Berteville. Voir ci-dessus, 18 novembre
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pas perdu son voyage. A quoi il m*a répondu qu'il estoyt bien marry • d'avoyr prins congé dudict N... et qu'il ny avoyt plus ordre de retourner parler à luy et que cela le mectroyt en souspesson, mais qu'il esperoyt revenir icy à ce Noël et qu'il sçauroyt qu'il avoyt au ventre et qu'après il verroyt sy le roy luy vouldroict donner M escus aussy bien qu'au vallet qui avoyt décelé le frère dudict N... Je lui respondictz que luy qui estoyt gentilhomme debvoyt bien espérer aultre présent que n'estoy t celuy qui avoyt esté faict à ung vallet. Après je luy demande qu'il congnoissoyt en la court du roy. Il me respondict en ces propres termes qu'il ne luy falloyt poinct parler de la court et qu'il n'y avoyt poinct esté et qu'il estoyt sot comme ung escollier et qu'il ne faisoyt que sortir des estudes où il avoyt bien mangé du pain perdu. Et en fin prinst congé de moy et me dist qu'il s'en retournoyt en France avec un petit orfeuvre de Paris nommé maistre Pierre et qu'il iroyt passer au fort et veoyr si monsieur de Ryou luy vouldroict faire quelque ayde pour recouvrer l'argent qu'on luy avoyt desrobé, et s'en alla. Hyer au matin il m'envoya deux valletz avec une lettre pour m'emprunter six escus, laquelle, Monseigneur, je retins et la vous envoyé. La responce que je feiz feust de bouche, disant auxdicts valletz que je trouvoys estrange que leur maistre me demande YI escus après avoir relTuzé de moy de beaucoup plus grandz offres et que je luy offroys encores, mais que je voulloys sçavoyr à qui je faisoys plaisir et que je ne sçavoys s'il avoyt escript ou signé ladicte lettre. Sur quoy ilz s'en allèrent sans avoyr de moy aultre chose. Cejourd'huy matin j'ay trouvé moyen d'envoyer quelchun à son logeîs soubz une occasion faincte pour entendre s'il y estoyt, quand il partiroyt et par où il passoyt. Et estant audict logeis il n'i ha trouvé qu'ung des valletz dudict jeune homme, qui luy ha dict que son maistre s'en estoyt allé à la court du roy d'Angleterre qui est à XV ou XVI mil d'icy et qu'il reviendroyt bien tost pour s'en aller en France et qu'il retourneroyt par Boulloigne. Tout ce que j'ay peu sçavoyr de la maison dudict gentilhomme est qu'il se dict filz d'ung gentilhomme de Normandye qu'il nomme monsieur de Mesdany et dict qu'il est parent du baillif d'AUenson. Voilà, Monseigneur, ung fort long discours, et de matière, par adventure, qui en fin se trouvera n'estre paz de grande importance; mais toutesfoys telles choses me semblent dangereuses à tayre. »
Ce jourd'hui N... est venu voir Selve sans être appelé, et après de nouvelles offres de service, bien que le roi d'Angleterre lui donnât 1400 écus par an, a proposé de découvrir des choses de grande importance. « Et m'a dict que ce roy avoyt de grandz avertissementz de delà, et par personnes du conseil mesmes du roy qu'il nommeroyt à celuy que le roy vouldroict, et quand besoing seroyt fourniroyt des lettres signées et des chiffres ou contrechiffres par lesquelz telles choses se vérifBeront, et que tout homme qui venoyt par deçà pour faire offres à ce roy estoyt
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. bieu venu eucores que la pluàpart feussent gentz qui n'avoiot aulchun moyen de rien exécutter de ce qu*ilz promectoint. » Selve lui a demandé s*il connaissait le jeune gentilhomme dont il s^agissait. <« Il m*a dict que ouy et qu'il esloyt fils de monsieur de Medany et que son père estovt ung fort honnesle gentilhomme, mais que cestuy cy esto^l ung pauvre jeune enfant qui avoyi esté desbauché par plus fines et meschantes personnes que luy qui luy faisoint jouer un rolle qu'ilz n'osoint jouer eulx mesmes, et que cestuy cy ne sçavoyt qu'il faisoyt et que c'estoyt grand dommaige et que ce seroit bien faict de le faire prendre par son père mesmes quand il seroyt par delà soubz coulleur de ce qu*il s'estoyt desrobbé de luy sans faire semblant qu'il y eust autre cause, et que l'on tyreroyt de luy tout ce qu'il sçauroyt et qu'il en accuseroyt qui
