‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 174 sur 201 · Alnwick · texte numérisé non relu

Alnwick

384 NÉGOCIATIONS DE [JGIN 1548]

« Monseigneur, les deux allemantz dont je vous ay faict mention par ma dernière depesche se sont ravisés et m'ont mandé qu*ilz ne feroint d'aultre chemin pour passer en Escosse que par ce royaulme et qu'ilz en pensoint avoyr trouvé bon moyen lequel ilz ne m'ont faict entendre. »

Vol. 7, fo272, copie duxvi® siècle, i p. in-f*.

SELVR A M. LA ROGHEPOT.

405. — LondreSy 1 8 juin, — Selve a reçu la lettre de M. de la Rochepot en date du 14. Il l'avertit sommairement du bruit de Tarrivée de la flotte française à Leith, de la retraite de Grey à Berwick et des armements de Londres. Aucune nouvelle de préparatifs dirigés contre le fort de la pointe de Boulogne.

« De Londres f ce xviii'julng i 548. » Vol. 7, fo 272 v<>, copie du xvi« siècle, i p. i/4 in-f«.

SELVE A H. DE CHASTILLON

406. — Londres, i 8 juin, — Selve a reçu la lettre de M. de Ghastillon en date du 15 et lui écrit dans les mêmes termes qu'à M. de la Rochepot.

[« De Londres y ce xviif juing i 548. »] Vol. 7, fo 277 \o, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/4 in-fo.

SELVE AU ROI

oasne 407. — Londres, 19 Juin, — Selve a reçu la veille la dépèche du roi en d^Eootse. ^^^^ ^^ 1^ g^ ^ £g^^ pj^j.^ ^ Berteville de la délivrance de sa mère ordonnée

par le roi et de la promesse de dégagement de ses biens. « Les advertissementz que pour ceste heure il m'a faict entendre sont, Sire, que milord Grey s*est retiré à Barrvich et que dans huict jours partent X ou XII gentishommes angloys pour s'aller mectre dans Adingthon s'ilz y peuvent entrer et ayder à deffendre la ville avec ceulx qui sont dedans sy voz gentz la viennent assiéger comme l'on estime qu'ilz feront et que le protecteur le y envoyé aussy en compaignye desdicts gentishommes et pour cest efi'ect luy a faict délivrer quatre escuz et que la délibération dudict protecteur est sy voz gentz y vont mectre le siège d'y envoyer secours de grand numbre de cavallerye sans aulcunes gentz de pied. Et néanlmoins dict que l'on n'envoyera poinct d'armée en Escosse, qui sont choses qui conviennent peu pour empescher les entreprinses de vostredicte armée joincte aulx forces qu'elle pourra trouver audict pays. De l'armée de mer angloise il dict qu'elle ne se mectra aulcunement sur mer pour rencontrer la vostre et qu'il est certain que le

[juin 1548] M. DE SELVE 388

protecteur ne la bazardera poinct et qu'encores que l'on continue de préparer les navyres de deçà il ne se parle poinct d y meclre gentz de guerre ny de les faire sortir. » Le protecteur, au dire de Berleville, se montre très inquiet de la fortification commencée à la pointe de Boulogne. « Knfin il s*estoyt résolu de faire secrettement et le plus diligemment qu'il s=era possible XII ou XIIII mil bommes pour aller desmolyr ce qu*ilz trouveront faict s'il n'est en grande deffence et sy bien gardé qu'ils voyent d'y perdre leurs poynes et pour ceste fin l'on faict lever gentz en plusieurs endroictz sans sonner tambourin et le plus couvertement que faire se peust. » Berteville demande une recommandation auprès du lieutenant général du roi en Ecosse pour y faciliter les services qu'il y rendra au roi.

Selve a vu par la dépècbe du roi le langage qu'il aura à parler sur les bruits et fausses nouvelles que les impériaux font courir. Il ne peut donner aucun renseignement au roi sur le voyage de Bertbier et craignant de porter préjudice à la négociation de celui-ci s'il s'en informait. Il fera tenir à l'ambassadeur du roi en Ecosse le paquet que le roi lui a envoyé, s'il en trouve moyen, car on vient encore d'arrêter un messager qui lui était adressé pour l'avertir de l'arrivée de Tarmée du roi en Ecosse. « Ne trouvant guères moins difficille de vous practiqucr et recouvrer en vostre service les deux personnaiges dont faict mention le méraoyre qu'il vous a pieu m'envoyer, à tout le moins le premyer d'iceulx nommé Nicolas Nebet aultrement dict Lescripvain natif de Rouen, car c'est ung très maulvays françoys comme j'ay entendu et congneu depuis que je suys icy et sy a très bonne et grande part avec le conte de Warvicb son maistre quy a telle fiyance en luy qu'il luy commeet le gouvernement et maniement de la plus part des affaires de sa maison et depuis deux moys s'est maryé en ce pays à une femme angloise comme je suys informé, et oultre il est plongé et enfoncé en ceste nouvelle religion et loy de ce pays plus avant qu'angloys naturel qui se puisse trouver et de telle sorte qu'il n'est mal ainsy que je suys adverty qu'il ne dye de vostre royaume et de son pays naturel pour les pugnitions que y reçoipvent ceulx qui sont de ceste oppinion. Au regard de l'aultre nommé Gornille je ne le congnoys poinct, mais je feray mon debvoyr d'essayer à sonder sa voulenté et pareillemment dudict Nebet et vous advertiray incontinent de ce qui s'en sera peu faire. »

« De Londres y ce xix* juin 1 548, »

Vol. 7, fo 273 vo, copie du xvi«^ siècle, 3 p. 1/2 in-f».

