XI. — 2 mars
B. de M. Lormier. — Autographe.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
A Versailles, le 2 mars 1758.
Je réponds, Monsieur, à vos lettres du 27 février et de ce moys. Je commenceray par vous observer que la datte de la dernière est fausse, attendu que je l’ay reçû hyer, jour de sa datte, qui selon touttes les apparences estoit antérieure. Cette fausseté dans la datte peut s’excuser par le privilège de la province.
Le jésuitte prédicateur a tort en tout et partout, quelque authorité qu’il puisse citer pour soustenir la proposition qu’il a avancé ; il y a eu du moins de la témérité et de l’indiscrétion de la proposer. Il y a bien de la folie dans les testes. J’en parleray au père confesseur du Roy; les supérieurs ont attention pour contenir leurs religieux; il est difficile qu’il n’y en ayt quelqu’un qui s’échape. Vous avés heureusement terminé cette affaire par le silence.
Je parleray à M. de Saint-Florentin du sieur Carlande; je crois qu’il a eu un ordre de s’absenter du Roy. Peut-être me trompay-je sur cela ; si cela n’est pas et que ce ne soit qu’une convention verballe qu’il sortiroit de la
ville, puisqu’il y reste, je n’y vois d’autre party à prendre que d’instruire, son procès.
Je ne parleray point cà M. de Saint-Florentin de l’affaire du major.
Vous ne pouvés pas empêcher les lettres que les Parlements s’écrivent les uns et les autres dans ce temps-cy, pour se féliciter du retour de leurs confrères. Le Parlement de Paris en fait autant tous les jours ; il faut se contenter d’apporter des adoucissements aux termes dans lesquels ces lettres sont conceues. Vous me ferés plaisir de m’envoyer copie de la lettre du Parlement de Bretagne et de la vostre. s
Adieu, Monsieur, vous faittes bien de soustenir les droits du Parlement sur le commandement des armes; mais n’usés pas trop du privilège de la Normandie pour la datte de vos lettres. Je présente à la P. Présidente
touts mes devoirs.