LE DUC DE CHOISEUL A MIROMESNIL
Suitte de mon voiage à Versailles pour justifier la conduitte du Parlement.
A Versailles, le i5 mars 1761.
J’ay reçu, Monsieur, les deux lettres dont vous tn’avés honoré le g et 12 de ce mois. Je suis très flatté de la confiance que vous voulés bien me marquer. J’ose vous assurer que je la mérite personnellement par l’attachement sincère et l’estime véritable que vos talents et vos vertus m’ont inspirés; mais vous sentés bien que, dans la position immense de travail où je suis, avec des connoissances peu approfondies sur la magistrature, n’ayant pas la surté d’authorité qui seroit nécessaire pour empêcher les fautes de part et d’autre, il seroit étourdi à moy de me mesler de ces affaires autrement que lorsque l’on me demande mon avis au Conseil. La première fois que vous viendrés à Versailles, j’auray l’honneur de vous voir par vous même, et je me flate que je vous persuadray de la justice de mes raisons, ainsy que des sentiments avec lesquels j’ay l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et trèsobéissant serviteur.
Le Duc de Choiseul.