‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 48 sur 201 · SELVE AU MARECUAL DU BIEZ · texte numérisé non relu

SELVE AU MARECUAL DU BIEZ

16. — Londres, .2,) juillet. — Selve a reçu la veille au malin la dépèche du maréchal du Biez en date du 22, avec le paquet du roi. Il l'avise des bonnes dispositions du roi d'Angleterre pour le maintien de la paix.

« De Londres^ ce xxv* juillet v^ xivi. »

Vol. 6, f° 17 vo, copie du xvi» siècle, 4 p. in-f".

SELVE AU ROI

17. — Londresy 2 août. — « Syre, vendredy environ unze heures de soyr arrivèrent icy le gentilhomme que vous sçavés et mon frère ', et

1. James Hamilton, second comte d'Arran (1530), régent d'Ecosse depuis la mort de Jacques V jusqu'à Tattribution de la régence à Marie de Lorraine (1542-1535), créé dut* de Châtelleraut par Henri II en 1549, mort en 1575. C'est toujours lui que désigm; l'expression familière à de Selve, le gouverneur.

2. Oudart du Biez, maréchal de France, alors lieutenant général de Picardie.

3. 11 était parti de Londres le 18 juillet, comme on a .vu, et se trouvait de retour le 30. I

Angleterre. — I8i6-1549. '2

18 në;gociations de [août 1546]

sabmedy après-disner * feusmes mondict frère et moy vers le roy d'Angleterre envers lequel, Syre, nous nous acquictasmes le mieulx que nous peusmes des commandements que nous avions de vous, tant de bouche que par escript, vous pouvant asseurer que toutes choses feurent très bien prises de luy, de sorte qu'il demeura très content mesmes de ce que je luy deictz que vous n'entendiés aulchunement prendre le faict dudict gentilhomme en main ne vous en mesier, sinon autant que vous verriés qu'il le desireroyt et approuveroyt pour son honneur et adventaige, que vous avies à cueur comme luy mesme. Syre, ledict gentilhomme n'est party de mon logeis jusques à hyer quePaget le manda aller vers luy où il luy tint long propoz et feist grandz interrogatoyres, et feust la résolution qu'il le manderoyt ce jourd'huy pour le faire parler au roy son maistre. Lediçt gentilhomme se contente fort des premiers propoz et est en bonne espérence de sa négotialion. Je ne fauldray, Syre, vous advertir par aultre lettre du rapport qu'il me fera aujourd'huy après l'audience qu'il avoit eue dudict seigneur roy, et à eesle fin je retiens ce courrier jusques à son retour.

Affaire ^^ Syrc, j'ay sccu de Paget suyvant vostre commandement les noms des 500000 éoii% desputés du roy d'Angleterre pour la partie des cinq cens M. escus. Et sont lesdicts depputés maistre Piètre, second secrétaire d'estat dudict seigneur et compaignon dudict Paget, et le doyen de Sainct-Pol qui est la grande esglise de Londres'. El m'enquérent du temps de leur partement et de l'assemblée avec les vostres, m'a respondu ledict Paget que cela ne se resouldroict qu'à la venue de monseigneur l'admirai. Je ne veulx oublier, Syre, que le roy d'Angleterre m'a donné charge vous escripre qu'il sçavoyt certainement que le pape, l'empereur et les cardinaulx eslantz au'concille, se voyantz dissuadés de l'entreprise contre les Allemanlz par aulchuns qui remonstroint que vous estiés bien pour les secourir, ont respondu qu'ils n'en avoint pas peur et que vous sériés assés erapesché d'ung aultre costé. Syre, craignant de vous ennuyer de longue lettre, j'ay mictz les aultres choses que j'ay à vous mander en ung mcraoyre au long et par le menu, auquel me remectant je vays prier Nostre-Seigneur qu'il vous doint, Syre, en parfaicte santé et prospérité très longue et très heureuse vie. »

« De Londres, ce ii^* aou$t m v« xlvl » Vol. C, f^ 18, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-f^

[Mémoire au roi sur les (iffaire^ (TEcosso^ de Boulonnais et d^ Allemagne.^

NouvoUw Pièce jointe au n" /7. — « Sabmedy dernier jour de juillet, Tambasd'EcoMe, sadeurdu rov feust mandé au conseil du roy d'Angleterre auquel estoint

du

Boulonnai» ^ Vendredi 30 juillet, et samedi 31.

d'Allemairne ^- ^*^ William Petre, second secrétaire d'État, et William May, doyen de Saint- ' Paul, de 1545 à 1553. (Leurs Instructions, sans date, State Papers. t. XI, p. 285, noie.)

les seigneurs duc de Norfoch *, le Privésel *, le Grand Maislre ', le seigneur d'Essech *, frère de la royne, le trésorier Chesnay, le secrétaire Paget et aultres. Luy feust dict par ledict duc de Norfoch, portant la parolle qullz avoint charge du roy leur maistrc de faire entendre audict ambassadeur qull estoyt venu icy advertissement des frontières d'Escosse que les escossoys se préparent pour prendre par force quelques chasteaulx que ledict seigneur roy d'Angleterre a pris sur eulx durant le temps des dernières guerres; que ledict seigneur ne voulloyt aulchunement mouvoyr les armes à rencontre desdicts escossoys qu'estoint compris au traicté de paix dernièrement faict avec le roy son bon frère, laquelle compréhension avoyt esté par lesdicts escossoys acceptée et publiée en leurs terres et qu*ilz ne voulloint en rien-contrevenir audict traité ; touteffoys, sy lesditcts escossoys luy voulloint oster ce qu'il avoyt pris de bonne guerre, qu'il estoyt contrainct et délibéré de se deffendre et qu'ilz avoint charge de par leurdict maistrc d'en advertir ledict ambassadeur.

« Par ledict ambassadeur feust respondu qu'il sçavoyt bien la compréhension desdits escossoys contenue audict traicté, touteffoys qu'il n'avoyt encores entendu que aulchune publication en eust esté faicte dans le pays d'Escosse, et que moins avoyt il ouy parler d'aulchunn entreprise contre le roy d'Angleterre; que la commission qu'il avo^^t du roy son maistre ne ft'estandoyt poinct à répondre des faits d'aultruy, mais quant au faict de sondict maistre qu'il en parleroyt certainement et assurément avec tesmoignage de vérité en disant que ledict seigneur roy son maistre ne voulloyt en aucune manière desvoyer des articles et conventions dudict traicté, et que, sy depuis la compréhension des escossoys acceptée et publiée ilz avoint faict ou faisoint nouvelle entreprise cU donnoint nouvelle occasion de guerre audict roy d'Angleterre, qu'il pouvoyt asseurer que c'estoyt au desceu de sondict maistre lequel n'y consentoyt ny adheroyt, ains voulloyt persévérer en bonne paix et fraternelle amytié avec ledict seigneur roy d'Angleterre son bon frère, leur faisant ledict ambassadeur offre d'avertyr le roy son maistre et instance de nommer lesdicts chasteaulx et de quel costé lesdicts escossoys faisoint lesdicts préparatifz pour aussy l'en advertir, ce qu'ilz ne voullurent s'excusant qu'ilz n'avoint charge de dire aultre chose.

« Fault nolter que ledict ambassadeur, le mesme jour au partir de là, cust audience du roy d'Angleterre en laquelle il négotia avec ledit seigneur comme est contenu aulx lettres qu'il escript au roy, et ne luy feusl onq patlé de ce que dessus, ains luy feust faict très bonne chère de visaige

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