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pleins ou vides), puis un certain nombre de liasses de titres de propriété, mais rien concernant les papiers qui nous occupent. Miromesnil avait-il cru prudent de dissimuler cette correspondance, ou bien s’est-elle trouvée dans les tiroirs du secrétaire, et ces écritures n’ont-elles rien dit au notaire, préoccupé surtout des pièces pouvant présenter un élémeMt actif ou passif de succession : c’est le plus probable (1).
La bibliothèque fut transportée à Paris, pour y être jetée aux enchères ; la brochure suivante en fait foi : Catalogue des livres, tableaux et estampes de M. Arm.-Th. Hue de Miroménil, ancien chancelier, garde des sceaux de France..., Pains, Brunet, 1798, in-8, 147 pages. On ne
(1) Le cabinet de travail de Miromesnil occupait le rez-de-chaussée de la tourelle est du château, vers le parc ; on y accédait par « sa chambre à coucher. » On y signale un secrétaire que l’on ouvre et où l’on ne note qu’un portefeuille de soie brodée; on rencontre encore, dans la même pièce, trois portefeuilles de maroquin rouge à serrure de cuivre, un portefeuille de cuir noir à serrure d’argent, tous les quatre avec leur sarau, et quelques papiers. La bibliothèque est distribuée dans le cabinet de travail, dans le salon, dans la chambre à coucher de la « citoyenne Hue Miromesuil, étant derrière le salon », dans une « tourelle à côté ayant vue sur la cour servant de cabinet de toilette », et dans la « tourelle à côté ayant vue sur le jardin », vers l’ouest. Partout, des portraits de famille. Du salon on passe dans le chartrier : on y constate dix-neuf carions vides et sept autres contenant quelques papiers, que l’on réunit à ceux trouvés dans le cabinet. On procède alors au dépouillement des papiers, et celui-ci donne seulement le contrat de mariage de Miromesnil avec M”° Bignon passé devant Bioche, notaire à Paris, le 15 septembre 1762, le partage des biens de Jean Dyel des Hameaux, (P. Président de la Cour des Aides de Normandie, 1614 à 1644), entre Mr* Hue, de Mathan et de Bosmelet, une liasse relative à la famille du citoyen Hue Miromesnil, et plusieurs liasses de baux et de comptes de recettes et dépenses, et c’est tout. Les titres du chartrier ont donc disparu, probablement détruits par prudence. D’autre part, l'on ne signale aucunes correspondances ni papiers personnels, et, comme de toute nécessité, il s’en trouvait bien quelques-uns dans le cabinet du défunt, il est certain qu’on n’y a pas pris garde.
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trouve, il est vrai, dans ce catalogue^ aucune trace de dossiers des pièces qui nous occupent ; mais étaient-elles dignes de figurer autrement que dans des lots, sans description ?
Enfin, la première Présidente étant morte à son tour, la terre et le château de Miromesnil furent vendus par adjudication devant le même notaire, Boisseau, à Dieppe, le 11 juillet 1806 (1), è la requête de M"'® Le Bret et d’un sieur Dhostel « agent d’affaires à Rouen », cessionnaire des biens de Bernard-François-Thomas Hue de Miromesnil (2). L’autre fils du Garde des Sceaux, Thomas-Louis, et le jeune de Bérulle étaient morts à leur tour. Ce jour-là, tout le mobilier qui pouvait rester à Miromesnil, les papiers, s’il y en avait encore, durent en sortir et ceux-ci furent jetés ou vendus s’ils ne l’avaient pas encore été : nous en avons la preuve avec le dernier passe-port, pris à Limay par le vieux magistrat, pour sc rendre à Miromesnil , quelques mois avant sa mort et retrouvé aujourd’hui dans les cartons de notre confrère M. Lormier.
Il semble donc certain que la correspondance du Premier Président fut aliénée ou bien en 1708 avec sa bibliothèque, ou, au plus tard, en 1806, comme papiers sans importance, avec ce qui parut négligeable parmi ce qui pouvait garnir encore le château; et c’est bien dans l’une ou l’autre de ces circonstances, dans la première des deux plus probablement, que le libraire parisien, Pierre Gapelle, put en faire l’acquisition ; en même temps furent dispersées diverses fractions, dont M. Lormier, d’autres collectionneurs sans doute aussi, ont pu recueillir des épaves (3).
