‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 32 sur 201 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

fils du président de Selve qui occupât cette charge. L'intervention pontificale venait de décider la rupture de la trêve de Vaucelles. Jean-Pau de Selve assista donc, en exécution du traité d'alliance conclu pendant la mission de son frère, à la campagne infructueuse du duc de Guise dans les Abbruzzes, à sa rentrée à Rome et à sa retraite, et ne pul empêcher le pape de traiter avec le duc d'Albe victorieux. Son séjour ne se prolongea pas au delà du commencement de 1558, où il eut poui successeur M. de la Bourdaisière *. L'évêché de Saint-Fiour lui fut donné deux ans plus tard : il eut dix années à y vivre, jusqu'en 1570, où il mourut à Limoges, sans avoir exercé d'autre charge '.

Un seul des fils du président de Selve ne marqua pas sa place dans la carrière de son père et de ses frères, le dernier né, Claude de Selve, qui parait avoir élé conseiller et maître d'hntel de Catherine de Médicis, et avoir porté le titre d'abbé ou de prieur de Saint- Vigor '.

Par le nombre et l'importance de ses missions, Odet de Selve est celui de sa maison dont le rôle historique a laissé la trace la plus marquée. La publication de sa correspondance pendant son séjour h. Londres, éditée dans ce volume, le mettra à la place et au rang qui lui conviennent dans l'histoire diplomatique de la France sous les Valois. Il y paraîtra, d'une extrémité de son ambassade à l'autre, un négociateur exact et scrupuleux, méthodique plus que de raison peut-être, et désireux, avant toutes choses, d'exécuter ponctuellement et dans leur ordre les instructions qu'il reçoit. Le ton de ses dépêches ne rappelle ni l'allure vive et dégagée, ni la justesse d'appréciation souvent cachée sous le tour spirituel, qui caractérisent la correspondance de Louis de Castillon ; il n'évoque pas davantage la hauteur de pensée et la pureté de forme qui signalent le style de Charles de Marillac, écrivain de race autant que diplomate de métier. Tel qu'il se révèle dans ses lettres à François P% à Henri II et à leurs ministres, son caractère décèle plus de soumission que d'initiative et plus de docilité que d'audace. Esprit profondément honnête, cultivé et éclairé, jugement de perception lente et minutieux dans ses prévisions, mais prudent et réfléchi, intelligence appliquée avant tout à s'acquitter des devoirs de sa fonction et à ne pas s'en écarter, il est bien l'expression assez juste et exacte de cette école de diplomates choisis par la monarchie des Valois dans les familles de robe, qui servirent avec tant de dévouement désintéressé les intérêts extérieurs de la France.

1. Philippe Babou de la Bourdaisiëref évêque d'AngouIèmef est ambassadeur de France à Rome de 1558 à 1564. (Bib. Nat., mss. fr. 3102,3104 à 3106.) Sur les circonstances qui ameoèrcot la fin de son ambassade, voir Brantôme, Vies des grands capitaines français, le Grand roi François.)

2. Voir la 1res cour le notice que lui consacre la Gallia Chrisiiana (t. II, col. 432).

3. Saint-Vigor-le-Grand (Calvados, arr. et cant. de Bayeux), ou Saint- Vigor-d'lmonville (Seine-Inférieure, arr. du Havre, canl. de Saint-Romain). Voir GalUa ChriS' tiana, t. XI, col. 404-406 et col. 261-267.

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