‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 167 sur 201 · Allusion à la course de lord Wharton. {Ibid · texte numérisé non relu

Allusion à la course de lord Wharton. {Ibid

'i. Allusion au combat singulier déjà signalé par Selve le 8 juin.

4. Allusion à la prise de Yester, signalée par Selve le i«' juin.

5. Une dépèche de lord William Grey au protecteur, de Berwick, 14 juin, mentionne renvoi, comme prisonnier, du capitaine français pris dans ce château. (Calmdar of St. P., Scotland, t. I, p. 87.)

370 NÉGOCIATIONS DE [jUIN 1548]

SELYE A M. DE CUASTILLON.

390. — Londres, 8 juin. — Sel ve a reçu le paquet du roi avec la lettre de M. de Chastillon et lui renvoie le présent paquet avec l'information faite sur les propos des soldats déserteurs, que pourront appuyer deux témoins passés depuis en France, Raymond Buisson, serviteur du sieur de la Taste, de Bordeaux, et Samson de Campmajour, facteur du sieur Guymouneau, marchand d'Orléans. Il l'avise des nouvelles d'Ecosse et des préparatifs de guerre dans les mêmes termes que dans sa dépèche à M. de la Hochepot.

« De Londres y ce viif juing 1^48. »

Vol. 7, fo 259, copie du xvi« siècle, 1 p. in-P.

SELVE AU ROI

KortifiotUon» 391. — Londres, 9 juin, — Le protecteur a mandé Selve cette après- Boubgnc ^î'^®® P^^^ '"^ ^*'^® savoir, dit l'ambassadeur au roi, « qu'il estoyt adverty par le gouverneur de Bouloigne ' que voz gentz delà la mer coaimençoint à faire une tranchée depuys vostre fort d'Oultreau tirant vers la poincte quy est à Tentrée du havre de Bouloigne en intention comme il estoyt adverty de faire ung fort en ladicte poincte, qui seroyt chose si eUe advenoyt grandement contraire et préjudiciable à Tamytié d'entre vous, Sire, et le roy son maistre et directement contraire au traicté de paix

d'entre voz deux Magestés, vous priant à ceste cause de la part du

roy son maistre de vouioyr faire désister voz gentz de ceste entreprinseet desmolyr ce qu'ilz avoint faict, aultrement qu'il ne sçavoyt que c*est qu'il en pourroyt advenyr, car de sa part il aymeroyt mieulx bazarder le royaume du roy son maistre que d'endurer aulcune chose qui ne (ouchast à l'honneur dudict seigneur, lequel il vouloyt avoyr en recommandation plus que nulle aultre chose et qu'il ne sçavo}^ de quoy vous pou< voyt serv}T de faire ledict fort sy n'estoyt que par là vous penslssiez constraindre le roy d'Angleterre de vous rendre Bouloigne devant le temps dn traicté à quoy vous ne parviendrés jamais par ce moyen K » Si le roi a si grand désir de recouvrer Boulogne, a-t-il ajouté, qu'il mette quelque moyen en avant, lui le premier, comme la proposition en avait été faite autrefois. Aucune nouvelle de cette fortification n'est encore parvenue, a répondu Selve, et d'ailleurs la déclaration du feu roi disant que la pointe ne serait pas fortifiée, n'était qu'une déclaration d'intention

1. Dépêche de sir John Brydges au protecteur, de Boulogne, 30 mai, contenant en pièce jointe un rapport d*espion. (CtUendar of St. P., For. Ser.^ Edward VI Calais Papers, p. 348.)

