ugne flotte et qu'il se préparoyt ugne grande armée à Brest pour y envoyer *. »
« De Londres y ce v/— dapvril i 548, »
Un des mémoires de marchands qu'il renvoie n'a pas de réponse au bas, parce que le conseil du roi d'Angleterre a octroyé une commission pour faire appeler les parties laquelle a été délivrée à Samson de Campmajour porteur dudit mémoire.
Vol. 7, fo 208, copie du xvi«^ siècle, 2 p. In-f».
SELVE A M. DE LA ROCHBPOT
347. — Londres, 6 avril, — Selve fait part à M. de la Rochepot de la visite de Masone qui n'a pas encore donné solution à l'affaire du marchand de la ville d'Eu.
« De Londres, ce r/»« apvril i 548. »
Il envoie à M. de la Rochepot une lettre qu'adresse à un de ses cousins un Italien du nom de <( Joan Baptistes », se disant connu de H. de la Rochepot et serviteur d'un « certain maistre Panisson ».
Vol. 7, fo 209, copie du xvi« siècle, 1 p. in-f».
SELVE AU ROI
incurrion ^^®' — Londres, i 5 avril, — Selve a reçu la dépêche du roi en date dans le du 7 ct n'a pu voir le protecteur que la veille pendant qu'il traversait Londres en se rendant d' « une sienne maison des champs » à Greenwich où est le roi d'Angleterre. Selon Tordre du roi, il a déclaré au protecteur que l'ambassadeur d'Angleterre n'avait remis au roi que le \ avril les lettres du roi d'Angleterre réclamant la remise des anglais transfuges, au sujet desquels aucune plainte n'était jusque-là parvenue* et qui dans l'intervalie avaient pu se réfugier on ne sait où; néanmoins le roi avait donné ordre à M. de la Rochepot, lieutenant général de Picardie, et à M. de Ryou, capitaine du fort ', de les faire saisir, et pensait que le roi d'Angleterre ne différerait pas pour cela la remise des soldats français déserteurs. Le protecteur a répondu en réclamant, avant
i. La dépêche de Nicholas Wotton, du 18 mars, et celle du 27, qui venait sans doute de parvenir à Londres, contiennent de nombreux renseignements sur les préparatifs maritimes de la France. {Calendar of St, P., For, Ser., Edward K/,p.2i.'
2. Il n'est pas fait allusion à cette alTaire dans les dépêches de Wotton du 27 mars, de Paris, ni du 16 avril, de Sens. [Ibid., id,)
3. Celte expression le fort du roi désigne constamment dans la correspondance de Selve le fort français d'Outreau, construit d'ancienne date en face de Boulogne.
Boalonnais.
[avril 1848] M. DE SELVE 327
tout, la remise des transfuges anglais, qui avaient été vus clans un des forts français, en revenant sur le refus de livrer le cardinal Pôle jadis opposé par François P' à Henry VIII, et, en somme, son dernier mot a été qu'il réfléchirait et écrirait au roi. Les déserteurs sont encore à Londres, malgré la promesse faite par Masone dans sa visite du 6.
« Sire, depuis la venue et retour de Thomme que le comte de Hon- Guerre telay envoya icy lorsque Quiriace Breton estoyt icy, je n'ay veu par deçà personne des siens en sorte qu'il ne m'a esté possible de luy faire tenir lez deux lettres de maistré Jehan Hay que j'ay encores icy. Quant aulx vaisseaux que les angloys ont assemblé nffin de vous en pouvoyr mander la vérité j'ai depesché ung homme exprez à Porsemut où la plus part sont et ung aultre pour aller tout le long de ceste ryvière où il y en a aussy quelques ungs, et à leur retour que j'attendz d'heure en heure je ne fauldray, Sire, de vous advertir de ce qu'ilz me rapporteront. Cependant pour vous dire ce que j'en sçay j'ay bien voulu vous adviser, Sire, que pour certain l'on faict toute la diligence qu'il est possible autour du navire qu'ilz nomment le Grand Henry quy est en ceste rivière lequel toutesfoys à ce que j'entendz ne sçauroyt estre prest à servir au plus tost que pour tout le moys qui vient. Il y a aussy en ceste dicte rivière ugne galliace appelé la Grand Maistresse de Londres^ laquelle l'on appreste à grande diligence et sera en ordre au premier jour. J'entends pareillement qu'en la bouche de ceste mesme rivière y a six ou sept aultres grandz navires de guerre que Ton y a faict venir naguères de divers endroietz et aulcuns mesmes de Porsemut où le reste est qui s'esquippe et arme à toute diligence. Et m'a l'on cejourd'huy adverty que ung marchant qui ne faict que venyr dudict lieu de Porsemut et de la Rye dict que au premier port y a veu trente beaulx navires que l'on mectoyt fort bien en ordre de tout esquippage et principalement d'artillerye et au second a veu XV ou XVII brigantins qu'ilz appellent icy chevaulx légers ou espinacez qui estoint prestz. Vray est que là dessus n'y a .aultre artillerye que quelques meschantes petites pièces de fer. D'aultres navyres de guerre je me suys voulu enquérir s'il y en avoyt alHeurs en ce royaume mais il n'en est nullez nouvellez, sinon de troys ou quatre que Ton dict estre vers le pays d'Escosse qui servent d'aller et venir pour porter vivres aulx fortz que lez angloys tiennent le long de la marine dans ledict pays. De la Gallayre de deçà * elle est encores à sec sur le bord de ceste rivière et ne sçauroyt estre preste à voguer comme chascun dict plus tost qu'en la fin de ce moys. Et y a ung aultre grand navire nommé la Mignonne ' qui estoyt dez plus beaulx qui feust
i . La Galère Royale d'Angleterre, que Selve désigne toujours dans sa correspondance par celte même expression : la Galère de deçà. Elle flgure dans l'état de la flotte anglaise de 1543 sous le nom de The Great Galiye, de 500 tonneaux et 300 hommes d'équipage. (State Papcrs, t. I, p. 811.)
