‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 184 sur 201 · Samedi 28 ou dimanche 29 juillet · texte numérisé non relu

Samedi 28 ou dimanche 29 juillet

Marie Sluart en Franco.

[juillet 1548] M. DE SELVE 419

royauirae sont coUizés à faire et esquipper certain numbre de gentz de cheval et entre aultres m'a Ton dict que Tarcevesque de Cantorbery en faiet vingt et le chancellyer d'Angleterre dix et que nul de ceulx qui sont ung peu aysez n'en est exempt. Le bruict est aussy grand en céste Passage de dicte court que la petite royne d'Escosse est jà embarquée ou preste à embarquer par là part du Ouest pour passer delà *. Cez gentz continuent tousjours à se vanter qu'il leur vient des allemanlz et qu'il y a dix ou douze jours qu'ilz doibvent estre arrivez à Neufchastel. De quoyje vouluz avant hyer mectre en propoz ung gentilhomme de ceste court qui est homme d'estofle et de réputation parent du duc de Norfolch lequel estoyt venu disner avec moy : il m'asseura fort sur son honneur qu'il avoyt veu longtemps faire et dresser lestât pour le payment desdiets allemantz et que selon icelluy il y en debvoyt avoir III^ V^ mais qu'il ne pouvoyt croyre que celluy qui entreprenoyt de lez lever et conduyre quy est ung nommé Courpeny eust le crédict d'en lever tant car ce n'est comme il dict qu'ung baillif ou semblable officier de la ville de Hambourg en Allemagne. C'est, Sire, tout ce que je sçay de nouveau pour ceste heure. « Sire, etc.. »

« De Londres^ ce xxxi* juillet i 548, » Vol. 7, fo 31îi, copie du xvi» siècle, 1 p. i/4 in-fo.

SELVE AU CONNÉTABLE

450. — LondreSy Si juillet. — Le protecteur a envoyé la veille à Selve, par un secrétaire du conseil, une lettre de M. d'Andelot, que le capitaine Villaines, qui l'attendait depub dix ou onze jours, est allé immédiatement porter à M. de Chastilon.

« ... Présentement est revenu l'homme que j'avoys envoyé àPorcemuth ooerre et m'a rapporté y avoyr trouvé XXXlllI navires tous à hune et bonne partye en ayant troys tous preslz et bien esquippez en guerre et envyron deux mil mariniers qui peuvent aussy servir de gentz de guerre car il n'y a aulcuhs aultres là. Bien est vray que lesdicts navires ne sont fourniz de victuailles et ne s'en faict aulcune provision audictPorcemuth sinon pour le besoing que l'on en a au jour la journée et dict que les dicts navires sont prestz à faire voyle n'attendantz que le commandement du protecteur et qu'il ne se parle aulcunement du chemin qu'ilz doibvent prendre. Bien a ouy dire audict lieu que les XV ou XX navyres qui sont dernièrement partiz d'Arwich avec milord Clinthon pour aller vers le North sont plus allez pour garder et deffendre dez courses de noz gallayres et infestations de nostre armée de mer la coste de ce pays que

1. Marie Stuart demeura du 28 juillet au 7 août sur une des galères de France, à Tembouchure de la Clyde, avant de quitter défiaitivement la côte. (Dépêche de Selve du l**" août, ci-dessous, et Mignet, Histoire de Marie Stuart, t. I, p. 34.)

d'Ecosse.

en

pour faire aulcune entreprinse sur nostre dicte armée. Voylà, Monseigneur, ce qu'il m'a rapporté dudict Porcemuth et selon cela semble que cez seigneurs soint en incertitude s'ilz doibvent remuer de la part du South et du Ouest pour venyr au North les XXXIII navires dessusdicts et Pa««fce de pourroyt bien eslre pour ce qu'ilz ont entendu que la royne d'Escosse *"Franoa!^ doybt passer en France par ledict costé du Ouest car sans ceste occasion je ne sçay qui lez pourroyt avoyr meuz de faire tant arrester là lesdicts navires veu qu'ilz sont prestz et que leur délibération estoyt de leur faire suyvre lez aultres vers le North ainsy que j'ay toujours esté adverty et comme il est vraysemblable par le préparatif des victuailles jà faict à Arwich et Ipswich comme je vous ay dernièrement mandé du XXVI* de ce moys et qu'à Porcemuth n*y en a aulcune provision pour fournir lez navires joinct qu'il semble peu vraysemblable que Ton ayt envoyé milord Clinthon vice-admiral avec tant seulement XV ou XX navires du costé où est la force de nostre armée de mer, qui me garde de croyre que lesdicts XXXIIII navires soint pour prendre le chemin du Ouest par lequel quand ladicle dame passeroyt j'estime qu'elle seroyt tellement accompaignée que ladicte force seroyt foyble pour luy empescher son voyage. Sabmedy dernier XXVIII» de ce moys partirent pour aller en Escosse lez gentz de cheval faictz et levez en ceste ville quy ne sont pas guères plus de deux C L ou environ et sont soubz la conduite d'ung nommé le capitaine Grenade quy est natif flament et aultresfoys a esté à feu monsieur le mareschal de Montegen *. Qui est, Monseigneur, tout ce que j'ay à vous mander pour le présent sinon que les angloys magnifient toujours leur fort d'Adinglhon et le disent imprenable et que noz gentz n'y feront rien. »

