AOUT
lieux où les naVyres de guerre ont esté armez et équippez. Au surplus, Sire, il m'est venu nouvelles d*ung de ceulx que j'ay envoyés vers la frontière d'Escosse, lesquelles ne sont aultres sinon que de la susdicle deffaicte des gentz de cheval angloys de laquelle il dict que le deuil a esté fort grand à Barwich, et que milord Grey faict tout ce qu'il peust pour retyrer soubdain quelque nombre de gentz de cheval dont il a grande faulte, mais que ceulx quy luy viennent sont gentz neufz prins à la haste et ramassez de toutes pièces, le plus mal montés et équippez qu'il est possible, là où ceulx qu'il a perdus estoint les plus aguerris et les myeulx montés et armez qu'ilz eussent en ce royaulrae : de gentz de pied il dict qu'il en vient tous les jours audict milord Grey et qu'il se dict là que devant la my aoust il y aura XXX^ hommes de pied angloys et bon nombre de gentz de cheval qui iront lever le siège d'Adington. Des aliemantz dont ceulx cy se sont tant vantez il dict qu'il n'y en a là aulcunes combien que Ton y face long temps a courrir le bruict qu'il y en doibt arryver. »
Quant à l'aiïaire de la canonnade de Boulogne, Selve a représenté au protecteur, d'après la lettre de M. de la Rochepot en date du 27, « que c'estoint les angloys qui avoint lyre troys coups de canon en voslre dicl fort sans nul propoz ny occasion, sinon que voz gentz avoint faict tirer à un blocq de boys quy est dans la mer pour essayer la portée d'aulcunes pièces d'artillerye de vostre dict fort. » Le protecteur alors, après avoir déclaré que le fait lui était attesté par lettre de Brydges et de tout le conseil de Boulogne, a remis le premier l'entretien sur la fortiûcation du môle, disant que si Palmer et Brydges y avaient récemment mis de l'artillerie et des gens de pied, c'élait que les gens du roi faisaient de continuelles entreprises contre cet ouvrage et y avaient même tué quelques anglais. Le protecteur, somme toute, serait favorable à la nomination de commissaires de part et d'autre chargés de régler ce litige.
« De Londres, le premier aoust iô48, »
Vol. 8, fo 3, copie du xvi« siècle, 3 p. 3/4 in-f».
SELVE AU CONNÉTABLE
453. — Londres f /" août. — Selve s'en réfère à sa dépêche au roi et accuse réception au connétable de la dépêche de celui-ci datée du 23 juillet.
« De Londres f [le premier aoust id48 ».]
Vol. 8, P A v°, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».
[AOUT 1548] M. DE SELYE 423
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI *
454. — Londres^ i" août. — Lettre d'envoi du duplicata de la pré- conreeponsenle dépêche de Selve au roi. 4î^'\^c
« De Londres^ [le premier aoust i 548 ».] J? 9^°*®*^
Vol. 8, P b, copie du xvi« siècle, !/2 p. in-fo.
SELVE A H. DE LA ROCHEPOT
455. — LondreSy /" août. — Selve a reçu le paquet de dépêches du roi avec la dépêche de M. de la Rochepot en date du 30 juillet : il remercie celui-ci d'avoir pris soin de sa vaisselle d'argent.
11 lui rend compte de son entretien avec le prolecteur sur la canonnade de Boulogne et la fortification du môle, en mêmes termes que dans sa dépèche au roi. Selon le désir de M. de la Rochepot, il lui fait savoir le salaire de ses courriers, qui est de douze écus pour l'aller et retour, tout compris, bien que les courriers qui ont été envoyés à Selve par les postes de Montreuil ou de Neufchàtel se soient fait payer double en alléguant qu'il en avait toujours été ainsi. Outre le présent paquet à l'adresse du connétable, Selve en joint h, sa dépêche un second, à l'adresse du Conseil privé du roi à Mâcon.
« De Londres^ [le premier aoust 1548. »]
Vol. 8, fo li, copie du xvi« siècle, 2 p. 3/4 in-fo.