estointplus fins que luy et que il y falloyt aller finement d'aultant
que pour le moindre souspesson de telles choses Ton le feroyt mourir par deçà. » N... a dit à Selve avoir donné cent écus de la part du roi d'Angleterre à ce jeune homme, qui voulait absolument parler à Henry YUI en personne : adressé par N... à Larligue *, et par celui-ci à Paget, il avait reçu de ce dernier cette réponse : « qu'il s'adressast à d'aultres et qu'il [Paget] ne tenoyt pas ce roy en sa manche ». Ce doil être la cause de la présence actuelle de ce jeune homme à la cour. « Ledict jeune homme », dit Selve, << est beau et blond n'ayant poinct de barbe et porte ung saye de mattelot faict de ces mantes à long poil qui sont barrées de diverses coulleurs et ung bonnet de velour noyr. Et voylà tout ce que je sçay de cesle hysloyre. »
« Monseigneur, il s'entend de quelques endroictz que les préparatifz que le roy d'Angleterre dict voulloyr faire pour la guerre d'Escosse à ce temps nouveau et desquelz il se tient desjà asseuré sont XIl" lansquenelz, 11*" chevaulx clevoys et XV^albanoys, sans ce qu'il lèvera de son pays dont Ton faict le compte par les paroisses qu'ils disent estre en nombre de XL" ou environ qui pourront faire pour le moins ung homme chaschune, et qu'il a envoyé par voyes de marchantz faire achapter grande quantité de bledz en Danemarch pour mener et conduyre en la frontière du costé d'Escosse où il faict faire aussy à ce que l'on dicl grande provision de bestial et de chairs sallées. Et estiment plusieurs que du costé de la mer les fiamentz se joincdront aulx angloys contre ledict pays d'Escosse. Au demeurant l'on dict que l'on besongne fort aux fortiffications de l'isle de Ouich et de Porcemut et de l'isle de Anglisay qui est tyran t vers Escosse.
NouteUes « Monseigneur, j'ay particulièrement voulu examiner N... sur lesdictz Allemagne, préparatifz, mais il m'a fort asseuré quant aulx XII" alternants qu'il n'en estoyt rien et qu'il estoyt impossible et que tout ce que le roy
1. Personnage monlionné sous le nom d* « Artigo » dans les dépêches de Paget à Henry VIII en i543. {State Papers, t. XI, pp. 265, 300, 309.1
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d'Angleterre en avoyt peu finir esloyt XVII ou XVIII*^ chevaulx par le moyen de Ringrave qui estoyt dernièrement icy qui luy avoint proumictz de les luy mener, mais que Ton doubtoyt encores fort qu'il ne pourroyt tenir proumesse. Quant aulx Albanoys, il m'a diet que dès le temps des dernières guerres ledict seigneur roy d'Angleterre en avoyt faict arrester 1111*= en Hungrye, quy estoint encores là parce qu'ilz n'avoint jamays voulu entreprendre de passer sinon à la fisle, désarmés et à pied, et sy demandoint cinq payes d'advance. Oultre m'a dict que le secours des estrangers dont ce roy se voulloyt asseurer n 'estoyt poinct pour mener en Escosse, mais pour se tenir prest sy le roy luy voulloyt ce pendent mouvoyr la guerre en Piccardie ou de ce costé de deçà, et qu'à ceste fin faisoyt Ton tenir deniers à Anvers pour les paymentz quand il seroy t besoing de les faire pour avoyr les gentz plus tost prestz. » N... a déclaré qu'il n'aurait pu en savoir davantage, même pour vingt mille écus qu'on lui eut donnés à dépenser à cet effet. Il parle de mauvaises nouvelles reçues de l'armée de l'empereur. Selve a dépêché néanmoins ce porteur exprès, chargé d'un paquet contenant les « camisolles de laine » que l'amiral a commandées au sieur Barthélémy Cornpaigne de lui envoyer.
