Le laird de Farnihurst
rentrée de ladicte porte. Et vouloit ung cappitaine italien nommé Tyberio qui est dedans et dont Ton faict icy cas que l'on ouvrist la porte ce que toutes fois le gouverneur de la ville ne voulust, mais feist lyrer de ladicte arlilleryc tout au travers de la porte et feurent de ce seul coup bien tuez XLVIl de voz gentz lesquelz soubdain se retyrèrent et furent suivis des angloys en sorte que dans cesle Basse Court y en demeura en tout bien IIII" tuez la plus part de Tartillerye et environ vingt qui furent tuez dehors sur ladicte retraicte et que des angloys combien que la plus part feussent desarmez n*en demeura que huict et que n'cust esté que le lieu où voz gentz tournèrent ceste coulevrine qu'ilz avoint prinse alloit en montant de sorte que leurs coups passoint par dessus la ville et ne pouvoint donner dans la porte ilz feussent indubitablement entrez dedans la ville car ilz avoint fort saigement et hardiement conduict leur entreprinse et qu'à ceulx quy sont demeurez morlz de voz gentz l'on leur a chascun trouvé une corde au tour du bras senestre dont celluy qui escript au protecteur estime qu'ilz voulsissent Iv^er et garotter les angloys qu'ilz cuydoint prendre dedans la ville, mais ledicl Protecteur m'a dict qu'il ne le prenoit pas ainsy et qu'il croyoit que c'estoit pour s'entre ayder à monter sur le rempart avec les picques et armes qu'ilz avoint à la main droicte qui leur y pouvoint aussi servir. Daventaige dict que peu de jours avant ceste entreprinse y avoit eu une grande mutinerye entre voz gentz et les habitants de la ville de Lislebourg lesquelz estoint sortis aulx champs sur aulcuns des vostres qui sont logés dehors et estoint venus aulx mains de sorte qu'il y avoit eu bien quarante escossoys tuez et que l'on présume à ce qu'on luy mande, que voz gentz ayent faict ce dernier exploict sur Adington pour regaigncr la grâce desdicts escossois. Ledict protecteur m'a aussi monstre quelque extraict qu'il dict luy avoir esté envoyé de Romme d'une lettre par vous escripte à vostre ambassadeur contenante entre aultres nouvelles que la royne d'Escosse estoit arrivée en France et qu'il vous esloil venu ung gentilhomme de sa part qui vous avoit esté présenté par monseigneur de Guyse lequel vous avoit adverty pour certain que Adington estoyt prins par voz gentz. Oultre que vosdictes lettres escriptes à vostre ambassadeur conlenoint aultres adviz que milord Grey ayant assemblé quelques gentz pour cuyder recouvrer Adington avoyt perdu tout ce qu'il avoit avec luy et s'en estoyt fuy s'estant à point saulvé avec très peu de gentz et que du costé du Boulenois l'on avoit si bien chastié les angloys qu'ilz avoint faict cesser leurs fortifflcations et vous recherchoint de pacifier les dilTérentz de delà, me disant ledict protecteur qu^il ne peust croyre qu'estant en paix avec le roy son maistre vous avei voulu mander telles choses qui le touchent à voz ambassadeurs ne leur donner commission de les semer ny divulguer par l'Italie. »
Selve lui a répondu simplement que ces bruits pouvaient avoir été transmis par des facteurs et des marchands et avoir été recueillis par un
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émissaire qui pour faire valoir ses services pouvait attribuer ses informations à une dépêche venue de France. Enfin le protecteur s'est plaint d'une proclamation qu'il dit avoir été faite à Dieppe et portant autorisation aux sujets français de courir sus aux navires anglais. Ce dont Selve a déclaré n'avoir pas connaissance.
« De Stretham, le av octobre \'^ xlviii. »
Vol. 8, fo 54 v<*, copie du xvi« siècle, 14 p. in-P.
SELVE AU ROI
501. — Stratham, 18 octobre. — Selve vient d'être averti que le secrétaire de l'ambassadeur de Tempereur a remis au protecteur il y a quatre ou cinq jours l'autorisation définitive de l'empereur de lever cinq ou six cents cavaliers clé vois pour le roi d'Angleterre. Ce permis avait été refusé il y a quelque temps, et le refus notifié par l'ambassadeur de l'empereur trois ou quatre jours avant son départ pour les Flandres, l'empereur ne voulant pas mécontenter plusieurs seigneurs d'Allemagne qu'il savait fort affeclionnés au roi de France. Néanmoins les instances du protecteur Tont finalement emporté.