SELVE AU CONNETABLE

408. — Londres^ 19 juin. — Selve a reçu la veille par le chevaucheur ouerre renvoyé par le connétable la dépêche de celui-ci en date du 14 répon- dÉco»». Anoletbrrb. — 1546-1549. 25

386 NÉGOCIATIONS DE [jUiN 1848]

dant à la sienne du 2i, depuis lesquelles il a écrit en date des 8, 9, 10, 12, 14, 16 et 17 juin. On voit chaque jour à Londres lies passages de troupes et des achats d'armes, destinés, dit-on, à Tarmée d'Ecosse, mais qui pourraient avoir pour objet une entreprise quelconque contre le nouveau fort de Boulogne. Selve en avise MM. de la Rochepot et de Chastillon.

« Monseigneur, ne me semble hors de ce propoz de vous adverl\T qu'estant l'antienne coustume de ce royaume de faire toute la nuict de la Sainct-Jehan grand guet par ceste ville et monstre des habitans d'icelle en armes et au meilleur ordre qu'ilz se peuvent mectre, cela depuis VII ou VIII ans en çà avoyt tellement esté diminué que ce n'esloyl plus guères de chose, toutesfoys pour ceste année le roy d'Angleterre a commandé de remectre suz ledict guet plus grand et en meilleur ordre que jamais et d'en faire la monstre par ceste ville que luy mesmes veult veoyr, à laquelle se doibvent trouver non seuUement ceulx qui avoint accoustumé d'y estre antiennen^entmais encores tous les genls de guerre que doibt fournyr cestedictc ville et le pays circumvoysin selon le commandement et ordonnance que leur en ont esté faicts longtemps a ainsy comme aulx aultresdes aultresendroicts de ce royaulme. Et est lebruict qu'incontinent au parlyr de ladicte monstre l'on envoyra et acheminera vers Escosse lesdicts gents de guerre et pourroyt estre que au lieu d'Escosse dont on faict courir le bruict qu'ilz feussent envoyés delà la mer. De quoy toutesfoys je n'ay rien entendu et est ce que je vous en diclz plus pour ne vous rien celer de tout ce que j'entendz que pour advertissement ou oppinion que j'aye que cela doibve advenyr ne quand bien il adviendroyt qu'il puisse guères nuyre. »

Le bruit de l'envoi des ambassadeurs anglais en Flandres pour l'afTaire des marchands anglais pillés à Anvers lui a été confirmé : Paget a été plusieurs fois ces jours-ci chez l'ambassadeur de l'empereur, lequel s'est rendu la veille chez le prolecteur pour y être informé, dit-on, du but réel de celte mission.

« De Londres^ ce xix* juing iô4S, »

Le comte de Bolhwell est parti aujourd'hui pour PËcosse sans avoir voulu, dit Berteville, s'accorder avec le gouvernement anglais.

Vol. 7, P 276, copie du xvi« siècle, 2 p. 1/2 in-fo.

SELVE A H. DE LA ROCnEPOT.

409. — Londres, i 9 juin. ~ Selve a reçu la dépèche de M. de la Rochepot en date du 16 faisant mention du navire du mayeur de Saint- Valéry retenu à Boulogne, et lui répète la réponse que le protecteur lait

faite tant de fois à ce sujet. Il l'avise des levées et des armements de Londres et de leur destination possible.

« De Londres^ ce xix* juing 1548. »

Vol. 7, fo 276 vo, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-P,

SELVE A M. DE CUASTILLON.

410. — LondreSy 19 Juin. — Selve a reçu la veille la dépêche de M. de Cheistillon en date du 16 et se montre très aise des progrès de Touvrage dont l'avancement lui est annoncé. Il avise M. de Ghastillon des levées et des armements de Londres dans mêmes termes que dans les âa dépêche à M. de la Rochepot.

« De Londres, ce xiv Juing 1548. »

Vol. 7, fo 277, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».