« De Londres y ce aav— novembre v-^ xlvi, »
« Monseigneur, j'obmectoys à vous dire qu'il s'est faict ces jours NouveUei passés en ceste ville monstres de quelque nombre de gentz et s'en faict ^^^*^^*^* encores chaschun jour dedans ce pays par les villaiges affin comme l'on estime de faire Testât et le compte des genlz de guerre qui sy pourroint trouver. L'on m'a aussy dict pour chose certaine que les navires de ce roy sont bien prez du chasteau de Sainct-André sans y pouvoyr aborder et qu'il y ha un soldat françoys qui est fort homme de guerre et de grand service qui ha trouvé moyen par sublillité d'entrer dans ledict chasteau par le commandement de ce roy auquel il a esté présenté et addressé par Lartigue. Et aultre chose n'ay peu entendre du nom ny de la personne dudict soldat. »
Vol. 6, f« 67 v», copie du xvi« siècle, 9 p. in-fo.
SELVE A l'ambassadeur DE FRANCE EN FLANDRE.
63. — Londres^ 19 septembre, — Selve avise l'ambassadeur du roi en Flandre que la somme d'argent envoyée d'Angleterre à Anvers est de 40000 livres sterling, soit 160000 écus, et lui dépêche ce porteur chargé de lui remettre le mémoire ci-joint. Il l'advertit des bruits de guerre .contre l'Ecosse et de la présence des ambassadeurs écossais à Londres.
« De Londres^ ce xix»* novembre v« xlyi, »
Vol. 6, f° 72 v**, copie du xvi^ siècle, 1 p. in-P. Angleterre. — 1546-1540. 5 ^^
66 NÉGOCIATIONS DE [XO^TXRRE 1546
SELYE A X. riE L'aUBBSPINE '.
64. — Lo/u/rr»^ '/6 novembre. — Les dépêches que Selve envoie par ce courrier sont si importantes, qull a cru devoir les remettre à un porteur spécial auquel il n*a remis que 30 écus. Il en avertit M. de TAubespine en le priant de lui faire savoir si celui-ci a fait payer ce courrier tant pour Taller que pour le retour, auquel cas il n'inscrirait pas cette dépense dans les rôles de ses frais extraordinaires.
« De Londres, rr a'.viv-* novembre v xlvi. »
Vol. 6, f" 7:2 V, copie du xvr siècle, 1/4 p. in-f".
SKLVK AU ROI.
65. - Londres^ .28 novembre. — Selve a écrit au roi le 25 et vient de recevoir les dépèches du roi en date des 21 et 24. Les ambassadeurs d'Ecosse ont été reçus la veille après dîner au conseil. Selve a été présent, avec l'ambassadeur de Tempereur, à la durée de Taudience qui a été très agitée, comme le roi le verra par le mémoire qui lui est envoyé. En fin de compte, le roi d'Angleterre se prétend quitte de la clause comprenant les écossais dans le traité de paix, et cela tant h cause des traités qu'il dit exister entre lui et l'empereur qu'en raison des nouveaux motifs de guerre intervenus entre lui cl les écossais. Le but poursuivi par la cour d'Angleterre est de faire abandonner aux écossais la clause de compréhension dans la paix et de les obliger à rechercher l'alliance anglaise par d'autres voies, ce que ceux-ci ont déclaré à Selve ne jamais devoir consentir à faire.
« Sire, il y ha icy nouvelles d'hyer que les navires duroy d'Angleterre ont esté au secours du chasteau de Sainct-André et sontvenuzjusquesau combat de l'artillerye contre ceulx qui le tiennent assiégé, pendent lequel celui qui tua feu monseigneur le cardinal de Sainct-André *, nommé Normont ^, est sorty par ugne poterne qui est au pied dudict chasteau do costé de la mer et s'est saulvé en ce pays icy, et disent aulchuns qu'il ha amené le filz du gouverneur quant et soy, dont l'évesque de Rosse m'a dict qu'il soaura bien tost la vérité, et que cestuy là qui est sorty estoyt son frère d'ung costé, et que s'il estoyt sorty il se doubtoyt bien de la manière et que ce n'avoyt poinct esté par poterne car il n'y en avoyt poinct, mais que ce debvoyt estre par ugne fenestre qui respond sur la mer à troys ou quatre brasses près quand la mer est haulte et plaine, et
1. Claude de l'Aubespine, haron de CiiAteauoeuf, secrétaire d'Étal, mort en !j67-
2. David Beloun, abbé d'Aberbrothwick, archevêque et (*ardinal de Saint-André, lord chancelier d'Kcosse, assassiné le 29 mai 15S6.
