I. — 21 juillet
Bibliothèque municipale, Rouen, ms. Y. 241 (14). — Original, signé.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
Je suis charmé, Monsieur, de vous voir en exercice de vostre place (i) ; ce sera un grand acte de justice, qui signalera vostre arrivée, que de rendre les procédures qui regardent le s^ Le Loup (2). A l’égard de l’émeute qui est arrivée dans le marché (3), il ne faut pas en estre sur-
(1) M. de Miromesnil venait d’être installé, le 18 juillet.
(2) Adrien Leloup, prêtre, avait été condamné aux galères par arrêt du Parlement. Après la condamnation, plusieurs pièces du procès ayant été arguées de faux, l’affaire fut renvoyée par le roi au Grand Conseil. Peu favorable par principe aux évocations, le Parlement résista. Ce ne fut que par ses arrêts des 21 novembre et 3 décembre 1757 qu’il se décida enfin, et « malgré la conduite peu respectueuse du procureur général du Grand Conseil », à autoriser la communication des pièces au chancelier. (Registre secret, 1757-8).
(3) Par suite d’une mauvaise récolte, la cherté du blé était devenue inquiétante aux mois de mai et juin 1757; le peuple craignait la disette; les laboureurs étaient accusés de pousser frauduleusement à la hausse ; le Parlement prit diverses mesures pour favoriser l’approvisionnement et réprimer les îra.\ides.{Registre de V Hôtel-de- Ville, Délibérations des XXIV, A. 36, p. 391 de l'Inventaire xcàïgé
pris, c’est chose ordinaire dans le tans (5/c) de cherté. Vous les apaiserés aisément avec le secours des troupes et les bons conseils de Mad^ la Première Présidente (i)» à qui je présente mes hommages dans son royaume et à qui je souhaite, ainsy qu’à son époux, toutes les prospérités qu’ils méritent.
De Lamoignon.
A Compiégne, le 21 juillet lySy.
par M. Ch. de Beaurepaire; — Registre secret, 1756-7, 10, ii, i3,
14, i5, 23, 27 juin, 2 juillet, etc.). « La Cour, . renouvelant en
tant que de besoin les anciens règlements, ordonne que tous les boullengers seront tenus de garnir suffisamment les étaux de leurs boutiques de pain de la qualité requise et de poids juste; de marquer leurs pains de marques apparentes, d’en délivrer la quantité qui leur sera demandée, à l’effet de quoy ils auront un couteau pour le couper et des balances justes et étalonnées pour le peser lorsqu’ils en seront requis... » (ii juin l'jby.)
Le 2 0 juillet, une émeute éclata, à Rouen, à la halle aux grains : le procureur général expose que « deux diminutions consécutives du prix du pain n’ont pu apaiser l’esprit d’inquiétude et de mutinerie ; la halle a été presque continuellement troublée par des menaces faites aux marchands, dont un a été obligé de prendre la fuite pour éviter d’être jeté à la rivière, par des entreprises pour les forcer à vendre leurs grains même au-dessous du prix des derniers marchés, par les injures de plusieurs séditieux », etc.; le 26, l’émotion a été soulevée par un particulier, « qui ne cessa de tenir des propos séditieux et de proférer des injures graves contre les marchands »; lorsqu’il fut arrêté, le peuple se jeta sur lui et favorisa son évasion ; deux femmes furent également arrêtées. {Registre » secret, 27 et 28 juillet, 23 et 24 août.) Le calme revint ensuite.
(1) Marie-Anne du Hamel de Bretteville, première femme de Miromesnil; elle devait mourir, à Rouen, le i3 avril 1760, en donnant le jour à un fils.