SELVE AU ROI

411. — Londres, 22 Juin. — « Sire, depuis ma dernière depesche je Ga«mn'ay aultre chose entendu de nouveau du costé d'Escosse sinon que le «^'Ecosse, protecteur a falct dire ces jours passez aulx ambassadeurs de Tempereur

et de Venise que quelques ungs de vostre armée de mer estoint voulu descendre prez de Dombarre pour prendre de l'eaue doulcc sur lesquelz estoint sortys quelque nombre d*angloys qui estoint en ambuscade là auprès et en avoint tué XXV ou XXX et prins deux cappitaines et qu'il y estoit mort XII ou XV angloys à Tadventaige desquelz je ne faicts doubtc, Sire, que le compte n'ayt esté habillé le plus et le mieulx que Ton a peu ^ Ce soyr j'ay esté adverty que le frère du sieur de Garces prins dernièrement au chasteau d'Esteyr a esté mené en ceste ville et que l'on l'a mictz prisonnyer en prison fermée ce que je ne puys bonnement croyre* etferay toute diligence de m'en acquérir et faire parler à luy pour sçavoyr de sez nouvelles et sy d'adventure Ton luy faisoyt maulvays traictement, vous plaira me commander, Sire, et faire adviser quel langaige je debveray tenyr sur son affaire ou d'aultres de voz subjectz que vous avez envoyez en Escosse sy d'adventure telle fortune leur advenoyt, affin que je ne passe en cest endroict ne plus avant ne plus arrière de ce que vostre bon plaisir sera m*ordonner. Le jour d'hyer, Sire, se feist en ceste ville la monstre des gentz de cheval que l'on y a levez que je veiz tous passer devant mon logeis et n'estoint que cent qu'ilz appellent icy hommes d'armes lesquelz estoint assez bien armez mais la plus part mal montés

i. Escarmouche anuoncée par Grey au protecteur, de Bervviclc, le 15 juin, comme ayant eu lieu près de North-Berwiclc. {Calendar of SL P., Scotiand, t. I, p. 87.)

2« Le sieur de Carcès en personne, et non son frère. Voir notamment ci-dessous, ±1 faln.

388 NÉGOCIATIONS DE [jtn 1548:

et envyron cent LX chevaulx légers qu'ils disent demy lances armez de Jacques à la mode du North et du pays d'Escosse qui estoint le plus mal en ordre qu'il est possible pour faire grandz armes. Hz disent icy que de XXIIII quartiers qu'il y a en ceste ville n*en estoint comprinsque les VIII en ladiclc monstre laquelle reste encores à faire des XVI aultres quartiers quy seront en plus grand numbre et mieulx en ordre et qu'en tout ce qui se lovera de ceste dicte ville il nV aura paz moins de XII ou X\^ hommes de cheval dont je vous manderay la vérité quand elle se sçaura n'ayant cependant voulu faillyr de vous mander ce que j'avoys de certain. Il est aussy bruicl, Sire, que une partie de cela sera envoyée delà la mer et une aultre en Escosse. Et n'est rien sy vray que par toutes les viles et vilaiges de ce royaulrae se faict de jour en jour monstre de tous les genlz que l'on y peust trouver pour servyr à la guerre, mais de moy je ne puys croyre que ce ne soyt aultant ou plus pour peur d'estrc assailly que pour envye d'assaillyr, car à ce que je puys entendre ilz ne se proumectent icy rien de l'empereur quelque myne qu'ilz en KortiCcaiions ^^^^"*- ^^^ cncorcs dcpuis peu m'a dict ung personnaige digne de foy <J« avoyr ouy dire à l'ambassadeur de l'empereur que le protecteur luy ou ogne. ^^,^y^ dissimulé ceste nouvelle fortiffication que vous, Sire, faictes faire sur la poincte du havre de Bouloigne et que mesmes luy en parlant et demandant des nouvelles il luy avoyt estimé la chose le plus qu'il avoyt peu, luy disant que cela n'esloyt rien et ne pouvoyt estre d'aulcun préjudice au roy son maistre et qu'il y avoyt de bons remèdes pour cmpescher qu'il ne pourroyt nuyre. Et de mesme lieu ay entendu, Sire, que ledict ambassadeur disoyt que le docteur Semeith et son compaignon ne vont en Flandres que pour le différent des marchants, ainsy que je vous ay desjà escript. A quoy il y a quelque apparence car ledict compaignon ainsy que j'enlendz a cslé maistre des marchants angloys en Anver? que l'on appelle Courtmaistre quy faict croyre que pour alTaire d'eslat ilz auroint plus tost esleu quelque aultre personne que ceste là *. II y a icy quelcun qui m'a ce soyr dict que les angloys avoint abbandonne Ading- Ihon l'estimant trop foyble pour le tenyr mais je ne sçay qu'en croyre et ne le puys penser s'ilz n'en ont esté contrainclz par force. « Sire, etc.. »

(( De Londres, ce xxri'^* juing i5-18. »

Vol. 7, fo 277, copie du xyi** siècle, 2 p. In-f».

SELVE AU CONNÉTABLE

412. — Londres, 22 juin, — Selve n'a pu encore trouver une occasion d'envoyer le paquet destiné à l'ambassadeur du roi en Ecosse. Des

1. Sir Thomas Chamberlain, prévôt des marchands anglais d^Anvers (Grovemorof Ihc merchanls at Anlwerp).

[juin 1548] M. DE SELVE 389

deux personnages réclamés par le roi, le nommé Gornille est actuellement en Flandre, Taulre ne parait pas disposé à ce que désire le roi. « Il y a cez jours icy en cesle court une querelle entre deux estrangers de laquelle est sortye une batterye entre XX ou XXV en laquelle a esté tué le colonel des gentz de pied italiens que Ton nommoyt Philippe Pyni * et estoyt Luccoys et deux ou troys aultres,et l'Italien qui tua Mauges lieutenant de Rouen en estoyt qui est blecé à la mort. Aussy y ont esté ung peu blécéz Berteville et ung cappitaine hungre. »

« De Londres, ce xxit** juing i 548, ï>

Vol. 7, fo 208, copie du xvi« siècle, 3/-i p. in-P.

