Montrésor, entre Loches et Valençay
brouiller les français et les écossais, dit-on, et à coup sûr pour rendre quelque service aux anglais. Le comle a emmené avec lui maître Vannes, capitaine de gentilshommes de la maison du roi, dont il était ici le prisonnier, et le capitaine de Dunbar, qui était retenu prisonnier en Angleterre. « Aulcuns parlent encores de ces ambassadeurs qui debvoint aller en Danemark pour le mariage de madame Ëlizabet seur de ce roy, comme je vous ay par cy devant escript,et aultres disent que c'est pour madame Marie et que l'on veult faire trouver bon ce mariage à l'empereur et le y employer et faire mesler et envoyer ambassadeurs vers luy à caste fin, lesquelles nouvelles, Sire, ne viennent pas de lieux fort seurs et sont plus lost bruiclz et discours de ville qu'aultrement. »
« De Londres y ce x^* décembre i 548 . » Vol. 8, P 84 V, copie du xvi« siècle, â'p. 3/4 in-P.
SELVË AU CONNÉTABLE.
524. — Londres^ 10 décembre, — Selve demande par retour du présent porteur qui est un de ses gens des instructions sur les réponses à faire au seigneur de Maxwell, dont les biens, ainsi que ceux de son frère, se trouvent situés sur les frontières d'Ecosse et d'Angleterre et qu'il y aurait intérêt à ne point mécontenter. Il expose au connétable ses raisons de douter de la fidélité du comte de Hunlley. « Et ne me puis garder. Monseigneur, voyant que ceulz cy ont maintenant quelques forces par mer prestes et voysines dudict pays d'Escosse, d'entrer en quelque souspeçon que ledîct conte s'il a quelques places sur la marine qui sont d'importance soit pour leur y donner entrée par quelque intelligence secrette et couverte et par adventure se faire prendre dedans pour myeulx couvrir la faincte et donner à entendre qu'il a esté sur surprins par force, et quand cela seroit advenu il n'auroit à craindre que Ton en feist desplaisir ou punition aulx siens les ayants retirez par deçà soubz tiltre et couleur d'ostaiges. » Le comte de Huntley, de l'avis de Selve, ne pourrait former un projet plus pernicieux, sinon de chercher à corrompre le gouverneur d'Ecosse. Selve demande l'avance de son prochain semestre de pension et le remboursement des quelques frais extraordinaires qu'il a eus à supporter.
« De Londres, le x* décembre i 548, »
« Monseigneur, vous trouverez en ceste depesche le portrait du fort que les angloys ont faict dernièrement à Douglas tel que je l'ay eu par ung qui a esté dedans pour me le raporter au vray, qui dict que c'est
[décembre 1S48] M. DE SELVE 479
une place fort petite dedans et qui n'a balterye ne deffences que d'ung costé n^ayant aulx aultres endroictz force que du fossé et de la nature du lyeu. »
Vol. 8, P 86, copie du xvi* siècle, 1 p. 3/4 in-f°.
SELVB AU ROI.
525. — Londres j i6 décembre, — Selve a reçu la dépêche du roi en date du 11, avec celle destinée à Tambassadeur de France en Ecosse, qu'il enverra « par le moyen du gentilhomme que le petit boyteux naguères retourné d'Escosse dict debvoir venir par deçà ». Ces jours derniers sont venus le trouver secrètement deux gentilshommes et capitaines espagnols au service d'Angleterre , revenant d'Ecosse, nommés Sancho Lopez et Alonzo Martin. Ces personnes lui ont raconté qu'un de leurs compagnons, nommé Balthazar de Bonillo, fait prisonnier par les écossais, avait été relâché par M. d'Essé à charge de porter au roi une dépêche de celui-ci où il priait le roi de prendre à son service ledit Balthazar de Bonillo, lesdits Sancho et Alonzo et plusieurs de leurs compagnons. Ces deux capitaines ont renouvelé à Selve leurs offres de service et parlé de leurs connaissances des forces anglaises en Ecosse : ils venaient chercher la réponse que le roi pouvait avoir faite aux ouvertures de Bonillo, qui avait passé en France il y avait déjà quinze jours, par la voie de Flandres. Selve expose comment il leur a répondu en termes généraux. Lopez est cet espagnol qui était déjà venu le trouver et était allé attendre la réponse du roi à Bruges. Les nouvelles d'Ecosse que Selve a tirées d'eux ne consistent qu'en louanges intéressées de l'armée royale.