(1) Minutes de M® Lemaignen, 1899.
(2) Aux termes d’actes reçus, les 9 brumaire an VIII et 4 mai 1806, par Delabarre, et, 13 frimaire an IX, par Dubost, notaires à Rouen.
(3) Le portefeuille ministériel du garde des sceaux aurait été légué par M“' Le Bret, ou par l'iin de ses héritiers, au vicomte Dambray, le chancelier de la Restauration : du moins j’ai entendu un octogénaire, qui
On remarquera, dans la Correspondance de Miromesnil, des systèmes orthographiques différents, dont on aurait lieu d’être surpris. Mais le lecteur voudra bien observer que les lettres sont écrites tantôt par le P. Président lui-même, tantôt par des secrétaires, et que ceux-ci mettaient leur propre orthographe sans se soucier de transcrire celle de leur maître : ils écrivent habitans, Parlemens, pour habitants. Parlements, luy pour lui, etc., etc. Lorsque l’on a pu disposer à la fois et de l’autographe et de la minute, c’est le texte de l’autographe que l’on a imprimé, il est superflu de le dire.
Le correspondance de Miromesnil est tantôt confidentielle, tantôt officielle. Celle-ci est écrite par un secrétaire, Miromesnil se borne à la signer. La première, au contraire, est écrite par le P. Président lui-même ; un secrétaire la transcrivait pour qu’il en fût gardé minute. Les lettres officielles sont de plusieurs mains; les minutes de la correspondance confidentielle sont presque toujours de celle de Chellé. Jean-Louis Chellé semble avoir été le secrétaire intime du Président ; il était avocat au Parlement ; sans être très caractérisée, son écriture se reconnait facilement ; on peut la rapprocher de sa signature, qui se voit à l’acte d’inhumation de de Miromesnil, du 14 avril 1760. (Registres paroissiaux, Rouen, Saint-Nicaise.)
Les dossiers de la ville de Rouen sont composés presque exclusivement de lettres confidentielles écrites à divers ministres; la collection de M. Lormier comprend au contraire un grand nombre de lettres officielles, toutes adressées à Lamoignon. Un même évènement donnait lieu ordinairement à deux correspondances : l’une portait au chancelier l’avis de
dans sa jeunesse avait été au service du château de Bretteville, raconter qu’il avait été chargé de porter ce portefeuille à M. Dambray, au château de Montigny, distant de quelques lieues : mais là aussi la mort et les adjudications ont passé.
révènement, délibération, arrêt, l’autre lui en fournissait le commentaire et les incidents; le cabinet de Lamoignon confondait l’une et l’autre et M. Lormier en a recueilli une bonne partie; Miromesnil gardait ci part celle qui pouvait le compromettre, la correspondance particulière, il en fit un jour le classement, comme je l’ai dit déjà, et la ville de Rouen la possède aujourd’hui, sauf lacunes.
Voici, pour plus de clarté, quelques exemples de cette double correspondance. La lettre GXXII (collection Lormier), appartient à la série confidentielle : à côté, je trouve dans la même collection, la lettre officielle, rapportée à la page 301 ; l’une et l’autre, de la même date, relatent les mêmes faits, on peut voir avec quelles différences; l’une pouvait être communiquée au conseil des ministres, l’autre reste personnelle à Lamoignon. La lettre GX est confidentielle : la lettre annoncée, « cy-joinle », est la lettre officielle. Les lettres GV, GVII sont de la série officielle, etc. Les lettres de ce dernier caractère ne trouveront place dans cette publication, on le comprend, qu’à litre tout à fait exceptionnel.
Avant de clore ces développements sur l’état matériel et sur la provenance des pièces de cette publication, je dois ajouter que toutes les annotations dont Miromesnil a jugé bon d’apostiller les pièces seront soigneusement conservées : on les trouvera reproduites, en tête de chaque document, en caractères italiques; elles tiendront lieu, et, le plus souvent, elles auront toute la valeur d’un sommaire.