‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 97 sur 201 · Yarmouth · texte numérisé non relu

Yarmouth

[mars 1547] M. DE SELVE 119

par terre contre les escossoys. Ce qui ne me semble croyable d'aultant qu'il se parle moins de préparatifz de guerre pour ce costé-làquejamays. Et sy m'a Ton dict que l'on donnoyt congé aulx espaignolz et italiens qui sont par deçà, qui ne sont poinct signes de guerre. Pareillement, Sire, j'ay entendu que l'on a licencié l'Ytalyen et que l'on lui a donné cinq ^ escus, et que l'on a aussy donné congé à Jehan Ribauld de Dieppe et diminué de la moyctié les gaiges de Jehan Roze dont je ne sçay encores paz bien la vérité. Il est aussy quelque bruict que le cappitaine Julian estoyt accusé d'avoyr dict quelque maulvaise parolle de ce roy, je ne sçay qu'il s'entrouvera. Voylà, Sire, tout ce que je sçay pour le présent. « Sire, etc. »

« De Londres^ ce xviif" mars v^ XLVi. » Vol. 6, fo 141, copie du xvi' siècle, 2 p. 3/4 in-P.

136. — Londres, i 8 mars, — Le protecteur a prié Selve de lui donner les lettres adressées à M. de Matignon et au capitaine de Gaen « pour luy permectre de charger de la pierre dudict Gan pour ung bastiment qu'il faict faire par deçà )>, ce que l'ambassadeur n'a pas cru devoir lui refuser.

« De Londres, ce xviri^ mars v^ xlvi. » Vol. 6, f» 442 v», copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f*.

SELVE AU ROI

136. — Londresj 2i mars, — Selve vient de recevoir la dépêche du roi en date du 27 adressée à M. de la Garde et à lui et n'a pas manqué de faire entendre au protecteur les nouvelles que le roi lui a mandées et dont celui-ci remercie grandement le roi.

« Sire, présentement est venu vers moy l'ambassadeur d'Escosse qui est icy demeuré ^ me faire entendre la responce qu'il a eue de monseigneur le protecteur et aultres de ce conseil sur la plaincte qu'il leur a faict de ta prinse des naxyrcs escossoys. Qui est en summayre. Sire, que lesdictz navyres sont de pyrates et quy ne faisoint aultre mestier sur la mer que piller toutes manières de marchantz et entre aultres les angloys, oultre qu'ilz ont esté assaillantz et ont donné aulx angloys occasion de leur faire ce qui leur a esté faict, luy refuzant de mectre lesdicts prisonniers desdicts navires en liberté, desquelz il n'y a ung seul ainsy que m'a dict ledict ambassadeur qui aist vaillant vingt escus hors mictz ung abbé qui y est'. Après, Sire, m'a dict ledict ambassadeur que ledict protecteur luy

1. Adam Otterbarn, demeuré à Londres depuis le passage de David Paniter» èyèque de Ross, en France, annoncé dans la dépêche du 3.

2. James Stewarl, abbé de Dryburgh, signataire de la convention de Stirling, ea

120 NÉGOCIATIONS DE [mars 154T]

avoyt demandé pourquoy les escossoys ne voulloint traicter quelque paix el axnylié avec le roy d'Angleterre, el qu'ilz s'arestoiut trop à la compréhension que vous avés faicte d*eulx, el que vous, Sire, ne pensiés paz tant à eulx comme ilz cuydoinl el que vous avîés de plus grandez entreprinses du costé dltalye et auxquelles vous sériés sy ententif que vous ne vous soucieryés guères de ce quy se feroyt en Escosse. Et puys luy a demandé quel traicté lesdictz escossoys avoint avec vous qu'ilz faisoint tant de difQcullé de contracter sans vous. A quoy, Sire, il luy a respondu, comme il m'a dict, que ilz estoint tenuz toutes les foys que vous sériés en guerre de leur costé et qu'ilz ne pouvoint traicter paix sans vous, ne vous semblablemenl sans les comprendre. »

Selve a répondu que le roi regardait les affaires d'Ecosse comme les siennes propres, et qu'il recevrait certainement un ordre particulier du roi pour assister les écossais dans TafTaire des vaisseaux capturés.

« De Londres^ ce xx/- martz \> azv/. »

Vol. 6, î? 142 v«, copie du xvi« siècle, 2 p. 1/4 in-P.

SELVE A l'amiral.

137. — Londres, 2t mars, — Selve vient de recevoir la dépêche de l'amiral en date du 17, adressée à M. de la Garde et à lui, et a communiqué au protecteur les nouvelles d'Allemagne envoyées par le roi.

Le protecteur et d'autres membres du conseil lui ont envoyé dans la matinée un secrétaire du conseil pour demander la délivrance des anglais prisonniers sur les galères du roi et pour le prier d'en écrire à M. de la

Garde.

