‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 84 sur 201 · Newcastle · texte numérisé non relu

Newcastle

94 ?ÎÊG0C11TI0NS DE [jAîïVIER 1547]

laine Pierre et de trois autres gentilshommes dont la rançon avait été promise à ceax qui les avaient faits prisonniers. Le messager, qui était un des secrétaires du Conseil, demanda à de la Garde, de la part de Paget, s'il avait écrit au roi pour parler de la ligue défensive, et le prier, au cas où il n'aurait paa lait mention de ligue offensive, dajouter cette proposition, ce dont, dit de la Garde, <c considérant! les advis des préparatifz susdictz, nous ne s^avons bonnement que pencer ». Quant aux ambassadeurs protestants, le chancelier de Saxe ' dit que Paget leur a promis une ligue défensive si le roi de France voulait y entrer : leur audience a été remise jusqu'à la réponse des ambassadeurs français sur ce sujet, réponse que le ohanceher de Saxe sollîeile instamment, disant qu'il ne tient qu'à elle que son ambassade ait un heureux succès. Il n*a encore rien mis en avant au sujet de Boulogne, n*ayaiil pas mi, dit-il, Topportunité d'en parler.

« De Londres^ ce j J»"- Janvyer »> jr/.v/. n Vol. 6, f» H3, copie du xvi« siècle, 3 p. 14 in-f*.

MM. DE SELVC ET DE LA GARDE A L AMIRAL

104. — Londres, 25 janvier, — Ils ont reçu ce jour même la dépèche de l'amiral envoyée par M. de Gombas. « Nous avons esté advertys qu'il est icy arrivé en poste ung cappitaine italyen nommé Johan Agnolo Mariano ' venant de la part du seigneur Loys de Gonzaga ' qui ne peult estre à nostre advis pour aultre cause que pour faire passer icy quelque compaignie d'Italiens ou bien pour faire fayre quelque menée ou entreprise du costé de Piedmont sy d'aventure nous entrions en guerre par deçà. »

« De Londres, le xw^ janvyer v xlm, » Vol. 6, f« 114 V*», copie du xvi** siècle, 1/â p. in-f<».

SELVE A l'ambassadeur DE FRANCE EN ECOSSE.

105. — Londres, .26 janvier. — Selve accuse réception à M. d'Oysy des dépêches qu'il a reçues de lui il y a longtemps déjà par MM. de Combas et d'Auzis. Il s'en remet actuellement à M. de Combas, présent porteur. Celui-ci lui dira comment on a certifié ici à Selve qu'il ne serait

1. Frantz Burckhardt, déjà chargé d'une mission en Angleterre en 1538. {State Papers, t. I, pp. 279-280.)

2. Giovanni-Angelo Mariano (?), de Crémone, chargé en 1545 et 4546 d'opérer diverses levées en Italie au nom de Henrv VHl. {State Papers, t. X, pp. 399-400, et t. XI, p. 122.)

3. Louis de Gonzague, marquis de Casliglione, qu'une dépêche |de Paget à Henry Vlll montre en relation avec TAngleterre, rannéc précédente encore. (State Papers, t. XI, p. 122.)

[janvier 1847] M. DE SELVE 9S

rien tenté contre la compréhension des écossais, tandis qu'on tient un langage tout contraire aux ambassadeurs d'Ecosse.

« De Londres, ce xxvp^* janvyer v« XLvr. »

Vol. 6, r» 115, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-P.

MM. DE SELVE ET DE LA GARDE AU ROI

106. — Londres, 31 janvier. — Ils ont reçu, le 28 au soir, la dépêche du roi envoyée par le capitaine Velleron, et, cette nuit même environ une heure après minuit, celle apportée par le chevaucheur. Ils ont vu . par cette dernière comment le roi les fait avertir de la dépêche de Scepperus, aux entreprises duquel ils mettront tout le soin qu'ils pourront ^ L'ambassadeur de Tempereur fait aussi tout ce qu'il peut et vient d'envoyer, ces jours passés, son secrétaire vers l'empereur, à la suite d'une conférence de trois ou quatre heures avec Paget.

« Sire, nous envoyasmes dès sabmedy matin pour avoyr noslre audience et nous remict l'on à cejourd'huy à nous en faire responce que nous avons envoyé poursuivre. Les ambassadeurs des protestans n'oublient rien de leur costé pour advancer les choses, ne nous en leur endroict. Les préparatifs de guerre continuent plus grandz que jamais, et sont desjà plusieurs gentz de guerre embarcqués dans les navires, et dès Jeudy l'on a icy faict arrester toutz navires tant françoys que espaignolz, flamantz et aultres. Nous ne sçavons sy c'est de peur que la mort du roy d'An- Mort de gleterre ne soyt divulguée, de laquelle. Sire, nous venons présentement ^^^ ^" d'estre asseurés, tant de l'italyen * que de cinq ou six autres endroys, combien que la chose soyt encores tenue sy secretle qu'il n'y a homme qui ose quasi ouvrir la bouche pour en parler, et ne sçail l'on bonnement encores quand advint ladicte mort ^. Bien est vray. Sire, qu'en vous faisant la présente le filz du secrétaire de Venise est venu dire à moy de Selve de la part de son père que ladicte mort feust dès jeudy dernier au soyr * et que ledict seigneur roy d'Angleterre avoyt laissé et nommé vingt commissayres et gouverneurs de son ûls et de ce royaulme desquelz le conte d'Arfolch est le principal et des aultres ne se sçavent encores les noms, ce qui vient d'estre confirmé à moy de la Garde par ung médecin angloys qui a aultresfois esté à moy et qui maintenant estoyt audict seigneur roy d'Angleterre. De quoy. Sire, nous vous adver- 4irons plus particulièrement et certainement le plus tost que nous pour-

1. Cornelis Skepper, connu sons le nom de Cornélius Scepperns, seigneur d'Kcke, membre du conseil d'État des Pays-Bas, chargé, en 1545, d*une mission A Londres. Il était & cette époque auprès de Charles-Quint en Allemagne, et les dépêches de Thirlby à Paget font de fréquentes mentions de leurs entretiens. (State Papers, t. XI, pp. 373-405.)

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