SELVE A M. DE LA ROCUEPOT

413. — Londres, 22 juin, — Selve a reçu la lettre de M. de la Hochepot en date du 10 avec les mémoires qui s'y trouvaient joints et que le roi lui avait déjà adressés directement. Le présent porteur lui dira les difficultés qu'il éprouve au sujet de leur contenu et qu'il a déjà exprimés au roi dans ses dépèches.

« De Londres, ce aav/— juing 1 548, »

Vol. 7, fo 278, copie du xvi« siècle, 1/i p. in-f°.

SELVE A M. DE CUASTILLON.

414. — Londres, 22 juin, — Selve a reçu les dépèches de M. de Chasiillon en date des 19 et 20, et a donné charge au présent porteur de lui porter de vive voix des nouvelles.

« De Londres, ce xxii'^ jour de juing i 548, » Vol. 7, f- 278 V», copie du xvi* siècle, 1/2 p. In-f*>.

416. — Londres^ 27 juin, — « Sire, cez jours icy monsieur de Huntley est venu en ceste ville pour veoyr la belle monstre qui a esté faicte ceste d'&<HKM. nuict de Sainct-Jehan laquelle le roy d'Angleterre avoyt une foys délibéré de veoyr ce que il n'a faict pour ce à mon advys qu'il n'y eust paz trouvé à beaulcoup prez le numbre de gentz de guerre et de pied et de cheval que l'on disoyt y debvoyr eslre oultre les ordinaires du guet qui ont accouslumé de se y trouver, car de gentz de cheval il n'y en avoyt ung tout seul oultre les II'^ LX dont je vous ay adverly par ma dernière depesche du XXIl^ de ce moys qui est comme je croy certainement tout ce qui s*est peu lever et trouver en ceste ville et bien loing du numbre

\. N... Felippini, de Lucqucs, donl le nom semble défiguré dans cette dépôche de Selvc, ainsi que dans les documents anglais, levait en 1545, en Italie, des gens de pied pour le service de TAngleterre. (Staie Papers, t. X, pp. 36S-378.)

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de XV*" ny deux mille dont Ton faîsoyt courryr le bniict. Et de gentz de pied il n'y en avoyt pas plus de IX^ ou mille, harquebuziers, archiers et pîcquiers qui est signe que le numbre qui se sera peu lever par les aultres villes ne debvra paz estre grand, veu qu'en ceste cy quy vault quasy mieulx seulle que la plus part de toutes les aultres ensemble Ton n'a sceu faire que Je nombre dessusdict. Je n'ay failjy, Sire, de faire entendre audict conte de Honlelay le contentement que vous avez de sa persévérance et constance, selon le commandement qu*il vous a pieu de m*en donner, de quoy il m'a faict dire qu'il estoyt fort aise m'asseurant toujours que vous le trouvères et expérimenterés fidèle jusques au bout. Et m'a proumictz faire tenyrà vostre ambassadeur en Escosse le petit pacquet qu'il vous a pieu dernièrement me faire envoyer lequel je luy ay baillé pour ce faire ne pouvant trouver personne qui se voulsist bazarder de passer pour l'aller porter.

« Sire, ce jourd'buy Berteville m'a faict dire que les dernières nouvelles que monsieur le protecteur a d'Escosse sont par des lettres que le seigneur Strossy * et monsieur de d'Essey * vous escripvoint les m'envoyant pour les vous faire tenyr, lesquelles ont esté prinses en chemin des mains de celluy qui les portoyt ^ et le contenu d'icelles entendu et descouvert, ou par deschifTrement ainsy que dict Berteville, ce que je ne croy paz, ou bien par la bouche dudict porteur, et ne contiennent que advertissement de l'arrivée de vostre armée en Escosse et comme l'on avoyt envoyé huict de voz gallaires devant Brouticraig pour visitter le lieu et congnoistre par quel moyen il se pourroyt mieulx battre et assaillyr lesquelles gallaires estoint revenues faisant rapport qu'il n'estoyt possible qu'elles peussent demeurer devant pour l'impéluosité et violence des courrentes de la mer en ceste endroict *. Au moyen de quoy avoyt esté conclud de laisser là pour cest heure ledict Brouticraig et aussy pour ne diviser ne séparer les forces de vostre armée avoyt esté advisé de venyr dans le VHP du moys prochain assiéger Adingthon qu'ils disent par delà avoyr bonne espérance de prendre au moyen des montaignes qui sont prochaines en quoy le protecteur dict qu'ilz se trompent pource qu^elles ne sont pas sy prez qu'elles puissent guères nuyre °. Au surplus, Sire, le-

1. Pierre Strozzi, alors colonel général de l'infanterie italienne, passé eu Ecossesous les ordres do M. d'Essé.

2. André de Montolembert, seigneur d'Essé, commandant des troupes françaises en Ecosse.

3. La seule correspondance d'Ecosse conservée pour cette époque est celle de la reine régente, Marie de Lorraine, de MM. d'Oyscl et de la Chapelle avec François de Guise, duc d'Aumale, et le cardinal de Guise. (Teulel, /. c.) Toutes les autres lettres adressées à de Selvc paraissent avoir été interceptées.