SELVE AU ROI
456. — Londres^ /" août. — « Sire, j'ay cejourd'hui veu par lettre Guane escripte à Barrvich le XXI' du passé comme milord Clinthon chef de ^'^ l'armée de mer angloyse estoit arrivé là ledict jour pour délibérer avec milord Grey et les aultres cappitaines de ce qu'il avoit à faire ayant laissé ladicte armée en une isle près de Neufchastel ' et que le mesme jour deux de voz gallaires avoint esté descouverles en mer dudict lyeu de Barrvich lesquelles pouvoint bien avoir esté venez et apperçuez d'icelle armée angloise car elles tenoint le chemin vers l'isle susdicte et Neufchastel et que l'on estimoit audict Barrvich que vostre armée de mer ne debvoit pas être loing après lesdistes deux gallaires. Et en ceste lettre, Sire, y a une addition du landemain quy estoit le XXll® portant ces paroles : « ce matin à bonne heure nous avons apperceu toute
1. Celte correspondance dure du !«' août au 7 septembre. EUc coïncide avec le voyage que Henri II faisait alors en Italie.
2. Holy-Island, entre Newcastle et Berwick. (John Brend au protecteur, Berwick, 30 juillet. Calendar of St, P., Scotland, t. I, p. 39.)
nostre armée faisant voyle vers nous. » El est celluy quy escripl ladicte lettre ung cappitaine estant à Barrvich au service du roy d'Angleterre de quy j'ay veu plusieurs advertissementz véritables. Etescript en outre, Sire, que voz gentz sont tousjours au siège d'Adingthon mais avoint remué leur camp pour Tassiéger par le costé de deçà selon qu'il se disoit audict Barrvich auquel lyeu il arrivoit tous les jours grand numbre de gentz de guerre angloys mais gentz de maulvaise qualité et mal en poinct et qu'il se doubtoit que s'il falloit venir au combat avec telle trouppe qu'elle auroit le désadvantaige quelque grande qu'elle feust par faulle de deux choses des principalles et plus nécessaires pour une bataille quy esloit cavallerje et bonne harquebouzerye desquelles il luy sembloit que ladicte armée angloyse se trouveroit très mal pourveue. Voylà, Sire, le contenu de ladicte lettre laquelle ne faict aulcune mention qu'il soit arryvé par delà allemanlz,loutesfoys hyerj'entendîz que ung homme venant de ce quartier avoit dict que pour certain il en estoit arrivé IIII ou V^ à Neufchastel et qu'il les avoit veuz samedy dernier quy estoit le XXVIII" du passé. De quoy j'ay depuis essayé de vouloir faire quelque vérification, mais ne m'a esté possible d'en sçavoîr pour encores auUre certitude, sinon que j'ay sceu pour vray que ung secrétaire de ce roy asseura hyer à ung personnaige d'estoffe avoir lettres de l'arrivée desdicts allemantz et qu'ilz sont troys mil, dont j'espoire dans peu de jours avoir certaines nouvelles par ung homme que j'attendz de là. Quant aulx navyres qui estoint à Porcemuth, Sire, j'entendz qu'ilz n'en sont encores partys et suis en fantazie d'envoyer de rechef sur le lieu pour voir et entendre ce qu'ilz délibèrent de faire. Quy est, Sire, ce que je vous puis mander pour ceste heure, sinon que quelcun m'a adverty que ceulx cy lèvent en grande diligence et fort secrettement six mil hommes pour envoyer delà la mer sans me dire en quel pays se faict ceste levée et de quelles gentz, par quoy je y trouve peu d'apparence de vérité, et quand ainsy seroit ce ne sçauroint estre que pabantz ramassez et gentz de peu de compte et croiroys que cela fust plus tost pour renforcer les garnisons des places fortes de delà que pour aulcune entreprinse, car les affaires d'Escosse pressent tant en ce pays pour ceste heure qu'il ne semble pas que l'on aye par deçà ne cueur ne puissance ne temps de tourner la veue ailleurs. « Sire, etc.. »
« De Londres^ le ni* aoust i ô4S. »
Vol. 8, fo 6 V», copie du xvi« siècle, 2 p. 1/4 in-P.