Selve a réservé pour une meilleure occasion les remontrances à faire aa protecteur sur les prisonniers français et les adressera dans la forme indiquée par le roi. Le protecteur dit avoir connu ce jour d'hui la dépêche relative à l'élargissement des marins de la galère de Calais sous condition d'une offre d'otages. En attendant, les prisonniers français continuent à mourir de froid et de faim en Angleterre. Plus de cent vaisseaux français chargés de vin viennent encore d'être pris avec leurs équipages sur la côte du sud.
« De LondreSy le xvf décembre m v XLViir, »
Sancho Lopez et Alonzo Martin viennent de l'avertir qu'ils parlent le lendemain pour se rendre auprès du roi et lui dire qu'un certain Alonzo de Cordoue et plusieurs autres capitaines espagnols demeurent à Londres dans les mêmes intentions que les leurs.
Vol. 8, f» 80 v°, copie du xvi« siècle, K p. in-P.
SELVE AU CONNÉTABLE
526. — Londres, i 6 décembre, — Le capitaine Vannes n'est pas parti avec le comte de Huntley, mais est resté jusqu'à samedi dernier. Il doit rejoindre le comte à Berwick, d'où l*on dit qu'il poussera plus avant eu Ecosse. Le bruit court que le protecteur doit aller sur la frontière d'Ecosse vers la Chandeleur, en compagnie du comte de Warwick et de plusieurs grands personnages. Depuis peu de jours sont arrivés à Londres quatrevingts à cent soldats que Ton dit allemands, et qui semblent au moins flamands ou lorrains, car la plupart entendent le français; ils doivent, dit-on, passer en Ecosse avec le reste du contingent dont ils font partie après Noël. D'après d'autres bruits, ils feraient seulement partie de la garnison de Guines ou de Calais et l'on n'en attendrait pas d'autres.
« De Londres j ce xvj* décembre m v* xlviii. » Vol. 8, f» 89, copie du xvi« siècle, i p. in-f®.
527. — Londres^ 2i décembre. — « Sire, je me suis voulu enquérir quelz sont et dont viennent ces gentz de guerre allemantz ou Qamentz que l'on voyt depuis peu par ceste ville ainsi que je vous ay mandé par ma dernière depesche. Et ay trouvé qu'ilz viennent de Guynes où ilz estoint cest esté et les veult l'on envoyer en Escosse incontinent après ces festes. Hz ne sçauroint estre tout au plus cent cinquante et ne s'entend poinct que Ton face venir d'aultres estrangers de quelque nation que ce soit pour ceste heure. Vray est que Ton estime qu'après avoir terminé en ce parlement qui se tient les doubles et différentz de la religion sur lesquels le bruict est qu'il y a grande contention et diversité d'oppinions entre ces seigneurs de deçà, l'on mectra en termes le» affaires d'estat de ce royaulme et lors se traictera des levéez de gentz de guerre qu'il sera besoing de faire et des moyens de recouvrer finances pour Tentretenement d'iceulx et pour le soustenement de la guerre d'Escosse à laquelle se dict que les angloys se préparent cest esté myeulx que ilz n'ont faict par cy devant faisantz leur compte que vous. Sire, ayant la royne d'Escosse entre vos mains et le pied si avant et si ferme dans ledict pays d'Escosse comme vous y avez n'en vouldrez pas demeurer là et estiment aulcuns que le protecteur jugeant que vous soyez pour y envoier des grandes forces aûdict pays d'Escosse sur ceste primevère s'esseyera d'anticiper le temps le plus qu'il pourra afQn de faire quelque exploict avant l'arrivée de vostre secours.
