‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 155 sur 201 · Margate · texte numérisé non relu

Margate

envoyés en Escosse pourroint bien ù ung bon besoing faire de bons services et donner des adverlissemenlz par delà qui serviroînt. De moy, Sire, je chercheray tous moyens que je pourray d'envoyer jusques auxdicles frontières pour veoyr ce qui se y pourra apprendre, mais je pense bien que pour encores, il n'y a paz grand amatz de gentz car Ton n'y a poinct encores envoyé de chef au lire que milord Grey ne aulcuns cappitaines de nom jusques à présent que Gamboa et quelques aultres cappitaînes espaignolz et italliens se y en vont en posté, qui me faict estimer qu'il pourroyt bien estre quelque chose de ce que aulcuns disent que milord Grey a eu quelque estraincte de fraische datte à son retour par delà, car tous cez jours passez tout ce conseil faisoyt assez maulvaise mine et les responses ont esté faictes plus que jamais maigres et froides aux marchanlz vos subjectz, lesquelz je me doubte,Sire, que l'on ne demande que mener à la longue et paistre d'espérance. Au surplus. Sire, Villeneufve advertist par lettres qu'à présent je vous envoyé de luy de quelques italiens qui ont parlé au protecteur venantz de France ce qui m'a encores esté conformé de deux ou troys aultres endroictz. »

« De Londres^ ce XYiii'^* apvril fô48. »

« Sire, j'obmectoys de vous dire que l'homme qui vient de Porcemuth m'a dict qu'entre ledict lieu et la Rye il a trouvé plus de deux centz pièces d'artillerie menue en divers lieux le long de la coste sur la marine et là tiennent sur les montaignes et lieux liaultz prochain Iz des advenues et descentes y faisantz quelques petites tranchéez et fossez et des huttes au prez où se tiennent ceulx qui sont là à la garde et au guet pouradvertir par les feuz dont ils ont accoustumé d'user en ce pays pour lesquelz faire et allumer soubdain le boys est desjà tout prest et dressé par tout comme il a veu. Qui est un signe, Sire, qu'ilz ont icy ung peu la pulce en l'oreille pour cestc heure. Quelqu'ung me vient de dire que ces deux cappitaines italyens qui viennent de France et qui ont parlé au protecteur dont l'ung s'appelle Camillo sont ung peu suspectz audict prolecteur et qu'il est en quelque doubte que ce soint gentz envoyés exprès. »

Vol. 7, f» 2U v% copie du xvi® siècle, A p. in-P.

SELVE AU CONNÉTABLE

stiues de 352. — Londres^ i 8 avril. — Aucune solution encore aux affaires des

navires, marchands français non plus qu'à celle de Samson de Gampmajour

auquel on avait cependant promis restitution gracieuse. Il donne charge

au présent porteur de voir en passant à Douvres s'il y est arrivé d'autres

navires depuis ceux dont il est fait mention dans sa présente dépèche au roi.

« De Londres, ce xviii'^* apvnl 1548. »

[avril 1548] M. DE SELVE 333

« Monseigneur, je vous envoyé le double et translation d'ugne requeste qu'a faict faire icy en angloys comme je suis adverty ung marchant de Dieppe qui y est venu avec quelques vins à vendre, laquelle il a présentée au prolecteur combien qu'elle ne soyt faicte en son nom car il s'appelle comme j'entendz Coquart et celluy à qui il a faict faire ladicte requeste en angloys est ung françoys icy demeurant nommé Thomas Le Libraire. Par ainsy quand ledict Coquart sera de retour à Dieppe l'on pourra sçavoyr de luy à quelle un tend ladicte requeste et comme elle s'entend et ne doibt estre pour rien de bon puys qu'il ne s'est voulu monstrer à moy ayant icy affaire. »

Vol. 7, f« 216 v», copie du xvi« siècle, 1 p. in-f<>.

SELVE A M. DE LA ROCDEPOT

363. — LondreSy i 8 avril. — Le protecteur lui a envoyé un certain Fletcher, de la Rye S qui dit ne pas savoir ce qu'il en est de la saisie faite sur le marchand de la ville d'Eu, mais qu'il est prêt à se présenter en justice contre tout poursuivant. Selve avise M. de la Roehepot du prochain départ des soldats français déserteurs et des plaintes du protecteur sur l'arrestation des espions anglais à Saint-Valery.

