‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 55 sur 201 · SELVB AU MARÉCHAL DU BIEZ · texte numérisé non relu

SELVB AU MARÉCHAL DU BIEZ

28. — Londres, i4 septembre, — Selve a reçu la dépêche du maréchal du Biez en date du 10. Il Tavise du propos tenu la veille par le roi d'Angleterre et Tavertit « que ceste nuict se doibvent embarquer cinq M. hommes sur ceste ryvière pour passer à Boullongne )>.

« De Londres^ ce x////'" septembre v« xlvi. »

Vol. 6, f» 30, copie du xvi« siècle, i/2 p. in-f*.

SELVE A L* AMIRAL

29. — Londres, 14 septembre. — Selve a déclaré au roi d'Angleterre Nouvelle» que l'amiral était le plus ferme soutien de la paix entre les deux princes. d'Allemagne. « Tout le monde murmure icy de la guerre, laquelle la plus part tiennent

pour résolue sy ceste fortiffication continue laquelle ledict seigneur roy d'Angleterre m'a dict ouvertement qu'il ne pourroyt souffrir. Et se lièvent icy tous les jours gentz et desjà en est passé à ce que j'entendz bien deux M. de Douvres à Boullongne et quelque numbre de grandz ehevaulx que l'on a veu embarquer audict Douvres. L'on m'avoyt dict . que Berteville * estoyt despesché pour s'en aller en Allemaigne lever quelques gentz, mais je ne le puis croyre estant les choses d' Allemaigne comme elles sont, joinct que ledict Berteville n'a poinct faict grande diligence de partir depuis que on me l'a dict et est encores icy. Les grandz navires à ce que j'entendz sont desjà tous à la bouche de ceste ryvière, et se faict en ceste ville par moyen de marchantz estrangers

1. Ce personnage singulier, dont il sera si souvent question dans la suite de cette correspondance, parait avoir été un capitaine français passé au service du roi d'Angleterre et cherchant à rentrer en grâce auprès de François !«' et de Henri II. Son rôle est ^n tout cas des plus équivoques et il semble n'avoir cherché qu'à faire acheter au plus offrant ses prétendus services. 11 trahissait déjà la France Tannée précédente, et se trouvait en relations avec Paget à Douvres. (Dépêche de Paget au secrétaire d'État Petre, du 25 février 1545, State Papers, t. X, p. 307.) En mai 1549, on le retrouve en Danemark. (Dépêche de sir John Borthwick, ambassadeur d'Angleterre en Danemark, à Petre, Calendar of State Papers^ Foreign Séries, Edward VI, p. 36. — a.'ld., p. 20.)

30 NÉGOCIATIONS DE [SBPTEMBEI 1546]

provision de salepetres ainsy que Ton m*a dict de bon lieu, qui sont tous préparatifz manifTéstez de guerre en laquelle, Monseigneur, j'ay oppi* nion quant à nioy que ce prince rentrera avec moings^de respect que le

bien de son royaulme ne vouidroyt qu'il eust J*arrivay hyer à disoer

du retour de la court, et i'après disnée partist d ycy comme Ton m'a dict Tambassadeur de l'empereur pour y aller, lequel à ce que j'entendz avoyt receu nouvelles de son maistre par lesquelles il estoyt adverty que ledict seigneur avoyt levé le siège de devant Inglostat * et avoyt mictz. deux M. Italliens et Espaignolz dedans et s'estoyt approché bien près du camp des protestantz qui se rccuUoint et desquelz avoyt esté priz et tué grand nombre par les chevaulx légers de Tempereur en quelque escarmouche; que monsieur de Bures estoyt arryvé au camp dudict seigneur empereur et avoyt en son chemin bruslé et destniict plusieurs groz villages et bourgades desdict protestantz où il avoyt faict tout mectre à mort hommes, femmes et enfantz : ces nouvelles, Monseigneur, m'ont este dictes par ung Espaignol qui ne bouge de la maison dudict ambassadeur et me vient quelquefoys visitter et compter des nouvelles, mais ce n'est jamais au désadventaige de l'empereur. » Selve a parlé au roi d'Angleterre de TafTaire du baron de Saint-Blande sÂiou card, dont on ne connaît toujours pas la retraite. Il lui a été répondu BiancâTd. que le prisonnier devait d'abord se mettre à rançon, et Selve craint qu'il ne recouvre jamais sa liberté que par cette voie. L'amiral d'Angleterre est toujours à Londres, et ne parle pas de retourner à la cour ; il vient d'envoyer à Selve une lettre adressée à l'amiral, en priant Selve de recommander le signataire. Selon les instructions du roi, Selve a parlé à l'amiral et au roi d'Angleterre de l'aiïaire de Guillaume Le Gras, de Paris, au sujet duquel le roi avait déjà écrit à tous deux. Il lui a été répondu que le roi d'Angleterre y pourvoirait quand on aurait fait justice à ses sujets et notamment qu'on leur aurait restitué les navires de grande valeur qui venaient de leur être pris. Selve avertit l'amiral de tous ces détails, n'en voulant pas ennuyer le roi.

'< De Londres, ce xiiii'" septembre 1 546. »>

Affaire da baroQ

« Monseigneur l'on m'a adverty que ceste nuict qui vient doibvent estre embarquez cinq M. angloys sur ceste ryvière pour passer la mer : j'adverlis monseigneur le mareschal du Byez du tout. »

Vol. G, fo ÎK) vo, copie du xvi« siècle,. 4 p. i/2 in-f=>.

SELVE A M. DE L AUBBSPINE.

30. — Londres, io septembre. — Selve avise M. de l'Aubespine que le courrier Guillaume, présent porteur, a été dépêché par lui une

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