SELVE AU CONNÉTABLE
457. — Londres, 3 août. — Selve s'en réfère à sa présente dépèche au roi.
« De Londres, le ///• aousl [1 548], » Vol. 8, P 7 v<>, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».
[août 1548] M. DE SELVE 425
SELYB AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
458. — Londres^ 3 août. — Lettre d*envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi.
« De LondreSy [le ///• aoust 1548.]»
Vol. 8, fo 8, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-fo.
SELYB A M. DE LA ROCHEPOT
459. — Londres, 3 août. — Selve envoie à M. de la Rochepot les paquets à Tadresse du connétable et du conseil privé du roi à Màcon. Il ravise de la levée secrète de 6000 hommes qu'il a signalée au roi.
« De Londres, [le w aoust i 548], »
Vol. 8, P 8, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f».
SBLVK AU ROr.
460. — Londres, 9 août. — Selve a été la veille trouver le protecteur
à Shyness pour lui faire diverses plaintes, notamment « d'ung gen- de navires, tilhomme que monsieur de Ghastillon avoit icy envoyé que maistre Bregis a faict arrester prisonnier à Bouloigne ainsi qu'il s'en retournoit, uons de et aussy d'ung navyre de XXV ou XXVI tonneaulx chargé de vin que ^"^op»®ung marchant de Dieppe menoit en vostre fort lequel a esté prins par les angloys et de quatre aullres dont les troys sont navyres à troys hunes qui ont esté prins et retenuz à Douvres, et pareillement de troys ou quatre marchantz voz suhjectz que milord Goban debitis de Calais a arrestez audict lieu prisonniers, et d'ung fifre tué par les angloys à Bouloigne par lequel monsieur de Ghastillon avoit envoyé une lettre à mabtre Bregis. » Le protecteur n'a répondu qu'en alléguant d'autres griefs : la canonnade dirigée contre le môle de Boulogne et l'assaut qui y avait été donné par 40 cavaliers et 700 à 800 hommes de pied; l'agression de M. de Blérencourt sur les terres du roi d'Angleterre et le massacre de plusieurs sujets anglais occupés à la moisson; les torts journellement faits aux marchands anglais en France; l'incendie d'un navire anglais brûlé par la flotte du roi à moins d'un mille et demi de Berwick et la réponse de Strozzi aux plaintes qui en ont été faites : « Qu'encores que la paix fust entre Voz deux Magestés toutesfoys que la guerre estoit entre les escossois et angloys et que luy et ses gentz estoint escossois; » enfin les secours en vivres et munitions que portaient aux écossais les navires français saisis à Douvres et dont Selve venait de se plaindre. La discussion a repris sur l'affaire de la canonnade du môle, le protecteur montrant à Selve deux lettres de MM. de Ghastillon et de
la Rochepot à Brydges [en date du 1" août] et des lettres en anglais de Brydges, qui continue à affirmer que les français ont tiré les premiers coups, Selve soutenant le contraire d'après ce que M. de Chastillon lui a écrit et répétant que les travaux continuent toujours pendant le débat, « de sorte que quy ne Tempescheroit à présent il n'y auroit guères bon remède quand elle seroit faicle ». Quant au prétendu tort apporté aux marchands anglais, ce n'était rien, a dit Selve, comparé aux perles subies par les français, thème qu'il a assez longuement développé. « Et là dessuz », conclut Selve, « a appelle ung secrétaire auquel il a commandé des lettres aulx debilis de Calais et gouverneur de Bouloigne^ et au regard du gentilhomme de mondict seigneur de Chastillon m*a asseuré qu'il l'avoit dès ceste heure faict délivrer, et quant au meurtre du fifre qu'il n'en avoit jamais rien sceu ne entendu et qu'il le Irouvoit bien maulvaiz; et que... il avoit escript à maistre Bregis d'offrir de faire cesser l'ouvrage du môle en ung certain endroict que voz gentz prétendent estre et servir de flanc le long de la