« De Londres y ce xviii'^ apvril i 548, » Vol. 7, r> 216, copie du xvi« siècle, i p. In-f®.

SEVLE AU ROI.

354. — Londres, 28 avril, — Selve envoie au roi le double de la dépèche que M. de la Roehepot lui a adressé en date du 20, avec la copie , de la réponse qu'il a faite. Le roi se rendra ainsi compte de l'entretien de son ambassadeur et du protecteur.

« Sire, il n'y a rien icy de nouveau depuis ma dernière depesche au moyns qui se puisse entendre et ay faict tout ce que j'ai peu pour vérif- dÉcoMc. fier sy ceste nouvelle d'ugne escarmouche faicte enEscosse% que je vous manday par mez lettres du XYIIP de ce moys esloyt vraye, mais il ne m'est possible d'en rien sçavoyr de seur. Vray est que le bruict entre plusieurs se continue que ladicte escarmouche a esté faicte et que ceulx ey y ont eu ugne grande perte qu'ilz cèlent tant qu'ilz peuvent. Toutesfoys il y a si peu de certitude à ce que j'entendz que je m'y fie paz. Quelcun m'a aussy dict avoyr entendu que milord Grey avait eu charge

i. Thomas Fletcher, capitaine de vaisseau de la marine anglaise, commandait en 1545 le Julian, de Dartmouth. (State Papers, t. 1, p. 811.)

2. Annoncée déjà dans la dépêche de Selve du 18. La correspondance de lord William Grey avec le protecteur n'en fait pas mention. Voir la dépêche ci-dessous du 1er mal.

Gaeire

d'aller fayre avec bon numbre de gents ugne course en quelque endroict du pays d'Escosse pour occupper ung certain lieu commode et y faire ung fort et que ce pouvoyt estre là qu'avoyt esté faicte ceste renconire. Il vient tous les jours icy quelques soldatz espaignolz qui viennent de Flandres à cinq et six à la foys et soubdain qu'ilz arrivent Ton les envoyé en Escosse. Aussy arrivent icy quelques italiens en petit numbre les ungs après les aultres et dict Ton qu'il en doibt venyr d'aultres et que Berleville sera chef de ceulx que Ton pourra avoyr tant de ladicte nation que de françoys. Il y a bien fort long temps que je faictz chercher le moyen de faire parler audict Berte ville et qu'il l'eust trouvé bien ayséement s'il eust voulu qui me garde de croyre qu'il soyt tant afTectionné à vous faire service qu'il se vante car il s'en monstre peu soigneux et sy tous sez advertissementz la plus part du temps ne sont que comptes de nulle importance sans faire nulle mention des choses de conséquence. Au moyen de quoy, Sire, il ne m'est possible d'avoyr aulcune certitude de l'assemblée que ceulx cy font pour Escosse par terre sans envoyer gentz sur les frontières où elle se faict. A quoy j'ay veillé et veille continuellement tant qu'il m'est possible pour trouver gentz fidèles et qui sçaichent ceste langue qui veuillent entreprendre d'y aller. Et en ay parlé à quelques ungs qui le sçauroynt bien faire s'ilz vouloint, mais il n'y a ordre de les pouvoyr faire adventurer d'aller plus avant que Neufchaslel où ilz aprendroint aussy peu de chose qu'icy s'ilz ne passoiot jusques à Barrvich ce qu'ilz ne veulent faire pour chose du monde. En quoy toutesfoys je ne cesseray de faire le mieulx que je pourray. Bien est vray qu'il y a grande apparence à ce qui se peust appercepvoyr et entendre deçà que les gentz qui y ont esté envoyez jusques à présent sont seuUement pour la delTense de ce royaulme et garnison des places tenues par les angloys dans le pays d'Ëscosse et croy que de grande armée ilz n'en assembleront poinct de ce costé là qu'ilz ne voyent que deviendra la vostre de mer de laquelle sans poinct de faulte ilz ont des nouvelles par marchantz et par mariniers et telle manière de gentz. De la leur, Sire, je vous ai mandé ce que j'en ay sceu et n'en ay depuis entendu aultre chose sinon que le roi d'Angleterre fust visitter le Grand Henry le XIX* de ce moys lequel comme l'on dict changera de nom et s'appellera la Grande Edouarde ainsy que l'on l'a changé de forme l'ayant faict comme j'entendz et plus long et plus large et hault qu'il n'estoyl. Et dict l'on que c'est ung fort beau navire et que dez ledict jour tout le corps en estoyt parfaict. Vray est qu'il n'y avoyt nulz matz et qu'il estoyt encores au sec, mais l'on besoignoyt à grande diligence à le parachever de mectre en ordre. Quand à la Gallayre j'entendz qu'elle sera dans l'eaue en ceste rivière la sepmaine prochaine et bien tost preste pour servir. Sy vostre armée partoyt maintenant, je pense bien que ceulx cy quand ilz vouldroint ne se sçauroint trouver assez de forcez prestez pour luy donner empeschement, mais le retour seroyt à craindre auquel aul-

