‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 49 sur 201 · Thomas Howard, troisième duc de Norfolk · texte numérisé non relu

Thomas Howard, troisième duc de Norfolk

2. Sir John Russell, comte de Bedford, garde du Sceau privé, de 1542 à 1547.

3. Sir William Poulet, lord Saint-John, marquis de Winchester, grand maître d'Angleterre depuis 1545.

4. Sir WiUiam Parr« lord Parr, comte d'Essex, marquis de Northampton, frère de Catherine Parr, sixième femme de Henry VIII.

20 NÉGOCIATIONS DE [aOOT 1546]

et de parolle, et luy sembla qu'il n'en debvoyt entamer aulchun propos audict seigneur puisque luy mesmes avoyt voullu évitter de Touvrir.

u A rissue dudict conseil, Paget dict audict ambassadeur que lesdicts seigneurs avoint oublié de luy parler d'ung aultre poinct dont ilz avoint aussy charge de leur roy de luy parler, qui est que monseigneur le mareschal du Byez tient encores un chasteau qui est sans aalchune controverse dans les fins et limittes des terres délaissées au roy d* Angleterre par iedict traicté, et que cela n'estoyt raisonnable, et que dedans ledict chasteau y avoyt ung cappitaine nommé Pocco ^ qui courroyt sus aulx Angloiys et les destroussoyt comme en temps de guerre, et qu*il ne failoyt guère de telz serviteurs pour semer dissention entre les plus grandz amys du monde. Luy feust respondu par ledict ambassadeur qu'il en advertiroyt le roy son maistre qui y donneroyt prompte provision ou bonne ou raisonnable responce.

a Mardy III" d'aoust, Paget estant venu soupper avec ledict ambassadeur du roy luy compta qu'il venoyt de recepvoyr lettres de Flandres par lesquelles on luy mandoyt que certain numbre dTtalliens et Espaignolz qui se sont naguères retirés du service tant du roy que du roy d'Angleterre en voullant passer en Allemaigne pour aller servir Tempereur ont esté delTaictz au passage, et qu'il se disoy t en la court de la royne de Hongrye que du numbre de dix M. Ytalliens qui venoint d'Ytallye au service dudict seigneur empereur il s'en estoyt présenté seulement lUI'" au passage qui avoint passé en la barbe des AUemantz qui gardoint le passage, ce que ledict Pajet disoyt qu'il ne croyoyt pas et que sy ceste nouvelle avoyt quelque vérité en soy Ton ne disoyt pas tant à son advis et qu'il pouvoyt bien estre que de dix M. qu'ilz estoint il n'en estoyt sceu passer ny eschapper que quatre M. et à la vérité s'ilz estoint numbre de dix M. il semble mal croyable qu'ilz se feussent séparez en deux bandes pour passer plus seurement.

« Le mesme jour feust dict audict ambassadeur par ung marchant de Londres que les marchantz allemantz avoint icy nouvelles que ledict secours d'itallye avoyt esté defTaict par les Allemantz qui gardoint le passage.

Vol. 6, f° 21, copie du xvi« siècle, î3 p. in-f«.

SELVE A l'amiral.

18. — Londres, 3 août, — Selve a su par son frère ce que l'amiral lui faisait dire, a Dont je vous rendz », dit-il à l'amiral, « le plus humble remerciement qu'il m'est possible, mesmement, monseigneur, des bons

1. Jean de Poco, capi laine au service de la France, figure en compagnie de Guillaume Bochetel dans les opérations du règlement des frontières du Boulonnais, en mai et novembre 1545. (State Papers, t. XI, pp. ISl et 346.)

advis et recordz qu'il vous plai^ me donner de rabréviation de mes lettres pour le contentement du roy. »

. Il désire savoir l'intention du roi et celle de Tamiral sur l'adresse des paquets envoyés par lui en France, en Fabsence de Tamiral. Il demande on outre s'il doit insérer dans le corps des lettres ou mettre dans un mémoire à part les avis qu'il veut envoyer au roi, quand ils dépassent une certaine longueur.

« De Londres^ ce in^ aoust mv^xlvl »

Vol. 0, r» 49, copie du xvi» siècle, 4 p. in-f».

SELVE A l'amiral.