2. Ce fort menaçait directement, parattril, le fort anglais dit de VOld Mon. (/6td.)

[juin 1548] M. DE SELVE 381

« Au surplus, Sire, j'ay sceu de Tambassadeur de Venise qu'estant hyer avec le protecteur il luy dict qu*il venoyt avoyr lettres de milord Grey par lesquelles il luy mandoyt ^ que se retirant d'Adinglhon à Barwich il avoyt descouvert vostre armée de mer laquelle selon cela peust bien arriver en Escosse des mardy XIP de ce moys qui est le jour que Ton tient icy qu'elle y arriva et luy dict ledict protecteur qu'elle n'esloyt pas sy grande qu'on la faisoyt et qu'il n'y avoyt que XV ou XVI gailaires et cinq ou six groz navires et que tout le reste n'estoint que petitz vaisseaulx de sorte que ce n'estoyt paz grande chose et qu'il estimoyt sy fortes et bien munyes les places que le roy d'Angleterre tient en Escosse que ladicte armée n'y feroyt paz grand mal de cest esté. Il luy parla aussy de la fortiffication de l'entrée du havre de Bouloigne luy disant qu'il vous en avoyt faict parler et faire remonstrances dont il attendoyt bien toat responce pensant que vous vous accorderiés comme la raison vouloyt de la faire cesser de quoy je croy sans poinct de faulte qu'il auroyt belle envye, car de l'empescher il n'en voyt poinct de bon moyen à mon advis, et n'apperçoy pour encores qu'il se face rien par deçà à ceste fin sinon que par adventure l'on travaille pour faire mouvoyr l'empereur sans lequel je ne puys penser que ceulx-cy se veullent ny osent bouger quelque mal que l'on leur puisse faire delà la mer, car ilz ont maintenant trop de peur du costé d'Escosse quelque bonne mine qu'ilz facent. Hz envoyent à présent 1111° pionnyers delà la mer je ne sçay pourquoy faire : de gentz de guerre pour ce costé-là je n'en oy poinct parler. »

a De LondreSy ce xvi* juing 1 54S, »

Vol. 7, f« 269 v», copie du xvi« siècle, 1 p. 3/4 in-fo.

SELVB AU CONNÉTABLE.

401. — Londres^ 16 Juin. — Sont venus trouver Selve, la veille, un allemand de Lubeck nommé Hubert Bartmann, et un jeune capitaine allemand, que Selve avait autrefois vus en Angleterre. Ces deux personnages se sont dits porteurs de lettres du roi à la reine d'Ecosse qu'ils se sont refusés à montrer, et, sur les observations de l'ambassadeur, se sont décidés à repasser à Flessingue pour gagner de là l'Ecosse. Ils ont prié Selve de certifier au roi et au connétable leur voyage en Angleterre.

<c De Londres^ ce xvf juing i 548. »

déjà prévôt des marchands anglais d'Anvers, chargés d'une mission spéciale auprès de sir Edward Carne, ambassadeur d'Angleterre dans les Payé-Bas. (Leur correspondance, Calendar of St. P., For. Ser., Edward VI, p. 25.) L'ambassadeur revient & plusieurs reprises sur leur négociation.

1. Dépêche de Grey au protecteur, de Berwick, 12 juin. {Calendar of St. P., Scot' land, 1. 1, p. 87.)

372 NÉGOCIATIONS DE [jUIN 1548]

lecteur... avoyt entendu premièrement qu*elle estoytauPortelennumbre de bien IIP voyles à ce qui se pouvoyt juger à Tœil de loingt. Et depuis ce matin luy estoyt venu ung homme de Calaiz quy luy avoyt dict avoyr veu hyer en passant la mer XYIII gallaires et grand numbre de navyres jusques envyron deux cinquante voyles ainsy qu'il luy sembloyt en estant assez loing et estoint plus avant à Calaiz tirant vers le North où il leur veist mouiller Tancre combien que le vent leur feust fort bon et la marée fust encores pour leur servir longuement. Au moyen de quoy il pensovt qu*ilz n*estoint délibérez de sortyr hors ledict Paz-de-Calaiz ou bien qu'ilz attendoint XXX ou quarente grandz navires qu'il advisa aussy de Taultre costé du Paz venant de la part du Portel, me disant ledict protecteur qu'il n'avoyt poinct bien certain advertissement que ce fust Tarmée do roy, car aulcuns disoynt que c'estoyt une flotte de navires espaignolz qu'alloint en Flandres ce qui est peu croyable s'ilz menoint gallaires avec eulx ce que navires marchants n'ont paz accoustumé de faire joinct que dès le VII* de ce moys ladicte armée du roy estoyt au Portel comme luy escript le cappitaine de Bouloigne ^

