lo août
Bibliothèque de M. Lormier. — Autographe.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
A Paris, ce 10 aoust 1757.
Enfin, Monsieur, vos remontrances sont arrivées (i) ; Je crains bien que, nonobstant les changements que vous avés obtenu, le style et les maximes n'en soyent un peu singulières. Il faut les voir pour en Juger. Vous avés bien fait de ne pas vous opposer au torrent; cela eust été inutile et même vous auroit fait perdre la confiance de vostre Compagnie, qu’il est important d’acquérir dans les commencements. Je ne puis rien dire du succès que vous pouvés attendre de CCS remontrances; le Roy en ordonnera ce qu’il jugera à propos. La grande affaire, présentement, est d’empêcher, s’il se peut, qu’elles ne soyent imprimées; c’est à quoy Je vous exhorte de donner touts vos soins, et cependant Je doutte que vous puissiés y réussir, parce que le principal objet d’un pareil ouvrage est de le rendre public. Vous continuerés de m’instruire de tout ce qui se passera, afin que J’en rende compte à S. M., qui sera instruitte de tout ce que vous avés fait. Vous connoissés. Monsieur, mes sentiments.
(:) Remontrances du 6 août 1757, dressées en exécution de l’arrêt de la Compagnie du g février précédent, « pour prier le Roy de rendre au Parlement sa confiance. » Elles furent imprimées, malgré les mesures prises pour l’empêcher, et le Manuel du Bibliographe normand en cite jusqu’à deux éditions. Mais un arrêt rendu le i3 septembre 1757 supprima l’imprimé, peut-être lorsque celui-ci parut au Parlemént avoir été suffisamment connu du public. Les motifs du réquisitoire du Procureur général et de l’arrêt sont tirés des