Villers-Cotterets
« J'entendz que ce porteur revient icy ea diligence, qui m'a faict vous adviser si vous aves chose d'importance à son retour pour mander au roy qu'il sera bon de le me faire tenir par luy et je Tenvoyerai incontinent en dilligence audict seigneur qui est comme je pense quelques foys en peine pour n'avoyr souvent de voz nouvelles comme il vouldroil. Vous trouverez icy ung mot de lettre que j'escriptz à la royne d*Ësco8se; il vous plaira luy faire tenir ensemble ugne aultre lettre que maistre Adam llotebourne luy escript qui m*a faict porter pour mectre dedans mon pacquet. »
Vol. 6, r> 81, copie du xvi* siècle, 2 p. l/:2 In-f*.
SELVE AU ROI
76. — Londre$y 10 décembre. — Selve a reçu, le 7, les dépêches du roi en date du 1" et du 2, apportées par le sieur d*Âuzis et par le gentilhomme naguère envoyé en France par de Selve, lequel sera porteur de la présente, et, le 8, la dépêche du roi en date du 5 contenant des mémoires et des instructions pour l'afTaire d'Ecosse. Il en a conféré avec les ambassadeurs d'Ecosse qui se sont montrés fort contents de ce que le roi a bien voulu faire. L'audience de Selve a été remise à dimanche * ou lundi *, car il n'a pas voulu communiquer à Paget ce qu'il avait à dire, sa lettre de créance étant spéciale pour le roi. « L'on m'a dict. Sire, et allégué pour excuse que ledict seigneur roy d'Angleterre avoyt ung sy grand reume qu'il ne pouvoyt parler, mais à ce que j'entendz il n'est poinct plus mal qu'il a accousteumé et va tous les-jours aulx champs. »
Il n'a pu obtenir que ce jourd'hui môme la provision nécessaire à M. d'Auzis pour passer en Ecosse et avoir des chevaux de poste; encore a-t-il fallu alléguer que le roi l'y envoyait à cause des déprédations commises par des pirates écossais sur des Flamands et des Anglais auprès des côtes de France. Il envoie au roi le double de l'instruction dont il a muni M. d'Auzis à son départ. Selve y expose à l'ambassadeur du roi en Ecosse le désir du roi que les ambassadeurs d' Ecosse à Londres ne passent pas en France l'un sans l'autre et le prie d'agir auprès d'eux dans ce sens. Selve en avait déjà parlé directement aux ambassadeurs d'Ecosse,, en leur faisant valoir diverses raisons, et l'évêque de Ross lui avait répondu qu'au retour d'un héraut qu'ils avaient dépêché en Ecosse dès le 5 décembre, l'un d'eux pourrait recevoir charge de passer en France. « Sur lequel propoz, Sire, » ajoute Selve, « je vous veuil bien aduiser que maistre Adam Hotbourne, l'unz d'iceulx, me feisl dire le V® de ce moys par ung de mes gentz que son compaignon estoyt grand impérial