INTRODUCTION XV
dehors du recueil de ses dépêches où elle fait défaut \ est muette sur ces points, sauf le premier, et, dans sa brièveté, le renseigne seulement sur la façon d'annoncer l'ambassade extraordinaire de Tamiral Claude d'Annebaut, destinée à assurer la ratification du traité d'Ardres. Mais, avant même Texécution de celte formalité, le payement des 500000 écus demeuré discuté donne lieu, presque immédiatement, à la nomination d'une commission particulière, qui se sépare sans résultat appréciable et dont le renouvellement provoque de fastidieux pourparlers *. Les
1. Cette Instruction est datée de « Barbeau », 22 juin 1546. (Barbeaux, Seine-et- Marne, arr. de Meluu, cant. et commune du Chatelet-cn-Brie.) Conservée dans un dépôt public autre que les Archives des Aiïaires élranKères, elle ne pouvait entrer dans le plan du présent recueil. En voici le texte, publié ici hors cadre.
« Monsieur de Selve conseiller du roy en son grant conseil, lequel ledit seigneur envoyé présentement son ambassadeur en Angleterre, fera la meilleure dilligence qu*il pourra de se rendre bientost devers le roy d'Angleterre auquel il présentera les lettres que le roy lui escripl de sa main luy faisant ses bonnes, fraternelles et affectueuses recommandations.
« Et apr6s luy dira comme ledict seigneur luy a ordonné aller résider à Tentour de sa personne son ambassadeur, où il désire de tout son cueur faire tel, si bon, dilligent et soigneux office que la paix nouvellement conduite et arrestée entre leurs deux majestcz avecques rénovation de bonne et parfaicte amytié se puisse perpé« tuellement establir et asseurer comme il sçayt que le roy singulièrement le désire de son cousté avecqaes tous les meilleurs et plus honnestes propos qu'il verra làdessus estre convenables.
« Après luy dira que monseigneur l'admirai se délibère, suivant le commandement quMI en a eu du roy, de bientost partir pour se rendre par delà tant pour le faict de la rattiflcation que pour plus manifestement luy déclairer et faire entendre le grant aise et contentement que ledit seigneur a eu de ladicte paix et rénovation d'amytié comme celluy qui est le plus prochain de sa personne et qui a le principal maniment et superintendance de ses affaires qui est la cause pour laquelle il renvoyé plus lost que ung autre affin que ledict seigneur roy d'Angleterre puisse prendre plus de foy et d'asseurance à tout ce qu'il luy dira de par luy.
« Et cesle première salutation faicte luy pourra quelque jour après dire ainsi qu'il trouvera la chose à propos, que, quant il luy plaira depputer deux commissaires pour vacquer à la diffinition de la cause et différend des VX]!" escuz par luy prétend uz et demandez en vertu de certaine recongnoissancc et obligation du roy de Tau VXXIX, le roy de son cousté sera prest de nommer les deux de sa part ainsi qu'il est dict par le traicté asseurant ledict seigneur roy d'Angleterre qu'il trou verra tousjours le roy prest à entièrement observer, accomplir et entretenir tous les poinctz et articles contenuz et mentionnez audict traicté comme celluy qui a jamais désiré demeurer bon frère et perpétuel allyé dudict roy d'Angleterre. Et quant au lieu où lesdicts commissaires auront à s'assembler pour l'effect que dessus il semble qu'il seroit assez à propoz que ce fust au mesme lieu où les ambassadeurs se sont dernièrement assemblez pour le faict de la paix ou bien en tel autre que sera advisé et trouvé plus comode.
ce Et ne fauldra ledict seigneur de Selve de continuellement advertirle roy du bon parlement dudict roy d'Angleterre son frère et de toutes autres choses qui succéderont de pardelà et qui sera requis que ledit seigneur entende.
« Faict ù Barbeau le XXfl^ jour de juing l'on mil cinq cens quarante six. »
(Signé) : « François Boghktel. »
(Au dos) » Instruction à Monsieur de Selve que le roy envoyé son ambassadeur en Angleterre. »
(Bib. Nat., ms. fr. 3916, folio 386. original, 2 p. 1/2 in-f«.)
2. Pour le détail des faits relatifs à cette négociation, voir ci-dessous. à la Table, Ardres (lieu désigné pour la commission des 500 000 écus).