3. Norman Leslie, fils aîné de George Leslie troisième comte de Rothes, chef des seize conjurés qui avaient assassiné le cardinal de Saint-André.
[novembre 1546] M. DE SELVE 67
que dès l'heure qu'il estoyt parly d'Escossc le gouverneur avoyt adver- /
lissement que dedans le chasteau il avoyt faict et fabricqué ung petit /
bateau pour porter III ou IIII remes et qu'il se debvoyt eslre saulvé dedans ledict bateau. Qui est, Sire, tout ce que je sçay pour le présent, sinon que lesdictz ambassadeurs m'ont prié de vous fair^ tenir ung mot de lettre qu'ilz vous eseripvent. »
« De Londres^ ce xxvni** novembre v xlv/. »
Vol. (), fo 72 v°, copie du xvi« siècle, 3 p. in-r'>.
SELVE A l'amiral.
86. — Londres^ 29 novembre, — Selve a reçu la veille au soir très tard la dépêche de Tamiral en date du 24, à laquelle il fera plus ample réponse drs qu'il en aura exécuté les prescriptions. Les présentes dépèches au roi et à l'amiral seraient parties cette nuit, sans le retard causé par la dépèche des ambassadeurs d'Ecosse au roi. « Maislre Adam Hotbourne, l'ung /
d'iceulx ambassadeurs, » ajoute-t-il, « me dist hyer en latin en l'oreille, se départant d'avec moy, que le roy feroyt bien de monstrer tant en ce pays qu'en Escosse qu'il faisoyt caz de l'amytié des escossoys, lesquelz plusieurs grandz person^aiges du pays avoint bonne envye de faire devenir angloys. » Selve a répondu qu'on ne pouvait souhaiter meilleure disposition à leur égard que celle du roi.
« Monseigneur, il est ces jours passés arrivé ung hérauld d'Angleterre NouTene» qui revient du camp de l'empereur *, lequel à ce que j'ay peu entendre ^'A"en»»En«de maistre Paget a porté nouvelles que ledict seigneur empereur estoyt dans ugne ville nommée Guingan et que les Allemantz estoint auprès du costé du Danube pour luy cuyder empescherles vivres et que la plus part «les itallyens s'estôint retirés et départis d'avec luy en ceste ville. Il s'en parle diversement d'aultant que les marchantz allemantz disent que leurs advertissements portent que sa personne et ses aflaires sont en poyne et danger et les flamautz disent avoyr certaines nouvelles du contrayre.
« Monseigneur, je viens tout présentement en fermant ceste lettre Nouvelle» d'estre adverty que pour vray celluy qui tua le feu cardinal Sainct-André ^'^^^os'c. est arryvé en ceste ville. Il se ndmme comme j'entendz Normont Peslay * et a mené quand et soy ung homme de lolx et de praclicquc du pays d'Escosse que l'on appelle maistre Henry Penez^ qui estoyt avec lu^ dans le chasteau Sainct-André dout ils sont tous deux sortis à la faveur de l'artillerie de dix navires angloys dans les schifz desquelz ilz sont descendus dudict chasteau avec des cordes en très grand danger de leurs
• i. Dépêche de Thirlby à Pagcl, daCëe de Tillingen, 8 et 11 novembre 1566. {State Paper», l. XI, pp. 339 et 344.) 2. Erreur de copiste. Lire Normont Leslay. Voir ci-dessus. 'l. Henry Balaeves (î), plus lard lord de la Cour de session (4558), mort en 1570.
«a jLfU&: f4r 'rfiu: vil ^Lrfuusai Ariîc:: nA^ddaHi. ait "y leaçM^ itk 'nTuLi^-t i#u. iii?A'- uiii:iim* it^ssâir'z i^-"r^s- -!^ ms imaimrs ceatz (ï»?txuirt j**ni:r.. '.*:Iiîair::iL ri ii «ut ^as riixxiTiimrs: âf mt rrCârtr anec OiniittJiui.'^ c'iiin*''^* ûliQé:: -::.^ntîaii. iuàiniti js iic ta ei^r^^c^ÊBar est ♦a*»>\#**?t £*<ii»î5U.** ^i«imit» ^ rair^tr;:. •
^ ML <Jk • Aijcu«çtxx#t î'.iET rnn ;ai:*î ^*I h zot i» 3»?rij!cr 5f ia présente
6S. — jt//Wrei. ir9 »"--î'' <4Îr*, — Se^r* ct^jA éit\<Ài fâîiv tefiîr ÎHunê- 4i4il^rtbebi 4t-j rc^ sij^ VMz^ qsK rcT«»:fBe -i^ ilc«3 rkftt 4e lui écrire.