muraille jusques à ce que l'on eust envoyé commissaires sur les lieux d'une part et d'aullre pour vuyder si c'est fortiffication ou non, faisant néanlmoins ce pendent tousjours continuer le reste de l'ouvraige dudict mole, et si voz gentz ne se vouUoint contenter de cela qu'il avoit commandé que l'on feist le myeulx qu'on pourroit pour se deffendre s'ilz assailloint, et qu'après cest offre quand la guerre surviendroit il pouvoit clairement monstrer et justiffier à tout le monde qu'elle ne seroit point advenue par sa faulte. » Guerre « Sire, dcpuis hyer au soir que je revins de Schines quelques ungs d'ÉooMc. m'ont dict dos nouvelles que je vouldrois qui feussent vtayes, qui sont que vostre armée de mer a bien battu celle d'Angleterre du costé du North et colla au fond un grant navire nommé la Pensée quy est ung des plus beaulx de deçà et prins et fort blecé aulcuns aultres vaisseaulx et entre aullre la Gallaire d'Angleterre que l'on dict estre revenue toute rompue en ung certain port de ce royaulme pour estre rabillée. Ausquelles nouvelles encores que je trouve quelque apparence pour ce que lesdictes deux armées à ce tjue j'entends estoint dès ces jours passez bien près l'une de l'aultre et qu'il a fait en ce pays fort beau et doulx temps pour voz gallaires, toutesfoys, Sire, je ne vous en puis rien mander de seur. Je suis aussy adverty que les navyres quy sont à Porcemulh sortent au premier jour et que milord Guillaume en est le chef. Je ne sçay, Sire, où ilz pourroint aller et attendray nouvelles d'ung homme que j'ay là, mais il ne me semble pas croyable que s'y c'estoit pour les envoyer du costé du North se joindre à l'armée angloise de laquelle est chef milord Clinton que ledict milord Guillaume qui a durant les dernières guerres esté chef en la mer voulsist accepter ceste charge pour aller soubz l'aultre. Sy est-ce. Sire, qu'il se dict que lesdictes deux forces se doibvent joindre ensemble pour ce que ce quy est pour le présent audict pays du North est ung peu foible. D'Adington je n'en ay aultres
nouvelles sinon qu'il est tousjours assiégé et que les angloys font compte avant la fin de ce moys avoir une bonne et grosse armée preste pour lever ledict siège. Au surplus, Sire, Tambassadeur de Tempereur, combien qu'il se fust logé aulx champs depuis cest esté en une maison où il se plaist bien, a faict demander logis près Hamptoncourt ou est le roy d'Angleterre, et dict communément que c'est pour passer le temps aulx champs et prendre l'air, toutesfoys a dict à quelcun de quy il est ung peu privé que c'est pour quelques affaires de particuliers et entre aultres pour vuyder quelques différentz d'aulcun droict que une dame de Flandres nommée madame de Fyennes prétend et querelle tant audict Fyennes que à quelques aultres lieux du Boullenoys. »
« De Londres^ le iv* aoust 1548. »
Vol. 8, f° 7 vo, copie du xvi» siècle, 8 p. 1/4 in-P.
SBLYE AU CONNÉTABLE.
461. — Londres^ 9 août. — Selve avise le connétable qu'on Ta averti que les marchands français retenus à Calais par lord Cobham ont promis à certains marchands anglais de leur servir de prête-nom pour sauver les biens que ceux-ci possèdent en Bretagne : ces marchands français sont serviteurs ou facteurs d'un sieur Lestonnat S de Bordeaux, très lié avec plusieurs marchands anglais auxquels il a servi et sert encore de prête-nom pour les aider à faire venir des vins de France.
« De Londres j le ix* aoust i 548, »
Vol. 8, f<> !3, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f°.
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
462. — Londres, 9 août. — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi.
« De Londres, \le ix* aoust i 548], »
Vol. 8, fo 12 vo, copie du ivi® siècle, 1/2 p. in-P.
SELVE A H. de: LA ROCHEPOT.