4. Reconnaissance offensive d'une partie de la flotte française devant Broughly- Craig, annoncée par Grey le 17 et le 20 juin. {Calendar of St. P., Scotland, t. Y p. 89.) Bruit confirmé par Selvc le l^' juillet.

5. Projet annoncé au duc d'Aumale par d'Oysel et d'Andelot comme devant être immédiatement effectué. (Teulet, /. c.)

[juin 1S48] M. DE SELVE 391

dict Berteville dict qu'ilz tiennent icy pour certain que le gouverneur d'Escosse a mictz entre les mains de voz gentz et le chasteau et la ville de Lislebourg et qu'il a donné sy bon ordre aulx vivres qu'ilz n'en ont nulle faulte. Quant aulx dessaings de monsieur le protecteur, il dict qu'ilz Pian de ne sont aultres pour cest esté que de garder et deffendre ses placez for- ^Jluf»"* tes et ennuyer voz gentz le plus qu'il pourra et que pour ce faire il envoyé audict pays d'Escosse jusques à VI^^ hommes de cheval, lesquelz avec VIII^ hommes de pied qu'il dict estre desjà prestes sur la frontyère et avoyr esté levez par milord Talebot conte de Schirosbery favoriseront lesdictes fortes places et nuyront à vostre armée en ce qu'ilz pouront sans se commettre à nul hasard de combattre. Bien dict que par mer l'armée du roi d'Angleterre laquelle il dict debvoyr sortyr de Porcemuth ung de cez prochains jours soubzlaconduiclede milord Clinthon ira sans poinct de faulte droict trouver la vostre en Escosse pour la combattre et que ladiele armée angloyse sera de XL groz navires de guerre K Et de luy il part ce dict il dans deux ou troys jours pour s'en aller à Adinghton avec quelques aultres cappitaines estrangers et aulcuns gentilshommes angloys. 11 m'a aussy faict dire, Sire, que les ambassadeurs qui ont esté dernièrement envoyés en Flandres vers la royne de Hongrie doibvent passer jusques à l'empereur avec lequel ceulx-cy mènent quelque practique de bien estroicte amytié ayant desjà obtenu de luy à ce qu'il dict . passaige pour troys rail allemantzqui se viennent embarquer en Zélande pour aller descendre à Neufchastel et Barrvich et de là marcher en Escosse ce que je ne puys croyre combien que l'on en face icy courir le bruict fort grand depuis llll ou V jours, et disent aulcuns qu'ils se doibvent embarquer à Lubec ou sur les confins du Dannemarch et sy ainsy estoyt qu'ils prinsent le chemin de Neufchastel ou Barrvich les navires sur lesquelz ils seroint s'allant monstrer sy prez de vostre armée qui est par delà ne me sembleroint paz estre sans danger de quoy à toutes adventures j'ay bien voulu mander quelque mot à vostre ambassadeur en Escosse *. Aussy me semble, Sire, y avoyr fort peu d'apparence que l'armée de mer de deçà soyt assez forte et assez grande pour entreprendre d'aller assaillyr la vostre jusqu'à la coste d'Escosse. Et m'est advis qu'il y a plus d'occasion d'estimer, sy ladicte armée angloyse sort bien tost comme l'on dict, qu'elle fera que ce soyt pour aller mectre des vivres et des geniz dans Bouloigne qui n'est guère bien garnye comme j'entendz et par mesme voye essayer s'il sera possible de ruiner vostre nouveau fort que pour faire aultre entreprinse. Et croyroys bien sy ceulx cy avoint des allemantz, ce que je ne pense paz, qu'ilz les employroint aussy tost ou

1. La flotte anglaise parvint un mois plus tard, le 27 juillet, dans le Firth of Forlh. [Calendar of St. P., Scotland, l. I, p. 92.)

2. Cette information est exacte. Le passage de mercenaires allemands en Ânglelerre se négociait avec sir Philip Hoby. {CaleTidar of St. P.. For. Ser., Edward VI, ' p. 25.) Selve confirme ce bruit dans ses dépêches du l" et du 5 juillet.