[avril 1548] M. DE SELVE ^5

cuns m'ont dict qu'ilz se réservent à faire tout leur effort. Daventaige, Sire, sy ce pendant que vostredicte armée de mer en Escosseet que ceulx cy auront deçà la leur ilz pouvoint veoyr et appercepvoyr quelque descouverte à leur adventaige en quelque place que ce soy t de vostre royaulme ilz ont bien la conscience sy bonne qu'ilz ne fauldroint paz de s y aller jeeter à mon advis dont j'espoire en Dieu qu'ilz seront bien gardez. »

Il vient de recevoir la dépèche du roi en date du 20 et ira reparler au . protecteur de la remise des soldats français déserteurs.

« De Londres, ce xxviii^* apvrll i 548, »

Vol. 7, P 217 V*, copie du xvi« siècle,- 4 p. 1/i in-f*.

SELVB AU CONNÉTABLE.

356. — Londres, 28 avril. — Selve envoie au connétable les mêmes copies de dépèches qu'au roi. « Tant plus je victz avec le peuple et négocie avec ce protecteur et tant moins je y trouve de raison et de propoz, de sorte que je recepvray pour très grande et infinie grâce et obligation quand vostre plaisir sera, Monseigneur, me tirer d*icy, ce que je desireroys très fort dès ceste heure sy j'osoys et n'estoyt que je ne veulx avoyr auUre voulenté en cest endroict et tous aultres que celle du roy et la vostre. »

Il vient de recevoir la dépêche du connétable en date du 20 et parlera incursion au protecteur de cette nouvelle agression des anglais contre le fort fran- ^ d*n« le ^ais d'Outreau que lui signale le connétable et qui a déjà été cause de l'embuscade de M. de Ghastillon. Il a reçu également le double passage de la dépèche du roi à M. de la Rochepot en date du 13 et s'efforcera de trouver des témoins au sujet de l'affaire qui y est contenue, mais il ne sait comment envoyer en France le personnage qu'on désire, attendu « qull esticy maryé et habitué », à moins de le persuader de la raison pour laquelle le roi le demande. Trois grands navires marchands de quatre à cinq cents tonneaux viennent d'arriver du Levant à Southampton, et deux d'entre eux ont été amenés dans la Tamise : l'un a seize et les autres dix à douze grosses pièces d'artillerie de fonte.

« De Londres, ce xxviii' d'apvril iô48, »

Vol. 7, P 219 V», copie du xvi« siècle, 1 p. 3/4 In-P.

SBLVB A M. DE LA ROCHEPOT

356. — Londres, 28 avril. — Selve a reçu le 24 la lettre de M. de la Rochepot en date du 20 et a eu la veille audience du protecteur. Il lui a demandé réparation des injures et agressions nouvelles signalées par M. de la Rochepot. Après avoir déclaré qu'il ne tiendrait compte que des griefs dont le roi de France même chargerait son ambassadeur de

BonloDDais.

parler, le protecteur répondit par de nouvelles plaintes sur la saisie des chariots chargés de toiles naguère faite par le capitaine Villefranche et sur l'arrestation des espions anglais à Saint-Valery, qui n'étaient, a-t-il dit, que de pauvres marchands allant racheter pour les ramener à Boulogne leurs navires pillés en route, ce qui avait pu autoriser Br^^dgesà saisir à Boulogne les navires français dont on réclamait la délivrance. Quant à l'entreprise des anglais de Gaines sur Fiennes, il a émis la prétention que c'était un bruit inventé par les français pour déguiser leurs projets sur Boulogne dont on parlait d'ailleurs jusqu'en Flandres. « Et d'avoyr rumpu les pierrez d'hostelz et abattu les imaiges en l'esglise dudict Fyennes qu'il ne s'en esmerveilloy t paz et que je debvoys entendre que les angloys avoinl aultre manyère de vivre et forme de religion que nous et congnoissantz que ceste esglise debvoyt estre de la possession du roy d'Angleterre ilz y avoint voulu faire comme aulx aultres. Touchant celluy quy a menacé le curé de Bourcin s'il prioy t plus Dieu pour le roy, m'a dict que ce debvoyt estre quelque foui insolent et qu'il le feroyt chastyer. »

