‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 22 sur 201 · Odet de Selve au roi, 31 juillet · texte numérisé non relu

Odet de Selve au roi, 31 juillet

XVIU INTRODUCTION

Dans les premiers mois de 1549, l*inlerruplion des relations diplomatiques entre les deux couronnes dut le ramener en France *. Sa correspondance cesse du moins avec le mois de décembre 1548, et, depuis cette date jusqu'au milieu d'août, date des premières hostilités, la seule trace de sa présence à Londres qu'il ait été possible de signaler se trouve dans rinstruction de Louis de Salazar, seigneur d'Asnois, chargé d*uue mission spéciale auprès de lui, à la fin de janvier *. Ce dut être en France qu'Odet de Selve vit se dérouler les événements de cette guerre de 1549-1550, marqués par la reprise de Boulogne et par le traité du :24 mars 1550, à la suite duquel le seigneur de Chemaiflt retourna occuper à Londres la charge d'ambassadeur de France '.

Signalé par ses trois ans de négociation à Londres, Odet de Selve fut bientôt appelé à exercer son activité sur un tout autre théâtre. Le rappel de Jean de Morvillier, ambassadeur à Venise depuis 1546, auquel on destinait l'évôché d'Orléans *, laissait vacant ce poste, encore européen et déjà oriental, où l'observation incessante était de rigueur, et d'où refluaient à la cour de France toutes les informations acquises à l'étranger par les agents d'une diplomatie depuis longtemps célèbre. Odet de Selve, en 1550, est désigné pour lui succéder *.

Il reçoit son Instruction le 10 juillet 1550 *, part de Paris le 4 aoùl, arrive à Venise par Lyon, Turin, La Mirandole et Ferrare, le dernier jour d'août, et prend immédiatement possession de sa charge \

C'est dans ce poste que vint le surprendre, en 1551, l'ouverture des hostilités entre Henri II et Charles-Quint, en paix depuis le traité de Crespy '. Odet de Selve assiste, de Venise, aux événements italiens de l'été de 1551, à l'union de l'empereur et du nouveau pape Jules III Giocchi, successeur de Paul III, à l'invasion de l'armée impériale et pontificale dans le duché de Parme, défendu par les troupes françaises auxiliaires d'Octave Farnèse ; le printemps suivant, il recueille l'impression de stupeur et d'effroi causée dans toute la Haute Italie par la

1. Pour le délail do ces événements, voir ci-dessous, notes de la pièce 528.

'2. Publiée ci-dessous, pièce 528.

3. Pour la correspondance diplomatique relative au traité de Boulogne et pour l'ambassade de M. de Cheniault. voir ci-dessus, p. viii.

». Sur Tambassadu de Morvillier à Venise, voir le cliap. ii de l'étude que lui a consacrée M. Baguenault de Puchesse. [Jean de Morvillier, évéque d'Orléans, garde des sceaux de France, par G. Ba^uenault de Puchesse. Paris, Didier. 1870, 1 vol. in-12.)

5. État des documents relatifs à cette ambassade d'Odet de Selve. Instruction, Bib. Nat., mss. fr. 3916, f» 388. Corresi>ondance, Arch. AIT. étr., Corr. pol., Venise, vol. III, IV, V, VI, et Bib. Nat., mss. fr. 3126, t* 20; 4052, f»' 65-69. — Plusieurs dépêches publiées dans Charrière, Séfjociations de la France dans le Levant, t. II. p. 119 à 321. Collection des Doc. inéd. sur VHist. de France. 4 vol., 1848-1850.) D'autres dans Ribier, t. I.

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