« Au surplus, Sire, l'on m'a aussy dict qu'il est passé d'icy en Flandres ung cappitaine espaignol nommé Alexandre lequel a charge de lever et conduire par deçà le meilleur numbre de gentz de pied qu'il pourra faire et entendz aussi que le protecteur a envoyé en Flandres pour recouvrer ou faire faire jusques au nombre de dix ou douze mil corselelz, mais ces deux choses je ne les ay pas de lieu si seur. Aussi suis commiMion adverty que cejourd'huy le docteur Semeith second secrétaire d'estat du d^Lw»^ roy d'Angleterre avec VI ou VII aultres ont commencé de se réduyre et retrouver ensemble pour faire la recherche des tiltres et enseignementz, concernanlz les droictz que ce roy prétend au royaulme d'Escosse. Je ne sçay, Sire, s'ilz me feront donner assignation ou adjournement pour me faire trouver à la collation des extraictz qu'ilz en veulent faire et si ainsy est desireroys bien avoir auparavant de Vostre Magesté la responce que vous vouldrez que je face. Tant y a, Sire, que si je ne la puisse avoir d'heure je suis déUbéré respondre que je ne suis icy que simple ministre et un exécuteur des mandementz de vostredicte Magesté... Quy est, Sire, tout ce que j'ay de nouveau à vous dire sinon que je ne veulx faillir de vous advertir d'ung tour qu'a faict comme j'entendz ung des soldats quy a esté dernièrement prins dans la gallaire nommée la Serine quy est que sur l'heure de la prinse de ladicte gallaire il tua ung prisonnier angloys qu'il avoit et depuis estant prisonnier en la garde d'ung angloys a encores tué ledict angloys, à raison de quoy il feust mené il y a deux ou troys jours devant monsieur le protecteur à sa maison de Syon et ainsy qu'on le remenoit aux presons de Londres par eaue dedans ung
fort petit bateau où il y avoit deux hommes bien embastonncz pour sa garde et luy estoit sans armes il trouva moyen de se saisyr d*uQg poignat de Tung d*eulx ou de quelque aultre dans Icdîct bateau et en donna en Testonmac de l'une desdicles gardes, et venant Taultre au secours luy en donna dans le ventre, et sur ce débat tourna le batteau sans dessus dessoubzct allèrent tous en l'eaue où il tua Tung d'eulx, et en cust aultaot faict de l'aultre n'eust esté qu'on venoit au secours et pour le prendre, ce que voyant se meict h nage tant qu'il gaigna terre où se trouvant de telle sorte environné qu'il ne pouvoit plus fuyr se donna soy mesmesdu poignart dans le corps et là dessus feust prins et mené en prison à Londres où Ton dict qu'il est blécé à mort comme aussy est Taultre de ses gardes quy est demeuré en vye. Je n'ay encores sceu le nom dudicl soldat sinon qu'aulcuns m*ont dict qu'il est gascon. »
« De Strctharn^ Iff xviii' octobre m p XLvrir. »
Vol. 8, f° 61 v°, copie du xvi« siècle, 3 p. in-P.
SELVË A M. DE LA ROCUBPOT.
Voyage du 502. — S(ralhat/iy I s octobre. — Selve avise sommairement M. de la «uHroôte! Hochepot des nouvelles d'Angleterre et d'Ecosse et de la « Gamisade » que les français ont donnée à Haddington le 9 octobre. Son courrier n'a pu, à cause de son état de maladie, aller trouver M. de la Rochepot à Hesdin. « Suivant vostre ad vis il n'a parlé de mon congé duquel je ne feray poursuitte jusques au retour de monsieur le connestable auquel je n ay poincl escript depuis son partement de la cour pour ce que lors il me manda qu'en son absence n'estoit besoing que je lui éscripveisàeà aultre qu'au roy ne que j'addressasse mes pacquetz ailleurs, au moyen de quoy depuis j'en ay lousjours ainsi usé. Aussy m'a gardé de luy escripre que je pense et ay tousjours pensé que les depesehes luy sont envoyées et communiquées. »
Il raconte à M. de la Rochepot l'aventure du soldat prisonnier dans les mêmes termes que dans sa dépêche au roi.
« De Slrelham, [le xviii' octobre m ^* XLyiu], »
SELVE AU ROI
503. — Stratham^ 19 octobre, — « Sire, depuis la dernière depesche que je vous ay faicte du jour d'hyer et tout présentement je viens d'entendre que la Gallaire d'Angleterre qui se desarmoit à Londres eust hyer commandement par ung courrier exprès de s*équipper et armera toute diligence et partir cejourd*huy pour s'aller rendre à Douvres ce qu'elle est preste de faire comme je suys adverty et làdoibt troaverce
[octobre 1548] M. DE SELYE 463
dict Ton vingt ou vingt cinq navyres et le prolecteur prest à passer en cest équippaige jusques à Calais où aulcuns disent qu'il va visiter les places fortes de delà et y donner ordre et aultres que c'est pour manier quelque chose de grande importance avec Tempereur. Aussi y en a quy disent que cedict équippaige n'est que pour aller donner sur voz pescheurs et encores, Sire, que toutes ces nouvelles n'ayent pas les aulheurs fort certains, si m'a il semblé qu'en la saison où l'on est et aulx termes où sont voz affaires du costé de deçà je ne vous doy laisser ignorer bruict ny nouvelles que je y puisse entendre, quy est la seulle cause, Sire, qui m'a veu de vous faire ceste depesche et recharge sur celle que je vous faicts hyer. »
« De Stretham^ lexix^ octobre [j/vaxv///]. » Vol. 8, f»» 64, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f°.
SELVE A H. DE LA HOCHEPOT
504. — Stratharriy i 9 octobre, — Selve avertit M. de la Rochepot du bruit du départ du protecteur pour le Boulonnais.
« De Stretham, [le A7a> octobre sf v xlviji], »
Vol. 8, f« 64, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f°.