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plus de ce costé là que de celluy d'Escosse. De moy. Sire, je ne puis adjousler guère de foy aulx adverlissements dudict Berteville car je le voy icy plus caressé et favorisé qu'il ne fust uncques et depuis V ou VI jours luy a esté faict don d'une terre de sept ou huict G livres de rentes et sy ay sceu que depuys troys moys en ça luy a esté donne en argent content à diverses foys plus de XV cenlz escuz. Daventaîge Paget qui tient tousjours le premier lieu au maniement des affayres et quy ne se poys ^ ne prise paz sy peu qu'il preigne la poyne d'aller visitler quy le veult a oyr chez soy feust avant hyer soupper chez luy que tout le monde interpi ète icy à plus d'honneur et faveur que ledict Berteville ne aultre cslran; or ne a encores eu par deçà. Et puys je l'apperçoy sy publicquement et descouvertement parler à mon homme et l'envoyer quérir pour luy dire les choses qu'il me mande par luy et sy peu se donner de garde d'eslre veu que je ne sçauroys penser que une personne quy auruyt (ïuelque craincle d'eslre descouverte et en tumber en inconvénients en voulsist ainsy user mesmemcnt en pays où les gentz sont sy souspessonneux et deffyanls des estrangers comme ilz sont icy qui me mect en quehïue double de sa foy et loyaultc.

« Sire, je vous ay dernièrement adverty que j'avoys entendu que Ton avoyt mictz monsieur de Carcez en prison en ceste ville et depuis m'a esié confirmé de divers endroits pour chose certaine que c'est advertissement est vray et qu*il esl dans la grosse Tour de ceste ville assez mal Iraicté et mesmes que milord Grey l'a cuydé faire pendre pour ce qu'il s'estoyt voulu saulver et avoyt esté reprins en s'en fuyant vers Dombarre, de quoy, Sire, je n'ay voulu faillyr de vous donner advis n'ayant osé tenyr aulcun propoz là dessuz à monsieur le protecteur avant qu'avoyr entendu vostre bon plaisir.

« Sire, etc. »

« De Londres y du xxvit juing i 548. » Vol. 7, fo 279, copie du xvi* siècle, 4 p. 3/4 in-f».

SELVE AU CONNÉTABLE

416. — Londres^ 27 juin. — « Monseigneur, vous entendrez pa mon aultre lettre ce qui est survenu depuys la dernière depesche que je vous ay faicte du XXIi® de ce moys. Et ne me reste chose que je y puisse adjouster sinon que depuis peu de jours il y a icy quelques allemantz que l'on dict estre ambassadeurs envoyés par les principalles villes des austrelins pour dcffendre et maintenyr envers ce roy les antiens privilèges qu'ilz ont ce royaulme touchant le faict et traflicq de leurs marchandizes lesquelz on leur veult à présent osier ou à tout le moins grandement diminuer. Je ne veulx aussy oublier, Monseigneur, de vous adviser que j'ay faict sondder et tanter de loing quelle voulenté Nicolas

Nebet auroyt de se retyrer en France qui luy donneroyt beaulcoup mieulx qu'il n'a par deçà sans luy faire déclairer pour le commencement que cela vint de moy. Et a esté sa response qu'il ne sçavoyt homme sy meschant ne malheureux qui se voulsist retyrer audict pays de France pour quelque bien qu'on luy sceust faire s'il avoyt quelque congnoissance de Dieu et de l'évangille qui est bien- le langaige d'ung aussy homme de bien comme j'ay tousjours tenu et estimé ledict Nebet envers lequel je ne laisseray encorcs d'employer tous les moyens par lesquels je penseray le pouvoyr converlyr croyant toutes foys certainement que l'on y perdra le temps. Quant à Cornille, orfebvre flament, j'ay entendu en m'en enquérant qu'il y en a eu icy deux de ce mesme nom et nation dont l'ung qui esloyt assez vieulx et avoyt estât du roy d'Angleterre est mort depuis quelque temps et l'aultre qui soulloyt eslre serviteur de cestuy là et est pareillement à ceste heure en Testât dudict roy d'Angleterre est pour le présent à Anvers dont Ton ne sçayt quand il reviendra, vous asseurant, Monseigneur, qu'aussy tost qu'il en sera de retour je ne fauldray de me mectre en mon debvoyr de le persuader à passer delà. Ce que je pense qu'à poyne vouldra il faire, car j'entendz qu'il est icy bien iraicté et aymé et qui piz est qu'il n'est paz moins entaché des nouvelles oppinions quy courent par deçà que celiuy dont je vous ay parlé cy dessus. « Monseigneur, etc.. »

« De Londres y ce xxvii' juing i 548. »

Vol. 7, f° 281 v°, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/4 in-P.

SBLVE A M. DE LA ROCUEPOT.

417. — Londres, 27 juin. — Selve avertit M. de la Rochepot du bruit de l'arrivée des 3000 allemands destinés, dit-on, à l'Ecosse, mais qui pourraient débarquer à Boulogne; du bruit de la sortie de 30 ou 10 navires de la flotte anglaise de Portsmouth, sous le même prétexte et peut-être dans le même but.

« De Londres^ ce xxvii* juing i 548, »

Il prie M. de la Rochepot d'avertir l'amiral des préparatifs maritimes, se réservant de lui écrire quand il sera mieux informé.

Vol. 7, P 282, copie du xvi« siècle, 1 p. in-P.

SELVE A M. DE CHASTILLON

418. — Londres, 27 juin, — Selve avise M. de Chastillon dans les inémes termes que dans sa dépêche à M. de la Rochepot.