Selve a répondu que dans l'afTaire des toiles saisies il ne s'agissait que des sujets français, lesdites marchandises étant chargées et acquises au nom d'un Français, et que le procès des prisonniers de Saint-Valery serait jugé assez équitablement pour qu'on en pût envoyer un double aux anglais; enfin, à propos des scènes de Fiennes, « que de la forme de religion de ce pays nous ne nous en empeschons paz fort, mais que d'entreprendre de nous venir changer la nostre chez nous c'estoyt trop *. »

Le protecteur lui a demandé ensuite s'il avait entendu parler d'un ordre du roi au gouverneur d'Ardres à l'effet d'augmenter le guet de cette ville, et lui a dit avoir reçu de lord Cobham, député de Calais, une lettre annonçant qu'à la requête de M. de Blérencourt il avait fait exécuter un Anglais, lequel a dénoncé comme son complice un soldat français nommé Le More dont le protecteur prie le roi de faire justice. Les quatre déserteurs français ont été envoyés à Boulogne dès lundi ou mardi ; les deux autres réclamés par Selve étaient, l'un, sujet anglais, l'autre, marchand, a objecté le protecteur.

« De Londres y ce xxviii* d'apuril i 548, »

Il vient de recevoir la dépêche de M. de la Hochepot en date du 24 avec un double du passage de la dépêche du roi à M. de la Rochepot en date du 13 et y fait la même réponse qu'au connétable.

Vol. 7, fo 220 vo, copie du xvi« siècle, 5 p. 1/2 in-f».

1. La correspondance conservée dans les Calais Papcrs ne reprenant que le 3 mai, après la lacune qui a été signalée, ce fait curieux ne peut être éclairci par la comparaison de documents similaires anglais.

[mai 1348] M. DE SELVE 337

SELVE AU ROI

357. — Londres, i " mai, — Selon la teneur de la dépêche du roi en date du 20 avril, Selve a été le 29 avril parler au protecteur de la remise définitive des soldats déserteurs, en échange desquels on ne pouvait raisonnablement exiger la remise des anglais transfuges. Le protecteur a répondu qu'il en référerait encore une fois au conseil, revenant encore sur ce que les anglais transfuges avaient été aperçus dans le fort d'Outreau quatre à cinq jours encore après la réquisition de l'ambassadeur d'Angleterre *.

« Sire, je suys adverty qu'il y a desjà bien grand nombre de gentz de Guerre pied acheminez bien avant vers la frontière d'Escosse qui ont esté la <i'^<»««plus part levez aulx pays voysins d'icelle et qu'encores cez jours icy depesche l'on troys cappitaines avec commission de lever III1<^ hommes pour conduyre là, et m'a esté dict que dans la fin de ce moys il y aura une bien grosse armée et que dez ceste heure il n'y a guères moins de X^^ hommes de pied de ce costé là et qu'au premier jour se fera monstre de la cavallerye quy se pourra faire pour y envoyer laquelle au plus comme l'on estime n'arrivera pas au numbre de IIIl^ chevaux en tout et encores seront la plus part chevaulx légers du North qu'ilz appellent demy lance, car l'année passée ilz n'estoint paz davantaige et sy en avoyt Ton assemblé le plus que Ton avoyt peu. Bien est vray qu'aulcuns font bien ce nombre plus grand et disent que le protecteur est délibéré et résolu d'aller encores ceste année en personne dans ledict pays avec grosse armée et d'y donner bataille s'il y trouve les choses à son adventaige estimant que d'icelle s'il la gaigne despend la conqueste dudict pays et disent que ledict protecteur devisant de ceste entreprinse fait son compte que les escosssoys viendront assaillyr lez placez fortes qu'il tient dans leurs pays pour les reprendre et qu'il se trouvera là pour les secourir avec XXV^^ hommes et VIII^ chevaulx et que là s'il peust trouver ugne occasion comme il espoyre de donner ugne bataille il la bazardera et ne mectra au combat que XX mil hommes de pied et Vl^ hommes de cheval en réservant V^* de pied et deux mil de cheval prestz pour donner là où il sera besoing et où il ordonnera et que faisant ainsi avec la faveur qu'il peust avoir des fortz prochains tenuz par les angloys il aura grand aventaige. Pour dire la vérité, Sire, je n'entendz poinct au seur que le protecteur y voyse en personne, mais je suys advisé d'assez bon lieu que l'armée se faict la plus grosse que l'on peust par terre et qu'elle ne sera paz moindre que l'année passée. Et ay sceu de l'ambassadeur de Venise que le protecteur

