Gueldre et Fnse
[juillet 1546] M. DE SELVE 9
combatantz, que du costé des protestantz l'on dict qu'il sont bien délibérez de se deflendre et qu'ilz pourront estre en nombre de LX», et que sy aulcbuns de leur ligne ne se rendoient de la part de l'empereur ilz pourroient estre deux foys autant. Par les mesmes lettres est porté que le conte Palatin * s'est submictz et offert à robéissanec de l'empereur et que l'archevesque de GoHoigne estoyt en délibération de faire de mesmes.
« Syre, par aultres lettres eseriptes à Ratisbonne le XX"'® du passé le mesme advertissement de la guerre de l'empereur contre les protestants et des XII" Italiens que luy souldoye le pape est confirmé. Bien est vray que par lesdictes lettres est porté que l'on estime que de Hongrie, dltallie et d'allieurs il ne pourra pas avoyr plus de YIll mil Espaignolz et qu'en la fin de ce présent moys toutes ces forces ensemble pourront estre de L™ hommes de pied et XV" chevaulx. Le secrettayre Paget, Sire, me disoit hyer qu'ilz avoient eu cest« court advertissement que ledict seigneur empereur avoyt grosse guerre en Espaigne du costé d'Affricque et que pour cest effect se levoint gens en Espaigne de tous coslés pour la deffence dudict pays.
« Sire, le seigneur Francisque Bernardo ', Vénitien, lequel, Sire, Vostre Majesté peut congnoistre, me dict avant hyer qu'il estoyt quelque bruict que l'empereur s'estoyt party de Ratisbonne en poste et s'en estoyt allé en Itallye, et qu'il prenoyt du pape Parme et Plaisance et luy bailloyt Sennes ^ en récompense, à quoy il estoyt vray semblable que le pape ne prenoyt pas grand plaisir après avoiyr faict la despence qu'il avoyt desjà faiete à la forliffication desdictes villes.
« Sire, c'est tout ce que je vous puis mander pour ceste heure, sinon que je vous puis advertir que Oysi * arriva en Escosse vers la royne il y ha ce jour d'huy huicl jours ainsy comme ledict secrettayre Paget m*a dict qu'ilz en avoint heu advertissement par deçà où il me semble que je debvoys retenir encores le chevaulcheur qu'il vous a pieu m'envoyer et le réserver pour quelqu'aultre occasion de le vous despescher attendu <iue ce gentil homme présent porteur s'en alloyt vers vous en dilligence.
« Sire, je prie Nostre- Seigneur vous donner. Sire, en parfaicte santé et prospérité, très longue et très heureuse vie. »
« De Londres y ce vm^* juillet, »
Vol. 6, P 8, copie du xvi« siècle, 3 p. in-P.
1. Frédéric il, comte et électeur Palatin (1344-1556), frère et successeur de Louis V.
2. Prancesco Bernardo, agent vénitien à Londres, mêlé aux négociations du traité d'Ardres, en avril-juin 1546. {StaU Papers, t. XI, pp. 105-208.)