2. La Minion, de 300 tonneaux et 220 hommes d'équipage. {!bid,, id.)
îcy qui a esté mictz par pièces en ung port nommé Briplesay où Ton le refaict de neuf et ne sçauroyt servir de cest esté. Voylà, Sire, tout ce que j'ay peu apprendre de Testât dudict esquippaige de mer pour le présent, vous adressant que je me trouve icy en merveilleuse poyne et difficulté de sçavoyr la vérité de telles choses, car de BertevUle il ne m'en donne aulcun advis combien qu'il ne tienne à l'en interroger et croy que c'est qu'il n'en sçayt rien et qu'il crainct en faisant quelque diligence de s'en enquérir d'estre descouvert, et dez aultres, Sire, qui disent estre icy pour vous faire service je n'en puys tyrer advertissement d'importance. Je ne sçay sy par lez lettres qu'il me baillent pour vous envoyer il y en a quelques ungs de sorte que ce peu que je vous en mande m'est fort malaisé à aprendre et recueillyr de divers lieux, et de là procedde que je ne vous puys dire au seur le numbre dez genlz qui seront sur lesdicls navires. Bien croy je qu'il sera fort petit, car l'on n'oyt nulles nouvelles d'amas de gentz de guerre faict aulx lieux où sont lesdicts navires lesquelz l'on estime qu'il sera impossible de fournyr suffisamment de mariniers et que par faulte d'en avoyr assez fauldra qu'aulcuns d'iceulx navires demeurent et y a grande apparence que l'on n'y mectra gentz de guerre dessus que le moins que Ton pourra pource qu'il n'y en a paz dans le pays plus qu'il n'en fault pour le doubte qu'ilz ont icy de Vostre Magesté et le peu d asseurance de leurs Aflkiret voysins et de leurs subjetz mesmes, lesquelz cez jours passés se sont re giense». ggjgyg^ au pays de Gornouaille et ont tué et mictz en mile piècez dez commissayres qui alloint abbalre les imaiges pource qu'ilz avoint abbatu et rumpu le crucifix d'ugne esglise que le peuple disoyt à tout le moins debvoyr estre laissé et croy certainement qu'estant en cesle crainte de ceulx qui sont et dedans et dehors leur maison et jusquez à ce qu'ilz sçaichent que deviendra vostre armée de mer Hz n'attendront à aultre chose qu à dresser leur esquippaige de mer en diligence et tiendront leurs aultres dessaings en suspendz, et de faict ne se parle poinct à ceste heure d'armée par terre ne d'envoyer aultres gentz ne cappitaines en Escosse et semble que tout soyt icy au tour de ce roy attendant quelque commandement et certitude du lieu où il fauldra aller. Qui est, Sire, tout ce que j'ay à vous mander pour ceste heure, sinon que monsieur le protecteur me requlst hyer vous advertir qu'il avoyt esté arresté prez de vostre fort par commandement de monsieur de la Rochepot troys cha- Tyois chargés de toyiles et cannevatz que aulcuns marchantz angloys faisoint venir de vostre ville de Rouen, me disant qu'il trouvoyt ledict empeschement bien fort estrange et qu'il vous requéroyt de la part du roy son maistre qu'il vous pleust y faire mectre ordre comme je luy dictz que vous feries pourveu qu'il n'y eust poinct de marchandize prohihée dans lesdicts charryotz et que l'on eust satisfaict à voz droietz et ordonnances. »
« De Londres, ce xv^ apvril 1548. »
[avril 1848] M. DE SELVE 329
« Sire, ung gentilhomme de ceste court vient tout présentement de dire à un de mes gentz que hyer fort tard vindrent icy nouvelles qu'il estoyt arrivé deux mille françoys en Escosse qui avoint déjà bien frotté les oreilles à milord Grey, qui sont les termes dont a usé ledit gentilhomme *. Je ne sçay sy ce seroyt poinct la trouppe que vous, Sire, m'avés par cy devant mandé avoyr envoyée avec monsieur d*OyseL Et oullre dict le mesme gentilhomme que semblablement sont icy venues nou7 velles de Bouloigne qui ne plaisent guères. Je verray d'entendre plus amplement que c'est de tout cela. »
« Du XVI** [apvril i548]. »
Vol. 7, fo 209 vS copie du xvie siècle, îi p. 3/4 In-P.