« De Londres, ce xxvii* juing i 548. »

[Vol. 7, f« 282, copie du xvi« siècle, 1 p. In-P.]

[JUIU.ET 1548]

Fortifications de Boulogne.

Limites

du

noulonnais.

Saisies de narires.

Guerre d'Éoosse.

SELVE AU CONNÉTABLE

419. — Londres^ i^^ juillet, — Le protecteur a mandé Selve la veille après dîner pour lui adresser plusieurs plaintes. En premier lieu, de ne recevoir aucune réponse relative au nouveau fort de Boulogne; secondement, de la saisie de trois navires anglais chargés de charbon et de l'incendie de deux autres en vue de Tynemouth; en troisième lieu, de ce que M. de Blérencourt eût fait de nouveau couper les foins de quelques prés auprès des boulevards de Balinghem et sur territoire anglais, malgré la convention récemment intervenue et par laquelle des commissaires devaient régler la question de propriété de ces terres; enfin, des actes de pillage commis sur des navires marchands anglais revenant de Portugal par un certain Olivier Fleury, de Rouen, se prétendant porteur de lettres de marque. Selve a répondu : qu'il attendait d'heure en heure la réponse du roi sur la nouvelle fortification de Boulogne; que le roi ferait justice des marins français auteurs du pillage de Tynemouth, s'il était prouvé qu'ils fussent dans leur tort; que les prés fauchés par ordre de M. de Blérencourt appartenaient à des sujets du roi de la comté de Guines, comme il avait déjà eu occasion de le déclarer au feu roi d'Angleterre, lequel en réalité n'avait pris aucune résolution d'envoyer des commissaires spéciaux ; enfin que cet Olivier Fleury dont il parlait avait luimême été pillé par les anglais à son retour de Terre-Neuve et avait vainement passé en instances tout l'hiver dernier.

Selve a ensuite demandé au protecteur un meilleur traitement pour M. de Garces, qui lui avait écrit une lettre qu'il envoie au roi. Mais il lui a été répondu que ce gentilhomme avait abusé de la liberté qui lui avait été accordée, pour s'évader de Haddington, et que d'ailleurs les prisonniers anglais étaient bien plus misérablement traités sur les galères du roi; en outre, que, depuis peu de jours, la reine d'Ecosse avait fait mettre sur les galères du roi deux ou trois soldats de Broughty-Craig pris à Dundee, « à cause de quoy il avoyt mandé à milord Grey envoyer vers ladicte dame et le gouverneur d'Escosse pour entendre d'eulx quelle guerre ilz estoint délibérés de faire et que sy l'on mectoyt lez prisonnyers angloys aulx gallaires il avoyt commandé audict milord Grey de faire pendre et estrangler tous ceulx qu'il prendroyt de quelque qualité qu'ails feussent et de faire faire criée et deffence aulx angloys de n'en saulver ne donner la vie à paz ung et que pource qu'il n'y avoyt poinct de gallaires par deçà il n'avoyt poinct d'aultre moyen de rendre la pareille. » A quoi Selve a répliqué que le fait, s'il était vrai, n'était que l'exercice d'un droit de représailles de la part du roi de France, « car dernièrement après la bataille l'on avoyt usé de grande cruaulté sur sezsubjectz, jusques à tuer des gentishommes d'estoffe de sens rassys et longtemps après les avoyr prins et retenuz prisonniers et leur avoyr donné la vye

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et que de mesmes avoyt encores faict milord Grey aulx espaignolz dernièrement prins avec ledict sieur de Carcez au chasteau d'Estre. » Ce que le protecteur a nié, « disant que la première occasion de cruaulté estoyt proceddée des escossoys au temps de la bataille et qu'aulx espaignolz d'Eistre jamais n'avoyt esté prommiclz la vie ne mesmes à tous les aultres lesquelz s*estoint venuz rendre à discrétion etjecterà genoulx ainsy que les angloys alloint h Tassault. »

« Sire, monsieur de Hontelay me manda hyer qu'il avoyt entendu siège que les escossoys avoint mictz entre les mains de voz gentz les places de HaddUMrton Lislebourg, Dombarre, Blacquenes, Dombertrand et Estreling*, et que dans ledict Dombarre estoyt monsieur de la Chappelle avec VIII" françoys et que ainsy qu'il y alloyt avec l'évesque de Dunquel ', frère du gouverneur, ceulx d'Adingthon avoint faict quelque saillye et y avoyt eu une petite escarmouche en laquelle estoyt demeuré ung gentilhomme escossoys nommé Hamilton et que des angloys y en estoyt demeuré bien XX ou XXV ', et que l'armée des escossoys en y comprenant voz gentz estoyt désjà assemblée en numbre de plus de XX mil hommes. Et pensoyt Ton que dez ceste heure elle deust estre devant Adingthon. Et depuis, Sire, j'ay sceu par l'ambassadeur de Venise qui parla hyer au protecteur incontinent après moy que ledict protecteur luy avoyt dict que par les dernières nouvelles qu'il avoyt euz d'Escosse l'on luy mandoyt que l'armée des escossoys estoyt partye de Lislebourg, pour venyr vers Adinglhon,le XXVI® du moys passé, lequel jour marchant en bataille avec l'artillerie elle avoyt faict VI milles de chemin et qu'il pensoyt que dès ceste heure elle debvoyt estre devant ladicte place *. Et quant à voz gallaires et navires qu'ilz estoint allez devant Brouticraig où lesdictes gallaires avoint mouillé l'ancre assez près sansy tyrer aultrement,ceque voyants les angloys et estimants qu'elles attendoint le reste de l'armée et cependant vouloint recongnoistre la place et considérer de quel costé ilz y feroint la batterye leur avoint tyré deux coups de canon qui avoint porté sy près desdictes gallaires qu'elles avoint soubdain levé l'ancre se retirant ung peu plus loing et lors avoint tyré plusieurs coups et après s'estoint retirés aulx navires en compaignie desquelz s'estoint de rechef approchéez et que c'estoyt le poinct sur lequel on luy avoyt faict sa

