‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 54 sur 201 · Dimanche 12 septembre · texte numérisé non relu

Dimanche 12 septembre

2. L'attaque en pleine paix des fortiûcations françaises par la garnison anglaise <le Boulogne avait eu lieu dans la nait du o au 6 septembre. L'ordre d'attaque, prémédité depuis longtemps, avait été directement apporté d'Angleterre par sir Thomas Palmer, capitaine du fort de VOld Man, qui passait constamment de Boulogne en Angleterre. (Dépêche de William Grey, gouverneur de Boulogne, à Henry VIII, S septembre, State Papers, t. XI, p. 289.)

ledict fort avoyt esté faict et enlrepriz contre la teneur dudict traicté *. » Le roi d'Angleterre s'est ensuite plaint du retard de la nomination des commissaires des frontières du Boulonnais ', ainsi que de la proclamation du maréchal du Biez, en se déclarant satisfait de Tarrivée des commissaires sur le fait du reliquat encore dû des 500000 écus'.

Selve ayant soutenu dans sa réponse le droit du roi à continuer la présente fortification, si elle avait été commencée avant le traité, et même son droit à la faire commencer tout à neuf, puisque le roi d'Angleterre en faisait autant de son côté, le roi d'Angleterre nia formellement qu'il se fortifiât de son côté, tout en déclarant « qu'il debvroyt à bonne raison faire des fortîGcations et non pas vous, car il n'avoyt aultre seureté ny ostaige de l'argent que vous luy aviez promictz pour Boullongne et qu'il debvoyt bien craindre de perdre son gage ». L'ambassadeur objecta que si le roi d'Angleterre était dans l'mtention de rendre Boulogne comme il l'avait promis, il n'était pas besoin de fortiGcations. et lui rappela « la cryée et proclamation qu'il avoyt faict faire en sa ville de Londres au temps de la venue de monseigneur l'admirai par deçà touchant la vente et aliénation à centz et rente des maisons et terres de la ville de Boullongne et pays deBouUenoys», résolution manifestement contraire à la teneur du traité. A quoi le prince répliqua que dans sa proclamation il n'était pas question de vendre lesdites terres du Boulonnais. « Me disant oultre », dit Selve, « qu'il n'eust pas prommictz restituer Boullongne pour six ne pour dix millions sans l'espérance et fundement qu'il faisoyt en vostre amytié et que le temps qu'il avoyt faict mectre à ladicte restitution n'estoyt pour aultre fin que pour veoyret juger ce pendent sy vous aymeriés ou luy ou Boullongne et congnoistre comme vous vous porteriez avec l'empereur et le pape qu'il me nomma évesque de Romme, et que selon que vous feriez il feroyt... »

1. Lettre du maréclial du Biez à Williaoi Grey, et réponse, 7, 8 septembre. {Siate Papers, t. XI, p. 290, n. 1.) Cette lettre fait mention d'une correspondance antérieure entre William Grey et le capitaine Baron, commandant des ouvrages français.

2. D'après le traité d'Ardres, le règlement des frontières du Boulonnais devait être confié à une commission spéciale, qui devait notamment déterminer la source exacte de la Liane, rivière dont le cours devait servir de limite. Les commissaires anglais, sir Thomas Moyle, William Grey, gouverneur de Boulogne, sir Edward Wotton, trésorier de Calais, frère de l'ambassadeur en France, et sir Thomas Palmer, capitaine du fort de VOld Man, à Boulogne, étaient à leur poste depuis le commencement d'août. (Leurs Instructions, du 7 août, Siate Papers, t. XI, p. 268, n. 1.) Les commissaires français, Adrien de Pisselcu, seigneur de Heilly, Claude Bouton, seigneur de Corberon, MM. de Lugy et de Framezelles, objectèrent, dès la première entrevue, l'insumsance de leurs pouvoirs. (Dépêche des commissaires anglais au Conseil privé, du 17 août, State Papers, t. XI, pp. 268, 269.) Palmer et Moyle venaient de revenir en Angleterre le 6 et le 10 septembre et avaient apporté ces nouvelles au roi d'Angleterre. (Voir ci-dessus, Selve au roi, 12 octobre.)

3. Les conférences avaient commencé le 8 septembre, entre Guines et Ardres, au lieu même où s'était négocié le traité de paix, lieu proposé par Selve le 20 juillet. (Dépêches de Petre et May à Henry YIII, du 10 et du 25 septembre, State Papen, t. XI, pp. 290 et 312.)

Selve prie le roi de l*excuser sHl s'est avancé sans avoir autre commandement du roi : il lui a semblé que Toccasion lui commandait d*agir ainsi. ,

« Syre,le bruit continue icy de lever gentz pour envoyer à Boullongne, mectre navires en mer ainsy que je vous ay par cy-devant mandé, et se use en cela toute la dilligence qui est possible. »

« Escript à Londres le xini^* septembre v^ xlvi. »

Vol. 6, fo 27 vo, copie du xvi« siècle, 5 p. 1/2 in-fo.

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