<( Je vous advise, Monseigneur, qu'ilz ont très belle peur par deçà sy le roy fortiffye la pointe à l'entrée du havre de Bouloigne que ledict havre ne leur vaille guères ny Bouloigne conséquemment et la plus part font ce jugement et ne faictz nulle doubte qu'ilz ne s'essayassent voulentiers par tous les moyens qu'ilz pourroint d'empescher ladicte fortifBcation sy le mesnaige que l'on leur va à mon advis remuer en Escosse ne les en gardo}t auquel je croy qu'ilz vouldront plus lost renvoyer et entendre que au costé de delà et de bien pourvoyr à tous les deux je ne voy poinct qu'ilz ayent de forces prestes suffisantes pour le faire. »

« De Londres^ ce ix*juing i 548. »

« Monseigneur, l'on me vient de dire que l'admirai d'Angleterre s'en part aujourd'huy après disner pour aller à Porcemuth faire partir l'armée d'Angleterre à tout le moins ce qui sera de prest et l'envoyer à Bouloigne pour y mectre renfort de gentz et de vivres dedans et empescher la fortifOcation de la poincte. »

« Du xtjuing [i Ô48]\ »

Vol. 7, fo 262 vo, copie du xvi« siècle, I p. 3/4 in-fo.

PriM 393. — Londresy / / juin, — « Sire, j'ay sceu par l'ambassadeur de

DaikdUi. Venise lez nouvelles d'Ëscosse que le protecteur luy envoya hyer commo-

nicquer, quy sont que George Douglaz estant en une sienne maison à

1. La flotte française de Villegagnon mit à la voile le 9, parut en vue des côlo d'Ecosse le 12 et flîborda le 18.

[juin 1548] M. DE SELYE 38^

malaisé à faire car à ce que je puys comprendre soyt ville ou bourg il n*y a rien de fort sinon le chastean qui demeure toujours escossoy» et sans dommaige ^ Je suys aussy adverty, Sire, que vostre dicte armée en passant a brusié deux navires angloys au port de Tinemuth ' ou Uannvicb ^ qui sont prochains du pays d'Escosse et disent aulcuns qu'il y a bien eu IX ou X navires bnislés ou davantaige dont toutesfoys le protecteur ne m'a faict encores aulcun semblant. Je ne sçay s'il differeroyt poinct expressément de m'en parler craignant que par ce moyen vous sceussiés plus tost nouvelles de l'arrivée de vostre dicte armée. Au demeurant, Sire, je n'entendz poinct encores que l'on s'eschaufTe icy plus que de coustume aulx préparatifs de guerre ne par mer ne par terre sinon que j'ay bien ouy dire qu'il y a de jeunes gentilshommes de ceste court quy demandent congé de s'aller enfermer dans Adingthon et que Berteville a faict semblable requeste et de tout ce que j'en entendray Vostre Majesté en sera soubdain advertye. 11 se lève des pionnyerz. comme je vous ay jà mandé pour envoyer à Bouloigne ainsy qu'il se dict et se continue la nouvelle que je vous ay escripte de l'allée du docteur Semeith et de maistre Chamberlan vers la royne de Hongrie.

« Sire, etc.. »

« De LondreSy ce xvii* juing 4548, »

Vol. 7, f*> 271 vo, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-fo.

SELVE AU CONNÉTABLE

404. — Londres j 1 8 juin. — Le bruit court que les ambassadeurs anglais en Flandres ont pour mission l'affaire des marchands anglais naguère pillés à Anvers. « Il se voyt par ceste ville des soldats angloys en divers endroictz par les rues desquelz ne se sçayt ne dict encores le numbre ne le cappitaine ne quelle part on les envoyé. Bien dict l'on que jeudy prochain s'en fera la monstre et sy ainsy est se pourra descouvrir quelque nouvelle d'eulx et quelle part ilz tireront dont vous serés incontinent adverty. Aussy est certain que les gentishommes et tous aultres tant de ceste ville que d' ailleurs qui sont aysez pour se mectre en esquippaige de gentz de cheval ont commandement de se tenyr tous prestz ou aultre en lieu d'eulx que l'on estime debvoyr monter à ung bon numbre de cavallerye comme je vous ay par cy devant adverty. Vray est qu'il ne se parle poinct de mectre cela en œuvre promptement ne du costé de France ny de la part d'Escosse et semble que ce soyt plus tost pour deffendre que pour offenser. »

« De Londres y ce xviii* juing i 548, »

1. Conflrmation par Selve de Pincendie de Dunbar, opéré par Grey dans sa retraite de Haddington à Dunbar, et annoncé par Tambassadeur le 14.

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