19. — Londres, 4 août. — Selve prie Tamiral de faire remettre sûrement « au nunce résident près du roy » les lettres ci-jointes contenues en ce paquet et adressées au nonce et au cardinal Santa-Croce, après qu'elles auront passé sous ses yeux et sous ceux du roi.

« De Londres, ce ////-• aoust m r» xlyi, »

Vol. 6, r> 49 V», copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».

SELVE AU ROI

20. — Londres, 4 août, — « Syre, j'ay retenu ce courrier pour vous dire ce qui adviendroyt de l'audience que le roy d'Angleterre debvoyt donner lundy dernier au gentilhomme que bien congnoissés^ laquelle luy feust différée jusques au lendemain qui feust hyer, et ledict jour de lundy il feust encores fort examiné de Paget et plus qu'il n'avoyt esté le jour précédent. Et pour ce, Syre, que leur propos feust long et tomba sur les disputtes que vous pouvés bien pencer, je ne vous en diray rien, sinon une chose que ledict gentilhomme me dict que Paget lui avoyt dicte qu'il me pria de tenir secrecte, laquelle, Syre, il me semble convenable que vous entendiés : c'est qu'il n'avoyt tenu au pape que le roy d'Angleterre n'eust esté ruyné et qu'il vous avoyt vouUu incitter et vous fournir et gentz et argent pour luy faire la guerre et que la même office avoyt il faict envers l'empereur; ce que ledict gentilhomme vouUut desnier, à quoy luy feust réplicqué par ledict Paget qu'il sçavoyt bien ce qu'il en disoyt et que l'empereur mesmes avoyt envoyé au roy d'Angleterre les lettres qu'il en avoyt eu du pape, jqui est ung acte, Syre, qui ne doibt guère concillier le pape avec l'empereur s'il est rapporté audict Sainct-Père comme ce gentilhomme me l'a dict. Quant aulx propoz que ledict gentilhomme a euz avec le roi d'Angleterre, vous les sçaurez par les lettres que ledict gentilhomme escript à Romme, qu'il m'a promictz me bailler

a NEGOCIATIONS DE [SEPTBMBRB 1546]

pour vous envoyer toutes ouvertes afQn demies veoyr et puis les bailler au nunce résident près Vostre Majesté. Et vous plaira entendre, Syre, que maistre Paget vint incontinent après ladicte audience vers moy par commandement du roy son maistre me récitter tous les propos qui estoint passés entre eulx, auxquelz je n'ay trouvé diversité avec ceulx dudict gentilhomme que en une chose, c*est que ledict Paget me dist que le roy son maistre avoyt dit qu'il estoy t content remectre ses alTaires au concilie pourveu qu*il feust assemblé en lieu convenable et non suspect et qu'il y peust envoyer commodément les prélatz et docteurs de son royaulme et qu'il feust congrégé par authorité de tous les princes chrestiens et que sV Ton ne voulloyt mectre en France qu'il ne refusoyt poinct d'y envoyer. Et ledict gentilhomme m'a dict que Ton ne luy parla de remectre le concilie en vostre royaulme, mais seullement d'envoyer en vostredict royaulme gentz lettrés de la part de tous les princes chrestiens, eulx estantz en bonne paix et union pour desmeller ledict négoce avec les depputés dudict roy d'Angleterre.

« Syre, Oysy arriva hyer au soyr d'Escosse et vous escript présentement qui me gardera de vous dire aultre chose, sinon qu'il m'a dict tout le contraire de ce que les seigneurs de ce royaulme me dirent sabmedy, que je vous ay mandé par ung advis à part.

« Syre, je vays icy faire un de la présente en priant Nostre- Seigneur vous donner en santé et prospérité très longue et très heureuse vie. »

« De Londres^ ce mercrer/y ii/i'" aoust M \'^.yav/. »

Vol. 6, r» 20, copie du xvi^ siècle, 2 p. in-f°.