463. — Londres, 9 août. — Selve a reçu Tavant-veille les dépêches de M. de la Rochepot en date du 3 et du 4 et lui envoie actuellement le paquet du roi, en le priant de communiquer à M. de Chastillon le dupUcata qu'il joint à cette dépêche. « Au regard d'Anthoine Gouaras, ce que j'en
1. Appelé plus loin Guillaume de Lestonnat. Sur son rôle dans les troubles -de Guyenne, voir ci-dessous, Selve au roi, 15 octobre.
sçay est que c*est ung espaignol quy auUresfoys a demeuré en France serviteur de Bernuy de Tholoze dont j'ay ouy dire qu'il s'absenta et rendist fuiclif il y a assez longtemps et ne sçay bonnement pourquoy : tant y a qu'il a esté icy demeurant durant les dernières guerres, je ne vous sçauroys dire sy c'estoit comme facteur dudict Bernuy ou aultrement... » Il lui rend compte des nouvelles de la guerre en mêmes termes que dans sa dépèche à M. de Chastillon.
« De Londres^ le ix* aoust 1 548. »
Vol. 8, f<» 13 v°, copie du xvi« siècle, 4 p. in-f<>.
SELVE A H. DE CUASTILLON.
464. — Londres, 9 août. — Selve a reçu les dépèches de M. Chastillon en date des 2, 4 et 5. Il envoie présentement à M. de la Rochepot, en le priant de le communiquer à M. de Chastillon, un duplicata du passage de sa présente dépèche au roi contenant le récit de son entretien avec le protecteur, qui Ta assuré que M. de Villaines avait dû être renvoyé. 11 rend compte à M. de la Rochepot des nouvelles de la guerre.
« De Londres, le ix^ aoust i 548. »
Vol. 8, fo 13 vo, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-fo.
SELVE AU ROI
Guerre 465. — Londres, 42 août. — « Sire, j'euz hyer nouvelles de Porcemuth d'ÉoMse. par ung homme que je y avois envoyé qui m'a rapporté y avoir trouvé encores les XXXIIII navyres qu'il y avoit veuz dernièrement desquelz sortent en mer les XVIII qu'il a veuz tous prestz ayantz là prins victuailles pour ung moy seulement, et se dict sur le lyeu que pour certain ilz viennent en ceste rivyère se joindre au Grant Henry et quelques aultres vaisseaulx quy s'apprestent en icelle affin d'aller tous ensemble trouver le reste de l'armée de deçà vers le North. Et dict que le nombre des gentz de guerre qu'il a trouvé audict Porcemuth pour fournir ces dix huict navyres est de WV- soldatz sans les mariniers. Vray est que tous les jours y en arrive davanlaige et encores en s'en revenant en a trouvé envyron deux cents qui y alloint. Le mesme jour d'hyer. Sire, me vint ung aultre homme que j'avois envoyé à Barrvich lequel dict avoir esté jusques dans Adinglon et y avoir demeuré le XXIX, XXX et XXXP du passé et que voz gentz et les escossois sont campés environ ung mil loing dudict lieu à raison de quoy les angloys trouvent par foys moyen d'y aller et envoyer encores que ce ne soit pas sans danger. Quant à la force que les angloys ont assemblée vers ce pays-là, dict qu'elle est d'environ quatre ou cinq mille hommes soubz la charge du conte de Schirosber\^ et presque aultant soubz la charge du conte d'Arby, lesquelz sont
campés en deux divers lyeux aa tour de Barrvich à environ ung mile ou deux près, et que dans ledict Barrvich est milord Grey quy peust avoir environ deux mil hommes de pied angloys et deux cenlz chevaulx. Vray est que à présent y a davantaige III^ aliemantz quy arrivèrent à Neufchastel le XXVIII*^ du passé et incontinent allèrent à Barrvich où ilz feirent monstre et receurent argent, dont les XV^ sont harquebouziers et le reste ont picques et halbardes, et sont venuz sur XIIII hourcques lesquelles sont de présent audict Neufchastel sans aulcunes gentz dedans fors les mariniers, et n*est poinct de bruict que Ton s'en veuille servir à la guerre. Il se dict aussy qu'il y a au tour dudict Barrvich grand nombre