SELYE A LA REINE D ECOSSE
73. — Londres^ o décembre. — « Madame, j'ay receu long temps ha les lettres qu'il vous a pieu m*escripre du XIX" du moys d'octobre dernier passé, ausquelies je n'ay plus tost heu le moyen de vous faire responce et tesmoigner le désir que j'ay de vous rendre très humble obéissance en tout ce qu'il vous plaira me commander tant pour voz afTayres que pour ceulx de la royne voslre fille, desquelz, Madame, je ne vous feray poinct long discours, estimant que vous entendrez la disposition en laquelle ilz sont du costé de deçà par messieurs vos ambassadeurs avec lesquelz j'ay assisté en l'audience qu'ilz ont eue au conseil du roy d'Angleterre, et incontinent après j'ay adverty le roy en dilligence des diffîcultez qui nous ont esté faictespardccasurTarticlede la compréhension, sur quoy j'attendz dans quatre ou cinq jours ample responce dudict seigneur suyvant le commandement et intention duquel, Madame, je ne fauldray de m'employer pour ma part avec messieurs vos ambassadeurs pour vosdictes afTayres tout ainsy comme pour ceulx dudict seigneur roy mon maistre.
« Madame, il y ha environ XY jours que le gentilhomme par lequel il vous a pieu m'cscripre est passé en France, depuis l'arrivée duquel le roy m'a escript du XXIir du passé et estoyt pour lors à Folembray * en bonne santé, Dieu mercy, et debvoit estre à Villiers Costray * au commencement de ce moys, qui sont toutes les nouvelles que je vous man- <leray de peur de vous ennuyer de trop longue lettre.
« Madame, je supplie Nostre Seigneur vous donner en parfaicte santé et prospérité très longue et très heureuse vie. »
a De Londres, ce v-« décembre v« xivi, »