‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 168 sur 201 · Alnwick · texte numérisé non relu

Alnwick

374 NÉGOCIATIONS DE [iUDf 1648]

je croy qu'il s'en taira du tout ou les desguîsera de sorte que ron n'y pourra recognoistre la vérité.

« Sire, cejourd'huy est revenu vers moy ung homme que j'avoys cez jours passez envoyé à Porcemuth et Tisle d*Ouich quy m'a rapporté qu^il y a là veu sans plusieurs petitz vaisseaulx XXV navires de nom quy sont quasy tout esquippés de toutes choses fors que d'hommes de mer dont ilz ne peuvent recouvrir et dict que dans les navires où il y a plus de genlz il n'y en a que XX ou XXII comme il asseure avoyr veu ; de gentz de guerre pour embarquer il dict que pour ceste heure il n'y en a aulcuns. Bien dict que quand vostre armée de mer est passée là autour l'on a envoyé grand numbre de gentz à Tisle d'Ouych et sy en a Ton faict assembler tout le long de la coste de ce royaume par où debvoyt passer vostre dicte armée et qu'à l'entrée du port de Porcemuth l'on avoyt faict passer soubdain tous les mariniers qui estoint aulx aultres quy est bien signe qu'ilz en avoint faulte et que pour peu de temps uncques gents n'eurent plus belle peur qu'ilz ont eu audict Porcemuth auquel lieu il dict que sont maintenant retirés les quatre grandz navires quy estoint il n'y a guères vers les frontyères d'Escosse.

« Sire, etc.. »

« De Londres^ ce xi»juing v XLViii. »

Vol. 7, f» 263 v«, copie du xvi« siècle, 4 p. 1/2 in-P.

SELVE AU CONNÉTABLE

KspioDs 394. — Londres, i i juin. — Sur la demande du protecteur, Selve anglais, euvoic au roi deux requêtes de marchands anglais, qu'il n'a pas voulu faire traduire en français « pour ce que ce sera d'aultant meilleure deffaicte et occasion de leur dire que l'on n'entend poinct leur langaige, joinct qu'en quelque langue qu'elles soint les requestes de ceulx qui les veulent faire veoyr ne valent paz que l'on preste la poyne d'y prester ny l'œil ni l'oreille pour le peu de justice et de raison qu'ilz font par deçà aulx subjects du roy. » L'amiral d'Angleterre n'est décidément pas à Portsmouth. Berteville a fait savoir que Saint-Ouen a passé la mer se rendant à Amiens et à Jaigny et qu'il sera de retour en Angleterre dans dix ou douze jours.

« De Londres, cex^juing 1548. »

Vol. 7, fo 2^4 v», copie du xvi«^ siècle, i p. 3/4 in-fo.

SELVE A M. DE GUASTILLON.

395. — Londres^ i i juin, — Selve avise M. de Chastillon du départ de Saint-Ouen, les uns disent pour Boulogne, les autres pour Amiens,

[juin 1548] M. DE SELVB 375

et lui signale la fausseté du bruit du départ de Tamiral pour Portsmouth.

i< De Londres^ [ce xi*juin i54S\ »

Vol. 7, f« 265, copie du xvi» siècle, 4/2 p. in-f«.

SELVE AU ROI

396. — Londres^ i 2 juin. — Selve envoie au roi une dépèche de l'ambassadeur de France en Ecosse à l'adresse du roi que vient de lui apporter Jean Roche, présent porteur, lequel rendra compte au roi des nouvelles d'Ecosse.

« De Londres^ ce xu^juing i 548. » Vol. 7, fo 265, copie du xvia siècle, i/4 p. in-f«.

SELVE AU CONNÉTABLE

397. — Londres^ 12 juin. — Jean Roche, présent porteur, dit avoir un moyen sûr de faire passer les dépèches pour l'Ecosse et celles qui en viennent.

« De Londre$^ ce xii'juing iô48. »

Vol. 7, fo 265, copie du xvi® siècle, 1/2 p. in-f*».