de chevaulx legiersquy sont genlz de là autour et des frontyères du North. Et est le bruict que Ton n'attent pour entrer dans le pays d*Escosse que les gentz de cheval que font les seigneurs et les villes de ce royaulme qui n'y sont encores arrivez combien qu'il y en aye là plusieurs par chemin. L'on dict là que milord Grey ne sera plus lieutenant de roy pour le mal contentement que Ton a de luy depuis la dernière perte que les angloys ont faicte de leur cavallerie en Escosse, et qu'il n'aura aultre charge que d'estre chef des gentz de cheval, et que le conte de Schirosbery sera lieutenant de roy * ; toutesfoys au camp dudict conte se dict communément qu'il n'est pas délibéré de faire ung pas que le prolecteur n'y soit pour luy commander et ordonner ce qu'il aura à faire affin que s'il succède mal l'on ne luy puisse rien imputer comme il se double que Ton auroil bonne envye de faire, et que c'est plus tost pour ceste fin et pour sa ruyne que le protecteur luy veult commeclre ceste charge que pour bien qu'il luy veuille. Il dict oullre, Sire, que l'armée de mer quy estoit à Barrvich n'estant pas au commencement de plus de XX ou XXII navyres s'est renforcée des huict navyres quy s'ensuivent, la Marie Amàrou, du port de IIII^ tonneaulx, le Saulveur^ de Londres, de 11^ tonneaulx, la barcque du protecteur, de cent cinquante tonneaulx, le Sacre^ de cent tonneaulx, le George^ de Neufchastel, de cent tonneaulx, le PhéniXy de LX tonneaulx, le Merland, de pareil port, et le Double Roz, de XXX tonneaulx ', desquelz navyres la' plus part des cappitaines sont pyrates, et pour ceste heure ladicle armée de mer angloise n'est pas de plus de XXVIII ou XXX navyres de guerre. Et le III* de ce moys parteist de Barrvich pour s'approcher de la vostre et alla moiller l'ancre en ung lyeu nommé Scater qui est environ V ou VI milles delà Barrvich et la
1. Depuis le 6 août, les dépêches d'Ecosse sont rédigées en commun au nom de lord Grey et de Francis Talbot, comte de Shrewsbury. {Calendar ofSt. P., Scoiland, t. I, pp. 93 et 8.)
2. On trouve sur les rôles de la marine anglaise d'août 1545 les navires suivants : la Marie de Hambourg (400 tx), le Sacre (60 tx), le Phénix (80 tx), the Marlion (60 tx), the Roo (100 tx), que leur tonnage ou leur nom peuvent servir à identifier avec une partie des navires cités par l'ambassadeur. La Galère d'Angleterre, la Grande-Maîtresse, de Londres, et le Grand-Henry ont été déjà souvent mentionnés par lui.
Gallaire d'Angleterre avec une galliace nommée la Maistresse allèrent plus avant en mer pour descouvrir et apperceurent deux de voz gallaires desquelles s'approchèrent sy près qu'avant qu'elles se peussent retyrer elles se trouvèrent parmy elles et cinq aultres quy y sur\'indrent tout à l'heure quy battirent si bien ladicte Gallaire et galliace nngloises que la Gallaire fust percée à fleur d'eaue en deux endroictz d*oultre en oultre et tous les remes d'ung costé luy furent emportez et douze hommes tués dedans et ladicte galliace feust aussy percée d'oultre en oultre en deux ou troys endroictz de sorte qu'à poiue se peurent elles saulver et ont bon besoing d'estre rabillécz. Qui est, Sire, tout ce que j'ay entendu des lieux dessus dicts ^ Et icy pour ceste heure, je n'ay ouy dire aultres nouvelles sinon que le Gisant Henry s'appreste en grande diligence et neuf ou dix aultres peiytz vaisseau Ix le long de ceste ryvière.
« Sire, etc.. »
« De Londres^ le xii* aoust 1548. »
Vol. 8, fo 44, copie du xvi« siècle, 3 p. \n-î^.
SELVE AU conhétable.
466. — Londres, i2 août. — Selve s'en réfère à sa présente dépèche au roi.
« De Londres [le xii* aoust i 548], »
Vol. 8, P 16, copie du xvi*^ siècle, 1/2 p. in-f*».