« De Londres^ ce xxxi^ juillet i 548, »

« Monseigneur, quelcun me vient de dire que le protecteur n'ira poinct en Escosse et que l'argument et fundement que l'on a en dire qu'il irovl a esté prias de quelques acoustrementz de livrée qu'il faict icy faire pour aulcuns de sa famille qu'il y envoyra bien en ordre s'estant voulu cottizer à faire certain numbre de gentz de cheval tout ainsy comme lez aultres affin que personne ne parlast de s'en exempter. »

Vol. 7, fo 31 îi vo, copie du xvi" siècle, 2 p. i/2 in-£<».

SELVE A M. DE LA ROCHEPOT

451. — Londres^ 3 i juillet, — Selve vient de recevoir par son homme la lettre de M. de la Hochepot en date du 27 et lui fait part du départ de la flotte anglaise de Harwich.

« De Londres, ce xxxi* juillet 1548. » 1. René de Montejan, maréchal de France en 1538, mort la même année.

[août 1S48] M. DE SELYE 421

Selve prie M. de la Rochepot de communiquer cette dépêche à M. de Chastillon, auquel il n'écrit pas de lettre spéciale.

Vol. 7, fo 3i6 V», copie du xvi» siècle, 3/4 p. in-f».

SBLVE AU ROI.

452. — Londres^ /•" août. — Selve a reçu la dépêche du roi en date du siège de 24 juillet, et, pour s'y conformer, enverra désormais au conseil privé du h^^^**»*^"roi, à Màcon, le duplicata de ses dépêches au roi. « Depuis deux jours est venu d'Escosse ung des gentz du conte de Hontelay, qui dict que le XXVl"' du passé il estoit encores au camp des escossoys et de voz gentz devant Hadington et que s'ilz vouloint faire effort ilz ne mectroint guères à prendre la place ce qu'ilz ne se veulent essayer de faire pour éviter la perte des bons hommes de guerre desquelz ilz espoirent avoir besoing et tyrer plus de service s'il advient que les angloys leur voisent courir sus avec armée comme s'estime qu'ilz feront, car de la routte ou empeschement quy seront donnez à ladicte armée anglaise ilz estiment que despend non seulement le gaing de ladicte place d'Adington, mais tout aultre bien et seureté des affaires de delà. Quant à la deffaicte des gentz de cheval angloys, de laquelle, Sire, je vous ay donné advis par mes depesches des XXIII et XX1III« du passé, il confirme qu'elle a esté grande et qu'il y a eu grand nombre d'angloys morlz et de prisonniers bien mil ou XII^ avec très petite et quasi nulle perte des vostres ny des escossois. De vostre armée de mer. Sire, il n'en dict aullres nouvelles, Passage de sinon qu'il y a quatre gallaires qui sont passeez en la part du Ouest pour en^France' aller lever la petite royne d'Escosse à Dombertrand en compaignie de plusieurs navyres bien esquippez tant des vostres que de ceulx de ladicte dame laquelle se debvoit embarquer dans le XXVIll*' du passé pour aller en France accompaignée de madame de Flamin *,du seigneur d'Asquin et plusieurs aultres seigneurs et dames dudict pays, et que la royne sa mère desiroit fort la conduire elle mesmes, mais que monsieur le gouverneur d'Escosse n'étoit aulcunement de cest advis en sorte que ladicte dame n'estoit par encores bien résolue si elle feroit le voyage ou non. Il dict aussi, Sire, que voz gentz fortiffîent le Petit Leich et ung aultre port prochain d'Adington. Je me suis voulu enquérir s'il avoit rien sccu des forces que les angloys ont sur la frontière, mais il dict qu'il n'y a pas plus de dix ou XII^ hommes à Barwich et autour, et en s'en revenant dict avoir trouvé à Neufchastel l'armée de mer angloyse en toute laquelle n'y a poinct comme il dict IIII" navyres dont la plus part ne sont que navyres victuaillers. Et de moy je ne me puis persuader qu'il n'y en aye beaulcoup moins veu les advertissemenls que j'en ay euz et vous ay mandés ordinairement de Porcemuth et de Arwich qui sont les

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