MiMion îîl- — Aonrf/v's, 6*- 7 septembre. — Selve a reçu la veille au soir la *® dépêche de l'amiral en date du i « avec les coppies des lettres de maistre Paget et monsieur Bouchetel ». 11 a envoyé le matin même un de ses gens auprès de Paget pour savoir quand il pourrait lui parler de l'affaire d'un marchand de Paris nommé Le Gras au sujet duquel le roi a écrit, et pour pressentir sous ce prétexte quelque chose de ce que l'amiral désire eon-

1. InteiTiipUon d'un mois dans la correspondance de l'ambassadeur. C'est à celte époque qu'eut lieu la mission de d'Annebaut, dont les dépèches ne paraissent pas avoir été conservées. (Baschet, Lists of deapalches ofambassadors from France to England,) Une dépêche des ambassadeurs extraordinaires d'Angleterre en France permet de reconstituer le personnel de sa mission. Il emmenait avec lui Jean d'Annebaut, son fils, lleuri de Serioncourt, comte de Nauteuil, Jean de Créquy, seigneur de Ganapies, Jean de Taix, maître de l'artillerie, G&briel Le Veneur, évêque d'Ëvreux. Charles de Mouy, seigneur de la Mcilleraye, gentilhomme de la Chambre du roi, Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes, Charles de Soliers, seigneur de Morette, dé^à chargé de missions particulières en Angleterre en 1526 et 1528 (Ba.schet, Lists of despatclies)^ et MM. « de Pyné » et « de Vassey », capitaines de gens d'armes. {State Papers, t XI, p. 252. Voir ci-dessus, Selve au roi, \ juillet.)

[septembre 1846] M. DE SELVE 33

naître. L'ambassadeur trouve la cour très inquiète de la nouvelle foriifi- Furuacatioib' cation qui vient d*étre commencée par delà par le roi, « jusques à faire g^^^* desjà gageures en plusieurs endroictz que la guerre sera ouverte plus forte que jamais avant qu'il soit huict moys d'ycy * ». Une dépêche relative à cette fortiûcation vient d'être envoyée à Tambassadeur d'Angleterre en France par un courrier exprès nommé Francisque '. <c Du comte Fédéric palatin ^ et de l'ambassadeur du duc de Savoye * et des deux gentilhommes envoyés par l'empereur, je n'en puis rien trouver, et me doulte sy vous n'en avés aultres nouvelles que ce doibt estre ung faulx alarme qui a par adventure esté inventé par ceulx d'icy pour donner réputation de leur faict et essayer sy avec cela ilz pourroint tant gaingner que vous vousissiez de peur de rien innover faire superséder la forlifHcation de laquelle ilz craignent infiniment la continuation, de sorte que au bransle où ils semblent estre, estant leur disposition naturellement assez muable et les choses encores récentes et mal confermés entre eulx et nous, il seroyt ce semble à craindre que le feu qui a esté mal aysé à estaindre ne feust aisé à rallumer par ceulx que vous sçavés qui désirent veoyr ceste feste et qui ne perdront pas les occasions de l'advancer à leur pouvoyr. Au surplus, monseigneur, je treuve bien que le duc Philippes deBavyères' est deçà et y esloyt encores à ce printemps dernier, et à ce quej'entendz a faict tous les deux voyages pour essayer d*avoyr en mariage la fille du roy d'Angleterre ou pour le moins luy faire croyre qu'il luy est affectionné serviteur afOn d*en tirer quelque présent et quelque pension, ce qu'il obtint oncq puis n'y feust que ledict seigneur roy d'Angleterre luy donna présent de V" angelotz et pention d'environ troys milescuspar an ainsy qu'on m'a dict, mais de sa fille à ce que j'entendz, quelque bonne chère qu'il luy face, il n'a nulle envye de la luy bailler et ledict duc peu d'espérance de la pouvoyr obtenir. Il y ha aussy icy ce m'a l'on dict ung président de Malignes envoyé par l'empereur pour remonslrer au conseil du roy d'Angleterre et débattre en ieelluy plusieurs plaincles que les Flamantz et aultres subjeclz de l'empereur font de quelques nouvelles impositions et grandes charges qu'ilz {disent que ledict roy depuis peu leur a mises sus en ce pays, mais qu'il y ait charge du duc de Savoye je n'en ay rien sceu. »

1. Cette nouvelle fortincation était une longue tranchée de 700 pieds anglais «nTiroQ de longueur, destinée à préserver la presquMle du Portel et à commander le port anglais de Boulogne. (Dépêche de William Grey, gouverneur de Boulogne, à Henry VIII, 6 septembre, State Papers, t. XI, p. 289.)

2. Cette dépêche À laquelle Scive fait ici allusion est celle de Henry YIII à Nicholas Wotton, du 3 septembre. (State Papers, t XI, p. 285.)

.3. Frédéric II le Sage, comte et électeur Palatin (1544-1556).

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