« [De Londres]^ ce xxi* décembre m X'^ xlviii. »
Vol. 8, p 80 yo, copie du xvi« siècle, 1 p. in-P.
[janvier 1549] M. DE SELVE 481
« Instruction au sieur d'anoys que le roy«envoye présentement en angleterre de ce ou*il y aura a faire pour le service dudit seigneur *. »
528. — « Saint-Germain-en-Laije^ 27 janvier i549, — Premièrement ira trouver le sieur de Selve, ambassadeur du roy par delà, et luy dira que ayant icelluy seigneur rçceu la lettre qu'il a cseripte du dix
1. La dépêche précédente d'Odet de Selvc au roi, datée de Londres, le 21 décembre i548, eslla dernière qui se rencontre dans le manuscrit des Affaires étrangères, provenant de la collection de Mesmes, lequel a servi de base à toute la présente publication. (Voir V Introduction.) La correspondance de Tarobassadeur cesse brusquement ù partir de cette date, sans rien laisser présumer sur Tépoque réelle de son départ d'Angleterre. Celle de Nicholas Wotton, ambassadeur d'Angleterre en France, continue cependant jusqu'au 27 juin 1549 {Calendar of St, P., Foreign Séries, Edward Vï, p. 40), et, d'autre part, la guerre que la tension des aiTaires d'Ecosse rendait inévitable ne fut officiellement déclarée entre les deux pays que pendant le mois de septembre. {Ibid., id.)
Quoi qu'il en soit, le Iroiâième volume de la correspondance d'Odet de Selve, pendant son ambassade en Angleterre [Correspondance politique, Angleterre, volume VIII), ne contient aucune autre pièce relative à cette mission. La fin de ce manuscrit (folios 91 à 121) est occupée par la copie d'une série de pièces relatives aux négociations de la paix de 1550, qui trouveront leur place dans un volume suivant de X Inventaire analytique de la CoiTespondcmce politique d'Angleterre.
Le seul document concernant la fin de l'ambassade d'Odet de Selvc conservé au Dépôt des Aiïaires étrangères est la pièce éditée ci -dessous sous le n"* 528, qui se rencontre dans le Supplément d'Angleterre, fonds additionnel faisant suite, dans la classification du Dépôt, à chaque série de la Correspondance politique. Il a donc paru nécessaire de l'ajouter aux pièces précédemment publiées, bien que le lieu de sa classification semblât devoir l'exclure de la présente édition et la rejeter dans un inventaire ultérieur.
Cest l'Instruction spéciale remise à M. d'Asnois, chargé d'une mission d'Obser- Tation en Angleterre, où le procès et la condamnation capitale de l'amiral d'Angleterre, Thomas Seymour, frère du protecteur, venaient de renouveler les tragédies sanglantes du règne de Henry VIIL
Louis II de Salazar, seigneur d'Asnois (Asnois, cant. de Tannay, arr. de Qamecy, Nièvre), gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, marié en 1556 à Robeite de La Forest, mort en 1561, fut ambassadeur en Suisse, auprès du canton des Grisons, de 1555 à 1557, entre la mission de Jean de Monstiers de Froissac, évéque de Bayonne, et celle de Mathieu Coignet. (Edouard Rott, Inventaire général des docU' menls relatifs à la Suisse conservés dans les Archives et Bibliothèques de Paris, en prép.)