SELVB AU CONNÉTABLE.
349. — Londres, i 5 avril. — Selve a dit au protecteur ce dont le port de connétable lui donnait charge par sa dépèche du 7, relativement aux ^«»iosno navires marchands et à la remise des soldats français déserteurs. BoaioanaîB.
Bcrteville lui a fait dire ces jours-ci que s'il n'avait pas voulu nommer le gentilhomme français qui renseigne les anglais, c'était pour donner au roi une preuve de sa sincérilé en faisant découvrir par celui-ci le Dom du coupable à Taide des moyens qu*il indiquait lui-même : d'ailleurs il se déclare prêt à le désigner si le roi l'ordonne. Berteville a longuement correspondu avec Selve au sujet des conditions de sa grâce.
Le protecteur a promis d'écrire au gouverneur de Boulogne, sir John Brydges%et au lord député de Calais, lord Cobham, au sujet d'un détournement de pierres et de chaux que les anglais ont commis au préjudice du fort français de Boulogne et qui lui a été signalé par M. de la Rochepot. Selve a été averti que la veille au soir a été criée la défense de ne laisser sortir aucun étranger du royaume sans passeport et de ne permettre à aucun navire étranger de quitter les ports.
« De Londres, ce xv^ apvril iô48. »
Vol. 7, f» 212 v«, copie du xvi« siècle, 2 p. 3/4 In-fo.
SELVE A M. DE LA ROCHEPOT
360. — Londres, iô avril. — Selve a reçu depuis huit jours les dépèches de M. de la Rochepot en date du 5 et du 9. Il l'avertit de la suite donnée à sa plainte sur les violences des anglais de Boulogne.
1. NouveHe exagérée. Voir ci-dessous, dépêches du 28 avril et du 1*' mai.
2. Sir John Brydges ou Bryggys, capitaine de Boulogne depuis le départ de lord William Grey, dont il était le lieutenant. {Calendar of SL P., Foreign Séries, Edward VI, pp. 339 et ss.)
330 NÉGOCIATIONS DE [a\'RIL 1848]
Il lui fait part des soupçons des anglais relativement à la présence et au séjour du transfuge Lutrell dans un des forts français, ainsi que de Tarrestation des trois chariots chargés de toiles de Rouen.
« De Londres^ le .yv/- apvril 1 548. »
II envoie à M . de la Rochepot trois lettres écrites par trois des soldats français déserteurs et remises par eux h un Français qui est à Londres pour les faire tenir aux destinataires. Ils y parlent un tout autre langage qu'à leur arrivée où ils se vantaient d'avoir tué leurs capitaines.
Vol. 7, P 213 vo, copie du xvi» siècle, 1 p. 3/4 in-P.
SELVE AU ROI
361. — Londres, 18 avnl. — Masone a assuré Selve, de la part du protecteur, qu'avant la Gn de la semaine il enverrait à Boulogne, parla Tamise, les soldats français déserteurs, mais qu'ils ne seraient remis définitivement à M. de la Rochepot que contre échange des anglais transfuges. Il a également réclamé la mise en liberté de quelques anglais arrêtés à Saint-Yalery sous l'accusation d'espionnage « soubz umbre de quelque portraict de fortiffication que l'on dict leur avoyr trouvé sur combien que ledict portraict ne soyt d'aulcune place forte et aye esté faict par deçà ».
Goerre « Sire, l'homme que j'avoys envoyé à Porsemut est ce jourd'huy d'ÉcoBse. revenu ayant prins son chemin au retour tout le long de la cosle de la marine depuis Forcement jusques à Douvres ainsy que je luy avoys ordonné et m'a rapporté qu'au dit Porcemut a trouvé XXVIII grandz navires dont les XIIII plus grandz sont navires à trojs et quatre hunes qui n'estoint nullement prestz et les aultres sont à deux hunes desquelz y en avoyt qualité tous prestz et fort bien esquippés qui partoint pour venir à Douvres ou aulx Dunes prèz dudict Douvres où ils doibvent estre maintenant et y en avoyt encores deux que Ton faisoyt diligence d'esquipper et accoustrer pour envoyer après incontinent qu'ilz seroint prestz qui sont aussy navires à deux hunes. Tout le reste desditz navires qui sont au numbre de XXII dict que Ton ne faisoit aulcnne diligence de lez apprester et que quand Ton y feroyt bien bonne diligence il ne le sçauroint estre de quinze jours ou troys semaines au plus tost. De gentz de guerre il n'y en avoyt aulcuns audict Porcemut ne autour et mesmes des mariniers n'y en avoyt dans chascun desdictz XXII navires paz plus de V ou VI pour la garde d'iceulx. En tous les autres porlr jusques à Douvres il n'a trouvé aulcuns navires de guerre sinon à Arondel * y en avoyt ung petit d'environ quarante tonneaulx fort bien esquippé et artillé prest à sortir en mer et ung aultre semblable à la Rie