1. Edimbourg, Dunbar, Blackness, Dumlmrlon, Stirling. Par sa dépêche du 24 juin au duc d'Aumale, M. d'Oysel annonçait la remise de Dunbar par le gouverneur et la livraison prochaine de Blackness (comte de Linlilhgow). (Teulet, Helalioiis poli» tiques de la France et de VEspagne avec V Ecosse au xvic siècle, t. I, p. 169.)

2. John Hamilton, fils naturel de James Hamilton, premier comte d'Arran, évèque de Dunkeld (1544), puis archevêque do Saint-André (1546), garde des sceaux (1543), alors tré-orier d'Ecosse (1546).

3. Récit dans la dépêche de M. de la Chapelle au duc d'Aumale, du 25 juin (Teulet, /. c, p. 176), et de Grey au protecteur, du 23. (Calmdar ofSt. P., Scotland, p. 88.)

4. Le départ de l'armée devait avoir lieu le 27. (M. de la Chapelle au duc d'Aumale, Teulet, /. c.) Elle fut réunie devant Haddinglon le 30. (François de Coligny, seigneur d'Andelot, au duc d'Aumale, 5 juillet. (/6ic/., p. 178.)

depesche depuis laquelle il ne sçavoyt ce quy seroyt succédé *. Au surplus, Sire, hyer partirent d'icy en poste Berteville et plusieurs aultres cappitaines et gentishomines tant estrangers que angloys pour s* aller mectre dans Adingthon s'il leur est possible d'y entrer qui est une place que ceulx cy estiment sy forte et de telle importance qu'ilz sont délibérés de la secourir de la meilleure puissance qu'ilz pourront mettre suz et de gentz de pied et de gentz de cheval faisantz à ceste fm toute la plus grande diligence qu*ilz peuvent mesmement sur les marches du North où les contes de Shyrosbery et de Darby ont levé et lèvent le plus de gentz qu'ils peuvent pour cest effect. Vray est qu^il ne se parle poinct d'envoyer par delà aultres chefz et gentz de nom que les dicts deux contes avec milord Grey sinon que la plus part des braves gentishommes angloys de cesle court y courent comme au feu espérantz qu'il y aura quelque rencontre et faict d'armes. Du costé de la mer ilz pressent et hastent leur appareil plus qu'ils n'ont point faict et se tient pour certain que sera prest dans peu jours pour aller secourir Brouticraig et rencontrer vostre armée de mer, mais il ne se peust entendre quel numbre de genls de guerre ils mectent dans leurs navires, et pour essayer d'en avoyr quelque lumière j'ay envoyé ung homme exprès à Porcemuth que j'attendz demain ou après demain. Et de ce qui se veoyt icy l'on y veoyt enlever et prendre bon gré mal gré tous les mariniers qui se trouvent qui monstre ou qu'il y en a grande faulte ou que Ton en employé beaulcoup. Des allemantz il se continue et dict plus que jamays qu'il en vient bon numbre par mer comme je vous ay mandé et disent aulcuns troys mil et aultres six mil et qu'ilz vont descendre en la frontyère de ce royaulme vers Ecosse *. »

Tandis qu'il écrivait cette lettre, le protecteur a envoyé le secrétaire du conseil Honning ^ pour dire qu'il offrait de faire surseoir à l'ouvrage anglais du môle si le roi de son côté faisait démolir son nouveau fort de la pointe de Boulogne. Selve, en faisant des réserves sur l'inégalité de l'offre, a promis d'avertir le roy.

a De Londres^ ce i^^ juillet i54S, »

Honning est revenu le voir dans la soirée pour dire que le protecteur ne demandait pas la démolition des constructions actuelles du nouveau fort, mais seulement leur arrêt. Le protecteur écrit en ces termes à l'ambassadeur d'Angleterre en France et a montré à Honning la minute de la dépèche. On vient également d'avertir Selve que ■c'est décidément pour Boulogne que la flotte anglaise se prépare à appareiller; il en avertit MM. de la Rochepot et de Ghastillon.

1. Détails sur la reconnaissance oiTensive des galères de France devant Broughty- Craig, relatée par Selve le 25 juin.

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