%'^, <»- #» 75 1*. copie 4a nr* *jk>. ! 5 p. .i-^<*.
SrL^E A LAMIliL-
69. — hmdr^^ 29 WfZtmhrt. — Sel ve avertit l'amiral qu'il a chargé le \thf\MMf *\k c^His préê^nU dépêche de prendre en route celle qaÛ a écrile au f'/i préc^demnieDt et qaî n'est partie qall y a environ deux heures. * />« O/ndrei, ce jrx/x- novtmh'e v xlvi. »
V#/l, ^, (^ 75 V*, copie du xvi« siéde, I p. in-f».
SELVE AC fiOI.
70# — hmdre%, /•' décembre. — Selve a écrit au roi les 25, 28 et i{9 îUfSitîïihvtt^ et envoie présentement « ugne longue lettre en chiffre • à ramiral, uii il instruit celui-ci de tout ce qui vient de survenir. ti Ihi hmdre%^ ce premier décembre v^xlm, »
VoL «, f" 7«, copie du xvi« siècle, \j^ p. in-fo.
8KLYB A l'amiral.
><«l»ioHi 'i. —• l'ffndre$ ^ 1*^' décembre. — Selve a écrit à Tamiral une
NNitêii (l^péchn en date du !25 et deux datées du 29 novembre. La présente a
M i>titntin. pour objfst do signaler la visite que lui a faite la veille le jenne homme
[décembre 1S46] M. DE SELVE 69
dont il s'agit. Ce personnage, raconte avec de longs détails Tambassadeur, est venu deux fois le voir, lui a redit sa visite à la cour d'Angleterre, sa conversation avec le roi et a déclaré qu'il voulait s*en retourner en France. Pour lui ôter le soupçon qu'on eut fait sur lui des rapports défavorables, Selve lui a fait craindre qu'il le croyait coupable de quelque querelle en France, et finalement, lui a offert de l'argent. « Ce que je feitz incontinent après par ung de mes gentz », dit-il, « auquel je donnay charge de luy en faire escripre devant luy ung récépissé pour le vous envoyer comme je faictz présentement, affin que vous puissiez veoyr si le seing et escriptures sont semblables à la lettre que je vous ay envoyée de luy. Et m'a raporté mon homme qu'il avoyt prins garde à la façon de ses valletz avec leur maistre avec lequel ilz font les compaignons, et ont contenance de soldatz. Et luy a dict ledict jeune homme qu'il en avoyt bien ugne vinclaine quand il partist pour venir par deçà, et qu'il passoyt par Boulloigne et la Piccardye pour s'en retourner comme je vousay jà mandé, b
Sur le soir, assez tard, vint également a celluy qui s'offre tant à faire service ' ». Il raconta à Selve comment Paget avait conseillé à ce jeune homme de revenir emprunter de l'argent à l'ambassadeur pour découvrir par là si de Selve savait que le roi d'Angleterre lui eut fait donner cent écus, « et me loua fort, » dit Selve, « le tour que j'avoys faict de luy en prester et que certainement sans cela les choses tumboint en quelque souspesson ». Il a fait encore de nouvelles offres de service, et quant au « personnaige qui advertissoyt par deçà » qu'il avait offert de désigner, a déclaré la crainte qu'il avait qu'il ne lui coûtât la vie de le dénoncer. « Celluy qui se mesloyt de cela », a-t-il dit à l'ambassadeur en parlant de cet espion inconnu, a faisoyt ce mestier advant qu'il feust en ce pays et le continuoyl tous les jours et le continueroyt encores, de sorte qu'il seroyt aise de l'y prendre qui y vouldroict avoyr l'œil sans faire aulchune mention des choses passées... Il advertissoyt^^rdinayrement de toutes choses et y estoyt sy dilligent que quelquesfoys ceulx cy estoint entrez en souspesson qu'il ne feust double et que l'on luy feist par delà jouer ce jeu. Cen'estoyt poinct ung homme qui fust telles choses pour avarice ne pour pauvreté qui feust en luy, car il n'avoyt ny l'ung ny l'aultre, mais ce qu'il en faisoyt estoyt par mal contentement qu'il avoyt de delà. » Selve lui demanda alors s'il n'avait pas les « lettres et chiffres et moyens de vérifier les choses » dont il lui avait parlé lors de leur première conversation. A quoi il répondit « qu'il luy avoyt bien passé par les mains, mais qu'il ne les avoyt plus et que l'on ne lui laissoyt pas telles choses en main, et que l'on luy avoyt tousjours dissimulées jusques à ce que de luy mesmes il les avoyt descouvertes et que depuis on ne luy en avoyt rien celé. Et m'a dict qu'il en avoyt baillé amples mémoyres au baron de Saint-Blanc-