i. La dépêche de Nicholas Wolton du 20 avril, de Sens, qui relate l'agression ligoaiée par Selve dans sa dépêche du !«' mai, est muette sur cette réquisitioD, :omme les deux précédentes.

Angleterre. — i546-l»49. 22

luy dict avant hyer que milord Grey estoyt commencé d'entrer dans le pays avec bon numbre de gentz pour aller faire ung fort prez le chasteau de Lislebourg quy luy empescheroyt fort lez vivres s'il pouvoyt estre faict et que dès mercredy dernyer XXV du passé ledict Grey estoyt à V ou VI mil prez dudict lieu et qu'il en attendoyt bien tost nouvelles dont il luy feroyt part * et oultre compta audict ambassadeur qu'il avoyt adverlissement de France que vous envoyés secours en Escosse de six mil hommes de pied dont il y avoyt deux mil italyens et deux mil allamantz et oultre quatre centz chevaulx et que le seigneur Pietro Strossy passo}^ luy mesme audict pays d'Escosse. A moy mesmes, Sire, a esté parlé de ce propoz par ledict prolecteur en ccste dernière audience, mais en aultre sorte, me demandant s'il estoyt vray que vous feissiez ugne si grande armée pour envoyer en Escosse et qu'il estoyt adverty que vous y envoyés deux cents hommes d'armes, cinq centz chevaux légers et douze mil hommes de pied avec Ringrave et plusieurs cappitaines de nom. Je luy respondeiz que je n'avoys point ouy parler de cela... Il me dict qu'il le vouloyt croyre ainsy *... Au surplus, Sire, j'ay entendu que l'ambassadeur de l'empereur a icy dict à quelcun avoyr ouy dire qu'il se faisoyt et traictoyt mariage entre la royne douarière d'Escosse et le frère du roy d'Anemarch par le moyen duquel mariage passoyt quelque grand secours en Escosse dont ceulx cy estoint en grande craincte '. Quant à ce qui s'est dict naguères de l'escarmouche où milord Grey avoyt eu grande perte je pense qu'il n'en soyt rien car lez nouvelles s'en sont fort refroydies *. Et sy m'a esté asseuré d'assez bon lieu que depuis que ledict Grey est party d'icy il n'a faict aulcune entreprinse dans ledict pays d'Escosse, mais seulement s'est préparé pour celle qu'il y est allé faire maintenant dont a parlé le prolecteur à l'ambassadeur de Venise. C'est, Sire, tout cIb que je sçay de nouveau pour ceste heure. »

« Dp Londres^ ce premier de may 4548, »

Vol. 7, P 223 yo, copie du xvi° siècle, \ p. in-f*.

incowiou 368. — LondreSy ^" mai. — « Monseigneur, ceste audience dernière

dans le que j'ay eue de monsieur le protecteur il est venu à propoz de luy faire

entendre la vérité de la cause et occasion de l'embuscade que monsieur

1. Allusion à Tarrivée de lord William Grey à Haddington, où il était entré le mardi 24 et se fortifiait hâtivement. (Calendar of St. P., Scotland^ t. I, p. 85.)

2. Renseignements contenus dans la dépêche de Nicholas Wotton du 16 avril de Sens, nouvelles données à l'ambassadeur d'Angleterre par l'ambassadenr d« l'empereur en France.

3. Allusion à un projet de mariage entre Marie de Lorraine, reine régente d'Ecosse, et un frère de Christian III, roi de Danemark, projet appuyé par la cour de France et signalé par Wotton dans sa dépêche du 16.

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