SELVE AU CONSEIL PIIIVÉ DU ROI
467. — Londres y i 2 août. — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi.
[« De Londres f le xii* aoust i 558. »] Vol. 8, fo 15 v*, copie du xvi» siècle, 1/2 p. in-fo.
SELVB A M. DE LA ROCUEPOT.
468. — Loy\dres, i2 août. — Selve prie M. de la Rochepot de faire tenir au roi la présente dépêche.
[« De Londres], le xii* aoust i 548. n Vol. 8, f» 16, copie du xvi» siècle, 1/4 p. in-P.
Forlifiea-
lion» de
Boulogne.
SELVE AU ROI
469. — [Stratham,] i9 août. — Selve a reçu l'avant-veille la dépêche du roi en date du 8 avec le double du mémoire pi*ésenté au roi par l*am*
1. Aucune mention de ce combat naval dans la correspondance de Grey et de Sbrcwsbury avec le protecteur. {Calendar of SL I\, Scotland, i. I, p. 93, 94.)
[août 1548] M. DE SELVE 431
bassadeur d'Angleterre. Il a été la veille trouver le protecteur à Syon et lui a fait réponse sur chacun des points dudit mémoire : il envoie au roi le mémoire écrit que le protecteur lui a demandé de lui remettre pour préciser les termes de cette réplique.
La discussion s'est continuée sur la question du môle. Selve objecta que, d'après les lettres mêmes de MM. de Chastillon et de la Rochepot, « certainement tout le mosle est fortiffication et non seulement ung certain endroict d'icelluy et que mesraes sur le devant il y avoit ung parapet de XII ou XV piedz de muraille. » Le protecteur soutint par contre « que ce qu'il avoit faict sur le devant dudict mosle n'estoit que pour le conserver et deffendre de l'impétuosité du flot de la mer et non pour aulcune manière de fortiffication » ; il s'est montré très mécontent de ce que les officiers anglais aient fait cesser tout Touvrage, et non pas seulement la partie qu'il leur avait donné ordre d'interrompre, disant que cet excès de concession élait directement contraire à ses ordres, « attendu mesmement qu'il leur avoit mandé Iroys manières par chascune desquelles ilz pouvoint continuer l'ouvrage dudict môle sans aulcun danger de ceulx quy y besoignent. » Revenaat ensuite aux forts du Mont-Chaslillon et du Jardin *, il a déclaré que les seules entreprises contraires au traité étaient celles du roi de France, accusant à ce propos M. de Chastillon d'avoir conseillé ces empiétements successifs. Des répliques se sont échangées sur l'importance et le but de ces fortifications, tant du môle que des forts.
Selve s'est ensuite plaint de la saisie des quatre navires marchands français à Douvres, et de l'arrêt des marchands français à Calais par le député de Calais, dans les termes où le roi le lui avait prescrit. Le protecteur a répondu que les navires saisis arrivaient d'Ecosse, ainsi que le prouvaient leurs chartes-parties, et que les trois marchands arrêtés étaient retenus en représailles de l'emprisonnement de trois anglais pris par les officiers du roi, « lesquelz angloys il dict estre des principaulx et plus riches de quelques villaiges d'autour Calaiz et les appelle fermiers. »
ce Sire, je ne sçay aultres nouvelles d'Escosse sinon que le prolecteur a gj^ j^ faict entendre aulx ambassadeurs par deçà que jeudy dernier XVII' de Haddington. ce moys milord Grey avec l'armée angloise debvoit entrer dans le pays d'Escosse pour aller rencontrer voz gentz et les escossoys devant Adington ' et dict qu'il y a eu quelque saillye de ceulx de dedans ladicte place où il y a eu envyron IIII" des vostres et la plus part allemanlz tuez et le lieutenant de monsieur d'Essey prins et des angloys y en a eu XII ou XV mortz. Par mer il dict que leur armée a brusié à l'entrée de
1. Le nouveau fort construit près de la pointe extrême du territoire français, dont Selve donne pour la première fois le nom. (Voir les dépêches du 9 juin et du 19 juillet).