XCIX. — 12 décembre
B. M. R., ms. Y. 241 (9). — Autographe.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
M. de Lamoignon , le respectable chancelier, répond à ma lettre du g sur la cessation du service (/) et m’envoie une lettre ostensible.
Sur ce que vous me mandés par vostre lettre du 9 de ce moys que vous n’entendés point parler des remontrances arrestées le 3 du moys, je prends le party. Monsieur, de vous écrire la lettre cy-jointe dont vous ferés l’usage que vous croirés convenable. Je ne parle point de l’ordonnance, viennent les parties, que je veux ignorer afin qu’on ne croye point que je la tiens de vous. Il est vray que les ministres font grand bruit de la cessation du service. Je les appaise, en disant que la cessation ne doit durer que pendant la confection des remontrances, qui doivent paroistre incessament; mais, si elles ne sont pas faittes bientost, on ne douttera qu’on n’aye voulu tromper le Roy et le public. Je sçais bien que vous n’estes pas le
(i) Cette lettre du g manque; la lettre ostensible annoncée semble être celle qui précède.
maistre de les faire avancer ; vous verrés si ma lettre produira plus d’effet.
Je n’ay parlé de l’interrogatoire, que vous avés fait au prisonnier, qu’à M. le maréchal de Belle-Isle, afin qu’il s’informât du lieu où s’est passée la prétendue scène près de Cambray ; il gardera le silence, mais il est persuadé, ainsy que moy, que tout cela est une fable. Nous en verrons la suitte. Bonsoir, Monsieur.
De Lamoignon.
A ’^ersailles, le 12 décembre 1760.