Westminster
assignée à hyer après disner, à laquelle heure, Syre, je fuz adverly de la part dudiet secreltayre Paget que ledict seigneur roy d'Angleterre s'estoyt mal trouvé toute la nuict précédente et qu'il avoyt ledict jour d'hyer prins médecine à l'occasion de quelque collicque qu'il avoyt eue. Sur quoy je prins occasion d'aller visitter ledit sieur Paget, lequel sy tost qu'il me veist me dist qu'il s'en voulloyt venir vers moy et que le roy son maistre luy avoyt commandé venir entendre de moy ce que j'avoys à luy dire de vostre part sy la chose n'estoyt de si grande importance qu'elle ne se peust dire qu'à la personne dudiet seigneur. A quoy, Sire, je luy ay faict response que la fiance que son maistre et vous prennes en luy ne voulloyt pas que je luy celasse ce que vous m'aviez commandé faire entendre de vostre part à sondit maistre, luy déclairant les advertissementz que vous aviés d'Allemaigne contenuz en ladicte lettre qu'il vous a pieu m'escripre, ausquelz il m'en ha monstre d'aultres conformes que son maistre avoyt receuz aussy d'Allemaigne *. Et quant à faire prolonger le terme du voyage de monseigneur l'admirai par deçà, oultre ce que je vous en avoys auparavant dict comme je vous ay adverty par le chevaulcheur que je vous ay dernièrement renvoyé, Syre, j'en ay de rechef recordé ung mot audit sieur Paget, lequel m'a dict que je debvoys mectre peinne de vous remonstrer l'importance de Taccélération dudiet voyage et faire tant qu'il feust bien tost par deçà, me conseillant de ne demander poinct d'audience que je ne peusse en icelle asseurer le roy du temps de la venue dudiet seigneur admirai par deçà, me disant que monsieur l'admirai d'Angleterre estoyt prest à partir demain ou sabmedy ' pour aller vers Vostre Majesté. NouveUes « Sire, ce que j'ay peu entendre de nouveau est que par lettres fiAiiemagne. egcpjptes à Anvers du dernier du passé ung marchant florentin mande à ung aultre de ceste ville que par delà il ne se parle que d'armée et de chevaulx ; que la royne de Hongrie ' faisoyt lever sept mil hommes et qu'elle avoyt despesché le seigneur Hyppolite Palavicini * avec deux centz chevaulx pour aller vers l'empereur, pour le service duquel elle retenoyt semblablement les Italiens et Espagnolz qui estoient en Piccardie au service du roy d'Angleterre; que en Gueldres et en Phrysie ^ se lèvent dix mil hommes, que l'empereur en ha avec luy XXX»»»' et que le pape luy foursnit XII"» hommes de pied et II" chevaulx et qu'il faict compte de dix" espagnols en sorte que son armée pourra estre de septente"
1. L'ambassadeur d'Angleterre en Allemagne était, depuis 1545, Thomas Thiriby, successivement évêque de Westminster (1540-1550), de Warwich (1550-1554), d*Ely (1554-1559), mort en 1570. La dépêche à laquelle il fait ici allusion doit être celle de Thtrlby à Paget, datée de Ratisbonne, 15 juin. {State Papers, t. XI, pp. 219-221.)
2. Le lendemain vendredi 9, ou le surlendemain samedi 10 juillet.
3. Marie d'Autriche, sœur de Charies-Quint, veuve de Louis II, roi de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas (1531).