11 est plus que probable que M. d'Asnois, dont le nom, dans la pièce originale ici publiée, affecte la forme u Danoys », doit être identifié avec le personnage dont on a déjà vu les allées et venues de France en Angleterre, au cours de la présente ambassade, et qui a reçu jusqu'ici, dans ce volume, la désignation de M. d'Auzis. Cette dernière forme (Dauzis) était la seule que la lecture des transcriptions dont se compose uniquement le ms. de Mesmes, base de cette édition, permit d'adopter; il pouvait s'agir d'un seigneur d'Auzits (Auzits, cant. de Rignac, arr. de Rodez, Aveyron). La lecture de la pièce originale dont il est ici parlé, en révélant l'envoi en Angleterre, en janvier 1549, du « sieur Danoys », qu'un savant concours a permis d'identifier avec Louis II de Salazar, seigneur d'Asnois, peut porter à croire que ce dernier ne fait qu'un avec le personnage antérieurement mentionné sous le nom de d'Auzis.
Comme on le voit par le texte de cette Instruction, M. d'Asnois devait dissimuler le but réel de sa mission sous le prétexte d'une enquête & opérer au sujet des saisies de navires, de plus en plus fréquentes et arbitraires, que le gouvernement anglais
APfOLETBRRE. — 1546-1549. 31
neufiesme jour de ce présent mois * par laquelle il luy faict entendre U prinse de Tamyral et plusieurs autres grans seigneurs de delà et Toccasion d'icelle, semblablemeril le souspeçon en quoy le protecteur d'Angleterre et autres estans près la personne du roy d'Angleterre sont entrez à ceste conspiration ', et, pour autant, qu'il semble au roy que telles choses viennent grandement à propos pour acommoder et facilliter ses affaires en Escosse et qu'il desireroit bien trouver moyen d'y faire brouiller plus fort les cartes qu'elles ne sont affin de mettre dedans ledit royaume d'Angleterre s'il estoit possible une guerre civille et les amuser à se venger les ungs des autres pour d'autant rendre ses affaires plus facilles tant du costé d*Ëscosse que de celluy de deçà, estimant que une telle entreprise si elle est véritable n'a peu avoir esté conjurée sans l'intelligence de beaucoup des plus grans lesquels ne peuvent avoir esté tous descouvertz et est impossible qu'il n'y en ayt encores quelzques-ungs de cachez par le moyen desquelz se peult tenir ce feu allumé et les choses en termes d'en tirer quelque fruict quant ilz se sentiront supportez et auront espérance de trouver quelque reffuge et appuy si grand que celluy que l'on leur peult faire de deçà.
« Et affin d'en sçavoir la vérité et entendre plus particulièrement comme le tout est passé, ledit seigneur a advisé envoyer ledit sieur d'Anoys par delà pour de ce communicquer bien amplement avecques ledit sieur de Selve, sçavoir de luy l'histoire par le menu et essayer de descouvrir ceulx de ceste faction dont on se pourra valloir en ceste entreprise et le moyen qu'il y auroit de conduire quelque menée avecques eulx aussi ce qu'il sembleroit bon audit ambassadeur qui se peust faire pour venir au poinct que ledit seigneur désire et par qui les choses se pourroient plus dextrement manyer, prenant sur ce telle résolution que ledit ambassadeur verra estre plus h propoz, et pour cest effect mettront ensemble peine de avérer et descouvrir secrètement et dextrement s'il est possible le fons et la source de ceste conspiration et le progrès d'icelle pour de degré en degré avoir plus de moyen d'y prandre pied et attandre à quelque but où l'on se puisse attacher pour la conduite de ceste menée.
continuait à provoquer sans relâche. En réalité, il était chargé de conférer avec de Selve, encore à son poste et continuant & correspondre avec la cour de France, en vue de « sçavoir de luy Thistoire par le menu et essayer de descouvrir ceulx de ceste faction donl on se pourra valloir en ceste entreprise et le moyen qu'il y auroit de conduire quelque menée avecques eulx ». Ces recommandations sont suffisammeoi explicites.
1. La correspondance régulière d'Odet de Selve avec la cour de France n^éUii donc pas interrompue. On a vu plus haut que celle de l'ambassadeur d'Angleterre en France continuait jusqu'au 29 juin.
