‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 19 sur 201 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

charge de conseiller au grand conseil ^ Marié, à une époque que Ton ne saurait préciser, à Renée de Montmirail, dame de Souplainville ', fille d*Ëlienne de Montmiraii, conseiller au parlement de Paris, et de Marie Roger, il exerçait les fonctions de sa charge au grand conseil, qui, depuis la réorganisation de 1497, possédait les attributions judiciaires jusqu'alors dévolues au conseil du roi, lorsqu'en 1546 François V l'appela à la charge d'ambassadeur auprès de Henry YIII ^.

Les circonstances étaient particulièrement délicates. Le traite d'Ardres, conclu le 7 juin 1546 ^, venait de mettre fin à une guerre ouverte depuis trois ans, au cours de laquelle la prise de Boulogne par Henry YIII et la descente du baron de la Garde dans Tile de Wight avaient égalisé les revers et les rancunes. La remise temporaire de Boulogne et du Boulonnais à l'Angleterre, stipulée par le traité, jusqu'au payement final de la somme fixée, mettait toutefois à la charge de la France la plus forte part d'humiliation superficielle. Abaissement plus apparent en somme que réel, mais qui se traduisait par une preuve matérielle et tangible, l'abandon momentané d'une portion du territoire français à une puissance étrangère. Les difficultés inhérentes à une mission débutant sous ces auspices se compliquaient, en outre, d'une foule de difl'érends secondaires. Le payement des pensions arriérées dues au roi d'Angleterre, la délimitation de la partie du Boulonnais provisoirement cédée à Henry VIII, le droit réciproque des deux souverains de fortifier les hauteurs avoisinant et commandant Boulogne, tant sur la rive anglaise de la Liane que sur le bord demeuré français, la restitution mutuelle des prisonniers capturés au cours des négociations de la paix, constituaient autant de causes latentes de discorde, à l'éclat inévitable, contenues en germe dans la convention d'Ardres, et dont les premiers entreliens engagés à Londres, entre l'ambassadeur et les ministres anglais, devaient aussitôt faire apparaître tout le danger. A toutes ces occasions journalières de brouille, il était facile de prévoir qu'il faudrait ajouter celles provenant de la question de l'alliance impériale et de la question écossaise, avec la nécessité, pour cette dernière, d'une résolution immédiate, la reine régente Marie de Lorraine, mère de Marie Stuart, alliée de la France pendant la dernière guerre, n'ayant pas été définitivement comprise dans la convention d'Ardres.

Les trois années de la mission d'Odet de Selve sont remplies par les débats que suscitent ces difficultés multiples. VJnstiniction habituelle qu'il reçut à son départ, et qu'un heureux hasard a conservée, en

i. 15 avril 1542. Cab. des titres, dossier 16052, note ins. du fo 31.

2. Souplainville. Seine-et-Oise, cant. d*Âblis, comm. d'Allainville.

3. État des documents relatifs h cette ambassade d'Odet de Selve. Instruction, Bibl. Nal., mss. fr. 3916, f*» 386. Correspondance, Arch. AIT. étr., Gorr. pol., Angleterre, vol. VI, VII et partie du vol. VIII; et Ribier, t. Il, p. 166.

4. Sur les conférences infructueuses de 1541 et celles de 1546, préparations du traité, voir ci-dessus, p. vi.

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