LXXI. — 24 juillet
B. M. R., ms. Y. 241 (9). — Original, signé.
SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL
A Paris, le 24 juillet 1760.
J’ai reçu, Monsieur, la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire; M. le Controlleur général m’a aussi communiqué celle qu’il avoit reçu de vous, et nous pensons tous deux que les ordres du Roy doivent être connus et exécutés ainsy : le Parlement n’ayant point voulu reconnoitre la lettre du Roy qui luy a été portée par M. le Procureur général, je mande à M. le Maréchal de Luxembourg de demander l’assemblée des Chambres et d’y faire connoître la volonté du Roy. Il auroit été aussi à désirer que vous eussiez fait usage de la lettre particulière que je vous avois adressée (i) et qui auroit empêché le Parlement de rendre l’arrêt dont vous m’avez envoyé copie (2) : au reste je connois trop vos sentimens et votre façon de penser pour n’être pas persuadé du motif qui vous a fait agir; mais l’intention du Roy est que sa volonté soit connue et exécutée. Vous connoissez les sentimens avec lesquels je suis, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur, Saint- F lorentin .
(1) La lettre de cachet LX.
(2) L’arrêt du 23 (ci-dessus, p. i63), et dont copie est arrivée au ministre le jour même qu’il écrit, 24.
léé
LXXIl. — 25 juillet 1760.
B. M. R., ms. Y. 241 (9). — Autographe.
BERTIN A MIROMESNIL
Affaire des Parlements et des Intendants.
[25 juillet 1760].
Je n’ay que le temps de vous répondre, Monsieur, en peu de mots.
Il ne nous a pas paru possible d’empêcher que le Parlement eut connoissance des volontés du Roy qui sont çue les commissaires soient mis par luy en état de rendre compte à Sa Majesté de tout ce qui a été fait : comment le Parlement peut-il le faire, s’il peut, par son refus sur les lettres closes, en prétendre cause d’ignorance ? Quant à la prétention du Parlement que, si le Roy veut l’inviter à un Te Deum ou luy faire part de quoi que ce puisse être, il faut qu’il le fasse par lettres patentes, je vous avoue que je ne crois pas que les autres Parlements l’approuvent.
Quant à l’arrêt du Conseil, je n ay qu’une chose à vous dire, c’est qu’il faut que le Parlement eût absolument résolu de faire expliquer le Roy avant le 3o, puisqu’il s’est déterminé par provision d’ordonner une information contre un intendant : la seule publicité de l’arrêt étoit capable de soulever le peuple à Caen ou à Saint- Lô, d’où partent toutes les plaintes; et qu’en vérité il n’étoit pas possible de laisser l’Intendant ainsi exposé aux insultes, quand même les petites voyes de délay sur la nomination des commissaires, etc..., auroient été suffisantes et dignes, et que vous eussiés été en état d’en répondre.
Vous vous excuserés (de vous à moy) mieux sur l’inexécution de votre lettre, en disant que vous avés pensé qu’elle ne devoit avoir lieu qu’au cas que, la lettre du Parlement lue et reçue, et le Parlement instruit des volontés du Roy, [il] eût voulu passer outre, et, par la suite, M. le Gouverneur ayant notifié ces mêmes volontés vous ayderaluy-mêmeà n en point [faire] usage qu’à la dernière extrémité, en assistant luy-même, s’il le faut, aux Chambres assemblées (i).
Vous connoissés tous mes sentiments.
Bertin.