2. Allusion aux graves événements qui venaient de se passer en Angleterre, ^a^ restalioQ et le procès de l'amiral, Thomas Seymour, dont le protecteur, son propre Trère, allait signer la condamnation. Thomas Seymour, convaincu d'avoir voulu s'emparer de la personne du jeune roi, fut exécuté le 20 mars 1549. Le protecteur Utmôme devait être déposé par le conseil de régence, quelques mois plus tard, k U suite des premiers échecs subis dans la guerre contre ia France.
[janvier 1849] M. DE SELVE 483
« Considéreront aussi s'il y a aucun escossois par delà qui soit de ceste intelligence ou qui y peust servir et sonderont le moyen qu'il auroit de faire quelque remuement, ou bien si du costé d'Ëscossc il seroii à propoz que Ton tentast quelque occasion ou feist aucune menée secrelle et où on se pourroit attacher et qui seroit d'Escosse le personnaige le plus apte à cest effecl, et de tout ce que dessus ledit sieur d'Anoys s'informera le plus avant qu'il sera possible pour en pouvoir rendre meilleur compte au roy, vouUant que à ceste fin il séjourne douze ou quinze jours par delà s'il veoyt qu'il en feust besoing. Estant là il mettra toute peine d'entendre les préparatifz qu'ilz font pour envoyer en Escosse et sçavoir de quel nombre de gens et vaisseaulx sera le secours qu'ilz y envoyent, qui en est chef et rinlention de leur entreprise, aussi quelz navires ilz tiennent en mer pour empescher le secours que le roy envoyé ordinairement en Escosse et où en est la flotte.
« Semblablement, s'ilz font aucun préparatif pour envoyer gens par deçà ou s'ilz tirent poinct de ceulx qui y sont, et, surtout, s'ils ont espérauce d'avoir des estrangiers et le moyen qu'ils ont de les faire venir en Angleterre, qui en est le conducteur et celluy qui leur donne le moyen de les recouvrer.
« Et pour autant que le roy a eu présentement nouvelles que les angloys ont naguères pris jusques à soixante-dix navires flamentz et subgectz de Tempereur chargez de haren qui venoient à Rouen à la foire de la Ghandelleur, dont l'empereur a faict grande démonstration d'estre fort mal contant et faict pour ceste cause saisir et arrester tous les biens et personnes de tous les angloys estans en ses Pays Bas, chose qui est grandement contraire à ce que lesdits angloys font publier partout de la grande et seure intelligence qui est entre eulx et ledit empereur, ledit sieur d'Anoys fera tout devoir d'entendre par le moyen dudit sieur de Selve ce qu'il en est et que l'on peult juger de ceste façon de faire et s'il y a apparence que ceste prise soit véritable et à quoy elle tend pour en rapporter certaines nouvelles au rov et de toutes autres choses servans au bien de ses affaires.
« Dira audit ambassadeur que le roy a trouvé merveilleusement bonne la response qu'il a faicte à millor Grey touchant les prisonniers françoys qu'il luy demandoit, et au demeurant veult qu'il face pour eulx et leur salut et retour en France tout ce qu'il pourra comme véritablement il peult faire tenant le lieu où il est pour les subgetz de son maistre par tous les moyens honnestes qui se présenteront.
« Si ledit sieur d'Anovs estoit recherché de dire l'occasion de sa depesche par delà il la pourra fonder sur ce que le roy, ayant ordinairement nouvelles que les angloys prennent autant de navires et de françoys qu'ilz peuvent contre le debvoir de l'amytié et les traictez dé paix qui sont entre le roy et le roy d'Angleterre sans que l'on en face aucune raison ne réparation et ayant sceu que les prisons de delà sont plaines
de paouvres mariniers françoys, il Ta depesché par delà pour sçavoir ce qu'il en est et entendre comme ilz ont délibérez d*eulx comporter à l'endroict du roy et de ses aubgeclz pour en estre usé de mesme, et en cela se conduira ledit sieur d'Anoys par l'advis dudict ambassadeur. »
« Faict ci Saint'Germain-en'Layey le xxvih jour de janvia* mil cinq cens quarante huict *. »
Supplément, vol. I, P 05, original, 4 p. in-l^.