1. EWdemmeDt Berteville. Voir les dépêches du 18 et du 25 novembre.
70 NÉGOCIATIONS DE [wÉCEMBEE 1546]
i|uard qui luy avoyt dict qu'il pcnsoyt que le roy le renvoyeroyl îcy pour cela, et que sy ledict seigneurie renvoyoit il lui descouvriroyl tout, ou hien Hy après avoyr entendu lesdiclz mémoires Sa Majesté vouUoyt que jVînlcndisse que c'estoyt quMl le me diroyt et que dans quatre ou duq jours la résolution en pourroyt venir. » Il s'est ensuite vanté, entre autres services, d'avoir fait délivrer des français prisonniers, dont un certain I^onard, marinier de Saint-Valery-en-Caux, de leur avoir donné de Targent, des passeports et des avertissements à porter au roi; puis il a assuré h Selve qu'il gagnerait un des clercs de Paget, que l'ambassadeur connaît bien, mais sous couleur d'affaires particulières et non pas en parlant de celles du roi. Le roi d'Angleterre, a-t-il encore dit, ne tend fju'à Hurprendre une place en Normandie, afin de faire abandonner au roi de France le nouveau fort construit après de Boulogne. « Et ma «compté ", dit Solvo en terminant, après s'être longuement étendu sur ce récit, •« qu'il n'y avoyt guère que Paget luy avoyt dict en devisant que sy la guerre rctournoyt entre les deux Majestés qu'il luy sembloyt (ju'il n'y avoyt plus guère d'acquest de la tenir en Picardie où les place? estoint trop fortes, et qu'elle seroyt bien mieulx du costé de Normandyie, luy en demandent son advis. A quoy il avoyt respondu qu'il fauldroict sr;avoir Mur quel lieu Ton vouldroict faire entreprise. Et lors l'aultre luy dist qu'il n'en sçavoyt rien et qu'il pensoyt que telles choses n'adviendroint pas, mais qu'il en parloyt par manière de deviz... » !• /k LfnidrcHj n> premier th^mmbrc v* xlm. »] Vol. (i, f" 70 v", copie (lu xvi« siècle, 7 p. In-f».
MiaVK A L'aMMASSADEUR I)K FRANCE EN FLANDRE.
72. — Lnndri'^^ 1 di'vombre. — Selve a reçu la dépêche de l'ambassadeur en dat<; du 27 novembre et lui renvoie présentement la copie de sa réponse à la premières dépêche de l'ambassadeur datée du 15 octobre, réponse en date du \ novembre : il regrette bien la faute du marchand auquel avait été confié l'original.
11 avise de nouveau l'ambassadeur (pie la somme d'argent dont il a été question doit plutôt avoir pour objet l'achat de munitions, et non pas le payement des dettes du roi d'Angleterre, comme semble le croire l'ambassadeur, l'argent ne devant êtnî envoyé qu'à la fin de janvier ou au commencement de février. Il l'avertit de l'issue de l'audience des ambassadeurs écossais. « Et sy semble que ceulx cy ayent envye que l'empereur soyt de la partyc contre lesdictz escossoys, à quoy l'ambassadeur dudict seigneur ne se montre guère moings affectionné que eulx^ entre lesquelz vous eussiez dict à ouyr parler tous les deux que les roolles et personnaiges avoint esté estudiez. » « De Londres y ce ////- décembre v-^ xlvl »
Vol. 0, f<> 80, copie du ^i*^ siècle, 1 p. 1/2 in-f°.
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