‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 23 sur 201 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

déroute précipitée de Charles-Quint, chassé d'Innsprùck par Maurice de Saxe et les princes protestants, et réduit à fuir devant les alliée de François I" *. En cette année 1552, à la suite de la paix conclue entre la France et le pape, l'action française s'exerce avec insistance à Venise, pour tâcher d'engager la république dans l'alliance francoturque et dans une conquête commune du royaume de Naples. Quand rinsuccès des flottes combinées du baron de la Garde et de l'amiral ottoman Dragut-Raïs fait définitivement échouer ce projet, ce sont les affaires de Sienne qui réclament l'attention des agents de la France. Depuis Tété de 1552, la ville de Sienne, libérée de la garnison impériale qui Toccupait depuis douze ans, était l'endroit critique où se mesurait et s'appréciait l'influence française dans l'Italie du nord. En 1354, après deux ans de combats indécis, OdeL de Selve dut s'y rendre pour représenter Henri IL II parvint à Sienne vers la fin d'août ', à l'époque où la perte de la bataille de Lucignano venait de renfermer plus étroitement dans la place le corps d'armée français commandé par Biaise de Montluc. Le récit éloquent de ce siège, que le célèbre capitaine a laissé dans ses Mémoires, ne fait pas allusion aux difOcultés qui s'élevèrent entre lui et l'ambassadeur '. Ce différend fut cependant assez aigu pour obliger Odet de Selve à quitter la ville et à rejoindre l'armée du maréchal Strozzi, laissée en observation au delà de la Maremnc *.

A la suite de ces événements, Odet de Selve passe du poste de Venise à celui de Rome '^, où il succède à Louis de Saint-Gelais, seigneur de Lansac *. Dans l'intervalle, il avait fait un séjour en France, où, en octobre 1554, une lettre particulière qu'il adresse à Antoine de Noailles, son successeur à Londres, a conservé trace de son passage dans le Limousin ^ On le trouve néanmoins en fonctions à Rome dès les pre-

J. Odet de Selve fait uu récit dramatique de cet événement dans ses dépêches des 26 avril, 18 et 25 mai 1552.

2. Dépêche d'Odet de Scive au roi, de Venise, 21 août 1550. (Publiée dans Charrière, Négoc. de la France dans le Levant, t. II, p. 321, n. 1, d'après le recueil de Guillaume Ribier, Lettres et mémoires d^Estat, t. Il, p. 506.)

3. Commentaires et lettres de Biaise de Montluc^ publiés par M. Alphonse de Uuble, t. II, pp. 1-361, et t. IV, pp. lJ-o7. {Publications de la Société d'Histoire de France, 5 vol., 1865-1812.)

4. Lettre de Montluc à Odet de Selve, datée de Sienne, 6 novembre {Commentaires et lettres de Biaise de Montluc, t. IV, p. 20), d'apr<îs laquelle le départ de Tambassâdeur se serait effectué entre le 26 septembre et le 27 octobre. Dépêche du cardiual du Bellay, ambassadeur extraordinaire de France à Rome, du 7 novembre, dans Charrière, loc, cit., t. U, p. 322, n. 2, d'après Ribier, loc. cit., t. H, p. 536.

5. État des documents relatifs à cette ambassade d'Odet de Selve. Correspondance (dépêches isolées), Bibl. Nat., mss. fr. 3916, f» 393, et 3117, fo 107, et Ribier, t. II, p. 34.

6. Louis de Saint-Gelais, seigneur de I^nsac, est ambassadeur de France à Rome d'avril 1553 à mai 1554. (Arch. AIT. étr., Corr. pol., Rome, vol. V, et Ribier, t. II, p. 513.)

7. La lettre ne porte que la date du mois. Il y fait allusion à son passage à La Borie de Saint-Clément. (Arch. AIT. étr., Corr. pol., Angleterre, vol. XX.) La Borie,

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