Philippe le Magnanime, landgrave de Hesse
que je faisoys envers luy et qui ne perdist le moyen que la fortune luy présentoyt de se faire beaucoup plus grand qu'il n'estoyt ». Paget répondit en faisant valoir les bonnes dispositions qu'il avait eues de tout temps pour l'alliance française, rappelant son rôle dans le projet de mariage de madame Marie avec un fils de France, disant entre autres propos c que les Françoys ont cela de nature, mesmement les Parisiens de demander XX escus de ce qui ne vault quelquesfoys cinq, qu'est cause le plus souvent pour le haut priz ou longueur de marchander que Ton n'achepte rien ». Enfin Paget a conclu en disant à de la Garde d'en écrire au roi son maître, mais qu'il était préférable que l'ambassadeur ne retournât pas en France, car d'aussi fréquentes allées et venues ne manqueraient pas d'éveiller les soupçons. Raison qui relient à Londres de la Garde, qui n'a pas encore obtenu, d'ailleurs, de réponse définitive sur l'affaire de la galère.
Tel a été l'entretien de M. de la Garde et de Paget. Les ambassadeurs n'ont pas été d'avis de s'avancer davantage sur les ouvertures concernant Boulogne, tant que les ambassadeurs des princes allemands n'ont pas parlé au roi d'Angleterre comme ils doivent le faire. En outre il vaut mieux confirmer le roi d'Angleterre dans le désir qu'il semble montrer d'entrer dans la ligue défensive, avant de lui en proposer les conditions sur lesquelles des difficultés pourront s'élever, car si le roi paraît porté à l'alliance, « il y a pour contrepoids lantd'oppinions de ministres et conseillers et tant de sollicitations des impériaulx au contraire, qu'il seroyt à craindre que ungne bien petite difficulté ne luy feist aisément laisser son oppinion ».
En conséquence, les ambassadeurs du roi demandent une ample instruction, leur signifiant les premiers, seconds et derniers moyens que le roi tient en réserve pour réussir. Ce qu'ils craignent le plus, c'est la découverte de l'entreprise par les impériaux, inconvénient qu'un retard pourrait aisément amener.
« De Londres^ ce xx^^* janvyer v^ xlvi, »
Vol. 6, fo 109, copie du xvi» siècle, 7 p. in-f".
MM. DE SELVE ET DE LA GARDE A L' AMIRAL
102. — LondreSy 20 janvier, — Ils rappellent qu'ils ont écrit au roi par MM. de Combas, de Velleron, d'Auzis, et par Guillaume, chevaucheur d'écurie du roi. Ils n'ajoutent rien à ce que M. de Saint-Blancard pourra dire.
« De Londres^ ce xx^» janvyer v* xl\l »
Vol. (), f^ 113 v°, copie du xvi® siècle, 1/2 p. in-f^.
MM. DE SELVE ET DE LA GARDE AU ROI
NooTeiics ^^^- — Londre$^ 25 janvier. — Ils ont reçu ce jour même les dépêd'ÉÔoflse. ches du roi en date du 16 et du 20 apportées par M. de Combas, pour
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lequel ils ont immédiatement envoyé demander à Paget le passeport nécessaire afin de se rendre en Ecosse. Ce passeport arrivera demain et M. de Combas montera immédiatement à cheval pour poursuivre son voyage.
Ils ont vu par la dépêche du roi en date du 20 les propos qu'a tenus nu roi le pilote portugais, qui est depuis deux jours de retour en ce pays et a répété à de la Garde ce qu'il avait dit au roi.
L*évêque de Ross est venu ce jourd'huy leur raconter Taudience que Adam Otterburn et lui ont eue jeudi dernier * au conseil. On a refusé de recevoir leurs a lettres patentes de ratiffication et confirmation de la compréhension en la paix », en alléguant que Tarticle de compréhension n'oblige le roi d'Angleterre ni à Tune ni à l'autre de ces deux choses, et en les pressant de rechercher par d'autres moyens Talliance anglaise. Ils ont formellement refusé d'abandonner ladite compréhension. En outre, Tévêque de Ross a demandé audience pour présenter les lettres du gouverneur d'Ecosse lui donnant charge à lui seul de passer en France. Selve et de la Garde en envoient du roi la traduction d'écossais en latin « telle que l'a secrettement baillée le compaignon dudict evesque ».
« Au demeurant, Sire, nous a compté ledict sieur de Ross pour chose très certaine que ce roy avoyt envoyé soixante mil livres sterlin qui vallent deux centz quarante mil escus à Neuf Chastel * qui est sur la frontière d'Escosse et que ledict argent partist sabmedy dernier de ceste ville, nous disant qu'il a entendu que le dessaing dudit seigneur est de mectre deux armées par mer pour faire descente audict pays d'Escosse tant du costé de Sainct-André que du costé de Dumbertrand et mectre en terre envyron douze ou quinze mil hommes de chasque part, et néanlmoings faire ce pendent marcher par terre ugne aultre armée d'envyron trente mil hommes dont il dict avoyr de bons ad vis par des escossoys renyés qui sont par deçà. De nom, Sire, nous voyons bien et avons advertissements que ce roy continue tousjours en toute dilligence à faire préparatifz de toutes choses néceâsayres pour la guerre, nous ne pouvons bonnement penser la fin sy ce n'esloyt pour ladicte entreprise d'Escosse. Ledict seigneur de Rosse nous a aussy dict que les deux personnaiges qui estoint sortys du chasteau Sainct-André et venuz par deçà avoint esté mictz prisonnyers après que l'on avoyt icy sur la composition dudict chasteau dont ceulx de deçà sont fort mal contentz à ce qu'il nous veult fayre croyre. »
L'a vaut- veille, Paget a mandé à de la Garde que le roi d'Angleterre avait donné ordre à l'amiral d'Angleterre de délivrer la galère avec ses agrès, aililleries, équipage et soldats, sans toutefois la chiourme à laquelle la liberté avait été promise, exception faite également du capi-