SELVE AU ROI

398. — Londres, i4juin. — Un des deux émissaires envoyés par Selve Guerre aux frontières d'Ecosse vient de revenir en rapportant le plan de Had- *i'Ecoa«e. dington où il a séjourné assez longtemps. L'autre sera de retour dans

douze ou treize jours. Selve envoie au roi à part le mémoire rédigé par lui d'après les renseignements de son envoyé. « Le portraict que j'ay eu de luy », dit-il, « se conforme et rapporte sy bien à celluy que j'ay veu entre les mains du protecteur que cela me donne d'aullant meilleure oppinion de la diligence et vérité dudict personnaige lequel m*a asseuré que sans le secours et arrivée de vostre armée milord Grey debvoyt aller assiéger Dombarre à son advis combien qu'il feist courir le bruit tout au contraire disant qu'il s'en revenoyt à Barrvich ce que par adventurc il pourra bien avoyr faict depuis le parlement de ce porteur ayant entendu le vent de la venue de vostre armée dont n'estoint nulles nouvelles lors du parlement de ce dict porteur quy feust le III^ de ce moys,et dict qu'il y a ung canonnier flament avec milord Grey qui l'incite et persuade fort d'aller assaillyr ledict Dombarre l'asseurant d'y dresser et faire une telle batterye qu'il le prendra aisément *. Au surplus, Sire, l'on tient icy pour

1. L'incendie de Dunbar est annoncé au protecteur par Grey, de Berwick, le 12 juin, en même temps que Tapparition de la flotte française sur les côtes. {Cd' iendar ofSt, P., Scotland, t. I, p. 87.)

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seur que par tout le pays du North ilz ont faict monstre en chascune duché et conlé de tous les gentz de guerre qu*ilz y peuvent lever leur donnant commandement de ne partir de leurs maisons et se tenir prestz en l'esquippaige qu'ilz sont comparuz à ladicte monstre pour partir à toutes heures qu'on en aura affaire. De gentz de cheval ilz ont donné ordre d'en mectre suz et avoyr ung merveilleuse numbre ainsy que je vous ay par cy devant escript contraignants chascun homme de ce royaume ayant cent livres de revenu de faire ung homme d*armes qu'ilz appellent une lance et ceulx qui en ont moins font une demye lance. Vray est que sy le roy d'Angleterre s'en sert ce sera à sa soulde et ne luy fournist Ton que les hommes et chevaulx armés et esquippés. Il est bien vray qu'il n'est possible qup toute cette cavallerye se trouve ny adroicte ny aguerr}'e ny guères bien montée, mais l'on pourra choisir ceulx qui seront le plus de service et laisser les aultres. Et oultre cez sieurs ont ceste oppinion que s'il leur survient quelque grande guerre soyt du costé d'Ëscosse ou de France ce grand numbre de gentz de cheval leur fera plus de service et donnera plus de réputation de leur faict que ne sçauroint faire beaulcoup de gentz de pied avec peu de cavallerye. Il se dict aussy par deçà entre aulcuns que le protecteur ira en personne en Escosse sy vous. Sire, ne faictes quelque entreprinse du costé du Boulenoys qui Ten retarde, de quoy Ton est icy en plus grande craincte que jamais depuis que vous avés mictz gentz pour fortifQer par delà. »

« De Londres, ce xiiifjuing i 548. »

Vol. 7, fo 265 v«, copie du xvi« siècle, 2 p. i/4 in-P.

« Advis de restât et disposition des choses d'Angleterre du costé cTJEscosse selon le rapport d'ung personnaige envoyé sur les lieux. »

FortifloaUons Pièce jointe au n^ 398. — « Les angloys ont fortiffyé la ville d'Ading- ^ thon* de la forme et façon quy peust estre veue par le portraict, laquelle * ville ilz ont en la fortiffyant estrecye et acourcye et des maisons et édifices qu'ilz ont abbatus hors icelle saulvant et retirant la pierre pour en bastir et edifRer les murailles de la dicte ville comme ilz disent, lesquelles pour ceste heure ne sont que de terre de la vuydange des fossés quy sont tout autour assez profundz et larges et plains d'eaue.

« Au dedans de la ville Ton emplist de terre et lève hault ce qui souloyt estre la maison de ladite ville pour en faire une platte forme ou cavallyer.

<c II y a hors ladicte ville une montaigne qui en est assés loing, et toutesfoys les angloys avoient peur que sy les françoys venoient pour les assaillyr là dedans qu'ils ne s'allassent camper et fortiffyer sur icelle^

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