« Au surplus, Monseigneur, il est présentement venu vers moy ung Espaignol quy se dict appeler le cappitaine Villafanyo * et avoyr servy le feu roy d'Angleterre très bien et loyaulment jusques à son trespaz, et mainctenant il est contrainct prendre licence des seigneurs de deçà ainsy que font la plus part des auUres cappitaines espaignolz quy estoint audict feu roy et chercher aultre party, ce qu'il ne peust faire avec l'empereur pour quelque meurtre qu'il a faict en Espaigne à raison duquel il dict s'être absenté de là. Au moyen de quoy il m'a prié voulloyr escripre à quelcun des seigneurs d'entour la personne du roy pour luy donner accez à Sa Majesté, à laquelle s'il sçavoyt faire la moylié des services dont il se sçayt bien vanter et dont il dict qu'il luy fera veoyr les preuves il me semble que ce seroyt assés pour mériter plus de bien qu'il n'a myned'en avoyr laissé de quelque part qu'il vienne. Il m'a dict que son bien et sa

juin 1544. (State Papers, t. V, p. 394, et ci-dessus, dépêche du 6 mai.) Avec lui était John Uay, mentionné ci-dessous dans la dépêche du 15 juin.

1. Les documents anglais contemporains ne fournissent aucun renseignement sur ce personnage souvent mentionné dans la suite de cette correspondance.

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maison estoint sur les confins du royaulme de France el des terres de Tempereur du costé de Navarre, et qu'il avoyt de sez prochains parentz et ailyés gardez de quelques places de frontière oudict royaulme de Navarre. » Selve lui a donné un mot de lettre avec lequel il part le lendemain pour se rendre auprès de Tamiral, de qui il dit être connu depuis le voyage de celui-ci à Venise.

« De Londres^ ce jc-Y/— martz vxlyi. « Vol. 6, P 144 v'», copie du xvi« siècle, 2 p. in-P.

SELVE AU ROI

138. — Londresj 27 mars. — Selve a écrit au roi les 16, 18, 21 mars, et l'avertit qu'il écrit à l'amiral au sujet de quelques avi3 qui viennent de lui être donnés par un certain personnage.

« De Londres, ce xxvn"* mars y XLvr, »

Vol. 6, r» 145, copie du xvi« siècle, 1/2 p. In-P.

SELVB A L*AMIRAL.

139. — Londres, 21 mars. — Selve a écrit à l'amiral les 16, 18 et 21 mars. L'Espagnol don Michel de Perpignan vient encore de venir le voir accompagné de sa garde accoutumée, pour demander réponse. « Aprez m'a compté », dit Selve, « qu'il avoyt hyer parlé à ung gentilhomme de la chambre privée du roy d'Angleterre nommé Obby *, lequel estoyt venu en la Tour pour parler aulx escossoys qui y sont depuis naguères prisonniers, et que entre aultres nouvelles le dict Obby lui avoyt compté que ces seigneurs de deçà avoient nouvelles que le roy avoyt faict quelque ligue avec le Pape et les Vénitiens à l'enconlre de l'empereur et (}ue ledict seigneur roy avoyt grandes forces prestes par mer et parterre qui faisoint doubter lesdicts seigneurs de deçà qu'il ne feust pour entreprendre quelque chose contre eulx, toutesfoys que la vérité s'en sçavoyt bien tost et que dans quatre ou cinq jours l'on pourroyt veoyr sy la paix dureroyt ou non, d'aultant que l'on alloyt commencer du coslé de deçà à faire ugne fortiffication sur l'entrée du port de BouUoigne et qu'il croyoit NouTeiie» que dès le jour mesmes d'hyer se y mestoyt la première pierre, et que foriificaiioiu «y les françoys laissoint faire iadicte fortiffication la paix dureroyt, mais Boulogne. que s'ilz Tempeschoint certainement certainement il y auroyt guerre *.

i. Sir Philip Hobby, gentilhomme de la chambre privée du roi d'Angleterre.

2. 11 s'agit ici de Tensemble des nouveaux travaux de fortification entrepris dans les ports anglais du Boulonnais, sans doute à la suite d'ordres donnés par le nouveau gouvernement anglais. Comme on le verra dans l'analyse sommaire de rinstruction de M. de Vielleville, envoyé spécialement à cet effet, contenue dans la dépèche du 29 mai, ces travaux étaient simultanément commencés à Bolemberg,

Oullre m'a dicl ledict Espaignol qu'il a dès cejourd'huy veu tirer de la Tour où il est logé et charger dans des navires force artyilerie et aultres munitions de guerre, ne sçayt où l'on les portoyt. » Seive en avertit à tout hasard Tamiral et écrit à ce sujet au maréchal du Biez. « Quelque aultre m'a adverty ». continue-t-il, « qu'il est party grande quantité de vivres des portz de Arrvich el^de Germut que Ton portepar mer àBarvich quy est en la frontière d'Escosse, et m'a l'on dict que parmy cela il y a force cheriotz et charettes deffaictz et en pièces pour estre plus portatifz, et est là retourné pour ccst effect monsieur du Delay * frère de monseigneur le grand chamberlan et aussy pour donner quelque aultre estraincle aulx escossoys s'ilz les trouvent en mer à leur advenlaige comme ilz ont faict dernièrement... J'enlendz aussy que lesdictz escossoys qui sont depuis naguères prisonnière en la Tour doibvent estre Bruit cejourd'huy eslargis par la ville de Londres. Au surplus, Monseigneur, * de°°'^ ^^" ^^*ct icy ung grand bruict merveilleusement fascheux et qui me François I". met en grande poyne de la disposition du roy. Je prie à Dieu que les nouvelles que l'on en publie soint aussy faulces comme je les aytousjours dictes et estimées et encores beaucoup plus désirées. »

« De Lo7idres, ce A'A'v//— martz v*^ xivr. » Vol. C, f° 145, copie du x\i^ siècle, 2 p. in-f°.

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