1. On ne parait posséder aucun autre renseignement sur la mission de M. d'AsuoU et sur son séjour en Angleterre. Son Instruction portait qu'il devait y demeurer une quinzaine* de jours. Il était donc vraisemblablement de retour en Frauce vers la un de février. Les deux dernières dépêches conservées de l'ambassadeur d'Angleterre en France, en date du 23 février et du 27 juin, n'en fontaucnne mention, non plus que du rappel d'Odct de Selve. {Calendar of St. P., /. c, p. 28 et 40.)
On voit seulement, par la dépêche du 27 juin, que le choix d'une commission pour le maintien de la paix entre les deux princes avait été décidée en principe, mais que la désignation des commissaires donnait lieu à de sérieuses difficultés. Nicholas Wotton informe son gouvernement que les commissaires français désignés sont MM. de la Rochepot, de Chastillon, et André (iuillart, seigneur du Mortier, conseiller au Conseil privé du roi (lesquels furent chargés l'année suivante, avec Guillaume Bochetel, des négociations qui aboutirent à la paix de Boulogne). Il ressort de sa dépêche que le gouvernement anglais ajournait la nomination de ses plénipotentiaires.
Cette commission fut-elle jamais régulièrement constituée? Se réunit-elle, et quelles furent ses décisions? C'est ce que l'absence de documents ne permet pas de constater. La mission de M. d'Asnois, la nomination de la commission pour le maintien de la paix, ont même échappé aux savantes recherches de M. Armand Baschet, de même que les documents relatifs à la conclusion du traité de Boulogne en 1550, contenus dans le tome VIII de la Correspondance politique d'Angleterre, à la suite de la dernière dépêche d'Odet de Selve. Tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que, dans le courant d'août 1549, les premières hostilités éclatent entre la France et IMugleterre, sur mer, où le prieur de Capoue défait la flotte anglaise (il août), et en Boulonnais, où Ambleteusc et Blaçkness sont emportés par surprise (avant le 31 août, Calendar of St. P.. l. c. p. 46). Le conseil de régence anglais adresse, le 31 août, une dépêchée Nicholas Wollon (Ibid., id.). .Mais ce dernier résidait-il encore à Paris, ou n'ètait-il pas déjà en route pour Londres? La déclaration de guerre est lancée en septembre {Calendar of St. P.. l. c, p. 46). et toute relation diplomatique officielle entre le» deux pays se trouve interrompue jusqu'en janvier 1550, & la reprise des ncgociatioDS qui devaient aboutir à la paix de Boulogne (24 mars 1550).
Il est donc impossible de rien affirmer touchant le rappel d'Odet de SeWe et la fin de sa mission. Sa correspondance était encore tenue régulièrement au moins jusqu'à la fin de janvier, comme le montre un passage de l'instruction de M. d'Asnois, et dut continuer encore au moins jusqu'aux négociations relatives à la nomination de la commission citée ci-dessus, vers la fin de juin. Ces dépêches devaient contenir le récit du procès de Thomas Scymour, de la continuation de la guerre d'Ecosse et du soulèvement des comtés du Nord et du Sud-Ouest, qui tint longtemps le gouverne^ ment anglais en échec, et amena, dès le début des hostilités arec la France, la chute du protecteur et son remplacement aux affaires par le comte de Warwick.
Les documents relatifs à la reprise des négociations en 1550, et à la conclusioD de la paix de Boulogne (Archives des ÀITaires étrangères, Correspondance politique. Angleterre, parties des volumes II et VIU), seront édités dans une publication ultérieure, à leur place logique, au début de la longue période de paix qui s'éteod de 1550 à 1557, et que remplissent les importantes missions de MM. de NoaiUes.
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TABLE AiNALYTIQUE