Ibid., id
3. Appelé ailleurs Guillaume Lestonnat. (Selve au connétable, 9 août.)
le protecteur a fait à Selve la déclaration suivante, à savoir « qu'il avoit comraictz six personnages pour chercher et visiter les tîltres et renseignements des droicts et supériorité que le roy d'Angleterre a sur le royaume d'Escosse, non poinct par les hystoyrcs, mais par instruments autenlicques, et leur avoit donné charge de faire faire extraicts ou coppies qu'il feroit collationner aulx originaulx en ma présence et moy appelle pour après vous eslre envoyés et monstrez, lesquelz veuz et entenduz, si vous estes délibéré de persister au mariage de la royne d'Escosse avec mondict seigneur vostrc fils et favoriser et soustenir les escossois rebelles contre ledict rov son maistre, il est délibéré de ne l'endurer pas et vous faire déclarer qu'il s'essayera aussi de sa part à vous nuyre en ce qu'il pourra en aultres endroicts et de favoriser et soustenir les rebelles voz subjects comme vous faictes les siens, et qu'encores aura occupaUon il plus de raison d'aultant que ceulx de Guyenne ont esté aultres fois ses ïn Guycime. subjccts du temps quc les roys d'Angleterre tenoint le duché de Guyenne, et qu'il luy fâcheroit fort s'il en failloit venyr là et ayraeroit beaulcoup myeulx que tous différents fussent wydez par quelques bons et honnestes moyens, mais que s'il n'y avoit aultre remède ayant procédé et usé de la sorte qu'il a faict et est délibéré de faire il pourra ce luy semble justifier et devant Dieu et devant le monde que ladicte guerre ne sera poinct advenue par sa faulte. »
Selve a répondu qu'il transmettrait exactement ces propos au roi. Il a fait remarquer que si le roi d'Angleterre n'avouait pas la prise des navires marchands, il n'en retenait pas moins les équipages en prison. Il a refusé d'assister à l'examen des titres relatifs aux relations entre l'Angleterre et l'Ecosse avant d'en recevoir charge expresse du roi et a insisté sur la différence de la condition de la Guyenne envers la France et celle de PÉcosse vis-à-vis de l'Angleterre. Sur ce point s'est engagée une longue discussion relative à la loi Salique et au traité de Troyes.
Le protecteur a parlé ensuite de la révolte de Guyenne, que Selve lui a toujours présentée comme abattue. « Il m'a dict qu'il pouvoit bien estre, mais que de Flandres il avoit advertissements de tout le contraire, car d'ailleurs il n'en avoit poinct, et qu'audict Flandres se disoit qu'il y avoit parmictz eulx grand nombre de gentilzhommes et geniz d'estoffeet bien huict mil hommes fort bien en poinct et portans armes dorées et en tout pouvoint bien estre IIIF^ mil hommes et qu'ilz tenoint la \ille de Bourdeaulx et aultres bonnes villes de vostre royaulme et que vous n'aviez point encores de forces prestes suffisantes pour aller contre eulx et qu'il ne le pouvoit croyre et ainsi estoit très niarry. » Ce jour même, le comte de Huntley a mandé à Selve que vendredi dernier le protecteur lui a parlé de la rébellion, en faisant allusion aux embarras que le roi d'Angleterre déclarerait au roi « à bon escient avant qu'il feust ung moys ». Selve lui a fait simplement répondre que le protecteur était aa contraire très désireux de garder la paix. Le comte de Bothwell a obtenu
d'Ecosse.
[octobre 1848] M. DE SELVE 459
son autorisation de retour en Ecosse ; le comte de Huntley est d'avis que le roi ferait bien de lui écrire pour le maintenir dans les bonnes dispositions où il semble être, bien qu'on ne puisse s'y faire. Le seigneur de Maxwell, encore prisonnier à la Tour, doit être envoyé au premier jour sur la frontière, sous escorte et on ne sait à quelle fin.
« Aussi m'a mandé ledict seigneur de Hontelay que le prolecteur vou- Guerre loit faire ung fort à Mussilbourg qui est près Lislebourg * et est bruict que les navyres qui s'apprestent par deçà doivent aller à Brotincraig pour prendre Dondy * et le fortiffier et de là aller à la ville de Saint- Jehan ^ qui est sur le ryvière mesmes une assez belle et bonne ville. Oultre dict que le gouverneur et monsieur d'Essey avoint prins et mené à Lislebourg Iroys grandz seigneurs d'Escosse qu'on estimoit tenir le parly d'Angleterre desquelz les noms sont Cefl'ard *, Farnibrost®, Marcker, néanlmoins qu'on dict qu'ilz se sont faict prendre eulx mesmes et ne m'a poinct faict dire pourquoy, et de moy je n'en puis entendre la faincte ou finesse. Ledict conte de Honlelay qui m'a lant pressé de vous escripre de luy faire envoyer encores quelque vaisseau pour se saulver, comme. Sire, je vous ay mandé, m'a faict dire qu'il s'en va ung de ces jours à Yorck pour y attendre sa femme combien qu'il m'cust donné à entendre ces jours passez qu'il n'yroit poinct. Cela me faict doubler qu'il soit si ferme à la foy qu'il se dict. Oultre j'entends qu'il s'en va avec le prolecteur en tout ce voyage qu'il va faire pour la visite des places du roy d'Angleterre à Porcemuth, la Rye, Douvres et aultres lieux, et disent aulcuns que dudict Douvres icelluy protecteur passera delà pour voyr les fortz du Boulenois.
« Sire, monsieur le protecteur me dict hyer qu'il avoit eu lettres d'Escosse du IX° de ce moys par lesquelles l'on luy mandoit que la nuict précédente monsieur d'Essey et Ringrave avec voz gentz tant seulement avoint marché en grande diligence et fort secrettement vers Adington et si bien faict qu'ilz y estoint arrivez près de l'aube du jour et tué toutes les escoultes qui estoint dehors sans qu'on s'en apperceust ny donner aulcune alarme et soubdain après passèrent ung premier fossé et gaignèrent ung lieu qu'ilz appellent icy la Basse Court qui est au devant de la porte de la ville du costé de la rivyère et se saisirent d'une coulevrine chargée et dragée qu'ilz y trouvèrent et la tournèrent contre ladicte porte en laquelle assaillant ceulx de dedans quy eurent l'alarme y vindrent à la deffense la plus part tous desarmez et mirent quelques pièces d'artillerye par le dedans de la ville au droict et à la deffense de